Accord commercial EU-USA : le refus wallon force l’abstention de la Belgique

Le projet de mandat de négociation accordé à l’UE en vue de la conclusion d’un nouvel accord avec les Etats-Unis sur l’élimination des droits de douane a fait réagir le Ministre wallon de l’Agriculture, René COLLIN.

Inscrit en vue d’une adoption formelle, c’est-à-dire sans discussion, au Conseil agricole de ce matin à Bruxelles, le projet de mandat de négociation accordé à l’UE en vue de la conclusion d’un nouvel accord avec les Etats-Unis sur l’élimination des droits de douane a fait réagir le Ministre wallon de l’Agriculture, René COLLIN.

Cette nouvelle tentative d’accord commercial tente d’apporter une réponse aux ambitions protectionnistes des Etats-Unis. Si les textes font référence à la transparence, la consultation de la société civile, la réalisation d’une étude d’impact économique, social et environnemental, force est de constater que les Etats-Unis restent sourds face à l’urgence climatique et aux défis qu’elle impose.

Le Ministre COLLIN plaide, dès lors, pour que la Belgique s’inspire de la ligne de conduite défendue par la France : le respect préalable à toute négociation d’accord de libre-échange de l’Accord de Paris sur le Climat.

Si à ce stade l’agriculture n’est a priori pas concernée dans le projet de mandat, la Wallonie privilégie la sécurité et la vigilance face aux intentions américaines. 

« Je ne peux accepter d’embarquer la Wallonie dans le mandat qui serait accordé à l’UE, explique René COLLIN. Les effets cumulatifs des nombreux accords de libre-échange commerciaux ont un impact négatif conséquent sur notre modèle agricole wallon. De plus, la Wallonie s’est résolument engagée vers une agriculture écologiquement intensive soit l’opposé du modèle industriel américain. Je le répète, le risque d’une agriculture réduite à une simple variable d’ajustement est bel et bien réel. L’agriculture constitue un enjeu de société fondamental qui concerne 22 millions d’agriculteurs européens et 500 millions de consommateurs qui exigent désormais un modèle de production durable et de proximité. Il y va aussi de la crédibilité d’une Union européenne déjà affaiblie et en rupture avec ses opinions publiques.  Face à ma désapprobation ainsi que la non prise en considération des balises fixées dans la résolution du Parlement wallon en février 2018 concernant le veto climatique ainsi que le développement durable, la Wallonie a marqué son désaccord sur le projet de la Commission alors que la Flandre y était favorable. La Belgique a dès lors dû s’abstenir alors que la France a émis un vote négatif ».

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