Gaming > Interview > CroustyCloud dévoile les coulisses techniques de ses VPS et serveurs de jeux

Gaming > Interview > CroustyCloud dévoile les coulisses techniques de ses VPS et serveurs de jeux

🗓️ Mis à jour le 12 octobre 2026

Comment CroustyCloud construit une infrastructure Gaming pensée pour les joueurs, les développeurs et les communautés qui veulent déployer des VPS et des serveurs de jeux performants

Illustration : le panel de gestion des serveurs de jeux CroustyCloud
Illustration créée à l’aide de l’IA

Derrière un serveur Minecraft, une communauté FiveM ou un VPS utilisé pour développer une application, il existe une mécanique que le joueur ne voit presque jamais. Des machines physiques doivent être réparties, surveillées et maintenues. Les ressources doivent rester disponibles lorsque plusieurs projets fonctionnent en même temps. Les mises à jour ne doivent pas effacer les créations des utilisateurs. Quant au déploiement d’un nouveau serveur, il doit être assez rapide pour que la technique ne devienne pas le premier obstacle du projet.

C’est précisément cette face cachée de l’hébergement que CroustyCloud a accepté d’expliquer à Info-Lux Gaming. Au cours de notre entretien, Romain D. est revenu sur la naissance de l’entreprise, le fonctionnement de ses VPS, l’emploi de KVM et de Proxmox, la gestion des processeurs, l’automatisation des serveurs de jeux et l’évolution du panel Pterodactyl. Les échanges ont aussi permis d’aborder les sauvegardes, le suivi des performances et les futurs services destinés aux professionnels.

Certaines informations opérationnelles concernant la sécurité et l’organisation interne de l’infrastructure ne sont volontairement pas détaillées dans cet article. Ce choix permet de raconter le fonctionnement technique de CroustyCloud sans exposer des éléments qui n’ont pas vocation à être publiés.

De l’auto-entreprise à une structure capable de développer ses propres outils

CroustyCloud existe depuis environ deux ans et demi au moment de notre entretien. Le projet a d’abord été exploité sous la forme d’une auto-entreprise au nom de Romain D., avant d’évoluer vers une SAS au début de l’année 2026. Romain travaille aujourd’hui avec son associé Théo, déjà intervenu lors de précédents échanges autour du projet.

Cette évolution administrative raconte aussi une transformation technique. Un hébergeur ne grandit pas seulement en ajoutant des offres à son catalogue. Il doit construire des outils de commande, organiser ses machines, surveiller la consommation des ressources, accompagner les utilisateurs et anticiper les problèmes avant qu’ils ne deviennent visibles. CroustyCloud affirme avoir choisi de développer son site et une partie de ses outils en interne, sans s’appuyer sur un CMS ou sur un modèle commercial simplement personnalisé.

Le choix demande davantage de travail, mais il donne à l’équipe une maîtrise plus directe de son environnement. Lorsqu’une nouvelle machine est ajoutée ou qu’une règle de répartition doit évoluer, le système de commande peut être adapté aux besoins réels de l’infrastructure. La même logique s’applique au panel de gestion et aux automatismes reliés aux serveurs de jeux.

Pour les lecteurs qui découvrent ce domaine, le mot « hébergeur » peut donner l’impression que l’entreprise se contente de louer de l’espace sur un serveur. En réalité, la valeur se situe aussi dans la couche logicielle qui relie la commande du client, la création du service, l’attribution des ressources, le suivi de la machine et l’assistance. C’est sur cette couche que CroustyCloud cherche à construire sa propre identité dans l’univers du Gaming.

Un VPS fonctionne comme un ordinateur distant et isolé

La première question technique de notre entretien portait sur le fonctionnement d’un VPS. L’acronyme signifie « Virtual Private Server », ou serveur privé virtuel. Pour simplifier, il s’agit d’un environnement informatique créé à l’intérieur d’une machine physique plus importante. L’utilisateur peut s’y connecter à distance, installer des services et administrer son espace comme s’il disposait de son propre ordinateur en ligne.

