Programme cinéma de la région – Semaine du 30 juin au 7 juillet 2021

DU BEAU MONDE CETTE SEMAINE DANS NOS SALLES OBSCURES

Si le Grand-Duché de Luxembourg a misé cette semaine plus sur le divertissement avec deux comédies sur trois nouveautés, les salles de la Province de Luxembourg ont préféré se la jouer plus sérieuse avec un mélange de genres assez classique : drame, action et une comédie commune entre la Province et le Grand-Duché intitulée « Présidents ».

Programmation Province de Luxembourg :

  • « Désigné coupable » biopic-drame-thriller de Kevin Mcdonald avec Tahar Rahim, Jodie Foster, Shailene Woodley

Le Pitch : l’histoire vraie de Mohamedou Ould Slahi, un Mauritanien que son pays a livré aux Etats-Unis alors en pleine paranoïa terroriste à la suite des attentats du 11/9/2001. L’homme a passé des années en prison sans inculpation ni jugement. Il a retrouvé la liberté en octobre 2016.

Commentaires : Kevin Mcdonald est plutôt un réalisateur spécialisé dans les biopcis/documentaires. Il nous avait d’ailleurs proposé un documentaire sur le footballeur Pellé mais aussi sur Bob Marley sans oublier Whitney Houston, présenté à Cannes en 2018. Mais ce n’est pas tout, il décroche l’Oscar du meilleur documentaire en 2000 grâce à « Un jour en septembre » où il retrace les tristes évènements des Jeux Olympiques à Munich en 1972. Du côté films de fiction, Kevin Mcdonald a signé « Le dernier roi d’Ecosse » et « L’aigle de la neuvième légion ».

C’est la première fois que l’acteur français Tahar Rahim, découvert grâce à Jacques Audiard dans « Le Prophète » et Jodie Foster, que l’on ne présente plus, partagent la même affiche. Si Tahar Rahim sera présent au Festival de Cannes 2021 en tant que jury de la sélection officielle, Jodie Foster viendra elle chercher sa Palme d’or d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. L’actrice/réalisatrice/productrice a été découverte à Cannes en 1976 grâce à « Taxi Driver » de Martin Scorsese, Palme d’or.  A noter que Jodie Foster a décroché le Golden Globe 2021 de la meilleure actrice dans un second rôle pour « Désigné coupable ».

« Désigné coupable » est l’adaptation des mémoires « Les Carnets de Guantánamo » écrits par Mohamedou Ould Slahi, un Mauritanien injustement détenu au camp de Guantánamo pendant quatorze ans. « Désigné coupable » a été présenté lors du dernier Festival de Berlin.

Copyright photo : TOBIS Film GmbH

  Thibaut Demeyer - Jodie Foster – Cannes 2011

         

Thibaut Demeyer - Tahar RahimCannes 2012

                                 

  • « Black Widow » action – espionnage – aventure de Cate Shortland avec Scarlett Johansson, Florence Pugh, David Harbour.

Le Pitch : Natasha Romanoff, alias Black Widow, voit ressurgir la part la plus sombre de son passé pour faire face à une redoutable conspiration liée à sa vie d’autrefois. Poursuivie par une force qui ne reculera devant rien pour l’abattre, Natasha doit renouer avec ses activités d’espionne et avec des liens qui furent brisés, bien avant qu’elle ne rejoigne les Avengers.

Commentaires : « Black Widow » est le 24e film de l’univers cinématographique Marvel et donc, une œuvre qui s’adresse à un public particulier friands d’effets spéciaux et amoureux de héros en tout genre. Si au départ, Mélanie Laurent avait été pressentie pour réaliser ce film, c’est la réalisatrice australienne Cate Shortland qui a trouvé grâce aux yeux des producteurs mais aussi de Scarlett Johansson qui, l’air de rien, incarne pour la 8e fois le rôle de Natasha Romanoff. Difficile à l’imaginer dans ce genre de rôle si vous êtes plutôt du genre fan de Woody Allen qui l’a dirigée dans « Match Point », « Scoop » ainsi que dans « Vicky Cristina Barcelona ». Preuve en est que Scarlett Johansson est une actrice complète.

