Coulée de cloches à Tellin : la dernière fonderie de Belgique rallume son four pour les Journées du Patrimoine (photos)

Coulée de cloches à Tellin : la dernière fonderie de Belgique rallume son four pour les Journées du Patrimoine (photos)

🗓️ Mis à jour le 13 septembre 2026

Un soir de septembre au Val des Cloches. Sous le hangar de l’ancienne fonderie de Tellin, la flamme du four vire au vert, puis le bronze coule, orange, dans les moules enfouis dans le sable. Pour les Journées du Patrimoine, l’ASBL Tellin-Fonderie a invité des fondeurs de Strasbourg à refaire, en public, le geste qui a fait vivre le village pendant 138 ans.

L’essentiel
  • Quoi ? Une coulée de cloches en public, puis le démoulage et la visite guidée du musée.
  • Quand ? Samedi 12 septembre 2026 au soir (coulée) et le lendemain matin (démoulage), Journées du Patrimoine.
  • Où ? Ancienne fonderie de cloches Causard-Slégers, Val des Cloches 129A, Tellin (province de Luxembourg).
  • Qui ? Les artisans campanaires de la Société André Voegelé (Strasbourg), à l’invitation de l’ASBL Tellin-Fonderie.
  • Photos : Yves Persoons — 133 clichés.

📷 Reportage photo signé Yves Persoons, présent le samedi soir pour la coulée et le dimanche matin pour le démoulage et la visite du musée.

La dernière fonderie de cloches de Belgique rallume son four

De 1832 à 1970, quatre générations de maîtres fondeurs, de Charles Causard à Georges II Slégers, ont coulé ici près de 13 000 cloches, parties sonner jusqu’au Canada, en Colombie ou en Corée. L’atelier a fermé, le savoir-faire est resté : une ASBL de passionnés fait vivre le site en musée.

Chaque année, pour les Journées du Patrimoine, elle organise une coulée publique. En 2026, ce sont les Artisans Campanaires de l’Est, la Société André Voegelé de Strasbourg, fondée en 1908 et l’une des dernières fonderies de cloches de France, qui ont fait le déplacement.

La chauffe : quand la flamme devient verte (photos)

Le four à creuset ronfle depuis des heures quand le public arrive derrière les barrières. Au sommet, la flamme n’est plus jaune mais verte : c’est le cuivre du bronze de cloche, allié à l’étain, qui colore les gaz à haute température.

Casques à visière dorée, tabliers et vestes aluminisées : les fondeurs se relaient pour brasser le métal à la perche, vérifier la température et, entre deux gestes, expliquer ce qui se passe.

Pendant ce temps, dans la fosse de sable, les moules sont calés une dernière fois entre les briques. Chaque cloche a son moule en deux parties, le noyau et la chape, entre lesquels le bronze viendra prendre la place de la « fausse cloche ».

Un présentateur au micro commente chaque étape ; le public, familles et curieux, ne perd rien du rituel.

La coulée : le bronze à plus de 1 000 degrés

La nuit est tombée quand le creuset sort du four. À la louche, puis à deux, les fondeurs transvasent le bronze incandescent vers les moules. Les gaz s’enflamment à la surface, les étincelles montent sous la charpente.

Le silence se fait derrière les barrières. Chaque moule se remplit en quelques secondes, mais l’opération se répète, moule après moule, jusqu’au dernier.

Autour de la fosse, les silhouettes argentées vont et viennent dans la lueur orange. On devine, derrière les visières, la concentration : une coulée ratée ne se rattrape pas.

Puis les flammes retombent. L’équipe pose, casques relevés, devant la fosse encore fumante. Il faudra attendre le lendemain pour savoir si le bronze a bien rempli chaque moule.

Le lendemain : le démoulage, en photos

Dimanche matin, le sable a refroidi. Le châssis de la fosse est démonté, les masses et les pelles sortent. Au marteau, les fondeurs brisent la chape de terre : la première cloche apparaît, grise de sable, décor intact.

Les visiteurs se pressent à nouveau. Les enfants touchent les clochettes encore tièdes ; les adultes soupèsent une cloche qui n’existait pas la veille.

Frises, blason, inscriptions : le décor est ressorti net de la coulée. Sur le fragment de moule, on lit encore les lettres en creux.

