
LE MASSACRE DES INFIRMIÈRES DE RICHARD SPECK
LA NUIT DU DRAME : LES PRÉMICES
13 juillet 1966, début de soirée. L’homme, dont le regard se perd dans le camaïeu de bouteilles qui lui fait face, est accoudé au comptoir du bar tandis que son esprit divague. Grand blond d’un mètre quatre-vingt-trois, son visage est marqué par la boisson et les cicatrices d’acné. Richard Speck, seul avec lui-même, noie ses pensées dans l’éthanol. Le barman refuse de le resservir. Il fulmine avant de se diriger vers la porte, ébloui par les lumières.
En cette soirée d’été, Ella Mae Cooper, 53 ans, a un peu trop bu elle aussi. C’est pourquoi elle se fait sortir de l’établissement peu après. Loin de se douter du danger qui la guette, elle commence à avancer, ses talons traînant sur le bitume encore tiède. À cet instant, ce qui ne semblait qu’être une ombre se saisit de la quinquagénaire. La pression d’une lame se fait ressentir sur sa gorge. Ça fait un moment que Speck dort dans des hôtels miteux ou sous les ponts de Chicago. À l’aide de son couteau à cran d’arrêt, il la force à le suivre jusqu’à la chambre qu’il loue alors. Sous la menace de son arme, l’inconnu la viole sans dire un mot, jusqu’à ce qu’elle perde connaissance.

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Il la dépouille ensuite de ses affaires, ramassant les quelques dollars qu’il trouve dans ses poches. Au fond du sac de sa victime immobile, il met la main sur une arme à feu, un revolver Rhom de calibre 22. Happé par les méandres des ressentiments qu’il ne parvient plus à canaliser, Speck sort dans les rues sombres de la ville, guidé par les requins les plus obscurs de son esprit.
UN VÉRITABLE ABATTOIR
23h00. Après une vingtaine de minutes de marche, son errance l’amène au 2319 E. 100th St, une résidence pour infirmières travaillant au South Chicago Community Hospital, où vivent une petite dizaine de jeunes femmes âgées d’une vingtaine d’années. La maison mitoyenne s’érige sur deux niveaux. La façade, recouverte de lambris, est modeste. Seules quelques plantes habillent la devanture. Des fenêtres ouvrent sur la rue. Les rideaux blancs vaporeux, censés faire front face aux regards indiscrets, laissent passer un éclairage orangé. À l’intérieur, des étudiantes semblent discuter.

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Speck traverse l’herbe fraîchement coupée et s’avance sur l’allée. Il frappe quatre fois sur la porte. En l’ouvrant, Corazon Amurao croise le regard clair de l’homme. Elle tente de refermer la porte mais il la repousse violemment. Il la conduit, elle ainsi que Merlita Gargullo et Pamela Wilkening, dans le couloir. Il allume les lumières et prend trois autres femmes en otage, Patricia Ann Matusek, Valentina Pasion et Nina Jo Ornado Schmale. Après un moment, Gloria Jean Davy rentre. Ce n’est que vers minuit que Suzanne Farris, accompagnée de Mary Ann Jordan, passe le seuil de l’entrée. Les étudiantes n’ont alors aucune idée de l’horreur qui les attend.
Après les avoir toutes réunies dans la même pièce, celui dont elles ignorent le nom attache chacune des filles sur le sol. Il ligote leurs chevilles et leurs poignets avec des morceaux de draps découpés, avant de prétendre ne vouloir que leur argent. Dans la maison règne un silence étouffant. Personne n’ose crier, redoutant d’énerver davantage le ravisseur. Seulement, il ne s’arrête pas là. Armé, il emmène ses victimes une par une afin de les exécuter successivement au cours des heures qui suivent. Entre chaque meurtre, il se lave compulsivement les mains. Lorsqu’il revient, il ne se rend pas compte qu’une de ses captives manque à l’appel. Vers 1h00 du matin, il ne reste que Davy. Il la viole sauvagement et l’abat froidement. Speck finit par quitter le lieu du massacre aux alentours de 2h00 cette nuit-là, certain d’avoir éliminé tout potentiel témoin, et se débarrasse du couteau en chemin.

