Ursula Förster, sculptrice : « Mes œuvres sont toutes mes filles », 60 ans de création exposés à Tinlot

Ursula Förster, sculptrice : « Mes œuvres sont toutes mes filles », 60 ans de création exposés à Tinlot

🗓️ Mis à jour le 1 octobre 2026

Née à Saint-Vith en 1944, Ursula Förster sculpte depuis soixante ans la femme, le couple et la tendresse, dans la terre, la pierre, la résine et le bronze. Du 2 octobre au 2 novembre 2026, la Carré Galerie de Tinlot expose plus de 150 de ses œuvres. Elle a répondu à nos questions.

L’essentiel
  • Qui ? Ursula Förster, sculptrice née en 1944 à Saint-Vith, installée à Tinlot.
  • Exposition : du 2 octobre au 2 novembre 2026, Carré Galerie, Tinlot, entrée gratuite.
  • Vernissage : vendredi 2 octobre à 18 h ; à 16 h, inauguration de deux œuvres monumentales à la Maison communale.
  • Dans la rue : ses statues sont à Liège (Simenon, Tchantchès et Nanèsse), Huy, Durbuy, Vielsalm, Waremme…

De la ferme de Bracht à l’Académie de Liège

« Je suis Ursula Förster, née à Saint-Vith en 1944, fille aînée d’agriculteurs. » Jusqu’à 23 ans, elle travaille dans la ferme familiale à Bracht (Burg-Reuland). Enfant, elle dessine partout, « y compris sur les murs, ce qui m’a valu quelques bonnes punitions ».

Pour ses 16 ans, ses parents lui offrent une petite boîte de peinture à l’huile. Elle remporte avec elle un premier prix de paysage à Bruxelles. Sa toute première exposition se tient au château de Bracht : « L’accueil chaleureux réservé à mes œuvres de jeunesse a scellé ma vocation de sculptrice. »

À 24 ans, elle entre à l’Académie royale des Beaux-Arts de Liège pour peindre. Une visite fortuite de l’atelier de sculpture change tout : « J’ai ressenti un besoin viscéral de façonner la terre de mes mains. » Peinture le matin, dessin l’après-midi, sculpture le soir : « La sculpture est devenue une passion dévorante, elle était devenue le sens de ma vie. » C’est là qu’elle rencontre un élève sculpteur, qu’elle épouse, et devient habitante de Tinlot.

« Elle est finie dans ma tête »

Une grande partie de son travail naît du modelage de la terre, cuite à haute température. Elle explore aussi la résine sur polystyrène, les patines et le bronze. Mais elle garde « un attachement tout particulier pour la pierre » : « Même si elle exige un long travail de coupe, de ponçage et de lissage, la taille directe offre une magie immédiate. »

« C’est en découvrant une pierre brute, toujours de forme un peu bizarre, que je vois ce qu’elle va devenir. Le dialogue s’est installé, elle est finie dans ma tête et j’ai hâte de la façonner. »

Une maison entière devenue atelier

« L’atelier est ouvert en permanence puisque ma maison entière est atelier. » Elle passe d’une sculpture à l’autre, au gré de ses envies : « Si je n’ai pas de dialogue ouvert avec mon œuvre naissante, je la quitte pour mieux la retrouver. » Et de sourire : « Je fais le meilleur travail quand je dois voler mes heures sur mes obligations. »

La femme, le couple, la tendresse

Son style est figuratif, « subtilement simplifié pour préserver l’expression de l’œuvre ». « Même aux époques où l’abstrait l’emportait, je suis toujours restée fidèle à cette démarche. » Elle cherche « l’harmonie, la plénitude et une paisible liberté, loin de toute violence, une invitation au regard et au toucher ». « Représenter la femme est une évidence : je partage ses émotions, ses états d’âme, et c’est dans ce dialogue silencieux que je finis par me retrouver. »

