« Le Crépuscule des Pierres » : l’histoire de Metz s’illumine à Montigny-lès-Metz

« Le Crépuscule des Pierres » : l’histoire de Metz s’illumine à Montigny-lès-Metz

🗓️ Mis à jour le 9 octobre 2026

METZ > Le Crépuscule des Pierres

Le spectacle immersif et participatif son et lumière Le Crépuscule des Pierres sera présenté du 9 octobre au 15 novembre 2026 à l’église Saint-Joseph de Montigny-lès-Metz.

📷 Reportage

Texte : Laura Cavelius. Photos : 2 la X Photographie pour info-lux.com. Cliquez sur une photo pour l’agrandir. Tous ses reportages →

L’équipe d’Infolux a eu le privilège d’assister, ce jeudi 8 octobre 2026, à la répétition générale afin de découvrir les coulisses de cette nouvelle création à ne pas louper. Mêlant histoire, théâtre et projections monumentales, ce spectacle se distingue par son caractère interactif. Chaque spectateur reçoit un boîtier lui permettant d’influencer le déroulement de l’intrigue à quatre moments-clés de la soirée. Les choix collectifs orientent ainsi l’enquête et conduisent à six dénouements possibles.

Avec cette production inédite en Europe, le metteur en scène Damien Fontaine et la compagnie Voix et Lumière de Jehanne souhaitent renouveler l’expérience immersive initiée avec Terra Mosella, qui avait attiré près de 25 000 spectateurs à l’automne 2025. Forts de ce succès, ils proposent cette année une aventure encore plus ambitieuse et participative.

Une enquête historique au cœur de l’intrigue

Le Crépuscule des Pierres raconte une histoire totalement originale construite telle une véritable enquête à travers les siècles.

Le récit suit Anne de La Tour, archiviste et historienne, confrontée à un étrange phénomène qui semble frapper sa famille depuis plusieurs générations. Son enquête la conduit à explorer un surprenant parallèle historique : la venue à Metz, à mille ans d’intervalle, de deux papes portant le nom de Léon.

Tout aurait commencé en 1318 avec la disparition mystérieuse d’un de ses ancêtres à Metz. Depuis cette date, une succession de drames et fatalités inexpliqués frappe sa lignée tous les 59 ans jusqu’en 2026. Les années 1318, 1377, 1436 ou encore 1495 ne sont pas de simples dates ou une chronologie pour Anne : elles constituent son véritable compte à rebours.

Afin d’enrayer l’engrenage, les spectateurs l’aident à rouvrir des archives de Metz afin de percer les secrets oubliés. Son enquête entraîne ainsi les auditeurs à travers différentes périodes du passé messin. Le récit évoque notamment le siège de Metz par Charles Quint ou peut également conduire le public du côté de la cour de Louis XIV au cœur des intrigues du pouvoir.

Au-delà de son intrigue, le spectacle développe une réflexion sur l’héritage et la transmission. Les personnages doivent composer avec les choix de leurs prédécesseurs, posant une question universelle : que faisons-nous réellement de ce qui nous est transmis ?

Des comédiens professionnels au service de l’immersion

Parmi les comédiens professionnels présents, le talentueux Patrick Courtois relève un véritable défi en incarnant quatre personnages différents : le pape Léon, un policier des années 1970, le père de Martin et le mari d’Anne de La Tour.

Habitué de l’univers de Damien Fontaine, dont il a déjà prêté sa voix à plusieurs productions, le comédien souligne la complexité du dispositif. Une partie des dialogues des bénévoles est préenregistrée tandis que les échanges entre les comédiens professionnels sont joués en direct. Une précision absolue est donc nécessaire pour garantir la fluidité du spectacle. Il est donc primordial d’être totalement calé afin que les situations sérieuses ne deviennent pas cocasses. Malgré les nombreux échanges entre les comédiens, la répétition générale a prouvé qu’ils étaient parfaitement prêts.

Cette création a exigé plusieurs semaines de préparation. Les interprètes ont dû s’approprier des personnages très variés et parfois changer de rôle en quelques secondes. Patrick Courtois, qui a déjà incarné sept personnages dans un seul-en-scène, privilégie une approche reposant davantage sur l’énergie et la personnalité de chaque rôle que sur la simple imitation vocale. Et c’est avec aisance et brio que le comédien passe de l’un à l’autre.

Patrick Courtois apprécie également la dimension participative du spectacle ainsi que le travail mené aux côtés des bénévoles, qui apportent selon lui spontanéité et fraîcheur à l’ensemble.

Lucas Vadillos joue quant à lui le rôle du frère Tristan, compagnon d’enquête d’Anne de La Tour interpétée par Céline Duhamel. Ils forment un duo dont l’alchimie est palpable et ensemble, parviennent à guider le public à travers les multiples rebondissements de l’histoire.

Le comédien doit lui aussi effectuer plusieurs changements de costumes à un rythme soutenu. Certains s’effectuent en moins de trente secondes, avec l’aide précieuse des costumières en coulisses. Une autre particularité du spectacle réside dans son caractère évolutif : les choix du public déterminent les scènes qui seront jouées et les fins qui seront proposées. Comédiens et bénévoles doivent donc être capables de s’adapter instantanément et de jouer au ping pong réalisé entre les époques.

Pour Lucas Vadillos, cette aventure se distingue également par la forte cohésion qui unit l’ensemble de la troupe. Professionnels et amateurs poursuivent le même objectif et se trouvent dans le même bâteau : offrir au public la meilleure expérience possible.

Les bénévoles, piliers de l’aventure

Au-delà de sa dimension artistique, Le Crépuscule des Pierres est avant tout une aventure humaine. Près de 300 bénévoles participent au projet aux côtés d’environ 80 professionnels.

