Avant le lancement de sa nouvelle tournée au 112 de Terville ce vendredi 7 novembre, Greg Zlap, l’harmoniciste de Johnny Hallyday, a répondu présent à notre invitation et a accepté de répondre à nos questions.
Vous avez choisi le 112 de Terville pour l’avant-première de votre nouveau spectacle qui aura lieu ce vendredi 7 novembre. C’est une salle que vous appréciez tout particulièrement ?
Oui, je suis venu très souvent dans la région notamment dans les écoles pour enseigner l’harmonica aux enfants. J’ai un très bon ami qui s’appelle Patrick HANNAK, qui est harmoniciste à Terville et nous collaborons depuis de nombreuses années. Nous avons inauguré l’école de musique « Greg Zlap » il y a 2 ans juste à côté du 112 et je suis très fier d’en être le parrain.
J’ai noué une amitié avec Olivier POSTAL, le maire de Terville, et il est très engagé dans la culture. Il m’a d’ailleurs offert un mug de la ville et m’a dit « si tu passes à la TV avec ce mug, je t’offre les clés du 112 et tu fais ce que tu veux ». Je suis donc venu sur le plateau TV avec le mug et le pari était gagné. Lorsque j’ai préparé la résidence du spectacle, j’ai proposé à mes équipes que nous la fassions au 112. J’ai une vraie proximité et une vraie histoire avec ce lieu.

Sur la page Facebook de l’école de musique, on peut voir une répétition sur « Quelque chose de Tennessee » de la chorale « Ter’ de Chœur ». Est-ce qu’ils monteront sur scène avec vous au 112 ?
J’aimerais beaucoup inviter la chorale sur scène à un moment du spectacle. Je sais qu’ils ont travaillé et il y aura certainement cette petite surprise vendredi.
Avez-vous de futurs projets avec l’école de musique qui porte votre nom ?
Il y aura surement des projets à court terme et je suis de près leurs activités. Le directeur de l’école, Patrick HANNAK, m’envoi très souvent des nouvelles. Dès que l’occasion se présente, j’y vais et nous faisons des rencontres avec les enfants mais aussi avec le groupe qui s’appelle « les seigneurs de l’harmonica » qui ont tout un répertoire. Nous échangeons très régulièrement à ce sujet.
Sur votre album, on retrouve le titre « le Ranchero », comment est née cette collaboration avec MC Solaar et comment vous est venue cette idée de morceau qui évoque à la fois « le pénitencier » et la série Yellowstone ?
Cela parait improbable de combiner le rap et l’harmonica et tous les invités de l’album ont un point commun, ce sont des improvisateurs. MC Solaar en est un. On s’est rencontrés lors d’un concert ou je jouais un blues et il m’a rejoint et a improvisé des paroles. Je me suis rendu compte que l’improvisation était le langage que nous avions en commun entre le rap et l’harmonica. MC Solaar appelle ça le freestyle et c’est dans la culture du rap et du slam.
Quand je préparais l’album je lui ai proposé d’écrire un texte et d’improviser sur ce thème.
Quand on entend cette mélodie, on pense tout de suite au « Pénitencier » de Johnny Hallyday car c’est lui qui l’a fait découvrir en France. C’est une adaptation de « The House of the rising sun” du groupe The Animals qui eux-mêmes l’avaient adapté d’un vieux blues « The rising sun blues ». C’est une mélodie qui disparait très loin dans le temps et qui se transmet de génération en génération. On s’inscrit dans cette tradition avec cette nouvelle version qui se transforme en trio avec MC Solaar, moi et cette mélodie qui évoque Johnny.

