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CANNES 2023>LA CLAQUE

Mai 22, 2023 | ACTUALITES, chroniqueur, Festival de cannes, infos, Mai, Mois, News, Thibaut Demeyer

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The Zone of Interest, film choc de l’édition 2023

Annoncé comme étant un des premiers films retenu en sélection officielle, « The Zone of interest » a d’ores et déjà marqué la 76è édition du Festival de Cannes. Thibaut Demeyer

Comment rester indifférent à ce film racontant les beaux jours paisibles et agréables de Rudolph Höss et sa famille installés dans une maison douillette aux abords du camp d’extermination d’Auschwitz qu’il dirige de main de fer ?

Le réalisateur Jonathan Glazer nous glace le sang durant toute la projection au travers d’une mise en scène appuyant le regard indifférent de cette famille qui ne pense qu’à ses petits soucis du quotidien, insensible à tout ce qui se passe de l’autre côté du mur se trouvant accolé au beau jardin dont l’épouse est si fière.

« The Zone of interest » est rempli de symboles forts et de contrastes, comme l’aménagement des extérieurs, que l’épouse de Höss fait visiter fièrement à sa maman, alors que l’on voit par-dessus le mur la fumée sortant des cheminées des fours crématoires et des locomotives. Mais la visite se fait comme si de rien ne se passait ! Afin d’appuyer encore plus le côté indifférent, Jonathan Glazer ne nous fait pas franchir le rempart pour nous montrer les horreurs que nous connaissons. Ce mur est un rempart occultant la réalité des choses.

Cette indifférence humaine nous donne des frissons dans le dos car, bien entendu, on ne peut pas non plus s’empêcher de faire la relation avec la guerre en Ukraine. Où l’on veut bien soutenir le peuple ukrainien, pour autant que les migrants ne viennent pas troubler notre quotidien et que nous ayons toujours accès à notre confort de vie.

Nous soulignerons également son choix de présenter uniquement des plans fixes, mettant le spectateur dans une position de voyeur à qui il est demandé de prendre conscience que non seulement tout cela a existé mais que l’homme est encore capable, à l’heure actuelle, de reproduire toutes ces horreurs.

Jonathan Glazer poussera même l’indifférence humaine proche de la morbidité lorsque l’on voit, de nos jours, des femmes nettoyer les chambres à gaz et les fours crématoires avant l’ouverture du camp aux visiteurs, d’une manière naturelle, « comme si tout cela était et est normal » !

Certes, il est encore trop tôt pour établir un pronostic mais il y a de fortes chances que « The Zone of interest » se retrouve ce samedi au Palmarès pour un prix prestigieux.

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