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Interview – Naeko

Dimanche 17 août, le Cabaret Vert ouvrait sa dernière journée avec Naeko, jeune artiste émergent qui foulait pour la première fois la scène du Greenfloor. Quelques semaines seulement après son tout premier festival, il revient avec nous sur son parcours, son univers et ses projets.

Alors Naeko, comment tu vis ce Cabaret Vert ?

« Franchement, c’est ouf. C’est seulement mon deuxième festival et déjà un des plus grands de France ! Évidemment, il y avait un peu de pression. En plus, on n’a pas eu de balances classiques, juste un line check. Donc les premiers morceaux, j’étais tendu, mais après la pression est retombée et j’ai vraiment pris du plaisir avec le public. »

Depuis ton dernier festival il y a un mois, qu’as-tu fait ?

« J’ai passé pas mal de temps en studio. On a finalisé les détails de mon prochain single, Incendie, qui sortira le 3 septembre. C’est un morceau qui parle de renaissance : tout brûle pour laisser place à une nouvelle version de soi. C’est une résilience dans les flammes, une sorte d’incendie libérateur. »

Justement, peux-tu nous parler d’Incendie ?

« Je n’avais pas de morceau de référence, mais plutôt une ambiance en tête. Je voulais un mélange d’ambiant et de drums industriels, une 808 saturée qui craquelle comme si le feu brûlait tout autour de moi. C’est à la fois sombre et poétique. »

Tu as aussi parlé de morceaux plus anciens, comme Le chaos des ailes.

« Oui, c’est un titre qui explore le shoegaze. J’ai pris des nappes de guitare, des samples, et j’ai tout mélangé avec du rap, de la 808, du rock. Le texte parle de l’effet papillon : une petite action peut avoir de grandes conséquences, d’où le titre. »

Tu passes souvent de l’anglais au français dans tes morceaux ?

« Tout le temps. Je topline systématiquement en anglais, puis j’adapte en français. Ça me permet d’avoir des sonorités différentes tout en gardant la richesse de la langue française. »

Et sur le morceau Sérotonine ?

« C’était le début d’une nouvelle ère pour moi. Je voulais un univers rétro-futuriste, avec des sonorités années 90 façon Oasis ou Coldplay, mais mélangées à de l’hyperpop moderne. C’est un peu comme une bulle de nostalgie glitchée. »

Tu as aussi collaboré avec Rap Club sur Multifacets.

« Oui, c’était un projet autour de la santé mentale. J’ai choisi de travailler sur la bipolarité, parce que la dualité est très présente dans ma musique. Dans le morceau, une personnalité parle dans le premier couplet, une autre dans le second. C’était une façon de rester fidèle à moi-même tout en respectant leur storytelling. »

Et enfin, Vida Bissal, que tu joues encore sur scène aujourd’hui ?

« Ce morceau, je l’ai écrit dans une période très sombre, en 2021-2022. Il représente un vide intérieur que je voulais exorciser. C’est aussi l’un des premiers titres où j’ai vraiment trouvé mon mélange entre rap, rock et électro. C’est pour ça qu’il reste central dans mon set. »

S’il fallait en recommander un dernier ?

« Je dirais Le son de l’âme. Pour moi, c’est le morceau qui représente le mieux toutes mes sonorités et qui me définit vraiment en tant qu’artiste. »

Journaliste : Florian Ruspini

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