🗓️ Mis à jour le 9 septembre 2026
En bref
- Une locomotive à vapeur de 1900, construite à Couillet près de Charleroi, vient d’être baptisée Reine Elisabeth à Pairi Daiza.
- Elle est présentée sous pression vapeur les 12 et 13 septembre 2026, à Brugelette.
- Partie travailler dans les mines espagnoles, sauvée de la ferraille en 1969, cachée un demi-siècle dans une collection privée britannique, elle est revenue au pays en décembre 2022.
- Quatre années de restauration plus tard, elle peut à nouveau rouler et rejoindra les six machines du Pairi Daiza Steam Railway.
Elle a quitté le Hainaut en 1900 et y est revenue en 2022. Entre les deux, la locomotive numéro 1318 a passé soixante-dix ans à tirer du charbon dans le nord de l’Espagne, échappé de justesse au chalumeau, puis disparu pendant près d’un demi-siècle dans une collection anglaise que presque personne ne pouvait visiter. Ce mercredi 9 septembre 2026, à Brugelette, elle a reçu un nom : Reine Elisabeth.

Pairi Daiza la présentera au public sous pression vapeur les 12 et 13 septembre, avant de l’intégrer aux machines qui circulent sur le Pairi Daiza Steam Railway, la ligne à voie étroite qui traverse le domaine.
Une machine sortie des ateliers de Couillet en 1900
La 1318 sort en 1900 des ateliers de la Société Métallurgique de Couillet, près de Charleroi. À cette date, le bassin carolo est l’un des grands centres industriels du continent : la Belgique a été le premier pays d’Europe continentale à entrer dans la révolution industrielle, et les mines, la sidérurgie, la métallurgie et la construction ferroviaire y ont forgé des savoir-faire exportés bien au-delà des frontières.
La machine fait partie d’une commande de trois locomotives identiques de 9,5 tonnes, à trois essieux moteurs, destinées au chemin de fer industriel de la compagnie minière Hulleras de Sabero, dans la province de León. Elle y porte le numéro 3 et le nom d’Olleros, celui d’un village traversé par la ligne.

Pendant près de soixante-dix ans, elle roule sur une voie étroite de 600 millimètres qui relie les mines de Las Quemadas, Sotillos et Herrera à Olleros de Sabero et au site de traitement de Vegamediana. En 1969, l’exploitation s’arrête. Les locomotives sont promises à la ferraille.
Sauvée, puis invisible pendant cinquante ans
Le Britannique Peter Rampton, passionné de chemins de fer, rachète les machines et les fait traverser la Manche. Au début des années 1970, elles sont encore montrées lors de quelques journées portes ouvertes, puis leur propriétaire ferme sa collection aux visiteurs.
À partir de là, la 1318 sort des radars. Quelques photographies circulent, quelques initiés savent qu’elle existe encore. Cet ensemble privé inaccessible finit par être surnommé la « Collection X » dans le milieu ferroviaire britannique. Après le décès de Peter Rampton en 2019, les plus de 38 locomotives sont confiées au Vale of Rheidol Railway, chemin de fer historique du pays de Galles. Parmi elles : une machine fabriquée 119 ans plus tôt dans le Hainaut.
Décembre 2022 : le retour au pays
Pairi Daiza entame alors des démarches auprès du Vale of Rheidol Railway pour ramener la locomotive dans son pays d’origine. Les échanges aboutissent à un accord de transfert, assorti d’un objectif clair : la remettre en état de fonctionnement. En décembre 2022, 122 ans après son départ, la Couillet 1318 revient en Belgique. À son arrivée, le parc lui donne le nom le plus simple possible : « La Couillet ».

La restauration complète est menée au Muzeum starých strojů a technologií, en Tchéquie, avec l’équipe du Pairi Daiza Steam Railway. Elle aura demandé près de quatre ans. Au terme de ce chantier, la machine peut à nouveau fonctionner — et c’est cette étape que marque le baptême du 9 septembre.
Pourquoi Reine Elisabeth
Le nom retenu renvoie à la reine Elisabeth de Belgique, contemporaine de la construction de la locomotive et associée à la vie artistique, scientifique et culturelle du pays. Une manière de raccrocher la machine à l’époque qui l’a vue naître plutôt qu’au parc qui l’accueille.

Le Pairi Daiza Steam Railway compte aujourd’hui six locomotives historiques. Toutes racontent le même chapitre : celui des chemins de fer à voie étroite qui ont servi les mines, les forêts, l’industrie et l’agriculture, avant de disparaître presque partout.
Un voyage en train à Pairi Daiza, c’est bien plus qu’une autre manière de découvrir les animaux et leurs territoires. Lorsque la locomotive se met en mouvement, avec le bruit de la vapeur et de la mécanique, on se plonge aussi dans le passé. Ce patrimoine ferroviaire fait partie de notre histoire. Le préserver, c’est important ; le faire vivre et permettre aux visiteurs d’en faire l’expérience, c’est encore mieux.
Jason Van Landschoot, responsable de la collection ferroviaire de Pairi Daiza
Infos pratiques
- Quoi : présentation sous pression vapeur de la locomotive Reine Elisabeth (ex-Couillet 1318, 1900).
- Quand : samedi 12 et dimanche 13 septembre 2026.
- Où : Pairi Daiza, Domaine de Cambron, 7940 Brugelette (province de Hainaut).
- Accès : compris dans le billet d’entrée du parc. Détails et réservations sur pairidaiza.eu.
- Ensuite : la machine rejoindra les locomotives en service sur le Pairi Daiza Steam Railway.

Questions fréquentes
Quand peut-on voir la locomotive Reine Elisabeth à Pairi Daiza ?
Elle est présentée sous pression vapeur aux visiteurs les samedi 12 et dimanche 13 septembre 2026. Elle rejoindra ensuite les machines qui circulent sur le Pairi Daiza Steam Railway.
Pourquoi l’appelle-t-on « La Couillet » ?
Parce qu’elle est sortie en 1900 des ateliers de la Société Métallurgique de Couillet, près de Charleroi. Elle porte le numéro de construction 1318.
Pourquoi le nom de Reine Elisabeth ?
Pairi Daiza a choisi ce nom en référence à la reine Elisabeth de Belgique, contemporaine de la construction de la machine et associée à la vie artistique, scientifique et culturelle du pays.
Où la locomotive a-t-elle travaillé ?
En Espagne, dans la province de León. Sous le nom d’Olleros, elle a tracté des convois pendant près de 70 ans sur la voie de 600 mm de la compagnie minière Hulleras de Sabero, entre les mines de Las Quemadas, Sotillos et Herrera et le site de traitement de Vegamediana.
Comment est-elle revenue en Belgique ?
Sauvée de la ferraille en 1969 par le Britannique Peter Rampton, elle a disparu des regards dans une collection privée anglaise surnommée la « Collection X ». Après le décès de son propriétaire en 2019, l’ensemble a été confié au Vale of Rheidol Railway, au pays de Galles. Pairi Daiza a négocié son retour : elle est rentrée en décembre 2022, 122 ans après son départ.
Combien de locomotives compte le Pairi Daiza Steam Railway ?
Six machines historiques, témoins du rôle des chemins de fer à voie étroite dans les mines, les forêts, l’industrie et l’agriculture.
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