Une même machine physique peut accueillir plusieurs VPS. Cela ne signifie pas que les clients partagent leurs fichiers ou leurs accès. Chaque environnement est séparé des autres et reçoit ses propres ressources. Un client peut transmettre ses identifiants à un membre de son équipe s’il souhaite travailler à plusieurs, mais il ne voit ni les données ni les systèmes des autres utilisateurs.

CroustyCloud s’appuie sur KVM pour assurer cette virtualisation. KVM, pour « Kernel-based Virtual Machine », est une technologie intégrée à Linux qui permet de transformer un serveur en hyperviseur. L’hyperviseur est la couche chargée de créer et de faire fonctionner les différentes machines virtuelles. L’équipe utilise également Proxmox, une plateforme open source conçue pour administrer ce type d’environnement.

Le caractère open source de Proxmox représente un avantage important pour une petite structure technique. Le logiciel peut être adapté sans imposer le coût d’une licence propriétaire pour chaque évolution. Cela ne signifie pas que tout devient automatique ou gratuit : l’installation, le paramétrage, la supervision et le développement des intégrations restent à la charge de l’hébergeur. En revanche, l’équipe conserve une liberté appréciable pour connecter l’hyperviseur à ses propres outils.

Cette association entre KVM et Proxmox permet donc de répondre à deux besoins. KVM fournit la base de la virtualisation, tandis que Proxmox facilite l’administration des machines virtuelles, des ressources et des nodes physiques.

Des ressources partagées sans remplir les machines au maximum

La question des performances apparaît immédiatement lorsque plusieurs VPS sont installés sur la même machine. Comment garantir à chaque utilisateur la puissance annoncée si d’autres clients sollicitent eux aussi le processeur, la mémoire et le stockage ?

CroustyCloud explique travailler avec plusieurs serveurs physiques, appelés des nodes. Lorsqu’un nouveau VPS est commandé, le système peut sélectionner le node le plus approprié. Si une machine commence à être trop sollicitée, les nouvelles commandes sont dirigées vers une autre disposant de davantage de marge.

Les offres ne correspondent pas à des serveurs physiques entièrement réservés à un seul utilisateur. Elles reposent sur une infrastructure mutualisée, comme la majorité des VPS. La différence recherchée se situe dans le niveau de remplissage. Comme le résume Romain D. : « Nous privilégions avant tout la qualité à la rentabilité. » L’équipe préfère conserver une réserve de capacité et prévoir de nouveaux équipements lorsque la charge devient trop importante.

Cette approche vise à limiter un phénomène connu dans l’hébergement sous le nom de surallocation, ou « overselling ». La surallocation consiste à vendre davantage de ressources virtuelles que la machine ne pourrait en fournir si tous les clients les réclamaient simultanément. Utilisée avec mesure, elle peut tenir compte du fait que tous les VPS ne fonctionnent jamais à pleine puissance au même moment. Poussée trop loin, elle entraîne cependant des ralentissements et des performances imprévisibles.

Le suivi ne repose pas uniquement sur une impression générale. Des outils de monitoring observent l’état des nodes et préviennent l’équipe lorsque certains seuils sont atteints, notamment sur la mémoire vive ou la charge du processeur. Ces informations servent ensuite à modifier la répartition des prochaines commandes et à décider du moment où une nouvelle capacité doit être ajoutée.

Pourquoi les serveurs de jeux demandent une attention particulière au processeur

Une configuration efficace pour un site web ou un outil professionnel n’est pas automatiquement idéale pour un serveur de jeu. Certains logiciels savent répartir leurs calculs entre de nombreux cœurs. D’autres dépendent fortement de la vitesse d’un seul cœur, ce qui change complètement la manière d’évaluer un processeur.

