🗓️ Mis à jour le 4 septembre 2026
À peine descendu de la scène Visionnaire du Rose Festival 2026, Kailen mesure encore ce qui vient de lui arriver. À Toulouse, là où il se sent chez lui, le jeune artiste a trouvé un public plus nombreux qu’il ne l’imaginait. Pour Info-Lux, il revient sur ce concert, sur le piano qui l’a aidé à mettre ses épreuves en mots et sur « Sans relâche », un projet pensé pour dévoiler une chanson par mois pendant un an.
Il y a une image qui résume assez bien son après-concert : Kailen raconte avoir retiré ses lunettes pour comprendre ce qui se passait devant lui. Jouer au Rose Festival, porté par Bigflo & Oli, ses modèles depuis l’adolescence, n’était plus une idée lointaine. C’était fait. Restait à trouver les mots pour le raconter.
Entretien réalisé au Rose Festival. Propos condensés et édités pour la clarté, dans le respect de leur sens.
Au Rose Festival, un public au-delà de ses attentes
Tu viens de quitter la scène Visionnaire. Qu’est-ce que tu ressens ?
« C’est une émotion qui est dure à exprimer. » En quelques mois, avoir cette opportunité et me retrouver devant un public au Rose Festival, à Toulouse, à la maison, c’est un bel accomplissement. « On a bossé pour y croire et pour y arriver. » Je suis très, très content.
Le concert ressemblait-il à ce que tu avais imaginé ?
Je l’imaginais avec beaucoup moins de personnes. Je ne pensais pas qu’il y aurait autant de monde pour un artiste comme moi qui commence à 14 h 30. Mon DJ était à fond et, moi, j’ai rêvé. J’ai enlevé mes lunettes pour comprendre ce qui se passait. C’était magnifique.
Sur quel morceau as-tu senti le lien le plus fort avec le public ?
Je dirais tous les sons, mais surtout le dernier, « Plus rien à perdre ». Les gens étaient avec moi. Ils savaient que c’était le dernier morceau et qu’il fallait tout donner.

Bigflo & Oli, des modèles toujours présents
À 13 ans, tu citais déjà Bigflo & Oli parmi tes modèles. Comment vis-tu le fait de jouer dans leur festival ?
Je réalise et, en même temps, c’est bizarre : je ne pensais pas que cela arriverait maintenant. Je n’étais pas prêt à me dire que j’étais au Rose Festival. J’ai travaillé pour y arriver, envoyé des mails, été voir directement les équipes. Cette détermination, je pense que c’est ce qui m’a permis de me démarquer.
Bigflo & Oli restent des modèles aujourd’hui. Ce n’est pas simplement un groupe que j’écoutais avant : je les écoute encore.
Le piano, un refuge devenu une manière de raconter
Tu évoques le rôle du piano face au harcèlement scolaire. Comment la musique t’a-t-elle aidé ?
« Le piano, c’est vraiment un exutoire. » Au départ, je ne pensais même pas devenir rappeur ou chanteur. Mon père avait compris que c’était un instrument vers lequel j’allais. Petit à petit, j’ai commencé à mettre en mots ce que je vivais au quotidien, mes difficultés. La mélodie m’inspirait et j’ai commencé à faire du piano-voix.
Tu écris, composes et enregistres beaucoup toi-même. As-tu toujours besoin de solitude pour créer ?
Oui, vraiment. J’aime être seul, retrouver cet esprit de création dans ma chambre. J’ai besoin d’être face à moi-même et de faire ce que je sais faire de mieux : du piano-voix. Parfois, se lâcher fait du bien. J’ai encore besoin d’écrire seul.
« La misère est si belle », le début d’un nouveau chapitre
Qu’est-ce que tu racontes à travers ce titre ?
On a tous notre propre misère. La mienne, c’était le harcèlement, le fait de ne pas me sentir écouté, et d’autres choses que j’ai vécues plus jeune. Pour moi, ces épreuves m’ont donné envie de réussir. C’est mon parcours que je raconte.

Qu’as-tu envie de montrer de nouveau dans ta musique ?
J’ai changé de direction artistique, avec de la mélancolie et des sonorités que j’ai envie d’expérimenter. Je sais davantage vers quoi je veux aller. Il fallait aussi revenir aux sources : je suis allé en Algérie pour la première fois l’année dernière et c’était incroyable. Cela m’a donné envie d’explorer ces sonorités.
« Sans relâche » : une chanson par mois pendant un an
Quelle suite prépares-tu après « La misère est si belle » ?
Le projet s’appelle « Sans relâche ». L’idée, c’est de sortir un son tous les mois pendant un an. Il est déjà prêt. Ce qui me manque, c’est davantage de visibilité. Cela passe par les vidéos sur TikTok, les concerts, les premières parties et le fait de continuer à sortir de la musique. Je suis content de l’accueil du premier morceau, « La misère est si belle ».
Un titre mensuel, une présence régulière sur scène et un public à construire : Kailen décrit une démarche de long terme. Lors de cet échange, il n’a pas précisé le calendrier complet des sorties.
TIF à Toulouse et Bordeaux, la prochaine envie de scène
Après le Rose, quel serait ton prochain rêve ?
Faire la première partie de TIF à Toulouse et à Bordeaux. Ce serait mon rêve. Mais je me contenterai de ce que j’ai, parce que je reviens de loin. « Mon but, c’est de faire de la scène et de sortir des sons », et d’avoir un vrai public. Même s’il y a trente personnes, cela me suffit. On est fiers de ce qu’on a et on avance petit à petit.
Il s’agit bien d’un souhait exprimé par Kailen pendant l’entretien, et non de premières parties annoncées ou confirmées.
À Toulouse, son passage sur la scène Visionnaire marque déjà une étape concrète. Pour la suite, le nom de son projet lui tient aussi lieu de programme : continuer, chanson après chanson, sans relâche.
À lire aussi : notre dossier consacré au Rose Festival 2026 à Toulouse.
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