C’est un été pour oser déverrouiller les relations

C’est un été pour oser déverrouiller les relations

🗓️ Mis à jour le 1 août 2026

C’est un été pour oser déverrouiller.
Les relations.

Quand on écoute ce mot, déverrouiller, on y entend deux mots : verrou et rouillé.

Déverrouiller pourrait-il être – simplement – mettre un peu de WD-40 dans un verrou ? Mais comment injecter un peu de WD-40 dans ces rouillages parfois terriblement resserrés de nos relations ?

Dans son livre ‘Les 5 regrets des personnes en fin de vie’, Bronnie Ware pointe ces deux regrets :
n° 3 – J’aurais aimé avoir de courage d’exprimer mes sentiments.
n° 4 -– J’aurais aimé rester en contact avec mes amis.

Nul besoin d’attendre un âge avancé pour y remédier.

Il est des trahisons qui n’autorisent pas de retour en arrière, bien sûr.

Chacun.e a un cadre, une liste de choses qui sont tellement inadmissibles à nos yeux qu’elles disqualifient la personne pour toujours. Et c’est sain. Notre cercle est précieux, il donne de l’énergie ou il en prend, il élève ou plombe, il nourrit ou amenuise nos forces. Il est essentiel pour notre bien-être de le faire respecter.

Le jour où mon ex-meilleure amie a tenté d’user de manipulation émotionnelle avec moi, cela a sonné le glas de notre amitié. Et fermé la porte, définitivement.

Mais il y a tous ces glissements progressifs auxquels on n’a pas pris garde, et qui finissent par amener cette gêne, cette peur d’être intrusif : ‘ça fait des années…’.

Les engrenages

Des amis, des membres de la famille, des personnes rencontrées qu’on aurait aimé mieux connaître, tous ceux qui ont disparu de notre horizon sans qu’on y ait pris garde

On se laisse absorber par le quotidien qui nous affole, les obligations professionnelles. Et puis, un jour, on n’ose plus. Cette impression que revenir après parfois des années de silence avec un ‘Hé, salut ça va ?’, serait désinvolte, voire offensant.

Bien sûr, on pense à eux, de loin en loin, avec l’idée qu’on le ‘fera plus tard’, un plus tard qui n’arrive jamais. Avec la crainte que la complicité d’antan ne revienne pas.

Pourtant ces personnes, ces visages de notre passé racontent notre histoire.

Je suis sûre que des noms ont surgi sur l’écran de votre mémoire, tandis que vous lisiez ceci.

Cœur transparent renfermant une clé rose, symbole des personnes de notre passé que l'on aimerait recontacter
Illustration : Unsplash / Allison Saeng

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et les analyses du type : qu’est-ce que je gagne à le recontacter ? Qu’est-ce que je perds ?

Si l’envie est là, on peut lui donner du corps. De l’aisance, de l’ouverture, de l’audace, pourquoi pas ?

Tonton Jules, Audrey, la copine de secondaire avec qui on a fait les 400 coups ou Bagheera, votre pote Vieux loup, sont peut-être dans les mêmes hésitations que vous. Et seront ravis de recevoir un message de votre part.

Tout le monde a quelque chose à y gagner. A commencer par le plaisir de retrouver une mémoire vivante.

Ce premier pas, on le fait ?

Et dans ce ‘on’, vous pouvez savoir qu’il y a… CaroLyne.

Je sais à quel point il peut être difficile, même si l’envie est là, de ‘prendre son courage à deux mains’ quand on a tellement peur d’être mal reçu.e.

Mais qu’est-ce qui est le plus important ? Un (petit) moment de solitude… ou renouer avec une personne qui a été chère à votre cœur à un moment de votre existence… et qui l’est encore aujourd’hui ?

Un simple message ‘Hello, je pensais à toi aujourd’hui. Comment vas-tu ?’ ouvre de jolies perspectives : un déjeuner, une conversation de deux heures, une invitation à passer à la maison, simplement le plaisir de se retrouver.

Ou rien, et c’est OK.
Vous aurez remis un peu de mouvement là où c’était figé.
L’autre est libre de répondre… ou non.

