🗓️ Mis à jour le 19 août 2026
En bref
- Quoi : Alcatraz Open Air, festival metal de Courtrai
- Quand : du jeudi 6 au dimanche 9 août 2026, quatre jours sold-out
- Combien : environ 75 000 festivaliers, cinq scènes
- Têtes d’affiche : Slaughter To Prevail, Testament, Arch Enemy, Saxon, Lamb of God, Powerwolf
- L’événement : la première apparition à Alcatraz de Lauren Hart, nouvelle chanteuse d’Arch Enemy

En ce début du mois d’août s’est tenue, comme chaque année, l’édition 2026 du festival Alcatraz, dans l’entité de Courtrai : cinq scènes, quatre jours et une multitude de groupes venus d’horizons et de pays très divers. Pour la première fois depuis longtemps, un groupe russe, Slaughter To Prevail, était invité — qui plus est comme tête d’affiche du deuxième jour.
De l’avis quasi unanime des festivaliers, l’événement a été une réussite : l’affiche était particulièrement relevée. Nous étions déjà sur place deux ans plus tôt : notre reportage photos de l’édition 2024 de l’Alcatraz.
Jeudi : un premier jour que les absents ont eu tort de rater
Dès le premier jour, le festival a programmé du lourd. Cyclone, groupe de thrash metal belge des années 80, met la Swamp Stage en ébullition : il est vrai qu’il joue… à domicile ! L’apparition de Soulfly, fondé par Max Cavalera et accompagné de son fils Zyon à la batterie, met ensuite la scène principale (Prison Stage) sens dessus dessous avec ses sonorités agressives si particulières. Pour l’occasion, Max Cavalera avait teint ses cheveux dans une couleur proche de sa guitare verte.


En parallèle, la prestation débordante d’énergie du groupe punk belge Funeral Dress offre une alternative de valeur. De retour sous la tente, le public encaisse les riffs soutenus de Sacred Reich, groupe de thrash de Phoenix. Vient ensuite Channel Zero, fer de lance du metal belge pendant de nombreuses années : une prestation de qualité, vocalement comme musicalement, mais qui plafonne — à l’image d’un groupe qui n’a jamais atteint la renommée à laquelle il aspirait. Il s’agissait ici de sa tournée d’adieu, après plus de trente ans.
La Swamp Stage accueille alors Mikkey Dee et ses amis, avec un set exclusivement composé de morceaux de Motörhead. C’est à ce moment que l’on mesure le rôle prépondérant qu’y tenait Lemmy.


Le groupe de folk metal écossais Alestorm délivre un set sans génie mais très bien amené ; le public présent ne s’y trompe pas et manifeste son enthousiasme. Sur la scène concurrente Helldorado, les Suédois d’Eminence livrent un metalcore tout en finesse, loin de laisser le public indifférent.
Vendredi : Slaughter To Prevail met le site en ébullition
Vended, groupe de nu metal fondé par deux fils de membres de Slipknot (Griffin Taylor au chant, Simon Crahan à la batterie), met le feu aux poudres. Certains diront que cela ressemble au groupe des paternels, mais la prestation dégage une énergie à laquelle le public adhère.


Il serait dommage de passer sous silence la prestation tout en puissance de Crimson Glory, groupe de power metal originaire de Floride, ainsi que l’atmosphère sombre créée tout au long du concert de Coven, mené par sa chanteuse Jinx Dawson sur la Swamp Stage.
Dès son entrée en scène, Combichrist offre des riffs tranchants que la composition particulière du groupe (chant, guitare, claviers et batterie) favorise. L’absence de certains instruments, atout lors des premiers morceaux, se transforme toutefois en limite par la suite. Dirkschneider accélère le rythme avec son répertoire classique, qui ne manque pas d’enthousiasmer le public.


Le hardcore de Body Count, emmené par Ice-T, assène un metal agressif qui déménage : le spectateur reçoit exactement la prestation attendue. Il en va de même pour Savatage, qui passe sa carrière en revue, avant Igorrr, groupe français qui allie black metal et breakcore avec succès. À Alcatraz, Igorrr parvient à hisser la qualité musicale et l’intelligence de la prestation scénique à un très haut niveau : assurément un moment clé de la journée.


Retour sur la Prison Stage, où attend la tête d’affiche Slaughter To Prevail, groupe de deathcore russe qui met le public en ébullition : la fosse donne lieu à un défilé de métalleux emportés par l’irrésistible agressivité du groupe mené par son chanteur Alex Terrible. La journée se termine avec le groupe local Amenra, qui parvient toujours à créer cette atmosphère si étrange, garante d’un franc succès.
Samedi : Testament, Hatebreed et la nouvelle voix d’Arch Enemy
L’affiche prévoit un troisième jour particulièrement chargé. Soulignons d’abord la prestation nu metal de Kittie, groupe féminin des années 90, qui délivre un set très bien élaboré et plein d’énergie : les festivaliers sont conquis.


Comment ne pas évoquer Metal Church, qui assène des riffs tranchants nous ramenant aux années 80, porté par des guitares non avares de soli ? Très attendu, Hatebreed embrase ensuite la Prison Stage avec son hardcore des années 90 : il ne faut pas attendre longtemps pour que les ordres de former les circle pits soient donnés, à la grande joie des festivaliers. L’énergie est communicative.


Testament, groupe de thrash metal originaire de la Bay Area, ne déçoit nullement avec des riffs qui rappellent les légendes du genre : le groupe enflamme la scène et le public, ce qui augmente encore les poussières de sable déjà envahissantes.