Surprise du sable : un sanglier de bronze, coulé lui aussi dans la nuit, que l’un des fondeurs brandit sous les applaudissements.

Reste l’ébarbage : à la meuleuse et au marteau, on retire les jets de coulée et les bavures. Ces chutes, aux reflets irisés, repartiront au creuset lors d’une prochaine coulée.

Le bronze de cloche ne se perd pas : c’est aussi ce que raconte le musée, où la visite guidée conclut la matinée.

Le musée : fours, moules et pont roulant

Sous les voûtes de l’atelier d’origine, les bénévoles de l’ASBL guident les visiteurs entre le four à réverbère, les moules, les matrices en bois et une rangée de cloches accordées que l’on peut faire sonner.

Pièce maîtresse : le pont roulant en bois, sous lequel pend encore une grande cloche. Le site est classé patrimoine industriel ; les visites, d’environ 1h30, se font de mars à mi-novembre.

Infos pratiques

LieuL’ancienne Fonderie des Cloches de Tellin — ASBL Tellin-Fonderie, Val des Cloches 129A, 6927 Tellin
ÉvénementCoulée publique de cloches et démoulage, Journées du Patrimoine, 12 et 13 septembre 2026 (événement passé)
Fondeurs invitésSociété André Voegelé – Artisans Campanaires de l’Est, Strasbourg
Visites du muséeDu 1er mars au 15 novembre ; groupes (dès 10 personnes) toute l’année sur réservation ; visites guidées d’environ 1h30
Tarifs8 € adulte · 4 € moins de 12 ans · gratuit moins de 6 ans (prix indicatifs)
Contact0467 12 27 12 · lafonderiedetellin.be · Facebook

La coulée de Tellin en questions

Quand a eu lieu la coulée de cloches à Tellin ?

Le samedi 12 septembre 2026 en soirée, lors des Journées du Patrimoine, à l’ancienne fonderie de cloches de Tellin (Val des Cloches 129A). Le démoulage a suivi le lendemain matin, en public.

Qui a réalisé la coulée ?

Une équipe d’artisans fondeurs venue de Strasbourg, la Société André Voegelé – Artisans Campanaires de l’Est, l’une des dernières fonderies de cloches de France, invitée par l’ASBL Tellin-Fonderie qui anime le musée.

Pourquoi la flamme du four est-elle verte ?

Le bronze de cloche est un alliage de cuivre et d’étain ; à haute température, le cuivre colore la flamme en vert. La lueur orange vient ensuite du métal en fusion lui-même, lors de la coulée.

Qu’a-t-on coulé ce soir-là ?

Plusieurs cloches de petite taille, des clochettes moulées en plaques et un sanglier en bronze, tous démoulés le lendemain devant les visiteurs.

La fonderie de Tellin fonctionne-t-elle encore ?

Non : l’atelier Causard-Slégers a coulé des cloches de 1832 à 1970, sur quatre générations. Depuis, une ASBL de passionnés fait vivre le site comme musée et organise chaque année une coulée publique lors des Journées du Patrimoine.

Peut-on visiter le musée ?

Oui, du 1er mars au 15 novembre (toute l’année pour les groupes d’au moins 10 personnes, sur réservation). Visites guidées d’environ 1h30 : 8 € adulte, 4 € pour les moins de 12 ans, gratuit pour les moins de 6 ans (prix indicatifs). Tél. 0467 12 27 12.

Qui a photographié le reportage ?

Yves Persoons, photographe collaborateur d’info-lux, présent le soir de la coulée et le lendemain pour le démoulage et la visite du musée.

La galerie complète de la coulée de cloches de Tellin en photos

Les 132 photos de la coulée, du démoulage et du musée, signées Yves Persoons. Cliquez sur une photo pour l’agrandir, puis faites défiler avec les flèches.

📷 Coulée de cloches, Fonderie de Tellin, Journées du Patrimoine 2026 — Photos : Yves Persoons.

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Sources

  • Photographies et descriptif transmis à la rédaction par Yves Persoons (13 septembre 2026).
  • lafonderiedetellin.be (histoire, tarifs, coulée annuelle des Journées du Patrimoine).
  • Société André Voegelé – Artisans Campanaires de l’Est, Strasbourg (identifiée sur les tenues de l’équipe).

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