Logo info Brabant Wallon
Info>>lux >> ACTUALITES >> Rubriques >> Cinémas >> Programme Cinéma >> FILMS A VOIR…OU PAS

Au menu : biopics, comédie dramatique, l’art culinaire

Texte et photo : Thibaut Demeyer

L’abbé Pierre : une vie de combat de Frédéric Tellier avec Benjamin Lavernhe, Emmanuelle Bercot.

Présenté en sélection officielle hors compétition, le film de Frédéric Tellier « L’Abbé Pierre, une vie de combats », est une œuvre qui vous laisse sans voix. Il s’agit du troisième long métrage consacré à l’Abbé Pierre après « Hiver 54, l’Abbé Pierre » et « Les chiffonniers d’Emmaüs ». La différence, c’est que « L’Abbé Pierre, une vie de combats » reprend toute la vie de ce jeune homme né dans une famille bourgeoise et non pas un moment précis de son existence. Ce choix fait la force de ce biopic car, si on croit connaître l’Abbé Pierre, on se rend vite compte que ce n’est pas le  cas grâce aux recherches faites par Frédéric Tellier avant même l’écriture du scénario. « L’Abbé Pierre » est dès lors instructif et un bien bel hommage, même si l’œuvre dans sa mise en scène est formatée pour le grand public, envers celui qui a été durant des décennies la personnalité préférée des Français.

Second tour de et avec Albert Dupontel, Cécile de France, Nicolas Marié.

Il est évident que « Second tour » n’est pas le meilleur film d’Albert Dupontel surtout après des œuvres aussi percutantes que « Au revoir là-haut » ou « Adieu les cons ». Son scénario est cousu de fil blanc, ses propos sur le pouvoir et ses travers, la manipulation médiatique, le pouvoir de l’argent auraient pu être très pertinents mais voilà, à force de vouloir brasser trop de sujets, Albert Dupontel se noie, nous offrant une œuvre légère et sans intérêt. Néanmoins, le duo Cécile de France et Nicolas Marié fonctionne à merveille. Rien que pour leurs pitreries, leurs bons mots et les situations cocasses, le film vaut la peine d’être vu pour autant que vous le preniez comme une grosse comédie sans prétention.

Flo de Géraldine Danon avec Stéphane Caillard, Alison Wheeler.

Faut-il préciser que « Flo » est un biopic sur Florence Arthaud, la première qui a mis le mot marin au féminin ? La première femme qui a gagné la Course du Rhum en solitaire et sans escales ? Cette tête brûlée, qui a perdu la vie dans un accident d’hélicoptère lors de l’enregistrement d’un jeu télévisé, a très rapidement su ce qu’elle voulait faire de la vie. Un caractère bien trempé, une volonté de fer et la célébrité au bout du chemin. Une femme formidable avec également ses démons, son côté dépravé, aimant les hommes, la fête, l’alcool, la cigarette, la vitesse au volant qui lui coûtera deux accidents de voiture. C’est ce côté peu reluisant que la réalisatrice met en exergue durant 1h15, n’accordant que 45 minutes à la partie la plus belle et passionnante de sa vie : la course du Rhum.

On aurait aimé voir une Florence Arthaud se démenant pour décrocher le sponsor qui pourra enfin lui payer son bateau de rêve. Ce moment nous est montré d’un simple claquement de doigts. On aurait aimé voir Florence et son combat sur l’eau, la difficulté de cette course, sa rage de vaincre, son combat contre le vent, les vagues, l’angoisse de la nuit noire. On aurait aimé « souffrir » avec elle. A côté de cela, on nous offre de superbes images de la mer et du bateau filant vers la victoire.

Néanmoins, le film a cette chance d’avoir comme actrice principale Stéphane Caillard, dans la peau de Florence Arthaud. C’est la vraie révélation de ce biopic un peu long et répétitif.  

La passion de Dodin Bouffant de Tran Anh Hung avec Juliette Binoche, Benoit Magimel.

Eugénie, cuisinière hors pair, est depuis 20 ans au service du célèbre gastronome Dodin. A force de passer du temps ensemble en cuisine, une passion amoureuse s’est construite entre eux, où l’amour est étroitement lié à la pratique de la gastronomie. De cette union nait des plats tous plus savoureux et délicats les uns que les autres, qui vont jusqu’à émerveiller les plus grands de ce monde. Pourtant, Eugénie, avide de liberté, n’a jamais voulu se marier avec Dodin. Ce dernier décide alors de faire quelque chose qu’il n’a encore jamais fait : cuisiner pour elle.

Durant 2h14, sans originalité de mise en scène, sans enjeu dramatique, « La Passion de Dodin Bouffant » retombe rapidement comme un soufflé. Si la scène d’ouverture est très belle, nous donnant l’eau à la bouche, le film tombe rapidement dans la redondance et l’ennui. A aucun moment on ne ressent la passion des protagonistes pour ce qu’ils sont en train de faire. On est loin de celle transmise par Gregory Gadebois dans « Délicieux » ou même de « La Grande Bouffe » de Marco Ferreri qui avait fait scandale sur la Croisette en  1973. « La passion de Dodin Bouffant », inspiré du roman de « La Vie et la passion de Dodin-Bouffant, gourmet », de Marcel Rouff, paru en 1920, est un film sur l’art de la table et le bien mangé. Il y avait donc moyen d’apporter bien plus qu’un simple film où l’on a parfois l’impression d’assister à une émission de télé-réalité sur la gastronomie.

Texte et photo : Thibaut Demeyer

0 commentaires

Nos sponsors