L’Histoire des postes d’alerte retracée dans un livre

L’Histoire des postes d’alerte retracée dans un livre

L’Histoire des postes d’alerte retracée dans un livre

 

 

« Sentinelles aux frontières de l’Est » est le titre d’un livre, récemment sorti de presse.

 

Poste chasseurs ardennais photo du 31 juillet 2009

 

Sur une idée d’Albert Conter, ce livre retrace l’histoire des 90 postes d’alerte qui jalonnaient jadis les frontières Est de la Belgique, depuis Lixhe (PA 0) sur le Canal Albert jusqu’à Athus (PA 90) en passant par le PA 82, situé rue de Kleinbettingen à Sterpenich, pour la sauvegarde duquel, des amoureux du patrimoine se battent depuis 2009, sans succès jusqu’à présent.

C’est en total osmose avec les services de l’urbanisme que tous les membres du Conseil Communal arlonais, en place en 2009, sous la houlette du bourgmestre Raymond Biren, ont donné une réponse positive à une demande de déclaration urbanistique (DU) qui n’a que pour seul but la délivrance, en toute impunité, d’une permission de démolition en l’occurrence celle du poste de Sterpenich, le seul encore unique et authentique de la région.

Tout ce petit monde, confortablement assis dans un  fauteuil, contrairement aux Chasseurs Ardennais, occupants de ce poste, qui étaient eux, debout sur la frontière aux flancs des noirs coteaux, composant la troupe altière qui veille sans repos, devant la menace faisant face, n’a eu d’autre réponse, faisant face, eux, les élus du peuple, aux protestations de ce dernier, de dire, je cite : «  il n’y a là aucune architecture » et de plus, «  il ne s’agit ici que d’une REMISE ,qui vaut encore moins qu’une chiotte ! »

Tout était dit, ou presque.

C’était sans compter sur les défenseurs du patrimoine, animés par les sentiments d’une véritable passion portée à la sauvegarde d’un poste d’alerte, parmi les nonante du même type, qui furent construits, en 1937, sur la frontière de l’Est, depuis Bullange et Visé, dans les cantons de l’Est, jusqu’à Athus.

Si beaucoup ont disparu à l’aube du vendredi 10 Mai 1940, par le fait de l’explosion des mines placées à proximité, d’autres ont résisté mais pas pour longtemps, hélas.

Les causes de destruction furent multiples, élargissement de routes, construction de maisons pour ne citer que  celles-là.

C’est leur destin qui est ici raconté, grâce à l’aimable collaboration de personnes, historien pour l’un, fournisseurs de documents pour d’autres, sans oublier les sponsors grand-ducaux qui ont permis, de par leur généreuse contribution, à faire « naître » ce document qui nous rappelle aussi la vie des soldats qui montaient de garde à la frontière.

Nous pensons aux soldats du 1er Régiment Cycliste Frontière, du 1er Régiment de Lanciers, des 2ème et 1er Régiment des Chasseurs Ardennais, tous répartis en sous-secteur, sans oublier le Sous-Secteur du Groupement Goffinet.

La préface est signée par Monsieur Jean-Michel Sterkendries, Professeur à l’Ecole Royale Militaire.

La plus grande partie cependant, est consacrée au PA 82, toujours menacé de démolition.

Et puis, comment ne pas rendre un hommage à Jean-Albert Joseph Charpentier, natif de Sterpenich, membre du 4/II/1 Ch.A, tué au combat à Menufontaine, le 10 Mai 1940.

 Couverture de Sentinelles aux frontières de lEst 001

Il repose au cimetière de Sterpenich et son nom figure en bonne place sur le monument aux morts adossé au mur de l’école, rue Henri Gadérius, à proximité de l’église.

Enfin, si une pétition initiée en 2009 pour la sauvegarde du PA 82 de Sterpenich a rapporté 1178 signatures, froidement ignorées par les élus communaux arlonais, une nouvelle pétition initiée aujourd’hui par un adjudant Major, Monsieur Marcel Leblic, peut être signée sur le site www.lapetition.be sous le numéro 13835 (sauvegarde du poste d’alerte de Sterpenich).

Cette pétition est à l’adresse du Ministère de la Défense.

Le livre est vendu au prix de 20,00.-Euros + 4,00.-Euros de frais de port en le commandant via l’adresse mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Je ne voudrais pas terminer sans citer les derniers propos de Monsieur Raymond Biren.

Une fois de plus, pour ne pas dire une fois de trop, cet ancien bourgmestre à la ville d’Arlon, impliqué au plus haut point dans l’affaire du PA 82 de Sterpenich, s’est à nouveau dévoilé et a à nouveau récemment montré son vrai visage en tenant les propos suivants sur les antennes de la radio socio-culturelle luxembourgeoise 100,7, je cite :

Interrogé sur le fait de savoir ce qu’il pense de la conservation des anciennes maisons douanières, inoccupées aujourd’hui, il répondit, « Vous ne trouverez plus personne  pour vous en parler et pour vous montrer l’endroit où se trouvaient ces bâtiments », et de poursuivre pour donner, sans doute plus de punch à ses propos, « c’est comme si vous demandiez à un Berlinois de vous indiquer l’endroit où se trouvait le mur ».

« Là non plus vous ne trouverez plus personne pour le faire ».

Des propos qui font frémir et qui me laisse dire en guise de conclusion qu’il n’est pas, plus étonnant, qu’il ait signé, sans hésitation aucune, le permis de démolition du poste 82 de Sterpenich.

Si tous les politiciens pensent ainsi, il ne reste qu’à espérer que l’Histoire ne les rattrape pas.

C’est aussi pour contrer  de tels propos que le livre Sentinelles aux frontières de l’Est a vu le jour, et pour montrer aussi  que le combat des vaillants Chasseurs Ardennais n’était pas vide de sens.

Alain Lambert

 

P A Sterpenich avec barrière 

 Décadence PA82 photo 01.09.2012 001