Copyright photo : Marvel Studios 2021

 Thibaut Demeyer - Scarlett Johansson – Cannes 2005

                                 

  • « Présidents » comédie d’Anne Fontaine avec Jean Dujardin, Grégory Gadebois, Doria Tillier.

Le Pitch : Nicolas, un ancien Président de la République, supporte mal l’arrêt de sa vie politique. Les circonstances lui permettent d’espérer un retour sur le devant de la scène. Mais il lui faut un allié. Nicolas va donc partir en Corrèze, pour convaincre François, un autre ancien Président (qui, lui, coule une retraite heureuse à la campagne) de faire équipe avec lui. François se pique au jeu, tandis que Nicolas découvre que le bonheur n’est peut-être pas là où il croyait… Et leurs compagnes respectives, elles, vont bientôt se mettre de la partie.

Commentaires : ne nous trompons pas ! Ce n’est pas parce qu’il y a une ressemblance entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, le premier campé par Jean Dujardin et le second par Grégory Gadebois, qu’il s’agit d’un biopic sur ces deux anciens présidents de la république française. La réalisatrice Anne Fontaine, née au Grand-Duché de Luxembourg, avait seulement envie de faire une comédie, ce qui est rare chez elle, sur l’après pouvoir. Dès lors, on pourrait écrire que toutes ressemblances avec des personnages existants ou ayant existés est pure coïncidence. On va dire que l’on y croit…

Jean Dujardin et Grégory Gadebois se connaissent bien puisqu’ils s’étaient déjà donné la réplique dans « J’accuse » de Roman Polanski. 

Laura Tillier est la compagne de Nicolas Bedos qui l’a dirigée dans ses deux films en l’occurrence l’excellent « Monsieur et Madame Adelman » ainsi que dans « La belle époque » qui a fait partie de la sélection officielle au Festival de Cannes 2019.

Copyright photo :  Universal Pictures France
Thibaut Demeyer - Jean Dujardin – Cannes 2011

     

Thibaut Demeyer - Laura Tillier – Cannes 2019

                                   

Programmation au Grand-Duché de Luxembourg :

  • « Le sens de la famille » comédie de Jean-Patrick Benes avec Alexandra Lamy, Frank Dubosc, Christiane Millet.

Le Pitch : un matin, les Morel se réveillent avec un gros problème. Ils découvrent que l’esprit de chacun est coincé dans le corps d’un autre membre de la famille ! Chacha, 6 ans, est dans le corps de papa, papa dans le corps de son ado de fils, le fils dans le corps de la grande sœur, la grande sœur dans le corps de la mère, et la mère dans le corps de Chacha…. Vous n’avez pas suivi ? Eux non plus. Et ce n’est que le début.

Commentaires : cette comédie est appelée une « body swap » c’est-à-dire un genre dont les personnages changent de corps. Ce n’est pas nouveau et Jean-Patrick Benes n’a rien inventé. Toutefois, c’est la première fois qu’un « body swap » propose non pas un changement de corps pour deux personnages mais bien à travers plusieurs personnages. Ce qui est justement intéressant à voir dans ce film. Les meilleurs « body swap » sont indéniablement « Didier » d’Alain Chabat qui se retrouve dans le corps d’un chien ainsi que « Volte/face » de John Woo avec Nicolas Cage et John Travolta.

C’est la troisième fois qu’Alexandra Lamy, exépouse de Jean Dujardin, partage l’affiche avec Frank Dubosc. Quant au réalisateur Jean-Patrick Benes, il a commencé sa carrière par une comédie assez cinglante avec « Vilaine » où Marilou Berry tenait le rôle principal.

« Le sens de la famille » a été présenté au festival de comédie de l’Alpe d’Huez en 2021.

Copyright photo : Karé Productions/Gaumont

Thibaut Demeyer Alexandra Lamy – Deauville 2014

                                   

  • « La fine fleur » comédie de Pierre Pinaud avec Catherine Frot, Melan Omerta, Fatsah Bouyahmed.

