🗓️ Mis à jour le 10 septembre 2026
En bref
- Le skipper belge Quentin Debois, 38 ans, originaire de Marchin (province de Liège), a quitté New York le 9 septembre 2026 à 19 h 52 locales — 1 h 52 le 10 en Belgique.
- Objectif : 5 300 km jusqu’au cap Lizard, en Cornouailles, en moins de 17 jours 9 heures et 57 minutes.
- Son bateau est un Mini 6.50, le plus petit voilier de course au large : 6,50 m de coque.
- Deux marins seulement ont réussi cette traversée sur ce support : David Allamelou en 2018 et Jay Thompson en 2023.
- Suivi en direct par balise GPS ; le record sera validé par le World Sailing Speed Record Council.
Il a attendu vingt-huit jours pour six heures de décision. Le 9 septembre au soir, quand son routeur lui a dit d’y aller, Quentin Debois a largué les amarres à New York et mis le cap sur l’Angleterre. Devant lui : 5 300 kilomètres d’Atlantique Nord, seul, sur un bateau de 6,50 mètres.

Le passage de la ligne est horodaté à la seconde : 19 h 52 et 42 secondes heure de New York, soit 1 h 52 et 42 secondes le 10 septembre en Belgique. Deux bateaux-pilotes l’ont accompagné jusqu’au départ et ont attesté de l’heure auprès du World Sailing Speed Record Council, qui avait inspecté le bateau et y avait installé une boîte noire.
Un record que deux marins seulement détiennent
La traversée d’ouest en est de l’Atlantique Nord en solitaire sur Mini 6.50 n’a été réussie que deux fois. Le Français David Allamelou ouvre la voie en 2018. L’Américain Jay Thompson établit la référence actuelle en 2023 : 17 jours, 9 heures et 57 minutes entre New York et le cap Lizard. C’est ce chrono que Quentin Debois doit battre pour devenir le troisième.

Ce n’est pas son premier record. Le skipper de Marchin détient déjà celui de la traversée en solitaire dans l’autre sens, d’est en ouest, entre Cadix et les Bahamas. Il est le premier Belge à inscrire son nom à ce palmarès. Un détail donne la mesure du parcours : il a découvert la voile à 31 ans, invité par un ami à naviguer en mer du Nord.
Je suis totalement préparé et concentré pour réussir cette course face à moi-même et aux éléments. Pendant un mois et demi, j’ai préparé le bateau dans les moindres détails et renforcé sa structure. Je sais que ce sera épique mais c’est ce qui me motive et me pousse à me dépasser !
Quentin Debois, skipper
Vingt-huit jours d’attente pour une fenêtre de quelques heures
Quentin Debois était à New York depuis le 12 août, bateau prêt, consigne de partir en moins de six heures. La difficulté n’était pas le bateau : c’était la météo. Pour espérer le record, il faut que les modèles projettent une arrivée théorique en avance sur le temps de Jay Thompson. Tant que le calcul ne passe pas, on attend.

Le feu vert est venu du routeur Basile Rochut, qui analysait chaque jour les prévisions et recalculait les routages.
Ce qui est difficile dans les prévisions pour ce record, c’est que les modèles varient beaucoup entre eux, car les timings exacts et les positionnements des systèmes dépressionnaires sont mal modélisés. On avait beaucoup de variations jusqu’à ce que cela s’aligne pour un départ immédiat. Les fenêtres sont courtes, il faut passer exactement dans le timing des dépressions, pas avant, pas après.
Basile Rochut, routeur
La stratégie : se glisser sous les dépressions
Le principe tient en une phrase : rester au sud des dépressions pour prendre du vent portant, et passer de l’une à l’autre sans jamais tomber dans un trou sans vent.

Quentin Debois est parti dans un flux de sud sud-ouest lié à un front froid qui se déplace vers l’est en même temps que lui. Il remonte d’abord vers Long Island, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve — la route la plus courte passe par le nord — avant de mettre le cap à l’est. Les premiers jours décideront de beaucoup : deux zones de transition à vent faible l’attendent, et chaque heure passée dedans se paie au chrono.
Ce qui monte à bord, et ce qui reste à quai
Sur un bateau de 6,50 mètres, chaque kilo compte. Tout l’exercice consiste à arbitrer entre légèreté et sécurité : matériel de réparation, pièces de rechange, équipement de survie, pharmacie, vêtements techniques, 80 litres d’eau et 60 repas.