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RESCAPÉE
Corazon Amurao profite que son bourreau sorte de la pièce où elle est bâillonnée pour ramper et se cacher sous l’un des trois lits superposés de l’une des chambres jusqu’au petit matin, par peur qu’il ne soit toujours dans la maison. Originaire d’un village philippin, elle n’est arrivée sur le sol américain que quelques semaines plus tôt. Paralysée par la peur, elle ne réussit à sortir de sa cachette que vers 6h00. C’est là qu’elle découvre avec effroi le carnage. Terrifiée, elle se réfugie, toujours en nuisette, sur le rebord d’une fenêtre et implore de l’aide.
Judy Dykton, qui a décidé de se lever tôt ce matin-là pour réviser un examen de neurologie, lit ses fiches, éventée par son ventilateur. Quand elle l’éteint, elle perçoit un bruit strident venant de l’extérieur. En ouvrant ses stores, elle aperçoit la jeune femme hurlant de l’autre côté de la rue. Dykton appelle alors les secours sur le champ.

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Une fois les forces de l’ordre sur place, Amurao fournit une description détaillée du meurtrier. Son apparence, son imposante stature et son accent du Sud le rendent facilement identifiable. La survivante se souvient d’un autre détail : la présence d’un tatouage distinctif sur lequel on peut lire « Born to Raise Hell » (« Né pour semer le chaos »). La miraculée aide les enquêteurs à établir un portrait-robot du suspect. Une vaste chasse à l’homme qui va secouer les États-Unis est lancée, d’importantes recherches sont mises en place.
D’EFFROYABLES CONSTATATIONS
En parallèle, les agents pénètrent dans ce qui deviendra la maison de l’horreur. Des chaussures et des vêtements jonchent le plancher recouvert de sang. Sur la porte de l’une des chambres, on relève une empreinte de main ensanglantée. Au bord de l’un des lits, une blouse d’infirmière est encore suspendue. Dans la chambre nord-ouest, un oreiller cache presque tout le visage de Nina Schmale. Elle gît, les mains liées derrière le dos, un morceau de drap serré autour du cou, les jambes écartées et elle présente une plaie au couteau à la poitrine. Pamela Wilkening est bâillonnée. Elle a été étranglée et son cœur a été transpercé d’un coup de couteau. Près d’elle, Suzanne Farris est face contre terre, dans une mare de sang. Un bas d’infirmière blanc est noué autour de son cou.

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Merlita Gargullo est sur le dos, poignardée et étranglée. Le corps de Mary Ann Jordan, sur le dos également, a été poignardé à trois reprises à la poitrine, une fois au cou et une fois à l’œil. Sous une couette bleue, on découvre Valentina Paison, face contre terre, la gorge tranchée, le larynx sectionné. Les jambes de Patricia Matusek dépassent de la salle de bain. Allongée, les mains liées derrière le dos, la jeune femme a été étranglée par un drap doublement noué. Sa chemise de nuit est remontée sur sa poitrine, sa culotte blanche baissée laisse apparaître son pubis. Des serviettes maculées de sang jonchent le carrelage de la salle de bain. Enfin, Gloria Davy, nue, a les mains liées et la tête pendant du canapé, le visage violacé. Il y a, entre ses fesses, ce qui semble être du sperme.
En tout, on dénombre pas moins de huit cadavres. Sept d’entre eux se trouvent à l’étage, le dernier, en bas. Les corps sont extraits de la colocation par les policiers, enroulés dans des couvertures, attachés sur des civières, sous les expressions graves des riverains. Le bâtiment maintenant tristement célèbre est protégé par des barrières de bois.
TENTATIVE DE SUICIDE ET ARRESTATION
Après la tuerie, Speck se rend au bar comme à son habitude. À la télévision est projeté un bulletin d’information sur les crimes. Il s’exclame : « J’espère qu’ils vont l’attraper ce fils de pute ! ». De retour dans sa chambre d’hôtel bon marché, il allume la radio. C’est là qu’il entend qu’il est recherché. Face à cette nouvelle, l’alcoolique, dans un élan de désespoir, se taille les poignets mais le réceptionniste contacte les secours vers minuit.

