Cinéma : Stéphane Hacin achève « Ce que le vent n’emporte pas », son 3ᵉ court-métrage (interview)

Cinéma : Stéphane Hacin achève « Ce que le vent n’emporte pas », son 3ᵉ court-métrage (interview)

🗓️ Mis à jour le 21 juillet 2026

En bref

  • Qui : Stéphane Hacin, metteur en scène, professeur de théâtre et réalisateur originaire du Grand Est, plusieurs fois primé en festivals.
  • Quoi : il achève le tournage de son 3ᵉ court-métrage, « Ce que le vent n’emporte pas », sur la culpabilité, la dette morale et l’héritage de la violence.
  • Ses films précédents : Yvan et La Mélancolie des Poussières, une dizaine de récompenses en France et à l’international.
  • Interview exclusive pour Info-Lux par Michel Fouarge · Photos : Anne Jung.

Le réalisateur Stéphane Hacin, originaire du Grand Est et récompensé dans de nombreux festivals internationaux, achève le tournage de son nouveau projet, « Ce que le vent n’emporte pas ». Un film qui plonge au cœur de la culpabilité, de la dette morale et de l’héritage de la violence, en explorant les répercussions profondes que ces blessures laissent autant sur ceux qui les portent que sur leurs familles.

🎬 Interview exclusive pour Info-Lux, réalisée par Michel Fouarge. Reportage photo signé Anne Jung, sur le plateau du film.

Stéphane Hacin, pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

« Je m’appelle Stéphane Hacin. Je suis metteur en scène, professeur de théâtre et réalisateur. Depuis plus de vingt-cinq ans, je partage mon temps entre la transmission artistique et la création. J’ai consacré l’essentiel de ma carrière à l’enseignement du théâtre et à la direction de l’École municipale de théâtre Jacques-Ropital de Forbach, où j’ai eu la chance de former plusieurs centaines de comédiens, amateurs comme futurs professionnels. »

« Le cinéma est arrivé presque naturellement. Le théâtre m’a appris la direction d’acteurs, tandis que le cinéma m’a offert une autre manière de raconter les émotions, les silences et les regards. Aujourd’hui, ces deux disciplines se nourrissent l’une de l’autre et constituent le cœur de mon travail artistique. Malheureusement, cette école, à laquelle j’ai consacré une grande partie de ma vie, traverse une période extrêmement difficile : les décisions de la municipalité mettent en péril son avenir et celui de son équipe pédagogique. »

Pourquoi ce titre, « Ce que le vent n’emporte pas » ? Quelle en est la trame ?

« Le titre est arrivé très tôt dans l’écriture. Il évoque l’idée que certaines choses résistent au temps. On dit souvent que le vent emporte tout, mais il existe des blessures, des culpabilités, des souvenirs ou des héritages qui restent profondément ancrés en nous. »

« Sans dévoiler l’intrigue, le film raconte l’histoire d’hommes et de femmes confrontés au poids du passé. Il parle de culpabilité, de transmission, de violence, mais aussi de résilience et de réparation. J’aime raconter des histoires qui interrogent davantage qu’elles n’apportent de réponses. J’espère que chaque spectateur pourra y projeter sa propre sensibilité. »

C’est votre troisième court-métrage. Que retenez-vous des précédents ?

« Ce que le vent n’emporte pas est effectivement mon troisième court-métrage, après Yvan et La Mélancolie des Poussières. Ces deux films ont eu la chance d’être sélectionnés dans de nombreux festivals en France et à l’international et d’obtenir une dizaine de récompenses, parmi lesquelles plusieurs Grands Prix du Jury, des Prix du Public, des prix d’interprétation et un prix du meilleur montage. »

« Recevoir un prix est toujours une immense joie, mais les festivals représentent avant tout des lieux de rencontres. On échange avec d’autres réalisateurs, on découvre des univers très différents et l’on apprend énormément au contact du public. Chaque projection permet de grandir en tant que cinéaste. »

Quelles sont vos ambitions à long terme ?

« Mon ambition est de continuer à raconter des histoires qui me semblent sincères et nécessaires. J’aimerais développer des projets de plus en plus ambitieux, avec toujours la même exigence artistique. Le long métrage fait évidemment partie de mes objectifs, mais je ne veux pas brûler les étapes : chaque film est une expérience qui prépare le suivant. Parallèlement, je souhaite continuer à transmettre. Former de jeunes artistes reste pour moi aussi important que réaliser des films. »

Comment vous êtes-vous préparé ? Combien de personnes sur ce tournage ?

« La préparation s’est étalée sur plusieurs mois : travail du scénario, repérages, construction de l’univers visuel et beaucoup de répétitions avec les comédiens. Le tournage réunit plusieurs dizaines de personnes entre les acteurs, les techniciens et les bénévoles. C’est un véritable projet collectif, porté par une équipe passionnée et incroyablement investie. »

« J’aimerais que le spectateur ressente avant tout de l’empathie pour les personnages. Que le film laisse une trace, qu’il continue à vivre après la projection. Je crois que les films les plus marquants sont ceux qui nous accompagnent encore plusieurs jours après. »

Une expérience personnelle a-t-elle influencé ce film ?

