🗓️ Mis à jour le 2 octobre 2026
L’essentiel
Google a annoncé le 29 septembre 2026 avoir saisi le Tribunal de l’Union européenne, à Luxembourg, contre deux décisions prises en juillet par la Commission européenne au titre du Digital Markets Act. L’une oblige Google à ouvrir Android aux assistants IA concurrents de Gemini, l’autre à partager des données de recherche anonymisées avec d’autres moteurs et des chatbots. Pour une entreprise de la région, l’enjeu est simple : en 2027, vos clients pourraient passer par d’autres assistants que ceux de Google pour vous trouver.
- 16 juillet 2026 : la Commission européenne impose à Google, au titre du Digital Markets Act, d’ouvrir Android aux assistants IA concurrents de Gemini et de partager des données de recherche anonymisées.
- Calendrier fixé par la Commission : partage des données à partir de janvier 2027, changements d’Android visibles par les utilisateurs à partir de juillet 2027.
- 29 septembre 2026 : Google annonce ses recours devant le Tribunal de l’Union européenne, en invoquant la vie privée et la sécurité.
- En droit européen, un recours ne suspend pas à lui seul une décision ; aucune demande de suspension n’a été rapportée à ce jour.
- Pour une entreprise de Wallonie, du Grand-Duché ou du Grand Est : préparer des informations lisibles par tous les assistants, pas seulement par Google.
Qu’est-ce que Google conteste devant le Tribunal de l’Union européenne ?
Réponse directe : Google conteste deux décisions de la Commission européenne du 16 juillet 2026, prises au titre du Digital Markets Act : l’ouverture d’Android aux assistants IA concurrents de Gemini, et le partage de données de recherche anonymisées avec d’autres moteurs et des chatbots. Google a annoncé ses recours le 29 septembre 2026.
Les deux décisions sont des « mesures de spécification » : elles disent à Google, précisément, comment appliquer deux obligations du DMA. La première repose sur l’article 6(7), qui porte sur l’interopérabilité avec Android, la seconde sur l’article 6(11), qui porte sur l’accès aux données de recherche.
Euronews et Search Engine Roundtable rapportent le recours le 29 septembre 2026. Les médias divergent sur le jour exact du dépôt, lundi ou mardi ; Google l’a rendu public ce mardi-là.
Oliver Bethell, directeur principal de la concurrence chez Google, a déclaré : « We’re appealing decisions that will force us to share people’s private search history without sufficient anonymization and weaken vital security protections on Android. » Google affirme qu’Android est déjà ouvert aux autres services.
Que prévoit la décision sur Android et les assistants IA ?
Réponse directe : La décision Android doit permettre aux assistants IA concurrents de Gemini d’accéder aux mêmes fonctions du téléphone : activation par la voix, actions dans les applications pour le compte de l’utilisateur, délégation de tâches comme réserver un taxi. Selon la Commission, les utilisateurs en bénéficieront à partir de juillet 2027.
Le communiqué de la Commission cite aussi les suggestions de réponse dans les applications de messagerie et les questions sur les lieux récemment visités. Il précise que des protections de vie privée, d’intégrité de l’appareil et de sécurité sont prévues.
Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission, résume l’objectif : « we hope to see emerging alternatives to Google Search and Google’s AI services, such as Gemini, and that users in the EU can enjoy greater choice of services ».
Concrètement, un client qui utilise Android pourrait, en 2027, confier à un autre assistant que Gemini la recherche d’un artisan, la réservation d’une table ou la comparaison de deux commerces. Cet assistant lira alors ses propres sources, pas forcément celles de Google.
Quelles données de recherche Google doit-il partager, et avec qui ?
Réponse directe : Google doit partager les données de recherche anonymisées qu’il utilise pour améliorer son propre moteur, à partir de janvier 2027. Les bénéficiaires sont les moteurs de recherche concurrents et, selon la Commission, les chatbots IA qui offrent une fonction de recherche, contre un prix calculé selon une formule jugée équitable.
La Commission décrit une méthode d’anonymisation en plusieurs couches, mise au point avec des experts de la vie privée. Google pourra aussi évaluer les risques de cybersécurité et de protection des données avant de partager avec un acteur donné.
C’est précisément ce point que Google attaque. L’entreprise estime que ces requêtes, parfois très personnelles, ne seraient pas suffisamment protégées. La Commission répond, selon Euronews, que les données seront anonymisées avant tout partage.
Pour un site d’entreprise, l’effet attendu est indirect : des moteurs et des assistants concurrents mieux nourris pourraient devenir de vraies portes d’entrée vers vos pages. Aucun chiffre ne permet aujourd’hui de dire lesquels, ni quand.
Le recours de Google suspend-il le calendrier de 2027 ?
Réponse directe : Non, pas automatiquement. L’article 278 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne prévoit qu’un recours devant la justice européenne n’a pas d’effet suspensif, sauf si le tribunal ordonne une suspension. Aucune demande de suspension de Google n’a été rapportée à ce jour. Les échéances de janvier et juillet 2027 tiennent donc, pour l’instant.
La Commission le rappelait dès juillet : « Specification decisions are legally binding. » Elle ajoutait que ces décisions restent « subject to independent judicial scrutiny », autrement dit contestables devant le juge, ce que Google fait aujourd’hui.
La date d’un jugement n’est pas connue. En cas de non-respect du DMA, Search Engine Roundtable rappelle que l’amende peut atteindre 10 % du chiffre d’affaires mondial annuel, 20 % en cas de récidive.
Ce recours s’ajoute à d’autres épisodes du DMA en Europe, comme la disparition des fiches produits gratuites de Google, que nous avons détaillée dans notre article sur la deuxième vague du DMA.
Que doit faire une entreprise de la région dès maintenant ?