Allez-y, je reste là. (sourire)

Et puis l’intérieur

Il est d’autres verrous qui ont besoin d’un petit coup de WD-40. Souvent un besoin urgent, même s’il n’est pas exprimé.

Je vous parle ici de ces verrous ordinaires, très fréquents, qui n’ont rien à voir avec ceux que l’on a mis en place suite à des traumatismes et des blessures profondes, qui requièrent l’aide d’un professionnel.

Dans mon histoire : le climat à la maison était insécurisant pour la petite fille que j’étais. Je ne voulais pas montrer à mon entourage que j’avais mal, que j’avais peur, je ne voulais pas pleurer devant eux.
Et donc, une partie de moi a choisi de me contenir dans un espace limité d’émotions. Mais en imposant une limite basse (ne pas ressentir la souffrance et la tristesse), en m’interdisant de ressentir trop profondément, une limite haute s’est installée aussi : pas de grande joie non plus. Un peu comme une portée de musique.

Portée de musique en noir et blanc, métaphore des limites basses et hautes de nos émotions
Illustration : Unsplash / Aron Yigin

Plus tard j’ai compris que j’avais mis en place un système qui modulait ma sensibilité. Et beaucoup plus tard, j’ai travaillé à rassurer la partie de moi qui avait mis ces barrières étanches. Et puis les verrous se sont ouverts, sereinement. Ce qui a participé à ce processus : la conscience que je n’étais plus une enfant de 5 ans qui redoutait les tsunamis internes et familiaux. J’étais devenue solide malgré ma sensibilité, je pouvais faire face aux grandes douleurs. Les grandes joies ont suivi, bien sûr.

Sans s’en rendre compte, on verrouille au quotidien des portes entre soi et soi. Cette perte de connexion et de communication authentique avec l’intime de soi enlève de la saveur à la vie. Elle mine notre énergie et notre élan de vie, et peut mener à ce que l’on devienne étranger à soi-même. Et cela, personne ne le mérite.

Quand on remplit chaque minute de sa journée, parfois avec un fond sonore en continu quand on est seul, quand on balaie rapidement une pointe de tristesse ou de découragement en ‘se reprenant’ sur le champ, quand on affiche le masque modèle ‘Tout va bien’ pour ne pas entendre au fond de soi que ‘Non, y a un truc qui ne va pas’, ou encore quand on s’entend dire ‘Oui’ et qu’on ignore délibérément qu’en nous tout crie ‘Non’ : voici quelques formes de déconnexion de soi que nous appliquons au quotidien. Pour les meilleures des raisons.

Vieux cadenas bleu rouillé sur une porte en bois, image des verrous intérieurs que l'on installe en soi
Illustration : Unsplash / Getty Images

Les bénéfices pour soi

Ouvrir ces verrous si banals en apparence peut amener une métamorphose très concrète dans notre vie.

Maintenir des portes fermées en soi demande une énergie considérable, que l’on récupère pour mieux habiter sa vie, dans les relations avec autrui, dans l’action et même dans le repos.

Quand la communication entre soi et soi est rétablie, les choix, les décisions, la vie tout simplement deviennent plus simples et plus fluides.

Sans en avoir conscience, tant qu’on est verrouillé de l’intérieur, on traverse la vie, mais goûte-t-on vraiment à son essence ? A-t-on vraiment les yeux et le cœur ouverts à toutes ces nuances, ces subtilités, ces petites musiques du cœur et du quotidien ?

Et puis, comment peut-on prétendre avoir une relation profonde et authentique avec ses proches, ses enfants, son conjoint, si l’on est soi-même à l’abri de nos bunkers intérieurs ?

Desserrer les verrous relationnels de soi à soi

Peut-être suffit-il de s’arrêter quelques instants de temps à autre. D’écouter, sans se juger, ce qui cherche à se faire entendre en nous. D’oser approcher, à son rythme, ce que l’on évitait jusque-là, avec la conscience rassurante : nous ne sommes plus la personne qui a installé ces verrous qui nous éloignent de nous.

Au fond, le plus grand bénéfice de ce déverrouillage intérieur, ce sont les retrouvailles avec soi-même et la réconciliation. Le sentiment si doux de revenir chez soi, à l’intérieur.

D’y être attendu.
D’y être le bienvenu.

CaroLyne


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