« Je pense qu’aucun réalisateur n’écrit complètement en dehors de lui-même. Même lorsqu’on raconte une fiction, on y glisse forcément une part de ses interrogations, de ses peurs ou de ses expériences. Ces derniers mois ont été particulièrement intenses sur le plan personnel et professionnel. Sans raconter ma propre histoire, ce contexte a certainement nourri ma manière d’aborder les thèmes du film : la mémoire, les blessures invisibles, la transmission et la possibilité de se reconstruire. C’est probablement le film le plus personnel que j’aie réalisé jusqu’à présent. »

Une question que personne ne vous pose, mais à laquelle vous aimeriez répondre ?

« Pourquoi continuez-vous à faire des films alors que cela demande autant d’énergie, de temps et de sacrifices ? Parce que je crois profondément au pouvoir des histoires. Faire un film aujourd’hui est une aventure humaine extraordinaire : rassembler des dizaines de personnes autour d’un même rêve, parfois avec très peu de moyens, mais avec énormément de passion. Si, au terme d’une projection, un spectateur ressort touché, ému ou amené à réfléchir différemment, alors tous les efforts prennent immédiatement leur sens. Je ne cherche pas à faire des films qui donnent des réponses : j’essaie de raconter des histoires qui posent de bonnes questions. C’est peut-être cela, pour moi, la plus belle définition du cinéma. »

« Ce que le vent n’emporte pas » : le synopsis

Après la mort d’un homme incarcéré pour un braquage qui a mal tourné, ses deux anciens complices se retrouvent pour disperser ses cendres. Ce dernier adieu, censé être une simple formalité, se transforme en l’accomplissement d’une liste de volontés laissée par le défunt.

La distribution et l’équipe du film

Interprétation : Éric Bontemps, Jérôme Daney, Vincent Salomon, Éric François, Fanny Alunno, Margot Carrozza, Barbara Reeb, Christine Tschauder, Sabrina Stelletta et Michel Fouarge.

Production & réalisation : coordination de Laetitia Kieffer ; première assistance réalisation d’Aurélie Barbara Munch. Image & son : direction photo de Tomas Sonnefrand et Brice Reenox ; son capté par Gaëlle Morelle. Plateau & décors : Alban Thuillier, Noé Dupont et Wiliam Kieffer ; univers visuels de Naïs Henris et Marie-Pierre Jung. Maquillage & effets : Loane Tenaud (maquillage) et Maddy (VFX). Musique originale : Léo Goffinet et Régis Klein.

Le palmarès des films précédents

« Yvan » : Grand Prix du Jury et Prix du Public aux Journées Régionales du CCNC de Lorraine (2025) ; Prix de l’Interprétation Féminine (Liv-Grete Vally) aux Rencontres Interrégionales de Montbéliard (2025) ; Prix du Public et Prix du Meilleur Acteur (Laurent Schreiner) au FramFest (2024) ; Prix du Meilleur Montage au Festival International DiViPassion de Sinaia (Roumanie) ; Prix du Public au Clap à l’Est de Marlenheim (2025).

« La Mélancolie des Poussières » : Golden Gate Award au Digital Gate International Film Festival d’Annaba, Algérie (2025) ; Grand Prix du Jury au Festival interrégional UR5 de Montbéliard (2026) ; Prix du Meilleur Film de Fiction, Prix de la Meilleure Actrice (Valentina Djurdjevic) et Prix du Meilleur Acteur (Vincent Salomon) aux Journées régionales du CCNC de Lorraine (2026) ; Prix d’Interprétation Féminine (Valentina Djurdjevic) au Festival interrégional UR5 de Montbéliard (2026). Sans compter de très nombreuses sélections internationales : un premier chapitre, assurément, pour ce jeune réalisateur et son équipe.

Les teasers des films de Stéphane Hacin

« La Mélancolie des Poussières » — teaser :

« Yvan » — teaser :

À suivre également : Les films du bord du bout du monde (Facebook) et @lesfilmsdubordduboutdumonde (Instagram).

Le tournage en photos

Les images du plateau signées Anne Jung (cliquez pour agrandir) :

📷 Tournage de « Ce que le vent n’emporte pas ». Photos : Anne Jung.

Questions fréquentes

Qui est Stéphane Hacin ?

Un metteur en scène, professeur de théâtre et réalisateur originaire du Grand Est, longtemps directeur de l’École municipale de théâtre Jacques-Ropital de Forbach. Il a réalisé les courts-métrages Yvan et La Mélancolie des Poussières, primés dans plusieurs festivals.

De quoi parle « Ce que le vent n’emporte pas » ?

Après la mort d’un homme incarcéré pour un braquage qui a mal tourné, ses deux anciens complices se retrouvent pour disperser ses cendres et accomplir une liste de dernières volontés. Le film explore la culpabilité, la transmission, la violence et la reconstruction.

Qui a signé les photos de ce reportage ?

La photographe Anne Jung, sur le plateau du film. L’interview est une exclusivité Info-Lux réalisée par Michel Fouarge.

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