🗓️ Mis à jour le 18 août 2026
- Quoi ? Le Festival international des Arts de la Rue de Chassepierre
- Quand ? Les samedi 15 et dimanche 16 août 2026
- Où ? Chassepierre, village de la commune de Florenville (Gaume, province de Luxembourg)
- L’ambiance : une chaleur écrasante, un samedi noir de monde, un dimanche plus fluide
- L’image de l’édition : « Bleue Volute », spirale de 12 m et quatre funambules, à la nuit tombée
- Photos : 95 clichés signés Ben Georges pour info-lux.com
Sous un soleil écrasant, le Festival international des Arts de la Rue de Chassepierre a transformé le village gaumais en immense scène à ciel ouvert les 15 et 16 août 2026. Le reportage photos de Ben Georges.
Il fallait aimer la chaleur pour profiter pleinement de cette édition. Malgré des températures parfois difficiles à supporter, le public a répondu présent — particulièrement nombreux le samedi. Pendant deux jours, familles, habitués et curieux ont circulé dans une ambiance détendue entre cirque, théâtre, marionnettes, danse, acrobaties, humour, musique et créations déambulatoires.

- 2jours de festival
- 12 mla spirale de Bleue Volute
- 4funambules
- 95photos

Reportage photos
Toutes les photos de ce reportage sont signées Ben Georges, qui a parcouru Chassepierre pendant les deux journées — des ruelles du marché artisanal jusqu’aux funambules de « Bleue Volute », bien après la tombée de la nuit.
Un grand merci pour ce reportage. Retrouvez tous les reportages photos de Ben Georges sur info-lux.
Dès les premières heures de l’après-midi, le soleil imposait son rythme et obligeait à chercher quelques mètres carrés d’ombre, une boisson fraîche ou un moment de repos. Mais Chassepierre a cette particularité : même lorsque les conditions deviennent difficiles, le festival continue de vivre partout. Dans une prairie, devant une maison, au détour d’une ruelle, près de l’église ou sur une place, quelques dizaines puis parfois plusieurs centaines de spectateurs formaient rapidement un cercle autour des artistes. Et une fois le spectacle commencé, la chaleur semblait presque passer au second plan.
Un samedi particulièrement fréquenté
La différence de fréquentation entre les deux journées était perceptible. Le samedi a attiré énormément de monde : à certains moments, les rues de Chassepierre étaient littéralement remplies de festivaliers passant d’un espace de spectacle à un autre.
Autour des scènes les plus attendues, il fallait arriver suffisamment tôt pour trouver une bonne place. Assis dans l’herbe, sur un talus, sur les quelques bancs disponibles ou debout derrière plusieurs rangées de spectateurs, les visiteurs s’adaptaient.



Malgré cette forte fréquentation, l’ambiance est restée remarquablement sereine. Pas de tension particulière, peu d’impatience : le public de Chassepierre est resté bon enfant et familial. C’est probablement l’une des forces de ce rendez-vous. On y croise aussi bien des familles avec de jeunes enfants que des passionnés de cirque contemporain, des adolescents, des couples ou des habitués qui reviennent d’année en année. Tout le monde partage les mêmes rues sans avoir l’impression d’assister au même festival — car Chassepierre permet justement à chacun de composer sa journée.
Dimanche, moins de monde mais des spectacles toujours très suivis

Le dimanche semblait légèrement plus calme. Il restait beaucoup de visiteurs, mais la circulation était plus fluide que la veille, ce qui permettait parfois de rejoindre plus facilement certains espaces.
Pour autant, dès qu’un spectacle commençait, les spectateurs arrivaient rapidement en nombre. C’était l’une des images marquantes du week-end : à chaque représentation ou presque, un nouveau cercle humain se formait autour des artistes.


Une étrange odeur de fumée le dimanche
Une autre particularité est venue marquer la journée de dimanche. À plusieurs moments, une odeur de fumée était perceptible à Chassepierre, rappelant l’immense incendie qui touchait simultanément les Hautes Fagnes. Le feu avait débuté le vendredi 14 août à Baelen ; dimanche soir, les autorités wallonnes indiquaient qu’il n’était toujours pas maîtrisé et estimaient à environ 3 000 hectares la superficie touchée. Près de 500 personnes et plus de 120 véhicules participaient alors aux opérations, et les autorités confirmaient que les fumées affectaient la qualité de l’air sur une large zone de Wallonie.