Minecraft constitue un exemple bien connu. Le serveur peut employer plusieurs threads pour certaines tâches, mais une partie essentielle de la simulation reste très sensible aux performances d’un cœur principal. Ajouter toujours plus de cœurs ne suffit donc pas à résoudre tous les ralentissements. La fréquence, l’architecture du processeur, les extensions utilisées, la génération du monde et le nombre de joueurs influencent également le résultat.

CroustyCloud distingue ainsi les nodes destinés aux VPS généralistes de ceux préparés pour les serveurs de jeux. L’entreprise mentionne notamment des processeurs Intel Xeon E5-2699 v4 pour sa gamme VPS et plusieurs processeurs Intel Xeon Gold 5215 au sein de son infrastructure Gaming. Ces références appartiennent à des familles professionnelles pensées pour fonctionner durablement dans des serveurs.

Le choix d’un processeur ne se limite toutefois pas à lire sa fiche technique. L’équipe observe le comportement réel des services et peut placer un projet exigeant sur un node moins sollicité. Dans des situations particulières, elle peut aussi employer le CPU pinning. Cette technique consiste à associer une machine virtuelle ou une tâche à un cœur précis du processeur. Elle permet de mieux contrôler l’endroit où le calcul est exécuté, mais elle n’est pas nécessaire pour chaque client.

Romain D. insiste également sur la capacité d’adaptation. Lorsqu’un projet important réclame une configuration que les machines existantes ne peuvent pas fournir correctement, la réponse ne consiste pas forcément à forcer son installation sur l’infrastructure actuelle. CroustyCloud peut envisager l’acquisition d’une machine correspondant précisément à ce besoin.

Cette logique illustre une réalité souvent oubliée dans le Gaming en ligne : deux serveurs accueillant le même nombre de joueurs peuvent avoir des besoins très différents. Un monde Minecraft fortement moddé, un serveur FiveM rempli de scripts et une partie coopérative plus classique ne sollicitent pas le matériel de la même manière.

Le monitoring transforme les chiffres en décisions techniques

Une infrastructure ne peut pas être administrée uniquement lorsqu’un client signale un problème. Le monitoring sert à observer en continu la santé des machines et l’utilisation de leurs ressources. Il peut détecter une charge inhabituelle, une consommation de mémoire trop élevée ou un comportement susceptible d’annoncer une panne.

Chez CroustyCloud, ces données servent d’abord à décider où placer les nouveaux services. Elles permettent aussi de planifier les opérations de maintenance. Une machine utilisée en production ne peut pas être interrompue au milieu d’une soirée communautaire comme un simple ordinateur personnel. L’équipe cherche donc à programmer les interventions pendant les périodes de moindre activité.

La communication devient alors une composante technique à part entière. Les particuliers suivent principalement les annonces publiées sur Discord. Avec le développement d’une clientèle professionnelle, ce canal ne suffit plus. Une entreprise peut attendre une notification directe, une information claire sur la période de maintenance et la confirmation du retour du service.

Romain D. souhaite automatiser progressivement ces communications afin qu’elles ne dépendent plus d’une publication manuelle sur une plateforme communautaire. Ce type d’outil peut sembler secondaire face au processeur ou au stockage, mais il participe directement à la qualité du service. Une interruption annoncée, encadrée et expliquée n’est pas vécue de la même manière qu’une indisponibilité incompréhensible.

Les clients peuvent aussi contrôler une partie des informations depuis leur propre VPS. Deux outils en ligne de commande permettent notamment de consulter l’activité du système et les ressources visibles depuis l’environnement virtuel.

Afficher les performances et les processus en cours avec htop

Illustration : l’infrastructure de serveurs de CroustyCloud
Illustration créée à l’aide de l’IA

htop est un moniteur interactif pour Linux. Il présente en temps réel l’utilisation du processeur, la mémoire consommée et la liste des processus en cours d’exécution. Sur un VPS utilisant Debian ou Ubuntu, l’installation s’effectue depuis un terminal avec la commande suivante, exécutée avec les droits d’administration :

apt update && apt install htop

Une fois le paquet installé, il suffit de lancer l’outil :

htop

L’écran permet alors d’identifier les processus qui consomment le plus de ressources et de vérifier la charge attribuée au VPS. Si l’utilisateur n’est pas connecté avec le compte administrateur root, la commande d’installation doit généralement être précédée de sudo.