Réponse directe : Trois gestes, sans attendre l’issue du recours : vérifier que son site est lisible par tous les assistants, pas seulement par Google ; publier ses informations clés en questions et réponses claires ; et préparer les actions qu’un assistant pourrait faire pour un client, comme réserver ou demander un devis.
Étape 1 — Ne pas dépendre d’un seul assistant
Identifiez par où vos clients cherchent déjà : Google, ChatGPT, Copilot, Perplexity, Siri. Notre carte des points d’entrée des IA en Belgique aide à faire ce tri. Vérifiez ensuite que votre site ne bloque pas, par erreur, les robots de recherche de ces assistants.
Étape 2 — Rendre ses informations citables par n’importe quel assistant
Horaires, adresse, prix, zone desservie, délais : un assistant ne peut citer que ce qui est écrit clairement. La leçon 4 de notre formation : structurer une page en questions montre la forme que les IA savent reprendre.
Étape 3 — Préparer les actions, pas seulement l’affichage
La décision Android vise des assistants qui agissent dans les applications pour l’utilisateur. Un formulaire de réservation ou de devis simple, sans étape inutile, sera plus facile à utiliser pour un client comme pour un agent. Notre article sur un site lisible par un agent IA détaille les points à contrôler.
Pourquoi ce dossier européen touche-t-il la visibilité d’un commerce local ?
Réponse directe : Parce que le DMA vise à multiplier les assistants et les moteurs capables de répondre à vos clients. Plus il y a de portes d’entrée, moins une seule plateforme décide de la réponse. Une entreprise qui publie des informations fiables et vérifiables a plus de chances d’être reprise par chacune, sans payer de publicité.
Un garage de Marche-en-Famenne, une épicerie fine de Luxembourg-ville ou un plombier de Longwy ne choisiront pas l’assistant de leurs clients. Ces exemples sont fictifs et servent à illustrer. Ils peuvent en revanche soigner ce que tous les assistants liront à leur sujet.
C’est l’approche que nous décrivons pour mettre son entreprise dans les réponses des IA sans publicité. Et pour comprendre ce qui fait réellement bouger une réponse d’IA, et ce qui se retourne contre vous, lisez notre guide pour influencer les IA de façon légitime.
Pour aller plus loin
- Être dans les réponses des IA sans publicité — La méthode pour une entreprise, une marque, des produits.
- Comment influencer les IA, légitimement — Les leviers qui marchent et les pièges sanctionnés.
- Leçon 4 : structurer une page en questions — La forme que les assistants savent citer.
- Quelle IA utilisent vos clients ? — Les points d’entrée des assistants en Belgique.
Questions fréquentes
Pourquoi Google a-t-il fait appel contre la Commission européenne ?
Google conteste deux décisions du 16 juillet 2026 prises au titre du Digital Markets Act : l’ouverture d’Android aux assistants IA concurrents de Gemini et le partage de données de recherche anonymisées. Il invoque la vie privée et la sécurité.
Quand Android s’ouvrira-t-il aux autres assistants IA ?
Selon la Commission européenne, les utilisateurs bénéficieront des changements d’Android à partir de juillet 2027. Le partage des données de recherche doit commencer en janvier 2027.
Le recours de Google bloque-t-il ces obligations ?
Pas automatiquement : en droit européen, un recours n’a pas d’effet suspensif, sauf décision contraire du tribunal. Aucune demande de suspension n’a été rapportée à ce jour.
Les chatbots IA recevront-ils les données de recherche de Google ?
Oui, selon la Commission : les chatbots IA qui offrent une fonction de recherche font partie des bénéficiaires possibles, aux côtés des moteurs de recherche concurrents, contre un prix équitable.
Que doit faire une entreprise belge ou luxembourgeoise ?
Vérifier que son site est lisible par tous les assistants, publier ses informations clés en questions et réponses claires, et simplifier les actions comme la réservation ou la demande de devis.
Vincent Gallez — expert en visibilité dans les intelligences artificielles
Fondateur du groupe de médias info-lux, il accompagne entreprises, PME et indépendants de Wallonie, du Grand-Duché et de la frontière française pour qu’ils soient trouvés — et cités — par les assistants d’IA comme ChatGPT, Gemini, Perplexity ou Copilot.
Le principe est simple : un modèle ne peut reprendre qu’une information qui existe, est exacte et est accessible.
Le travail consiste donc à publier, sur des médias que ces systèmes consultent, une information vérifiée, datée et structurée qui répond réellement aux questions posées — plutôt que de laisser un moteur répondre à partir de sources approximatives ou périmées. Comment nous procédons.
Les limites que la rédaction s’impose — et ce qu’elle refuse de faire — sont détaillées dans notre charte éditoriale et IA.
Nos sources
Les chiffres cités dans cet article proviennent de sources publiques identifiées, consultées en septembre 2026 :
- Commission européenne — Commission provides guidance to Google for AI interoperability on Android and sharing of Google Search data under the Digital Markets Act, IP/26/1634 (16 juillet 2026)
- Euronews — Google appeals EU data-sharing order, warns of ‘irreversible harm’ (29 septembre 2026)
- Search Engine Roundtable — Google Appeals European Commission’s DMA Requirement To Share Search History Data (29 septembre 2026)
- EUR-Lex — Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, article 278 (effet non suspensif des recours)
Transparence — cet article a été produit avec l’assistance de l’intelligence artificielle pour la recherche et le croisement des sources, la structuration et la mise en page. Les données chiffrées proviennent des sources publiques citées ci-dessus et sont vérifiables.
La sélection du sujet, la vérification des faits et la responsabilité éditoriale sont assurées par la rédaction d’info-lux.com. Voir notre charte éditoriale et IA.
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