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Le meurtrier sera transporté à l’hôpital ce 17 juillet 1966. A la suite de sa tentative de suicide ratée, le Docteur LeRoy Smith, un interne en chirurgie qui a lu un article sur les meurtres, passe examiner Speck dans sa chambre. Le médecin identifie de suite le fugitif grâce au tatouage qui habille son avant-bras. Il est alors interpellé et inculpé par les forces de police de Chicago, à l’âge de 24 ans.
UNE ENFANCE TROUBLÉE
Richard Benjamin Speck naît le 6 décembre 1941 à Kirkwood, dans l’Illinois, la veille de l’attaque de Pearl Harbor par les forces aéronavales japonaises. Il est le fils de Margaret Carbaugh Speck et de Benjamin Franklin Speckd. Septième d’une fratrie de huit enfants, il grandit au sein d’une famille nombreuse et très modeste. Il reçoit une éducation stricte et religieuse où l’affection n’est qu’optionnelle. Le petit Richard traverse une enfance difficile et assez solitaire. Il n’est pas vraiment proche de ses frères et sœurs. Il faut dire qu’une grande différence d’âge existe entre les cadets et les aînés.
Le jeune garçon est cependant très proche de son père. C’est la raison pour laquelle il est profondément affecté par sa mort brutale, des suites d’une crise cardiaque en 1947 alors qu’il n’a que six ans. Son monde et son équilibre s’effondrent. La dynamique familiale change. Dans les deux années qui suivent, Margaret se remarie avec un certain Carl Lindberg, vendeur d’assurances itinérant du Texas avec un casier judiciaire long de 25 ans. L’homme a des accès de violence et est rongé par l’alcoolisme.

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La famille, poursuivie par de nombreux créanciers, s’installe à Dallas, où Richard rencontre de grosses difficultés scolaires et sombre peu à peu dans la délinquance. Il éprouve d’importantes difficultés à se lier avec les enfants de son âge et se renferme sur lui-même. En 1952, son frère aîné, Robert, se tue dans un accident de voiture à l’âge de 23 ans. Richard a du mal à faire son deuil et commence à consommer de l’alcool à 12 ans. Peu à peu, il tombe aussi dans les drogues. Son casier judiciaire s’épaissit au rythme de la croissance de ses addictions. Il quitte l’école en janvier 1958.
GRADATION DANS LA VIOLENCE
De 1960 à 1963, Speck travaille comme ouvrier pour l’usine d’embouteillage 7 Up de Dallas. Au début de la vingtaine, il épouse Shirley Malone, alors âgée de quinze ans. Leur fille, Robbie Lynn Speck, naît le 5 juillet 1962 alors que Speck est en train de purger une peine de prison à la suite d’une bagarre qui a mal tourné. En juillet 1963, il est condamné à trois ans de prison pour faux et usage de faux, ainsi que pour cambriolage. Il a falsifié et encaissé le chèque de paie d’un collègue avant de braquer une épicerie. Par chance, il bénéficie d’une libération conditionnelle dès 1965, après avoir purgé seulement seize mois de sa peine au pénitencier d’État du Texas à Huntsville mais retourne en prison une semaine plus tard pour agression avec circonstances aggravantes et violation de sa liberté conditionnelle.