Parmi eux, Pénylène, habitante de Metz travaillant dans l’administration publique, a rejoint l’aventure après avoir entendu parler du succès de Terra Mosella. N’ayant pu assister au précédent spectacle, elle a répondu à un appel à bénévoles diffusé sur Facebook à la fin de l’été.

Depuis début septembre, elle participe assidûment aux répétitions organisées chaque week-end. Selon les choix des spectateurs, elle peut interpréter jusqu’à six personnages différents au cours de la soirée. Malgré le stress lié à la proximité de la première représentation, elle se montre particulièrement enthousiaste à l’idée de prendre part à une production d’une telle envergure. Sur scène, elle montre son énergie et se plonge parfaitement dans ses différents rôles.

Elle met également en avant la convivialité qui règne au sein du groupe. Les bénévoles ont notamment été répartis en binômes ou en trinômes afin de faciliter le travail collectif et de renforcer les liens.

Christine, autre bénévole passionnée de théâtre et qui est dans l’équipe de Pénylène, partage ce sentiment. Habituée à des représentations plus modestes, elle découvre ici une production de grande ampleur et plus impressionnante. Les costumes et les décors immersifs lui permettent de s’approprier pleinement les différents personnages qu’elle interprète. Le travail en petit groupe constitue pour elle un véritable soutien, la rassure et favorise les échanges dans un climat bienveillant.

Une technologie spectaculaire

Pour donner vie à cette aventure, les équipes techniques déploient des moyens impressionnants. Pas moins de 24 vidéoprojecteurs laser et 200 projecteurs lumineux sont utilisés afin d’habiller l’intégralité de l’espace intérieur de l’église.

Le résultat transforme littéralement le bâtiment en décor vivant. Les murs, les voûtes et les piliers deviennent les supports d’un immense spectacle visuel qui accompagne l’action et transporte les spectateurs à travers les siècles.

Une complicité visible sur scène

Lors de la répétition générale, la bonne humeur et la solidarité des bénévoles sautent immédiatement aux yeux. Malgré la pression liée à l’approche de la première, chacun semble pleinement investi dans la réussite du projet. Même s’ils sont au pied du mur, c’est ensemble qu’ils vont le franchir.

Après plusieurs week-ends de préparation intensive, cette ultime répétition a duré plus de trois heures trente afin de tester toutes les branches narratives possibles. Un travail considérable qui témoigne de l’implication de l’ensemble des participants.

Damien Fontaine insiste sur l’importance de l’esprit de troupe. Cette volonté de construire une véritable famille artistique se ressent tout au long de la représentation, où entraide et bienveillance apparaissent comme des valeurs centrales.

Des détails qui renforcent l’illusion

L’immersion repose également sur une multitude de détails. Les costumes, soigneusement adaptés aux différentes époques, contribuent à la crédibilité des scènes. Les comédiens renoncent notamment aux éléments modernes visibles tels que les lunettes contemporaines ou les piercings afin de préserver la cohérence historique.

Les nombreux accessoires, l’utilisation de l’espace et la présence d’acteurs au milieu du public renforcent encore davantage le sentiment de participer à l’histoire.

Pendant toute la représentation, le rythme reste soutenu. Dialogues, lumières, projections et ambiances sonores se succèdent sans temps mort. Des extraits musicaux de Jean-Jacques Goldman ou encore de Claude François accompagnent certains passages et participent à la dynamique générale du spectacle.

L’église Saint-Joseph sublimée

Après avoir accueilli Terra Mosella, l’église Saint-Joseph devient une nouvelle fois l’écrin de cette création monumentale.

Édifié à partir de 1903, ce fleuron architechtural de Montigny-lès-Metz offre un cadre particulièrement adapté au mapping vidéo grâce à ses hautes voûtes, ses couleurs et à ses dimensions impressionnantes. Sans modifier son architecture, les projections redessinent virtuellement l’intérieur du bâtiment à 360 degrés et l’adaptent aux différentes époques traversées par les personnages.

L’une des grandes innovations du spectacle Le Crépuscule des Pierres demeure cependant son interactivité. Grâce à leur boîtier de vote, les spectateurs ne se contentent plus d’observer l’histoire : ils contribuent à son évolution. Chaque représentation peut ainsi emprunter un parcours narratif différent en fonction des choix effectués collectivement.

Cette mécanique donne envie de revenir assister à plusieurs séances afin de découvrir des scènes inédites et d’explorer d’autres ramifications de l’intrigue. Deux représentations ne suivront pas nécessairement exactement le même parcours et chaque représentation est unique. Selon les décisions du public, des chapitres différents de l’histoire seront alors explorés. Ce choix permet aux spectateurs de possèder une petite part de responsabilité dans le déroulé de la soirée.

Quand le patrimoine devient vivant

Avec Le Crépuscule des Pierres, l’ambition est claire : raconter l’histoire de Metz autrement en mêlant personnages historiques, fiction et technologie.

Durant près d’une heure trente, le public voyage entre passé et présent, naviguant constamment entre faits historiques et imagination. À travers cette aventure immersive, le patrimoine cesse d’être un simple décor pour devenir un acteur à part entière du récit.

Du 9 octobre au 15 novembre 2026, 63 représentations sont programmées à l’église Saint-Joseph de Montigny-lès-Metz, selon des horaires adaptés à la tombée de la nuit.

Après le succès de Terra Mosella, cette nouvelle création entend une fois encore faire parler les vieilles pierres. Mais cette fois, ce sont les spectateurs eux-mêmes qui décideront de l’histoire qu’elles raconteront.

Toutes les photos du Crépuscule des Pierres

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📷 Photos : 2 la X Photographie pour info-lux.com. Texte : Laura Cavelius.

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