À Chassepierre, loin de la zone de l’incendie, cette odeur apportait une sensation assez étrange au milieu de la fête. Elle n’a toutefois pas perturbé le déroulement du festival. Le contraste était simplement saisissant : la chaleur, le soleil, les spectacles et, par moments, cette odeur de feu portée dans l’air.
Une chaleur parfois assommante
Le véritable fil rouge de cette édition restera probablement la météo. Il faisait chaud, très chaud — une chaleur lourde qui obligeait à ralentir. Les bouteilles d’eau devenaient indispensables et chaque zone ombragée était particulièrement appréciée.
Cela n’a pourtant pas découragé le public : les espaces de représentation restaient régulièrement bien remplis et les artistes ont pu compter sur des spectateurs attentifs et réactifs malgré les températures élevées.



À Chassepierre, il y en avait vraiment pour tout le monde
Impossible de résumer Chassepierre à une discipline — c’est précisément ce qui fait son intérêt. Pendant un même après-midi, un visiteur pouvait passer d’un spectacle de marionnettes à un numéro de cirque, découvrir ensuite un clown, assister à une création dansée, croiser un personnage en déambulation et terminer sa journée devant une impressionnante structure métallique illuminée.
Le programme officiel confirmait cette diversité : théâtre burlesque, cirque, marionnettes, danse, jonglage, arts numériques, musique, déambulations, jeux et manèges. Certains spectacles étaient immédiatement accessibles aux enfants ; d’autres demandaient davantage d’attention. C’est aussi cela, Chassepierre : accepter de s’asseoir devant un spectacle sans savoir exactement ce que l’on va voir.


Les enfants avaient eux aussi leur festival

Pour les plus jeunes, le week-end ne se limitait pas à regarder les adultes jouer. Le Petit Manège d’Arnaud replongeait le public dans l’univers des anciennes fêtes foraines, avec un manège fonctionnant grâce à l’énergie des parents, des jeux, un petit cinéma, un orgue de barbarie et une fabrique à souvenirs.
« La Ferme », du Théâtre Magnétic, faisait appel à la marionnette et à la ventriloquie. Ailleurs dans le village, Zapoï l’élan, de la Compagnie Boîte à Clous, se promenait parmi les visiteurs avec son dresseur et invitait même les enfants à grimper sur son dos.


Autant de propositions qui faisaient du festival un rendez-vous où les enfants n’étaient pas de simples accompagnateurs, mais véritablement acteurs de leur journée.
Marionnettes, ventriloques, clowns et personnages improbables
L’imaginaire était partout. Chassepierre aime brouiller les frontières entre objets et personnages : une marionnette peut devenir gigantesque, une valise se transformer en scène de théâtre, un animal mécanique se promener au milieu du public. Avec « Pop-Up ! », Slagman Producties ouvrait une valise d’où émergeaient différents personnages dans un univers de théâtre burlesque. La Compagnie Paris Bénarès proposait avec « Chevâl » une rencontre entre l’homme, l’animal et la mécanique autour d’une grande marionnette, mêlant poésie et humour.


Ces spectacles fonctionnent particulièrement bien à Chassepierre parce que le village entier devient leur décor. Il n’y a parfois plus de frontière entre l’espace réservé aux artistes et celui du public.
Lorsqu’un personnage déambulant traverse une rue remplie de festivaliers, tout le village semble momentanément entrer dans le spectacle.

Du clown, mais pas uniquement pour faire rire
Le clown faisait évidemment partie du voyage : avec « Atomic Phénix », Naïma Triboulet proposait un spectacle associant clown, musique et danse. Mais le clown contemporain ne cherche pas toujours le rire — il peut provoquer le malaise, la surprise ou l’émotion.


C’était d’ailleurs une caractéristique générale du week-end : les spectacles les plus intéressants n’étaient pas nécessairement ceux qui accumulaient les prouesses techniques. Certains reposaient sur une idée, une attitude, quelques gestes ou une manière originale d’utiliser l’espace. On pouvait rire franchement pendant plusieurs minutes puis, quelques centaines de mètres plus loin, découvrir une proposition presque méditative.
Le cirque contemporain toujours très présent
Les amateurs de prouesses physiques avaient largement de quoi se satisfaire : acrobaties, équilibre, jonglage, trapèze et performances aériennes occupaient une place importante. Dans « Le Poids des Nuages », la compagnie Hors Surface mettait en scène deux hommes utilisant un trampoline dans une quête aérienne inspirée du rêve d’Icare. Avec « Le Quart de Seconde », La Butineuse plaçait une trapéziste et une acrobate à plusieurs mètres du sol sur une structure métallique. Tall Tales Company proposait « Droplines », un spectacle de jonglage qui mettait volontairement en avant l’imperfection et même l’échec derrière la réussite.


