🗓️ Mis à jour le 8 septembre 2026
L’essentiel — Si la rue de Sélys concentre autant de façades Art nouveau, c’est une affaire de calendrier : elle n’a été ouverte qu’en 1896, à l’emplacement d’une ancienne fabrique. Tout s’y est donc construit au moment précis où le style était à la mode.
Une rue neuve au bon moment : voilà pourquoi celle-ci ressemble à un catalogue à ciel ouvert de l’Art nouveau liégeois.
Au n°25, la nature qui fond la pierre
La façade de l’architecte Micha récompense qui prend le temps de s’arrêter. Les vitraux de la porte et les ferronneries du balcon adoptent les mêmes formes végétales stylisées — une cohérence que l’on retrouve rarement poussée aussi loin.
La représentation naturaliste devient explicite dans les pierres sculptées des linteaux : tiges, feuilles et fleurs se prolongent d’une pierre à l’autre, jusqu’à fondre ensemble les montants d’encadrement et les linteaux arrondis. Les châssis, encore d’origine, épousent exactement ces profils. Au sommet, d’amusantes volutes encadrent les extrémités du fronton-pignon.
Aux n°14 et n°27, deux façons de tromper l’œil
Le n°14 semble d’abord néo-Renaissance, avec son alternance de bandeaux de pierre bleue et de blocs de pierre blanche. Mais l’examen des détails ne livre ni chapiteaux classiques, ni médaillons : à la place, les ferronneries et les pierres sculptées des consoles et linteaux portent ces « lignes en coup de fouet » caractéristiques de l’Art nouveau belge, complétées de visages symbolistes au regard énigmatique. L’élément le plus spectaculaire est le grand vitrail d’imposte : un perroquet au plumage bleu-mauve agrippé à une branche, à côté d’un soleil dardant ses rayons.
Le n°27 joue le même tour, en plus sobre : décoration d’apparence classique, mais sans aucune référence aux styles du passé — les ferronneries du balcon, les arcs de décharge en briques et les incisions dans la pierre portent des motifs abstraits stylisés. On y repère aussi l’emplacement d’un ancien sgraffite, aujourd’hui disparu. La rue compte par ailleurs son chef-d’œuvre au n°17, la maison Piot de Victor Rogister, classée.
Bon à savoir avant d’y aller
La rue est courte, plate et se parcourt en dix minutes : c’est le meilleur point de départ pour qui découvre l’Art nouveau liégeois, parce que la densité y évite les longs trajets entre deux façades. Tout est privé et habité, rien ne se visite. Les vitraux — dont le perroquet du n°14 — se lisent nettement mieux quand la lumière du jour les traverse, donc plutôt en journée qu’au crépuscule.
Infos pratiques
- 📍 Liège, province de Liège (Belgique)
- 👀 Façades visibles depuis la rue — immeubles privés, pas de visite intérieure
- 📅 Vérifié par info-lux en septembre 2026
- 🧭 Coordonnées : 50.63022, 5.56400
Cette fiche fait partie de notre série sur l’Art nouveau à Liège et de notre couverture de la Cité ardente. Retrouvez toutes nos adresses, sorties et reportages sur la page Liège.
Questions fréquentes
Pourquoi y a-t-il autant d'Art nouveau rue de Sélys à Liège ?
Parce que la rue n'a été ouverte qu'en 1896, à l'emplacement d'une ancienne fabrique. Tout s'y est bâti au moment où le style était en vogue, d'où une concentration exceptionnelle de façades.
Que voir rue de Sélys ?
Le vitrail au perroquet bleu-mauve du n°14, les linteaux sculptés du n°25 par l'architecte Micha, les motifs abstraits du n°27, et au n°17 la maison Piot de Victor Rogister, classée.
Qu'appelle-t-on une ligne en coup de fouet ?
Une courbe végétale nerveuse, très fréquente dans l'Art nouveau belge, que l'on retrouve dans les ferronneries et les pierres sculptées, notamment au n°14 de la rue de Sélys.
La rue de Sélys se visite-t-elle ?
Elle se parcourt librement, mais les immeubles sont des habitations privées : tout se découvre depuis le trottoir.
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