🗓️ Mis à jour le 23 août 2026
En bref
En bref : accolée à l’église Saint-Géry de Boussu, cette chapelle est la seule de Belgique à conserver des mausolées de type Renaissance. Elle abrite trois mausolées de la famille de Hennin-Liétard — deux Renaissance, un baroque —, deux transis d’un réalisme saisissant et deux retables sculptés d’exception. Elle figure depuis 2009 au patrimoine exceptionnel de Wallonie.



Histoire & origines
Une chapelle romane est attestée à Boussu dès le XIIe siècle. Au début du XVIe siècle, elle est reconstruite en même temps que l’église paroissiale Saint-Géry, à laquelle elle reste accolée, dans le style gothique hennuyer.
Elle devient alors la nécropole des seigneurs puis comtes de Boussu, la famille de Hennin-Liétard — dont l’héritage passera en 1804 à la famille de Caraman. Une précision s’impose : les trois mausolées de la chapelle appartiennent exclusivement aux Hennin-Liétard. De la famille de Caraman, seules deux urnes sont aujourd’hui visibles ; les autres membres reposent dans la crypte, qui conserve les restes d’une trentaine de personnes des deux lignées.

En 1572, la chapelle est vandalisée par les Huguenots. Elle traverse pourtant les siècles, et fait l’objet de campagnes de restauration menées par l’Institut royal du patrimoine artistique en 2015 puis en 2021-2022.

Architecture & particularités
Ce qui rend Boussu unique tient en une phrase : c’est la seule chapelle de Belgique à abriter des mausolées de type Renaissance. Trois mausolées y sont conservés : deux de style Renaissance et un troisième, baroque, du XVIIe siècle.
Le premier, vraisemblablement daté de 1562, est l’œuvre du sculpteur et architecte montois Jacques Du Broeucq — également l’architecte de la résidence de Jean V de Hennin-Liétard à Boussu et du palais de Marie de Hongrie à Binche. Il est dédié à Jean V de Hennin-Liétard, premier comte de Boussu, mort en 1562, et à son épouse Anne de Bourgogne. La date de 1555, parfois citée, ne correspond pas à son décès : c’est l’année où Charles Quint érigea la seigneurie de Boussu en comté.
Le deuxième, vers 1580, réunit Maximilien Ier et Pierre II de Hennin-Liétard avec leurs épouses. Le troisième, vers 1625, consacré à Maximilien II, bascule dans le vocabulaire baroque : à lui seul, l’ensemble donne à lire près d’un siècle d’évolution de la sculpture funéraire.



Les transis : la mort sans fard
La chapelle conserve deux transis, ces effigies qui représentent non pas le défunt idéalisé, mais le corps tel que la mort le laisse. Le plus célèbre, dit « l’Homme à moulons », est attribué à Colijn de Nole et date du XVIe siècle. Un gisant d’albâtre est par ailleurs attribué à Jacques Du Broeucq.
Le réalisme de ces sculptures explique une bonne part de la réputation du lieu : on est loin de la statuaire de convention, et la confrontation est franchement frappante.




Deux retables d’exception
La chapelle conserve deux ensembles sculptés qui méritent à eux seuls le détour. Un mot, d’abord, sur les galeries : la galerie sud est dite « galerie des hommes », la galerie nord « galerie des femmes ». La distinction tient à leur usage ancien : elles permettaient au seigneur de Boussu et à son épouse d’assister séparément aux offices, à l’écart du peuple.
Le premier est le retable de la Crucifixion, en bois doré et albâtre, daté du milieu du XVIe siècle. Il se trouvait autrefois au sommet du mausolée de Maximilien II de Hennin-Liétard. Depuis sa restauration par l’IRPA en 2021, il est présenté dans une vitrine sécurisée, au rez-de-chaussée, juste en dessous de la galerie sud. Il proviendrait vraisemblablement des collections de Jean V de Hennin-Liétard et ornait à l’origine sa chapelle privée, au château de Boussu.

Le second est arrivé plus récemment : depuis 2023, c’est bien la galerie sud, celle des hommes, qui présente un retable consacré à la Vie de la Vierge. Il se trouvait à l’origine dans l’église Saint-Géry attenante ; il a été transféré dans la chapelle après sa restauration, pour des raisons de sécurité et de conservation. Ce remarquable ensemble du début du XVIe siècle, réalisé dans les Pays-Bas méridionaux en bois de chêne, est attribué au sculpteur Pasquier Borman ou à la sculptrice Maria Borman. À l’origine polychrome, il déroule plusieurs scènes de la vie de la Vierge Marie. Il est aujourd’hui incomplet : plusieurs actes de vandalisme, au fil de son histoire, en ont fait disparaître des éléments.

À voir sur place
Au-delà des mausolées, les galeries latérales présentent une collection d’art religieux du XIIe au XIXe siècle, rassemblée depuis les paroisses Saint-Géry de Boussu et Saint-Martin d’Hornu.

La chapelle est classée depuis 1970 (n° 53014-CLT-0001-01) et inscrite au patrimoine exceptionnel de Wallonie (listes de 2009 et 2022). Elle se trouve à moins de 300 mètres du Centre d’interprétation du Château de Boussu, ce qui permet d’enchaîner les deux visites.
Infos pratiques
- Où ? Contre l’église Saint-Géry, rue Léon Figue, 7300 Boussu (province de Hainaut).
- Quand ? Les samedis matin de mai à septembre, ou sur réservation pour les groupes.
- À combiner avec : le Centre d’interprétation du Château de Boussu, à 300 mètres.
- Infos : Château de Boussu.
⛪ Retrouvez cette chapelle sur notre carte des chapelles de la Grande Région, avec 159 autres édifices de Wallonie et du Grand Est.
Sources
Château de Boussu et Wikipédia. Précisions historiques et photographies complémentaires aimablement transmises par Lorenzo Tricolle, coordinateur des recherches historiques du Château de Boussu (asbl Gy Seray Boussu), que nous remercions. Photographies : © Gy Seray Boussu, ainsi que Jean-Pol Grandmont et Marabaou, via Wikimedia Commons, sous licences Creative Commons.
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