Factory Festival 2026 à Liège : douze spectacles en chantier passent devant les programmateurs

Factory Festival 2026 à Liège : douze spectacles en chantier passent devant les programmateurs

🗓️ Mis à jour le 7 septembre 2026

Douze rendez-vous, de 10h30 à 21h15, dans une salle fermée au grand public. Le lundi 7 septembre 2026, le Factory Festival a ouvert son édition liégeoise par la journée traditionnellement réservée aux programmateur·rice·s et à la presse. Au Manège Fonck, les compagnies y montrent des spectacles qui n’existent pas encore tout à fait. La journée affichait complet. Notre photographe Christelle Anceau y était.

L’essentiel
  • Quand : lundi 7 septembre 2026, de 10h30 à 21h15.
  • Où : Manège Fonck, rue Ransonnet 2, 4020 Liège.
  • Pour qui : programmateur·rice·s et presse uniquement — journée complète.
  • Au menu : 6 étapes de travail, 5 présentations de projet et 1 création.
  • Le festival : du 7 au 12 septembre 2026, pass à 18 €.
  • Les images : 41 photos de Christelle Anceau.

Deux formats, deux niveaux d’avancement

Le principe du Factory n’est pas celui d’un festival de spectacles finis. On y montre du travail en cours, et la journée professionnelle est le moment où les compagnies cherchent des lieux, des coproductions et des dates.

Deux formats se succèdent. L’étape de travail donne à voir une matière déjà répétée, jouée devant public : entre 25 et 40 minutes. La présentation de projet, elle, expose une intention — un texte, une maquette, quelques scènes — pour un spectacle qui se créera plus tard. Cette édition en comptait six du premier type et cinq du second, plus une création.

11h — « Projet Shadow », de Ludovic Drouet

La journée s’ouvre sur une étape de travail de trente minutes. Ludovic Drouet part d’une fascination pour l’obscurité — « ce qu’on appelle nos zones d’ombre », écrit-il — et de l’histoire de Steven, un enfant atypique d’un ancien bassin minier qui faisait toujours le même cauchemar.

Sur le plateau, l’image projetée fait office de décor.
À revoir : jeudi 11 septembre à 20h50 et vendredi 12 septembre à 18h30, Manège Fonck.

11h35 — « Qui sème la colère », de Tiphaine van der Haegen

Metteuse en scène et agronome, Tiphaine van der Haegen signe ici son premier projet. Le décor annoncé mêle les époques : des pneus, des bâches en plastique, des cordes à ballots, et au centre une table en bois design. Quatre interprètes y mènent un double trajet — une fiction inspirée des récits de la crise agricole américaine de la Grande Dépression, et une écriture de plateau sur les réalités du secteur agricole belge d’aujourd’hui.

« Le tracteur est-il une mauvaise chose ? Si ce tracteur était à nous — pas à moi, à nous — il serait une bonne chose. » La citation de Steinbeck ouvre le dossier du projet, qui creuse les rapports de concurrence et la fracture sociale en agriculture.

Une création annoncée pour la saison 27-28, avec Irène Berruyer, Allan Bertin, Marie Devroux et Margaux Knittel.
À revoir : mercredi 10 septembre à 19h, Manège Fonck.

12h05 — « C’est pour s’en souvenir », de Marion Levesque

Seule en scène, Marion Levesque remonte à une scène d’enfance : elle a sept ans, elle est avec son père dans un bar-tabac de Bretagne, et quelqu’un sort un fusil pour réclamer des cigarettes. « Depuis ce jour-là, je suis morte de peur », écrit-elle. Puis vient la question de la faute — elle, l’homme au fusil, son père, ou les structures qui fabriquent l’inégalité.

Sa réponse passe par la gwerz, ce chant breton qui transforme les événements tristes en beauté partagée.
À revoir : vendredi 12 septembre à 16h et 20h15, Manège Fonck.

12h35 — « En attendant Dario », de Léonard Berthet-Rivière

Et si le théâtre avait cessé d’exister ? Dans un avenir indéterminé, trois personnages clownesques testent cette discipline oubliée sur le public du soir. Ils n’ont jamais connu cet art ; il ne leur en reste que les bribes d’un auteur ancien, qu’ils tentent maladroitement de ranimer. La compagnie annonce « une expérience clandestine en direct, dangereuse, sans dispositif de sécurité ».

Le dispositif tient en presque rien : deux chaises, deux comédiens, un plateau nu et le public à quelques mètres. Une blouse blanche, ici ou là, pour tout accessoire.