En 2009, lors des répétitions, Johnny Hallyday vous demande un solo d’harmonica pour remplacer les guitares alors que vous ne connaissez pas le titre « Gabrielle ». Comment expliquez-vous ce succès devenu un moment phare du show et attentu par le public ?
Avec le recul je pense que ça vient du fait que nous partagions avec Johnny la même passion pour toutes les musiques issues du blues. Mon album s’appelle justement « Toute la musique que j’aime » car les racines des musiques que j’écoute et que Johnny écoutait, se trouvent dans le blues. La particularité du blues c’est que tous les instruments répondent à la voix. C’est un échange qui est très visible et l’harmonica à une place importante dans le blues car il peut s’exprimer. C’était ça notre point commun. Johnny m’a dit qu’il ne suffisait pas que je joue, il m’a demandé de faire le show. Je lui ai fait cette promesse et une fois sur scène j’ai compris ce qu’il attendait de moi. Ce qui était au départ une improvisation est devenue peu à peu une construction. Johnny m’a dit que je pouvais faire ce que je voulais mais qu’à la fin le public devait être debout. On a construit le solo tous les deux et c’est devenu un duo, un morceau à part entière jusqu’à la dernière tournée ou j’ai fait un arrangement dans lequel les guitares se taisaient et il ne restait que l’harmonica au milieu du public, c’était complètement inédit.
Sur votre album figure le titre « Ma chérie c’est moi » qui était censé remplacer « Gabrielle » sur les concerts de Johnny. Est-ce que le solo qu’on entend est celui qui était prévu sur sa tournée ? Pourquoi ce titre n’a finalement pas été retenu ?
Oui c’est Johnny qui m’a appelé pour me proposer ce morceau. Il me l’a chanté au téléphone car je ne la connaissais pas. J’ai ensuite écouté l’enregistrement et j’ai découvert qu’il y avait une énergie de dingue avec des astuces musicales très pointues et donc de quoi faire quelque chose de très intéressant. Quand on a enregistré l’album je voulais mettre ce titre car je pense que beaucoup de gens ne le connaissent pas alors qu’il est formidable. Je ne sais pas pourquoi il n’a pas été retenu sur la set list, mais Johnny m’a dit que l’harmonica lui manquait sur Gabrielle et j’ai donc fait un nouveau solo.
Vous aviez écrit pour lui le titre « Crucified » qui figure sur votre album « Rock It ». Il adorait ce morceau, savez-vous pourquoi il ne l’a pas enregistré ?
Non je n’ai pas discuté de cela avec lui. Johnny l’adorait mais quand l’album se fait, il y a des choix à faire, il y a la maison de disques, une stratégie, plein de choses qui font que finalement un morceau peut ne pas s’y retrouver.
Quel est votre plus grand souvenir et votre plus grand regret durant cette collaboration ?
Je n’ai pas de regrets car c’est une tranche de vie qui est tellement longue. C’est 10 ans de ma vie, ça fait partie de moi, il y a eu des moments douloureux et des moments de joie. Ce que je retiens c’est le moment après le concert de la Tour Eiffel ou nous avions joué devant 1 million de personnes. Johnny m’a dit « souviens toi Greg de ce qu’on a fait, personne ne l’a jamais fait ». Quelqu’un comme lui qui a tout fait dans sa vie et qui est encore capable de s’émerveiller, de se donner des défis et d‘être heureux c’est motivant, c’est un exemple.

Dans quelques jours, cela fera 8 ans que JH nous a quitté. Etes-vous encore en contact avec d’anciens musiciens depuis sa disparition ? Des projets en commun ?
On se croise car le milieu de la musique est petit. Sur l’album, par exemple, il y a Norbert Nono Krief qui était guitariste de Johnny durant 10 ans. Nous avions joué dans le même groupe avant que je travaille avec Johnny.
Johnny a toujours joué avec d’excellents musiciens, nous nous retrouvons de temps en temps et des projets surgissent. Avec Yvan Cassar, on a fait la tournée symphonique également.
Photos : 2 la X photographie
Journaliste : Julien Frantz














































Merci pour cette très belle interview. À vendredi, merci de faire vivre Johnny à travers ta musique et merci pour ton implication pour les enfants Greg. Amicalement.
Bonjour, en plus de ses differents talents, Greg est egalement ce que j’appelle une belle personne. Et on le ressent losqu’on a la chance de le rencontrer.
On ne peut que l’apprecier et l’aimer…
Fan de Greg un jour, fan de Greg toujours. 😘💕💯💥👋🏽👌🏾👍🙏. Guitare, blues et harmonica.