La découverte de la nouvelle chanteuse d’Arch Enemy constituait assurément l’un des points essentiels des discussions entre festivaliers. Le concert, riche en riffs de death metal et parsemé de soli plus qu’intéressants, a été mené de main de maître par Lauren Hart, virevoltant d’un bout à l’autre du podium. Alissa White-Gluz a été remplacée par une femme aussi énergique qu’elle ; la différence vient peut-être de l’absence de repères — les cheveux bleus de l’ancienne chanteuse constituaient un élément d’identification, bon nombre de festivalières ayant adopté cette couleur.
Amorphis clôture la soirée avec un superbe concert de folk metal, que le public de la Swamp Stage suit avec ferveur. Dommage que les fans revenant du set d’Arch Enemy longent la tente avec une relative indifférence : la musique proposée méritait mieux.


Dimanche : Saxon, Lamb of God et le grand n’importe quoi de Gutalax
Le quatrième et dernier jour nous entraîne devant la Prison Stage pour suivre le groupe autrichien Warkings, dont la formule est connue : du power metal énergique joué par des gladiateurs. Le public ne boude pas son plaisir.


Creeper, toujours sur la Prison Stage, attire l’attention par son rock direct et par ses visages maquillés en cœurs : ça bouge, ça court d’un bout à l’autre de la scène, les soli se succèdent et l’alternance au chant entre le titulaire et la claviériste donne une prestation intense. Warrior Soul remplace relativement bien Rose Tattoo, dont le chanteur est malade, et le projet de Nergal, Misþyrming, hante la Swamp Stage avec un black metal d’excellente facture.


Après le heavy metal intense de Nevermore, vient la sensation du jour. Il ne s’agit nullement d’un nouveau combo, mais tout simplement d’un groupe des années 80 qui manifeste sa joie de jouer : Saxon déroule son répertoire avec un enthousiasme qui n’a d’égal que son intensité, et le public répond. En fin de set, les membres du groupe demandent des vestes en jean aux festivaliers et jouent avec. À 75 ans, Biff Byford étale toute sa forme : remarquable.


Après le très bon concert de Deicide, place à la performance pleine de puissance et de mouvement de Lamb of God : le chanteur arpente la scène d’un côté à l’autre et la musique suit. Une formule gagnante. Le festival touche à sa fin avec le show de Powerwolf, toujours aussi bien construit — peut-être même un peu trop.


La clôture revient à Gutalax, groupe tchèque venu spécialement ce jour-là, et qui vaut surtout pour l’ambiance : ballons et rouleaux de papier hygiénique voyagent dans l’air, tandis qu’une cabine de toilettes est hissée à bout de bras et se promène d’un côté à l’autre de la scène. Loin d’être extraordinaire musicalement, mais à voir une fois.
75 000 festivaliers, quatre jours sold-out… et un dilemme
Que dire de cette édition, sinon qu’elle a pleinement tenu la route ? L’affiche était alléchante et il y avait unanimité des festivaliers sur la qualité des performances. Rappelons que les quatre jours sold-out ont rassemblé 75 000 festivaliers : force est de reconnaître que le site a atteint ses limites.


À la lecture de l’affiche de l’an prochain, le nombre de tickets vendus devrait avoisiner celui de cette année. Les organisateurs feront dès lors face à un choix : maintenir la formule actuelle, particulièrement conviviale, qui fait le bonheur de la plupart, ou basculer vers un festival plus proche du Graspop en taille, au risque d’une organisation davantage tournée vers l’aspect commercial. Un dilemme qu’il conviendra de trancher.

Reportage photos
Photos : Sante Broccolo. Quatre jours de festival, cinq scènes et des dizaines de groupes suivis de la fosse au fond du site. Un grand merci pour ce reportage.
Retrouvez tous les reportages photos de Sante Broccolo sur info-lux. Texte : Ben Georges. Voir aussi toute l’équipe de photographes et de journalistes d’info-lux.
Alcatraz Open Air 2026 : le reportage photo complet
Les 45 autres photos des quatre journées, jour après jour, de la Prison Stage à la Swamp Stage. Cliquez sur une image pour l’agrandir.













































Questions fréquentes sur l’Alcatraz Open Air 2026
Quand s’est déroulé l’Alcatraz Open Air 2026 ?
Du jeudi 6 au dimanche 9 août 2026, sur le site de La Lange Munte, dans l’entité de Courtrai (Kortrijk), en Flandre-Occidentale.
Combien de festivaliers ont assisté à l’édition 2026 ?
Les quatre journées étaient sold-out et ont rassemblé environ 75 000 festivaliers, selon le bilan de l’édition. Le site a, de l’avis général, atteint ses limites.
Quelles ont été les têtes d’affiche ?
Soulfly et Channel Zero le jeudi, Slaughter To Prevail le vendredi, Testament, Arch Enemy et Amorphis le samedi, puis Saxon, Lamb of God et Powerwolf le dimanche, avant la clôture décalée de Gutalax.
Qui est la nouvelle chanteuse d’Arch Enemy ?
Lauren Hart, venue d’Once Human, a succédé à Alissa White-Gluz. Sa première apparition sur disque avec Arch Enemy est le single « To The Last Breath », sorti en février 2026.
Combien de scènes compte le festival ?
Cinq scènes, dont la Prison Stage (scène principale), la Swamp Stage et la scène Helldorado.
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