🗓️ Mis à jour le 8 septembre 2026
L’essentiel — Outremeuse conserve l’un des plus grands ensembles de façades Art nouveau de Liège, parce qu’une grande partie de l’île n’a été urbanisée qu’à l’extrême fin du XIXe siècle, après le comblement des anciens bras d’eau. Le quartier montre surtout que le style ne servait pas qu’aux maisons de maître : commerces, logements ouvriers et bâtiments publics y sont passés.
C’est le meilleur endroit de la ville pour comprendre que l’Art nouveau n’était pas réservé aux riches : on y trouve la maison bourgeoise, l’immeuble ouvrier et la crèche communale, à quelques rues d’écart.
Rue de la Liberté : une jeune femme, un iris, et quatre sgraffites
Cet immeuble d’angle mêle les références mosanes traditionnelles — briques et pierres combinées, divisions en croisées de l’oriel au-dessus de la porte, grosses pierres d’encadrement — et des traits franchement Art nouveau : vitraux, ancre métallique en « coup de fouet », courbures des linteaux. Ce mélange est très fréquent dans l’Art nouveau liégeois.
Les éléments les plus élaborés sont les quatre panneaux de sgraffites. Le grand panneau représente une jeune femme dans un sous-bois, portant une fleur d’iris à ses narines ; deux autres montrent des bambins avec des fleurs de tournesol, et un enfant jouant avec un lapin et un oiseau ; le plus petit, un bouquet d’iris dans un vase.
Une maison de 1905 intacte, et une crèche signée par la Ville
Rue Saint-Julien, la maison commandée par un certain M. Platteau et datée de 1905 a conservé ses décors quasiment intacts — ce qui est rare. Son auteur, Maurice Devignée, diplômé de l’académie des Beaux-Arts où il enseignait aussi, fut l’un des architectes liégeois les plus productifs du début du siècle. À observer : les cœurs des petits vitraux du second étage, les discrètes grappes de raisin sculptées de part et d’autre de l’oriel, le chéneau en bois sur consoles et la lucarne saillante à toiture courbe.
Rue du Rouleau, la crèche de 1905 répond à la forte croissance démographique de la fin du siècle, qui pousse la Ville à lancer une campagne de construction. Elle est dessinée par Joseph Lousberg, architecte officiel de la ville : briques rouges et blanches, grands linteaux métalliques, pignons triangulaires couronnés de volutes. L’allure générale évoque la Renaissance, mais ces volutes sont stylisées dans un esprit organique bien Art nouveau. Deux têtes sculptées encadrent l’entrée, dont un poupon aux joues gonflées, cheveux pris dans un bonnet.
Bon à savoir avant d’y aller
Le circuit d’Outremeuse est plat et se fait facilement à pied, autour des places de l’Yser et du Congrès. Toutes les techniques décoratives de l’époque y sont représentées : pierres sculptées, menuiseries ouvragées, ferronneries d’art, céramiques, mosaïques, sgraffites, vitraux — c’est le quartier à choisir pour les découvrir toutes. Immeubles habités et bâtiments en service : rien ne se visite, tout se regarde depuis la rue. Les sgraffites de la rue de la Liberté demandent une lumière franche pour être lisibles.
Infos pratiques
- 📍 Liège, province de Liège (Belgique)
- 👀 Façades visibles depuis la rue — immeubles privés, pas de visite intérieure
- 📅 Vérifié par info-lux en septembre 2026
- 🧭 Coordonnées : 50.64035, 5.58508
Cette fiche fait partie de notre série sur l’Art nouveau à Liège et de notre couverture de la Cité ardente. Retrouvez toutes nos adresses, sorties et reportages sur la page Liège.
Questions fréquentes
Pourquoi Outremeuse compte-t-elle autant de façades Art nouveau ?
Parce qu'une grande partie de l'île n'a été urbanisée qu'à l'extrême fin du XIXe siècle, après le comblement des anciens bras d'eau. Les immeubles des rues neuves, autour des places de l'Yser et du Congrès, ont adopté le style alors en vogue.
Qu'est-ce qui rend l'Art nouveau d'Outremeuse particulier ?
La variété des programmes : on y trouve des maisons particulières, mais aussi des commerces, des logements ouvriers et des bâtiments publics comme la crèche de la rue du Rouleau, dessinée par l'architecte officiel de la ville.
Qui était Maurice Devignée ?
Un des architectes liégeois les plus productifs du début du XXe siècle, diplômé de l'académie des Beaux-Arts où il était aussi professeur. Sa maison de la rue Saint-Julien, datée de 1905, a gardé ses décors quasiment intacts.
Que représentent les sgraffites de la rue de la Liberté ?
Une jeune femme dans un sous-bois portant une fleur d'iris à ses narines, deux bambins avec des fleurs de tournesol, un enfant jouant avec un lapin et un oiseau, et un bouquet d'iris dans un vase.
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