Côté voiles, il en emporte huit, dont deux neuves — la grand-voile et le Code 5 — et une de rechange : un spi médian arisable, dont la surface se réduit quand le vent forcit. Une voile polyvalente, capable de remplacer un spi médian ou un Code 5 en cas de déchirure.

La demi-journée précédant le départ a servi à l’avitaillement en frais, au remplissage des réserves d’eau et à un dernier carénage — le nettoyage de la partie immergée de la coque, qui se salit vite à quai et freine le bateau.
Barrer dix heures par jour

Pour tenir le rythme, Quentin Debois vise une moyenne de 8,5 à 9 nœuds, contre 7,5 sur sa précédente transatlantique : environ 10 % plus vite. Cela se paie en sommeil.
Pour aller chercher le record, je devrai barrer au moins 10 heures par jour. Je n’utiliserai le pilote automatique que pour des tranches de repos d’une vingtaine de minutes, car je dois rester extrêmement vigilant et rapide.
Quentin Debois
Deux limites qu’il cherchera à ne pas franchir : les rafales au-delà de 40 nœuds et les vagues de plus de 4 mètres. Au-delà, le risque pour le bateau devient supérieur au gain de vitesse.

Suivre la traversée
- Position en direct : balise GPS sur PredictWind, avec la direction et la force du vent.
- Depuis le bord : @quentindebois sur Instagram.
- Le projet : oceansailing.be.
- Arrivée : au cap Lizard, pointe sud-ouest des Cornouailles. Pour battre le record, il doit y être avant 17 jours 9 heures et 57 minutes de mer.

📷 Crédits photo : photographies © Bjoern Kils, transmises par le service de presse du projet. Cartes et schémas météo : documents de l’équipe de Quentin Debois.
Questions fréquentes
Qui est Quentin Debois ?
Un skipper belge de 38 ans, originaire de Marchin, en province de Liège. Il a découvert la voile à 31 ans, sur la mer du Nord, et acheté son premier bateau — un Mini 6.50 — en 2022. Il est le premier Belge à détenir un record du monde de traversée de l’Atlantique en solitaire, établi d’est en ouest entre Cadix et les Bahamas.
Quel record tente-t-il de battre ?
Celui de la traversée de l’Atlantique Nord d’ouest en est en solitaire sur un Mini 6.50. La référence est détenue depuis 2023 par l’Américain Jay Thompson, en 17 jours 9 heures et 57 minutes. Avant lui, seul le Français David Allamelou avait réussi cette traversée sur ce type de bateau, en 2018.
Quand est-il parti ?
Le 9 septembre 2026 à 19 h 52 et 42 secondes, heure de New York — soit 1 h 52 et 42 secondes le 10 septembre en Belgique. Il était en stand-by à New York depuis le 12 août, prêt à appareiller en moins de six heures.
Quel est le parcours ?
Environ 5 300 kilomètres entre New York et le cap Lizard, à la pointe sud-ouest des Cornouailles. Il remonte d’abord vers Long Island, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve, puis met le cap à l’est pour traverser.
Qu’est-ce qu’un Mini 6.50 ?
Le plus petit bateau de course au large : 6,50 mètres de coque, sans quille lestée mobile ni confort, conçu pour la course en solitaire. C’est le support du Mini Transat.
Comment suivre la traversée en direct ?
Par la balise GPS du bateau, sur la page de suivi PredictWind, qui affiche aussi la direction et la force du vent. Le skipper publie également depuis le bord sur son compte Instagram.
Qui valide le record ?
Le World Sailing Speed Record Council. Ses représentants ont inspecté le bateau avant le départ et y ont installé une boîte noire ; deux bateaux-pilotes ont attesté de l’heure de passage de la ligne.
À lire aussi dans la région
- Quentin Debois a quitté New York : le skipper de Marchin vise le record de l’Atlantique Nord en solitaire

- Seraing > Concert > Sandra Kim, 40 ans de carrière

- FILM > CRITIQUE > LA VIE D’UNE FEMME

- Bigflo & Oli : vous n’avez probablement pas tout vu dans leur nouveau clip « Les Dieux et les Rois »

- Sainte Gertrude au musée communal de Nivelles : l’expo « Regard sur l’iconographie » jusqu’au 9 octobre (56 photos)

- « Vigilante » en avant-première au Plaza Art de Mons : Olivier Pairoux et Damien Chapelle face à la salle (photos)