Consulter les informations du système avec neofetch

Illustration : les jeux hébergés par CroustyCloud
Illustration créée à l’aide de l’IA

neofetch affiche une synthèse des informations détectées dans le système : distribution Linux, noyau, processeur visible, mémoire allouée et autres caractéristiques de l’environnement. Dans un VPS, ces données correspondent à ce que la machine virtuelle peut consulter ; elles ne décrivent donc pas obligatoirement l’intégralité du serveur physique qui l’héberge.

La commande suivante concerne Debian 11 ou Debian 12, c’est-à-dire les versions antérieures à Debian 13, ainsi qu’Ubuntu 22.04 LTS et Ubuntu 24.04 LTS, où le paquet est présent dans les dépôts officiels :

apt install neofetch

Après l’installation, l’affichage des informations s’obtient avec :

neofetch

neofetch n’est plus proposé dans les dépôts standards de Debian 13. La commande ne doit donc pas être présentée comme universellement compatible avec toutes les versions récentes de Debian.

Le site de CroustyCloud devient le centre de contrôle de l’hébergement

Le site officiel de CroustyCloud ne sert pas uniquement à afficher des offres. Puisqu’il a été développé en interne, il peut communiquer avec les outils chargés de créer les services. Cette relation entre le site, le paiement, l’infrastructure et le panel explique la promesse d’un déploiement très rapide.

Lorsqu’une commande de serveur de jeu est validée, les informations nécessaires sont transmises au système de gestion. Le service est créé automatiquement, puis l’image correspondant au jeu est installée. Une image rassemble la base logicielle et les fichiers nécessaires au démarrage d’un environnement. Le temps annoncé dépend donc principalement du déploiement de cette image et de la préparation initiale.

Pour le joueur, le résultat paraît simple : il choisit une offre, effectue sa commande et retrouve rapidement un serveur prêt à être configuré. En coulisses, plusieurs étapes doivent pourtant s’enchaîner correctement. Le paiement doit être confirmé, la configuration doit être comprise par le système, les ressources doivent être disponibles et le bon modèle de serveur doit être installé.

Cette automatisation réduit les interventions manuelles et les risques d’erreur répétitive. Elle permet aussi à l’équipe de se concentrer sur les cas particuliers et sur l’accompagnement. Un développeur parlerait ici d’un flux de provisionnement : la commande déclenche automatiquement la création de la ressource attendue.

Pour une communauté Gaming, cette rapidité change la première expérience. Le responsable du projet n’a pas besoin d’attendre qu’un technicien prépare manuellement la machine avant de commencer ses réglages.

Pterodactyl, un panel open source adapté par l’équipe

Une fois le serveur installé, encore faut-il pouvoir l’administrer. CroustyCloud utilise Pterodactyl, un panel open source largement employé dans l’hébergement de serveurs de jeux. Son interface permet notamment de démarrer ou d’arrêter un service, consulter sa console, gérer ses fichiers et modifier différents paramètres.

L’entreprise n’emploie pas uniquement la version de base. Romain D. explique que l’interface et plusieurs intégrations ont été adaptées aux besoins de CroustyCloud. Le caractère open source de Pterodactyl permet de modifier son fonctionnement, à condition de posséder les compétences nécessaires pour maintenir ces changements lorsque le projet officiel évolue.

Cette personnalisation rapproche le panel du reste de l’écosystème développé en interne. Le client commande depuis le site, le service est créé automatiquement, puis il retrouve une interface cohérente pour gérer son serveur. L’équipe travaille aussi sur une installation automatisée de Pterodactyl destinée aux clients VPS qui souhaitent construire leur propre environnement d’hébergement.