Ce mélange entre performance pure et narration est devenu une signature forte du cirque contemporain. À Chassepierre, les artistes ne cherchent pas uniquement à montrer ce qu’ils savent faire : ils utilisent leurs capacités physiques pour raconter quelque chose.
Quand la danse et la musique investissent les rues

La danse faisait elle aussi partie du parcours. Avec « Tancarville », Le G. Bistaki transformait de simples draps en éléments d’un ballet gestuel, burlesque et volontairement décalé. Avec « Amours », Muchmuche Company associait danse et théâtre autour des différentes manières d’aborder les relations.
L’intérêt de ces propositions tient une nouvelle fois au décor : danser dans une salle de spectacle et danser au milieu d’un village ne produit pas la même sensation. Ici, les murs, l’herbe, les rues et le paysage deviennent une partie intégrante de la scénographie.


Les déambulations : l’art de surprendre entre deux spectacles
L’une des meilleures façons de profiter du festival reste parfois de ne rien programmer. Simplement marcher — car quelque chose finit presque toujours par arriver. La programmation 2026 accueillait plusieurs créations déambulatoires, parmi lesquelles « Tom, Tom & Tom » de RaVart, trois personnages âgés débordants d’énergie qui se mêlaient directement au public, ou encore « La Baronne Perchée » de Tiguidap.


C’est probablement dans ces moments imprévus que l’esprit du théâtre de rue apparaît le plus clairement. Un artiste s’approche. Le public hésite. Quelques personnes comprennent qu’un spectacle commence. Les enfants s’approchent. Et en quelques secondes, une simple rue devient une scène.
Sculptures de métal et marché des artisans
Entre deux représentations, le village se parcourait aussi pour ce qui ne bougeait pas : sculptures animalières en métal soudé, installations posées dans les prés, étals d’artisans et de créateurs installés le long des ruelles.
Un dessinateur travaillait à sa table pendant que les festivaliers s’arrêtaient pour le regarder faire — une autre manière, plus lente, de traverser le festival.





« Bleue Volute », l’image forte de la nuit
Et puis la nuit est arrivée, avec l’un des spectacles les plus impressionnants visuellement de cette édition. Dans l’espace Prairie, Minuit Compagnie présentait « Bleue Volute », une nouvelle création de cirque programmée à 21 h 30. Impossible de manquer l’immense structure : une spirale métallique dressée dans le ciel, spectaculaire de jour mais prenant une tout autre dimension lorsque la lumière diminuait.

La structure mesure environ 12 mètres de hauteur et est conçue comme une sculpture en mouvement sur laquelle évoluent quatre funambules. Lorsque la nuit tombe et que la structure s’éclaire, le spectacle change complètement d’échelle : les artistes semblent suspendus dans le vide, les silhouettes se détachent sur le ciel noir, la lumière souligne les courbes de la spirale.



Depuis le public, l’effet est impressionnant : la structure paraît simultanément massive et extrêmement légère. Les artistes avancent sur cette ligne qui s’élève progressivement, pendant que l’ensemble semble presque irréel.
C’était l’une de ces images que l’on garde longtemps après avoir quitté le festival, sans avoir besoin d’accumuler les artifices : la hauteur, la lumière, le mouvement et la nuit suffisaient.

Des moments drôles, mais aussi étranges et poétiques
Ce serait pourtant une erreur de ne retenir de Chassepierre que les grandes performances. Le festival fonctionne précisément parce qu’il accepte aussi les petites choses étranges : une conversation absurde, un personnage bizarre, une manipulation d’objet, un silence, un jeu avec le public, une scène dont on ne comprend pas immédiatement le sens.
Cette liberté artistique donne au festival son identité. Tout ne plaît évidemment pas à tout le monde — et c’est probablement très bien ainsi. Un spectacle peut enthousiasmer une partie du public et laisser d’autres spectateurs complètement perplexes ; quelques minutes plus tard, les rôles seront peut-être inversés devant une autre compagnie. Chassepierre n’est pas un festival où chacun vient voir ce qu’il connaît déjà : c’est un festival où l’on vient se laisser surprendre.


Une organisation capable d’absorber une foule importante
Accueillir autant de monde dans un petit village n’est jamais simple : routes, stationnements, déplacements à pied et concentration du public autour de certains espaces imposent une organisation conséquente. Samedi, avec l’affluence particulièrement importante, le défi était encore plus visible. Mais une fois entré dans le cœur du festival, le principe reste simple : marcher et se laisser guider.

La programmation répartie dans différents espaces permet d’éviter de concentrer tout le public au même endroit. Une partie des festivaliers se dirige vers le cirque pendant que d’autres choisissent un spectacle plus intimiste, un espace familial ou une animation déambulatoire. Cette dispersion est indispensable : elle permet de conserver l’impression que le festival appartient momentanément à tout le village.


Une ambiance qui reste l’une des grandes forces du festival
Au-delà de la programmation, ce sont probablement les gens qui donnent à Chassepierre cette atmosphère si particulière. Des enfants assis devant une petite scène. Des adultes allongés quelques minutes dans l’herbe entre deux spectacles. Des groupes d’amis cherchant leur prochaine destination sur le programme. Des spectateurs qui applaudissent un artiste rencontré cinq minutes plus tôt au détour d’une rue. Des inconnus qui se poussent légèrement pour laisser un enfant voir.


