Cannes 2021 :SPIKE LEE : UN PRESIDENT DEMOCRATIQUE ET NON DICTATEUR

Juil 12, 2021 | ACTUALITES, France | 0 commentaires

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Par Thibaut Demeyer, depuis la Croisette

Qui décrochera la Palme d’or 2021 ? C’est la question la plus récurrente et traditionnelle que tous les journalistes se posent et parfois même bien avant que le Festival ne commence. Il est dès lors légitime de se la poser, cette année encore, à cinq jours du palmarès. Attendu que certains  films ont déjà pu être visionnés par la presse, mais sous embargo, les pronostics vont dès lors bon train. A chacun son favori ! Forcément, la presse française va soutenir ses films en compétition, les Américains les leurs etc. Mais ce que tout le monde oublie, parce qu’ils sont très discrets durant la quinzaine, c’est le jury. C’est lui, et accessoirement le président, qui a le dernier mot et seul le Palmarès du jury fait foi, que l’on soit d’accord ou pas.

Alors qu’il était prévu pour présider le jury 2020, le réalisateur afro-américain Spike Lee a vu sa fonction reconduite à 2021 pour le bonheur de tous les cinéphiles. Fort d’une filmographie riche et diversifiée, le réalisateur de « L’homme de l’intérieur » n’a pourtant jamais décroché qu’un seul prix à Cannes, en 2018, celui du Grand Prix pour « Blackkklansman » alors que c’était la troisième fois qu’il concourrait pour la Palme d’or. 

Légende vivante du cinéma au service du « black power », Spike Lee n’a jamais caché ses idées politiques et sa position face à la communauté afro-américaine qu’il défend. Il est également le premier président de couleur du jury du Festival de Cannes. Au vu de ses œuvres cinématographiques, de sa défense du peuple noir et de sa personnalité, nous sommes curieux de voir quel film il couronnera. La curiosité est d’autant plus forte que nous avons remarqué que plus le Président est talentueux, plus ses choix déçoivent. Bien entendu, le Président n’a pas tous les droits même si dans l’histoire du Festival, certains se sont conduit comme de véritables dictateurs. Mais Spike Lee n’est pas un homme à se comporter comme tel « j’ai promis que je serai démocratique et non un dictateur. Du moins jusqu’à un certain point car s’il y a égalité, alors c’est moi qui déciderai » a-t-il déclaré. Ce que l’on sait également, c’est que, outre Denzel Washington, son acteur préféré est Adam Driver qui a fait l’ouverture de cette 74è édition avec « Annette » de Léos Carax, film en compétition. Mais là aussi, cela ne veut pas dire charrette. En effet, en 2005, le Président du jury était Emir Kusturica, grand ami de Jim Jarmusch dont le film « Broken Flowers » concourait pour la Palme d’or, ce qui n’a pas empêché les frères Dardenne de décrocher la récompense suprême  avec « L’enfant ». Comme quoi, à Cannes on n’est jamais à l’abri d’une surprise.

Quant à Spike Lee « himself », s’il est quelque peu excentrique (le jour de l’ouverture il a monté les Marches dans un smoking rose, lunettes de la même couleur et des baskets aux couleurs de la France) ou provocateur – on se souvient de ses bagues en 2019 où il était écrit d’un côté « Love » et de l’autre côté « Hate », c’est un homme à la fois respectueux, accessible, ne refusant jamais un autographe ou un selfie, ni même de discuter avec les personnes qui l’abordent dans la rue. Certes, il ne faut jurer de rien car le jury est composé de 8 membres plus le Président mais j’ai comme l’impression que la Palme d’or 2021 sera attribuée à une œuvre délivrant un message politique ou humanitaire.    

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