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Speck est de nouveau arrêté le 9 janvier 1965 pour avoir agressé et volé une femme sur le parking de son immeuble, armé d’un couteau de plus d’une quarantaine de centimètres. Speck est alors reconnu coupable de voies de fait graves et est condamné à seize mois de prison, peine à purger simultanément avec une peine pour violation de sa liberté conditionnelle. Il retourne donc en détention à Huntsville. A la suite d’une erreur administrative, il est libéré seulement six mois plus tard.
Rapidement, son mariage s’étiole. Speck bat fréquemment son épouse. Au plus fort de leurs crises conjugales, il la viole sous la menace d’un couteau jusqu’à cinq fois par jour. Le 16 mars 1966, elle obtient le divorce. Speck entre dans une colère noire quand il apprend que son ex-femme s’est remariée deux jours après que le divorce a été prononcé. Le 9 mars 1966, il prend un bus à la gare routière de Dallas pour rejoindre Chicago. Il s’installe alors chez sa sœur, Martha, et son mari, Gene Thornton. Il passe le plus clair de son temps à boire et à consommer des drogues. En parallèle, il tente de travailler comme marin.

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Le 3 avril 1966, il commet un cambriolage et un viol sur Virgil Harris, âgée de 65 ans. Speck s’est introduit chez la veuve en pleine nuit, armé d’un couteau. Il lui bande les yeux, la ligote, abuse sexuellement d’elle et lui vole de l’argent. Et le 13 avril 1966, la police de Chicago veut l’interroger au sujet du meurtre d’une certaine Mary Kay Pierce, une serveuse de 32 ans qui a disparu après son service au saloon Frank’s Place le 9 avril. Sa disparition a été signalée le 13 avril et son corps a été retrouvé le même jour dans une porcherie désaffectée derrière le bar. Elle est décédée des suites d’un coup porté à l’abdomen. Comme Speck ne se présente jamais à l’interrogatoire prévu le 19 avril, la police perquisitionne son appartement. On y trouve des éléments qui le relient à Virgil Harris. Mais faute de preuves dans le dossier Pierce, Speck est relâché.
PROFIL PSYCHOLOGIQUE ET PISTES EXPLICATIVES
Le soir de l’octuple meurtre, Richard Speck aurait été dans une profonde détresse psychologique. Un état mental déséquilibré qui aurait atteint son paroxysme à la suite de son licenciement le 13 juillet 1966. Selon lui, son divorce l’aurait également profondément marqué. Dans l’esprit de l’auteur des faits, son ressentiment pour son ex-femme et la ressemblance entre Shirley Malone et Gloria Davy aurait pu motiver le viol et le fait qu’elle ait été tuée la dernière. Le drap utilisé pour l’étrangler était d’ailleurs serré si fort que la police a eu du mal à le découper.

Source : ST-19110229-0015, collection Chicago Sun-Times, CHM
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Le sexisme semble être très ancré chez Richard Speck qui déclare, lorsqu’on l’interroge au sujet des femmes lors d’une interview menée en détention : « Je les aime à leur place ». C’est sa haine croissante de la gent féminine qui a abouti au massacre. Selon le psychiatre Marvin Ziporyn qui s’est entretenu pendant des centaines d’heures avec Speck, ce dernier divise les femmes en deux catégories distinctes et même opposées : les pures (comme sa mère) et les prostituées. C’est ce qu’on appelle le complexe de la madone et de la putain. Cette vision dichotomique se développe d’une part dans une figure féminine idéalisée, protectrice et bienveillante, associée aux qualités maternelles, mais non perçue comme objet de désir sexuel. De l’autre, la femme est perçue comme libérée sexuellement, vue principalement comme un objet de désir mais jamais considérée comme digne d’un engagement affectif. Cette conception archaïque enracinée chez certains serait héritée de la tradition judéo-chrétienne qui a scindé la femme en deux archétypes : Marie et Eve, la pêcheresse. Ce serait sa vision distordue et défaillante des femmes, cumulée à la consommation d’amphétamines et de whisky, qui aurait agi comme déclencheur du passage à l’acte.
Les psychiatres qui ont examiné l’accusé ont conclu qu’il présentait un trouble de la personnalité antisociale. On évoque aussi des traits d’ordre dépressif, un trouble de stress post-traumatique, une personnalité obsessionnelle-compulsive et des angoisses profondes comme la claustrophobie. Le Docteur Littner a témoigné du fait que Speck souffrait de troubles mentaux depuis l’âge prématuré de 13 ans. Les premiers symptômes étant apparus dès l’âge de 5 ans, lorsque le garçon s’est frappé la tête avec un marteau. Speck a, semble-t-il, par la suite subi de nombreux traumatismes crâniens, allant jusqu’à perdre connaissance à de multiples reprises. Bien que Speck soit considéré comme un tueur de masse, ce genre de blessures est un paramètre très courant au sein des auteurs de meurtres sériels.