Le panel représente ainsi davantage qu’une simple page de contrôle. Il devient le point de rencontre entre le serveur physique, la machine virtuelle, les fichiers du jeu et l’utilisateur. Sa qualité influence directement la facilité avec laquelle une personne peu expérimentée peut administrer son projet.

Mettre un jeu à jour sans effacer les créations des joueurs

Les mises à jour constituent l’un des moments les plus délicats pour un serveur communautaire. Une nouvelle version peut corriger des problèmes ou apporter des fonctionnalités, mais elle peut également rendre certains mods, scripts ou plugins incompatibles.

Nous avons demandé à CroustyCloud comment son système évitait qu’une réinstallation détruise les contenus ajoutés par les joueurs. Romain D. a pris l’exemple de FiveM. Le client peut sélectionner une nouvelle version de l’artifact, c’est-à-dire la base serveur distribuée pour faire fonctionner FiveM, puis lancer la réinstallation de cette partie.

Le système distingue alors le cœur du serveur des ressources ajoutées par l’utilisateur. Les scripts, contenus et éléments personnalisés ne sont pas censés être supprimés avec la mise à jour de la base. Cette séparation est essentielle : un serveur roleplay peut représenter des mois de configuration et de développement.

La responsabilité dépend néanmoins du type d’offre. Sur un VPS, le client possède une grande liberté d’administration et reste responsable de ses mises à jour. L’hébergeur n’intervient pas dans son environnement sans autorisation. Sur une offre de serveur de jeu administrée au moyen du panel, l’équipe dispose de davantage de possibilités pour accompagner l’utilisateur et corriger certains problèmes.

Cette distinction rappelle qu’un VPS et un serveur de jeu prêt à l’emploi ne visent pas exactement le même public. Le VPS offre davantage de contrôle, mais demande plus de compétences. Le serveur préconfiguré simplifie les premières étapes, au prix d’un cadre plus défini.

Sauvegarder ailleurs pour ne pas dépendre d’une seule machine

Les performances permettent à un serveur de fonctionner aujourd’hui. Les sauvegardes déterminent s’il pourra se relever demain. Un monde, une base de données ou une configuration peuvent représenter une quantité considérable de travail. Les conserver uniquement sur la machine qui les utilise crée un point de défaillance évident.

CroustyCloud indique avoir mis en place une solution de sauvegarde cloud externalisée. Les copies importantes peuvent ainsi être conservées en dehors de la machine de production. Si un incident matériel majeur touche l’équipement principal, les données ne dépendent pas uniquement du disque concerné.

L’entreprise conserve également la possibilité de stocker certaines sauvegardes localement selon l’option choisie. Les deux approches ne répondent pas au même besoin. Une copie locale peut être rapide à restaurer, tandis qu’une sauvegarde externalisée protège mieux contre un incident affectant l’ensemble de la machine.

Une politique de sauvegarde sérieuse ne se limite toutefois pas à créer une copie. Il faut aussi vérifier qu’elle est exploitable, définir sa fréquence et comprendre quelles données seront restaurées. Dans le cas d’un serveur de jeu, la valeur ne se trouve pas seulement dans le programme installé, mais surtout dans le monde, les bases de données, les réglages et les créations de la communauté.

La sécurité existe à plusieurs niveaux

CroustyCloud présente publiquement une protection anti-DDoS pouvant atteindre 10 Tb/s sur ses offres. Une attaque DDoS cherche à rendre un service indisponible en le saturant de trafic. Les serveurs de jeux sont régulièrement concernés, car leur interruption touche immédiatement tous les joueurs connectés.

L’entretien a permis de confirmer que cette protection ne se résume pas à une option activée manuellement après le début d’un incident. Une surveillance réseau fonctionne en continu afin d’identifier et de filtrer les comportements anormaux.

Pour des raisons évidentes de sécurité, les mécanismes précis de détection, l’architecture du réseau, les procédures d’intervention et les données détaillées sur les incidents ne sont pas publiés ici.