Le public de Chassepierre est venu pour profiter, et cela se ressent. Malgré la chaleur, malgré le monde du samedi et les longues heures passées dehors, l’ambiance est restée particulièrement agréable.
Deux jours où Chassepierre devient un autre village
Le lundi matin, tout reprend progressivement sa place. Les scènes disparaissent, les barrières sont retirées, les artistes poursuivent leur route, les visiteurs rentrent chez eux. Mais pendant deux journées, Chassepierre devient véritablement autre chose : un village où une prairie peut accueillir une gigantesque spirale métallique, où une rue devient une piste de danse, où une valise devient un théâtre, où des marionnettes gigantesques croisent des enfants.

Le programme officiel 2026 réunissait une très large palette de compagnies, parmi lesquelles B-Side Company, Jacqueline Cambouis, Cie Furinkai & Théâtre de l’Entrouvert, Le G. Bistaki, Cie Paris Bénarès, Hors Surface, Minuit Cie, Théâtre Magnétic, Tall Tales Company, La Butineuse, Slagman Producties ou encore Muchmuche Company.
Chassepierre 2026 : une édition brûlante et généreuse
Cette édition 2026 restera comme un festival particulièrement chaud, très fréquenté le samedi et légèrement plus respirable le dimanche. La météo aura demandé de l’endurance au public comme aux artistes, et les odeurs de fumée perceptibles dimanche auront rappelé, de manière assez inattendue, l’important incendie qui touchait les Hautes Fagnes au même moment.
Mais artistiquement, Chassepierre a une nouvelle fois tenu sa promesse. Des spectacles partout, du monde partout, et surtout une diversité suffisamment grande pour que chacun trouve quelque chose qui lui parle. Et lorsque la nuit est tombée sur la grande spirale illuminée de « Bleue Volute », Chassepierre a offert une dernière fois cette image qui résume assez bien le festival : quelque chose d’improbable surgissant au milieu d’un petit village de Gaume et réussissant, pendant quelques instants, à faire oublier tout le reste. Même la chaleur.
Le reportage photos de Ben Georges : la galerie complète
Les 94 photos du week-end, des jeux d’enfants du début d’après-midi aux funambules de « Bleue Volute » en pleine nuit. Cliquez sur une photo pour l’agrandir, puis faites défiler la galerie avec les flèches.






























































































📷 Photos : Ben Georges pour info-lux.com.
Questions fréquentes sur le festival de Chassepierre 2026
Quand s’est déroulé le festival de Chassepierre 2026 ?
Les samedi 15 et dimanche 16 août 2026, dans le village de Chassepierre (commune de Florenville), en Gaume. Le samedi a été de loin la journée la plus fréquentée.
Quel a été le spectacle le plus marquant de l’édition 2026 ?
« Bleue Volute », de Minuit Compagnie, programmé à 21 h 30 dans l’espace Prairie : une spirale métallique d’environ 12 mètres de haut, conçue comme une sculpture en mouvement, sur laquelle évoluent quatre funambules. À la nuit tombée et une fois la structure éclairée, le spectacle change complètement d’échelle.
Pourquoi sentait-on la fumée dimanche à Chassepierre ?
L’odeur venait de l’incendie des Hautes Fagnes, déclaré le vendredi 14 août à Baelen. Dimanche soir, les autorités wallonnes estimaient à environ 3 000 hectares la superficie touchée, avec près de 500 personnes et plus de 120 véhicules engagés, et confirmaient que les fumées dégradaient la qualité de l’air sur une large zone de Wallonie. Le festival, très éloigné du foyer, s’est déroulé normalement.
Le festival est-il adapté aux enfants ?
Oui. Jeux, manèges et spectacles familiaux rythment les deux journées : le Petit Manège d’Arnaud, « La Ferme » du Théâtre Magnétic (marionnette et ventriloquie) ou encore Zapoï l’élan de la Compagnie Boîte à Clous, qui invitait les enfants à grimper sur son dos.
Quelles disciplines découvre-t-on au festival des arts de la rue de Chassepierre ?
Théâtre burlesque, cirque, marionnettes, danse, jonglage, arts numériques, musique, déambulations, jeux et manèges. C’est cette diversité qui permet de passer, en un après-midi, d’un numéro de cirque à une création dansée puis à une déambulation.
Qui a photographié le festival pour info-lux ?
Ben Georges, qui a parcouru le village pendant les deux journées, du marché artisanal aux funambules de « Bleue Volute » à la nuit tombée. Les 95 photos de son reportage sont publiées dans cet article.
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