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Au sujet du massacre, Speck déclare ne pas se souvenir et être victime d’une amnésie concernant cette nuit-là mais il aurait formulé des aveux à l’hôpital, une fois sous sédatifs. Il expliquera, par ailleurs, avoir utilisé son couteau plutôt que le revolver, l’arme blanche étant silencieuse. Il a également affirmé avoir eu un complice, qu’il aurait assassiné par crainte d’être dénoncé. Mais aucune preuve de l’existence de ce compère ne sera trouvée. Le présumé meurtrier n’a jamais exprimé de véritables remords. Quand on l’interroge, il déclare « n’avoir aucun sentiment », avant d’ajouter : « Si vous me demandez si je me suis senti désolé… non ». En dépit des différents diagnostics établis dans les expertises psychiatriques, Speck est reconnu comme étant pénalement responsable de ses actes et donc apte à comparaître.
PROCÈS
Richard Speck se voit attribuer un avocat commis d’office. Son procès s’ouvre le 3 avril 1967 au tribunal du comté de Peoria. Le procès est médiatisé à l’échelle nationale, la salle d’audience est bondée. L’accusé apparaît en costume, les cheveux soigneusement peignés vers l’arrière, une cravate au cou. La défense plaide l’innocence et n’invoque pas la folie mais les preuves contre lui sont accablantes. On présente à l’assemblée une maquette de la colocation avec des figurines pour représenter les protagonistes et le déroulé des faits et les empreintes digitales relevées sur la scène de crime correspondent à celles de Speck. Son sort est alors scellé. Au tribunal, Corazon Amurao, seul témoin oculaire et survivante, témoigne à son encontre et l’identifie formellement en le pointant du doigt.

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Le 15 avril 1967, après moins d’une heure de délibération, le jury déclare celui qui se tient dans le box des accusés coupable. Le 5 juin suivant, le juge Herbert Paschen condamne Richard Speck à la chaise électrique. Son appel devant la Cour suprême confirmera sa condamnation à la peine capitale mais le 29 juin 1972, l’État de l’Illinois déclare que la peine de mort est inconstitutionnelle. Le 21 novembre suivant, Speck est donc condamné à plusieurs peines de prison à perpétuité par le juge Richard Fitzgerald. Le meurtrier ne sera jamais inculpé pour les autres crimes, notamment pour l’homicide de la serveuse de Chicago dont il est soupçonné et qui restera non élucidé.
DÉTENTION ET DÉCÈS
Speck confesse ses meurtres publiquement pour la première fois en 1978 au cours d’une interview avec Bob Greene, un chroniqueur du Chicago Tribune. Quand on lui demande pourquoi il a tué les infirmières, il répond avec ironie et désinvolture : « Ce n’était simplement pas leur soirée ! ». Il raconte aussi qu’étrangler une personne n’est pas « comme ce qu’on montre à la télévision » mais qu’en réalité « il faut serrer pendant plus de trois minutes et que ça demande de la force ».