Il reste néanmoins important de distinguer la protection du réseau et la sécurité de l’application. Un filtrage anti-DDoS peut bloquer de grands volumes de trafic malveillant, mais il ne corrige pas automatiquement une faille présente dans un site, un script FiveM, un plugin ou un service installé par le client.

Le développeur ou l’administrateur doit donc maintenir ses applications à jour, limiter les accès, vérifier les extensions installées et protéger ses identifiants. L’hébergeur sécurise l’infrastructure qu’il contrôle ; le client doit faire de même avec les logiciels qu’il ajoute. Cette responsabilité partagée constitue l’un des principes les plus importants de l’hébergement moderne.

Une infrastructure française pensée pour réduire la distance avec les joueurs

CroustyCloud exploite son infrastructure en France. Ce choix permet de rester proche de son public francophone et de limiter la distance réseau avec les joueurs situés en Belgique ou en France.

La latence, souvent appelée ping, mesure le temps nécessaire pour qu’une donnée effectue un aller-retour entre le joueur et le serveur. Elle dépend de la distance, mais aussi du fournisseur d’accès et du chemin emprunté sur Internet. Deux joueurs installés dans la même ville peuvent donc obtenir des résultats différents.

Pendant l’entretien, Romain D. a estimé qu’un utilisateur belge pouvait généralement observer une latence située autour d’une dizaine de millisecondes, avec des variations selon son opérateur. Cette indication ne constitue pas une garantie individuelle : le résultat réel doit être mesuré depuis la connexion du joueur.

L’infrastructure intègre également des mécanismes de redondance destinés à maintenir les services disponibles lorsqu’un élément rencontre un problème. Les détails de cette organisation ne sont pas développés pour ne pas exposer la topologie du réseau. Pour le client, l’enjeu reste simple : une défaillance isolée ne doit pas provoquer automatiquement une longue interruption.

Le monitoring permet à l’équipe de mesurer la disponibilité sur plusieurs périodes et d’observer l’évolution du service. CroustyCloud affiche un uptime de 99,99 % sur son site. Comme toujours avec ce type d’indicateur, sa valeur dépend de la période mesurée et des conditions définies par l’hébergeur.

Du Gaming communautaire aux futurs services pour les entreprises

L’histoire racontée par cette interview ne s’arrête pas aux serveurs Minecraft ou FiveM. CroustyCloud commence à développer une clientèle professionnelle et souhaite adapter ses outils à ces nouveaux usages.

Les besoins d’une entreprise ne sont pas identiques à ceux d’un groupe de joueurs. Le professionnel attend souvent des notifications directes, un déploiement reproductible, une meilleure organisation des services et une interface capable de centraliser plusieurs projets.

L’équipe prévoit donc de retravailler son panel et son site afin de mieux répondre au B2B. Des systèmes d’auto-installation pourraient simplifier le déploiement de sites et d’autres environnements techniques. L’objectif consiste à transformer des opérations complexes en procédures guidées, sans enlever aux utilisateurs avancés la possibilité de garder le contrôle.

Romain D. évoque également une réflexion autour du SaaS, pour « Software as a Service ». Dans ce modèle, le client n’administre pas nécessairement toute la machine. Il utilise directement un service prêt à l’emploi, par exemple une base de données ou un environnement lié à Node.js. Ces pistes restent en discussion et ne sont pas encore présentées comme des offres disponibles.

Cette direction correspond à la progression logique d’un hébergeur qui développe ses propres outils. Après avoir automatisé la création des VPS et des serveurs de jeux, l’étape suivante consiste à automatiser les services installés à l’intérieur de ces environnements.

Ce que l’interview révèle derrière la promesse de simplicité

Au terme de l’entretien, une idée ressort : la simplicité visible par le client dépend d’une accumulation de choix techniques invisibles. Créer un serveur en quelques minutes suppose de connecter le site, le système de paiement, les modèles d’installation, l’infrastructure et le panel. Garantir des performances régulières demande de surveiller la charge et de conserver de la marge. Protéger les données nécessite des sauvegardes séparées de la machine de production.