150 pièces à la Carré Galerie de Tinlot

L’exposition rassemble plus de 150 pièces : des fusains réalisés à l’Académie aux toiles, jusqu’aux sculptures de toutes matières, de la plus petite à la monumentale. « Y découvrir mes 60 ans de passion, de création, qui avaient métamorphosé mon intérieur en une maison-galerie vivante. »

Laquelle regarder en priorité ? « Il m’est impossible de sélectionner l’une de mes œuvres : ce sont toutes mes filles, mes enfants. Je les regarde avec un œil maternel. »

Son fonds d’atelier a trouvé un nouveau nid à la Carré Galerie, qui organisera des expositions régulières et donnera accès à toute la collection, ouverte à l’acquisition.

Ce qu’elle attend des visiteurs ? « Que le passage parmi mes sculptures leur soit un moment agréable, que les émotions soient réciproques et partagées. Une sculpture doit porter et apporter un bien-être à l’acquéreur. » L’âge l’incite à ralentir la taille de la pierre, « mais l’envie et le plaisir restant intacts, je ne saurais cesser de vivre avec et pour ma passion : la sculpture ».

Ses sculptures dans l’espace public

Buste de Georges SimenonLiège, place du Congrès (Outremeuse) (1992)
Les Joueurs de billesHuy, près de la Grand-Place (1993)
L’Enfant au livreDurbuy, centre historique (1996)
L’Homme au bancDurbuy (2000)
La MacraleVielsalm (2000)
Cheval de traitRochehaut, Agri-musée (2002)
Le Chasseur ardennaisVielsalm (2002)
Tchantchès et NanèsseLiège, rue Grande-Bêche (2005)
LisonWaremme (2010)
Regard vers l’avenirBracht, près de l’école (2026)
CoupleSeny, Maison communale de Tinlot (2026)
Côte à côteScry (2026)

Infos pratiques

ExpositionUrsula Förster, 60 ans de création
LieuCarré Galerie, rue de l’Église 56, 4557 Tinlot
DatesDu vendredi 2 octobre au lundi 2 novembre 2026
HorairesVendredi 16 h-21 h, samedi et dimanche 14 h-18 h 30
VernissageVendredi 2 octobre 2026 à 18 h
InaugurationDeux œuvres monumentales acquises par la commune, vendredi 2 octobre à 16 h, Maison communale de Tinlot, rue du Centre 19
EntréeGratuite

Questions fréquentes

Qui est Ursula Förster ?

Une sculptrice née à Saint-Vith en 1944, fille aînée d’agriculteurs, formée à l’Académie royale des Beaux-Arts de Liège et installée à Tinlot, dans le Condroz.

Où et quand voir son exposition ?

À la Carré Galerie, rue de l’Église 56 à Tinlot, du 2 octobre au 2 novembre 2026 : le vendredi de 16 h à 21 h, le samedi et le dimanche de 14 h à 18 h 30. Entrée gratuite.

Quand a lieu le vernissage ?

Le vendredi 2 octobre 2026 à 18 h. Le même jour à 16 h, deux œuvres monumentales acquises par la commune de Tinlot sont inaugurées à la Maison communale, rue du Centre 19.

Que montre l’exposition ?

Plus de 150 pièces : des fusains de l’Académie aux toiles et aux sculptures de toutes matières, de la plus petite à la monumentale.

Où voir ses sculptures dans l’espace public ?

Notamment le buste de Georges Simenon à Liège (1992), les Joueurs de billes à Huy (1993), l’Enfant au livre et l’Homme au banc à Durbuy, la Macrale et le Chasseur ardennais à Vielsalm, Tchantchès et Nanèsse à Liège et Lison à Waremme.

Peut-on acquérir ses œuvres ?

Oui : son fonds d’atelier est désormais installé à la Carré Galerie de Tinlot, qui organise des expositions régulières et donne accès à toute la collection.

Interview réalisée par écrit le 30 septembre 2026, avec l’aide de Colette Constant. Photos transmises par l’atelier d’Ursula Förster.

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