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Bonjour, Bon Appétit, ou Bonsoir, je suis Fabrice De Backer

J’ai appris que …

Lorsque nos arrière-arrière-grand-mères faisaient la lessive, elles se rendaient dans une chambre de la maison, ou dans un local mitoyen de leur ferme, la buanderie, où elles patiquaient la buée.

Ce nom, qui donnera son nom à la « buanderie », viendrait du fait que la cendre de bouleau, qui servait de savon, tout comme l’érable et la fougère, était riche en minéraux alcalins. Pour une mesure de cendre, ajouter trois mesures d’eau, laissez reposer dans une marmite pendant une journée, et votre savon est prêt.

La lessiveuse et son enfant qui fait des bulles de savon (Copyright Wikipedia).

Il faut bien comprendre que le trousseau d’une maison, à savoir l’ensemble des draps de lits, de nappes, de serviettes, de mouchoirs, de couches pour bébés et autres vêtements, était d’abord trié en blanc, couleurs et lainages.

Le premier jour s’appelait le « Purgatoire », on pratiquait l’échangeage, c’est à dire le prélavage dans l’eau froide et courante d’une rivière ou d’un lavoir. Les saletés les plus incrustées étaient frottées avec une brosse de chiendent sur une planche de bois striée et inclinée, mais pour les linges plus délicats, c’était avec de l’eau tiède et du savon.

La lavandière itinérante, pour les maisons qui n’ont pas le temps de s’y atteler (Copyright
https://www.lafonderie.be/2021/04/29/le-printemps-est-la-cest-le-moment-de-la-grande-lessive/)?

Après cela, on trempait le linge, bien tassé, dans un cuvier, une grande cuve remplie d’eau froide destinée à enlever un maximum de crasse, c’était le coulage à froid.

Un cuvier conservé au Musée de la Lessive, à Spa
(Copyright https://www.sparealites.be/le-musee-de-la-lessive-rue-hanster-10-a-4900-spa).

Le deuxième jour s’appelait « l’Enfer », car le cuvier, une fois vidé, était rempli avec de l’eau de plus en plus chaude, tandis que le linge y trempait. Les petites pièces restaient au fond, tandis que les plus grandes pièces étaient soutenues par des barres de bois posées dans la cuve, sur lesquelles on venait poser le « charrier ».

Le charrier était une grosse toile de chanvre qui contenait de la cendre tamisée et servait de filtre pour le détergent. On ajoutait parfois certaines plantes comme de l’ortie, pour blanchir le linge, voire du thym, de la lavande, de l’iris ou du laurier, pour le parfumer.

La lavandière touillait dans le cuvier avec un grand pieu de bois pendant presque douze heures, tandis que l’eau de lessive s’écoulait, par une petite bonde placée au fond du cuvier, dans le vide-buée. L’eau de lessive, le « lessis » ou « lisieu », sortait de plus en plus foncée et elle était reversée dans le cuvier jusqu’à ce qu’elle en ressorte claire, signe que l’opération du blanchissage était terminée. Cette eau était recyclée pour nettoyer les sols par la suite.

Le coulage de la lessive à chaud
(Copyright https://img.over-blog-kiwi.com/1/14/66/28/20150611/ob_0fd144_la-lessive-le-coulage-a-chaud-dans-la.jpg).

On laissait macérer toute la nuit, puis on retirait le linge trempé avec de grosses pinces de bois et il était mis à sècher sur des trétaux, ou placé dans des paniers .

Une lavandière et son panier au XVIIIème siècle (Copyright https://histoirebnf.hypotheses.org/14604).

Le troisième jour s’appelait le « Paradis », la lavandière chargeait son linge sur son dos, car peu d’entre elles pouvaient s’offrir une brouettte, elle prenait sa caisse à laver avec sa planche à laver, sa brosse, son battoir, son savon, son courage à deux mains, et elle se rendait au lavoir.

Sachant que ces dames devaient s’occuper des enfants, faire les courses, la cuisine, le ménage, ramasser le bois pour le feu et aider aux champs, je ne peux qu’éprouver la plus vive admiration.

Des femmes fatiguées, vieillies avant l’âge par les efforts continus (Copyright Wikipedia).

De plus, tous ces efforts éreintants devaient les vieillir avant l’âge et les muscler au maximum…je n’aurais pas aimé recevoir une baffe de l’une d’entre elles. Cela explique sûrement pourquoi deux lavandières ont mis la célèbre Bête du Gévaudan en déroute avec deux bouts de bois, alors que six hommes et plus de cinquante soldats armés de fusils n’y étaient pas parvenus.

La célèbre Bête du Gévaudan mise en déroute par deux femmes (Copyright Wikipedia).
  • Je ne saurais que trop vous recommander de passer par le Musée de la Lessive, à Spa, si ce sujet vous a intéressé 🙂
  • Retrouvez cette chronique sur le site de Vivacité Luxembourg, sur le site d’Info-Lux et sur ma page Fabrice D-E B-A-C-K-E-R, pour plus d’informations.
  • Je vous dis : « À bientôt ! »

Le Musée de la Lessive à Spa

https://www.facebook.com/profile.php?id=100017807142373

Fabrice De Backer (Copyright Fabrice De Backer).

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