CroustyCloud ne se présente donc pas uniquement comme un catalogue de ressources. L’entreprise cherche à construire une chaîne complète, depuis la commande jusqu’à l’administration quotidienne. KVM et Proxmox forment la base de la virtualisation. Les nodes physiques fournissent la puissance. Le monitoring aide à répartir la charge. Pterodactyl simplifie la gestion des jeux. Les outils développés en interne relient ces différentes briques.

Pour les joueurs, cette architecture doit surtout se traduire par une expérience stable et compréhensible. Pour les développeurs, elle offre un environnement capable d’accueillir des applications, des scripts et des bases de données. Pour les communautés, elle permet de lancer un projet sans construire toute l’infrastructure depuis zéro.

Le défi sera désormais de conserver cette proximité en grandissant. Plus le nombre de clients augmente, plus l’automatisation, la documentation et la communication deviennent importantes. L’équipe devra également maintenir ses personnalisations lorsque Proxmox, Pterodactyl, les systèmes Linux et les jeux évolueront.

Cette plongée dans les coulisses complète notre précédente découverte de CroustyCloud. Elle rappelle surtout que l’hébergement Gaming se joue autant dans le code et l’administration système que dans les caractéristiques affichées sur une page commerciale.

Les images utilisées pour illustrer cet article ont été créées à l’aide de l’intelligence artificielle. Leur utilisation a été réalisée avec l’accord des représentants de CroustyCloud.

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Retrouvez l’ensemble de la rubrique dans notre guide du jeu vidéo en Belgique et en Grande Région.

QUESTIONS FRÉQUENTES

  • Qu’est-ce qu’un VPS chez CroustyCloud ?
    Un VPS est un serveur privé virtuel créé à l’intérieur d’une machine physique. Chaque client dispose de son propre environnement distant, séparé de ceux des autres utilisateurs.
  • Quelles technologies CroustyCloud utilise-t-il pour virtualiser ses serveurs ?
    CroustyCloud s’appuie sur KVM pour la virtualisation et sur Proxmox pour administrer les machines virtuelles, les ressources disponibles et les différents nodes physiques.
  • Comment CroustyCloud limite-t-il les ralentissements liés aux ressources partagées ?
    Les nouvelles commandes peuvent être dirigées vers les nodes les moins sollicités. L’équipe surveille également la charge et conserve une réserve de capacité afin de privilégier la qualité du service.
  • Pourquoi les serveurs de jeux ont-ils besoin de processeurs adaptés ?
    Certains jeux, comme Minecraft, restent particulièrement sensibles aux performances d’un cœur principal. Le nombre total de cœurs ne suffit donc pas, à lui seul, à déterminer la fluidité d’un serveur.
  • Comment un serveur de jeu peut-il être installé rapidement ?
    Après la validation de la commande, le site transmet automatiquement la configuration au système de gestion. Le serveur est ensuite créé et l’image correspondant au jeu est installée.
  • À quoi sert le panel Pterodactyl ?
    Pterodactyl permet au client d’administrer son serveur de jeu depuis une interface. Il peut notamment démarrer ou arrêter le service, consulter la console, gérer les fichiers et modifier différents paramètres.
  • Les mises à jour suppriment-elles les mods et les fichiers des joueurs ?
    Le système distingue la base du serveur des ressources ajoutées par le client. Sur un VPS, l’utilisateur reste cependant responsable de ses mises à jour et de la compatibilité de ses extensions.
  • Quels sont les prochains projets techniques de CroustyCloud ?
    L’équipe souhaite améliorer son panel, développer davantage d’installations automatisées et mieux répondre aux besoins des entreprises. Des services SaaS liés aux bases de données ou à Node.js sont également étudiés.

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