Le jeu se fait en alternance entre Léonard Berthet-Rivière, Laurent Capelluto, Muriel Legrand, Anaël Snoek et Alexandre Trocki.
À revoir : vendredi 12 septembre à 19h05, au Studio.

14h — « L’art d’être malade », d’Olivia Stainier

Dans un musée, une patiente est figée en statue et un monsieur Loyal accueille le public. La femme est atteinte d’alopécie universelle, une maladie auto-immune très visible. Un jour, on lui a demandé de raconter ce que c’est, être malade.

« Ça aurait pu s’appeler Est-ce que les médecins ont peur du doute ? », écrit Olivia Stainier. Deux années de recherche nourrissent cette étape de travail, qui mêle textes autobiographiques, théâtre, cirque et projections vidéo pour plaider une ré-humanisation de la santé.

Sur le plateau, Olivia Stainier joue aux côtés de Majo Cázares.
À revoir : jeudi 11 septembre à 19h55 et vendredi 12 septembre à 19h35, Manège Fonck.

14h40 — « Débris d’amour », d’Angèle Baux Godard et Clément Goethals

Un frère et une sœur partent retrouver leur mère, qui sort de prison après une longue peine. Le voyage bascule quand ils découvrent qu’elle ne les a pas attendus. Le spectacle revisite avec eux les lieux d’enfermement qui ont jalonné leurs vies : la cellule, la chambre où la police est venue arrêter leur mère, les piaules du foyer et des familles d’accueil.

« Comment se construire quand on grandit dans l’ombre d’un parent incarcéré ? » Le projet est porté par le groupe La Fact, avec le Relais Enfants-Parents comme partenaire.
À revoir : mercredi 10 septembre à 20h55, au Studio.

15h10 — « La maison abandonnée », de Lucas Meister

C’est le projet le plus longuement photographié de la journée, et il part d’une histoire vraie. Lucas Meister raconte être entré, il y a quelques années, dans une maison abandonnée de longue date. Dans une chambre à l’étage, il a trouvé une liasse de lettres écrites d’une main enfantine, tenues par un élastique dans une boîte en fer : quarante-trois lettres écrites sur sept ans par un garçon à « son cher papa », sans jamais recevoir de réponse.

Sur le plateau, le décor tient à quelques objets — une chaise de jardin, des bottes de caoutchouc, une pelle — et à des images projetées.

L’étape de travail dure trente-cinq minutes. Elle réunit India Hair, Lucie Montay, Pierre Sartenaer et Lucas Meister.
À revoir : jeudi 11 septembre à 22h10 et vendredi 12 septembre à 16h30, Manège Fonck.

Et le reste de la journée

Le programme s’est poursuivi jusqu’en soirée avec cinq autres rendez-vous, que nos photos ne couvrent pas : Mégaboîte (Lila Leloup et Clara Cesalli, collectif Les Furigond·e·s), Stronger (Quentin Chaveriat, une pièce avec des athlètes de bodybuilding), Cagole Paradise (Joey Elmaleh et Faustine Boissery), Into Limbo (Élise Eveno, d’après le Petit Chaperon rouge) et, à 19h45, la seule création de cette édition : « Et pourtant le soleil se lève ! », le premier seul-en-scène de Damien Trapletti.

📷 Reportage photos

Christelle Anceau

Les 41 photos de cette journée professionnelle sont signées Christelle Anceau (Chris-Photos), qui a suivi les présentations du matin et de l’après-midi au Manège Fonck. Merci de ne pas les réutiliser sans son accord.

Infos pratiques

La journée proLundi 7 septembre 2026, 10h30 → 21h15 — réservée aux programmateur·rice·s et à la presse (complet)
Le festivalDu 7 au 12 septembre 2026
Manège Fonck, rue Ransonnet 2, 4020 Liège — et le Studio
Au programme6 étapes de travail · 5 présentations de projet · 1 création · 1 performance
TarifPass Factory 18 €, valable tous les jours et sur toute la programmation. « Et pourtant le soleil se lève ! » aussi hors pass : 16 € plein, 14 € réduit
Infosfactoryfestival.be
Photos41 clichés de Christelle Anceau

La journée en images

Les 41 photos de Christelle Anceau. Cliquez sur une image pour l’agrandir, puis naviguez avec les flèches.

Photos : Christelle Anceau (Chris-Photos), le 7 septembre 2026 au Manège Fonck. Synopsis, distributions et horaires de reprise : factoryfestival.be.

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