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Un reportage diffusé sur Channel 2 le jeudi 9 mai 1996 a été tourné au centre correctionnel de Stateville à Crest Hill, dans l’Illinois. Quand, en détention, un journaliste demande à Speck s’il croit en Dieu, il répond tout naturellement : « Je suis Dieu ». Quand on lui demande s’il croit au diable, il rétorque : « Je suis le diable ». Il déclare lui-même « ne pas avoir de morale ou de principes et vivre au jour le jour ».
Pendant son incarcération, Richard Speck occupe son temps en peignant et en dessinant. Il collectionne aussi les timbres. Au sein de la prison, on lui donne le surnom de « Birdman ». La raison ? Il a trouvé un moineau blessé et a tenté de le domestiquer. Selon le livre de John E. Douglas intitulé Mindhunter, dans la tête d’un profileur, après avoir appris qu’il n’était plus autorisé à garder un animal de compagnie, Speck a jeté l’oiseau dans un ventilateur, le tuant sur le coup. Il aurait rétorqué : « Si je ne peux pas l’avoir, personne ne peut l’avoir ».

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Speck demandera, sans succès, sa libération conditionnelle à pas moins de sept reprises entre 1976 et 1990. Dans la nuit du 4 au 5 décembre 1991, le détenu est acheminé à l’hôpital Silver Cross de Joliet, après avoir ressenti une vive douleur à la poitrine. Il meurt d’une crise cardiaque vers 6h00 du matin, la veille de son cinquantième anniversaire. La cause, selon le coroner, serait une malformation du cœur. Il n’a purgé que dix-neuf ans de sa peine. À la demande de sa sœur, le corps de Speck est incinéré sans cérémonie et ses cendres sont dispersées dans un endroit tenu secret.
POLÉMIQUES
Les meurtres de Richard Speck ont profondément choqué l’opinion publique américaine et constituent l’un des pires massacres de l’histoire de Chicago. À l’époque, le meurtre de ces étudiantes infirmières a été qualifié par les médias de « crime du siècle ». Même après le décès du tueur, le monde a continué de parler de lui à la suite de la diffusion d’une vidéo controversée, obtenue par CBS Chicago, ayant provoqué l’indignation publique. Un avocat, dont l’identité n’a jamais été révélée, a contacté Bill Kurtis, présentateur de journal télévisé et producteur de documentaires, après avoir obtenu une cassette de la part d’un détenu de l’Illinois. Kurtis et son équipe ont accepté de payer environ 5 000 $ pour acquérir l’objet.

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L’archive a été tournée dans une partie non identifiée de l’établissement de haute sécurité de Stateville courant 1988 et a été rendue publique en 1996. Sur ces images compromettantes, dévoilées après sa mort, Speck apparaît les cheveux longs, en slip et torse nu, arborant une poitrine anormalement volumineuse. Des seins qu’il aurait développés en prenant un traitement hormonal qu’il se serait procuré par le biais de la contrebande. À l’écran, on peut voir le condamné exhiber des liasses de billets, se vanter des conditions de vie en prison, consommer de la cocaïne et entretenir des relations sexuelles, pratiquant une fellation sur un codétenu.
À la suite de la diffusion de l’enregistrement, une enquête approfondie a été ordonnée par le procureur général sur le Département correctionnel de l’Illinois. La procédure serait toujours en cours et aucun résultat n’a été rendu public. Le bureau du procureur général a indiqué qu’il ne ferait aucun commentaire et qu’il n’était pas disposé à se prononcer sur une date d’achèvement.
On se retrouve dans « Portraits Criminels par Swen » de façon bihebdomadaire, le premier vendredi du mois, toute l’année, pour une nouvelle affaire.
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Diplômée d’état en psychologie, à la tête de « Portraits Criminels par Swen », journaliste indépendante responsable de couvrir les faits divers du département du Tarn-et-Garonne, du Lot et de l’Aveyron pour Le Petit Journal, responsable communication et rédactrice des avis de recherche pour les cas de disparition recensés par la délégation régionale Grand-Est de l’association Assistance et Recherche de Personnes Disparues, rédactrice pour la rubrique « Réseaux Pédocriminels » de l’association Wanted Pedo, chroniqueuse judiciaire pour W9, vidéaste, auteure et artiste visuelle.




















































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