Le Pitch : Eve Vernet a été la plus grande créatrice de roses. Aujourd’hui, elle est au bord de la faillite, sur le point d’être rachetée par un concurrent puissant. Véra, sa fidèle secrétaire, croit trouver une solution en engageant trois employés en insertion sans aucune compétence horticole… Alors que quasiment tout les sépare, ils se lancent ensemble dans une aventure des plus singulières pour sauver la petite exploitation.

Commentaires : Pierre Pinaud passe de la comédie dramatique avec « Parlez-moi de vous » où Karin Viard tenait le rôle principal, à la comédie pure. C’est en tout cas comme cela que le film est présenté alors qu’en définitive, l’histoire ressemble plus à une comédie dramatique. Tout comme avec Karin Viard, Pierre Pinaud a fait appel à une grande actrice au caractère bien trempé en la personne de Catherine Frot qui fait une carrière non négligeable, mélangeant toutes sortes de rôles, passant du drame à la comédie sans oublier le thriller. On la retrouve également en ce moment dans « Des hommes » de Lucas Belvaux aux côtés de Gérard Depardieu et Jean-Pierre Daroussin ainsi que dans « Sous les étoiles de Paris » de Claus Drexel.

« La fine fleur » a été présenté au festival de comédie de l’Alpe d’Huez en 2021.

Copyright photo : Estrella Productions
  • comédie d’Anne Fontaine avec Jean Dujardin, Grégory Gadebois, Doria Tillier.
  • « Petite maman » drame de Céline Sciamma avec Joséphine Sanz, Gabrielle Sanz, Nina Meurisse.

Le Pitch : Nelly a huit ans et vient de perdre sa grand-mère. Elle part avec ses parents vider la maison d’enfance de sa mère, Marion. Nelly est heureuse d’explorer cette maison et les bois qui l’entourent où sa mère construisait une cabane. Un matin, la tristesse pousse sa mère à partir. C’est là que Nelly rencontre une petite fille dans les bois. Elle construit une cabane, elle a son âge et elle s’appelle Marion. C’est sa petite maman.

Commentaires : Après l’excellent « Portrait de la jeune fille en feu » qui a permis à Céline Sciamma de décrocher le Prix du scénario au Festival de Cannes 2019, la réalisatrice française nous propose ce drame intitulé « Petite maman » avec cette amitié entre une petite fille et celle qu’elle considère comme sa maman alors qu’il s’agit aussi d’une enfant.

Copyright photo : Pyramide Films

 Thibaut Demeyer - Catherine SciammaCannes 201

                                 

A l’affiche et déjà vu pour vous

  • « The Dissident » documentaire de Bryan Fogel.

Le Pitch : En 2018, le journaliste du Washington Post, Jamal Khashoggi, disparaît au consulat saoudien d’Istanbul. Qui se cache derrière ce crime ?
Bryan Fogel propose un regard puissant et effrayant sur une dissimulation internationale.
Appuyé de preuves, d’images inédites et d’intervenants comme la fiancée de Jamal, Hatice Cengiz, la police et les procureurs turcs, tout désigne le prince héritier Mohammed Ben Salmane. « The Dissident » illustre qu’une personne allant à l’encontre de forces puissantes n’est jamais en sécurité…

Avis : Construit sur le modèle d’un « thriller », « The Dissident » est un documentaire interpellant qui vous glace le sang. Les révélations faites sur cette histoire n’ont rien de sensationnelles, le réalisateur se base sur les faits, les documents officiels, qu’ils s’agissent d’images d’archives, d’enregistrements sonores ou de documents version papier. Bryan Fogel cherche à informer le spectateur sur ce meurtre sans autre forme de procès. A nous de tirer les conclusions. Nous sommes loin des documentaires de Michael Moore, c’est peut-être aussi pour cela que « The Dissident » est aussi intéressant.  

Note : 3/5

Copyright photo : Dark Star Presse

Aussi du 6 au 17 Juillet sur info-lux : Un Arlonais au 74è Festival de Cannes  2021

Textes : Thibaut Demeyer

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