L’essentiel — Élève de Paul Jaspar, Victor Rogister a laissé à Liège l’une des façades Art nouveau les plus chargées de symboles : la maison du directeur d’usine Henri Piot, rue de Sélys 17, datée de 1904 et aujourd’hui classée. Sa signature se repère à l’œil nu — de petits cœurs bleus dans les vitraux.
🗓️ Mis à jour le
Il y a une façon simple de savoir si l’on est devant un Rogister : chercher les cœurs bleus dans les vitraux. L’architecte les a semés comme une marque de fabrique.
Rue de Sélys 17 : une façade qui se lit comme un rébus
Classée aujourd’hui, la maison du directeur d’usine Henri Piot est datée de 1904. Sa façade regorge de symboles, et plusieurs renvoient au monde maçonnique : les sphinx égyptiens avec globes représentés sur les vantaux de la porte, et le fait que plusieurs éléments soient associés par trois, chiffre chargé de sens chez les francs-maçons.
De part et d’autre de l’entrée, deux visages observent le passant. Surmontés d’un coq et d’un hibou, ils évoquent la dualité du jour et de la nuit. Des visages de vieillards barbus campent au sommet des piédroits qui encadrent la lucarne. Jusqu’aux poignées de porte en forme de dragons : rien n’a été laissé au hasard, ce qui en dit long sur l’exigence de l’architecte.

Rue Edouard Wacken : Rogister avant d’être Rogister
Les premières maisons qu’il conçoit, à la fin des années 1890, sont encore tenues par les références historiques apprises à l’académie. La façade du n°3 de la rue Edouard Wacken le montre bien : chaînages en pierre réguliers, grand arc surmontant deux linteaux circulaires au premier étage, matériaux traditionnels. Un panneau de mosaïques y indique le millésime 1900. Deux détails annoncent pourtant la suite : le décalage de hauteur des baies entre les deux travées, et les larges corniches sur consoles qui deviendront récurrentes dans l’Art nouveau liégeois.
À l’autre bout de la rue, les façades du n°25 au n°31 montrent le même tiraillement : décors en pierre d’esprit ancien, mais un phénix au-dessus de la porte du n°31 qui annonce le goût naturaliste, et au n°25 des ferronneries et des vitraux franchement Art nouveau. C’est en connaissant ces débuts prudents qu’on mesure à quel point la maison Piot, quatre ans plus tard, était une rupture.
Place du Congrès n°19 : Rogister passe la Meuse
On associe Rogister au quartier Bronckart, mais sa main se retrouve aussi en Outremeuse. Le bâtiment d’angle de la place du Congrès n°19 a été commandé par l’entrepreneur Counet et construit en 1906.
Deux détails le distinguent du reste de sa production : l’enduit clair qui couvre la partie supérieure de la façade — plutôt rare à Liège pour cette période — et de petits carrés bleus, deux traits qui pourraient être inspirés de l’Art nouveau viennois, le Jugendstil. Les châssis présentent des divisions géométriques, dont certaines sont ornées de vitraux de teinte bleue. Et, comme souvent chez lui, la façade est truffée de symboles.

Bon à savoir avant d’y aller
Ces trois façades sont des habitations privées : elles se regardent depuis le trottoir, il n’y a ni visite ni intérieur accessible. Le meilleur moment est le milieu de journée, quand la lumière entre dans les vitraux et révèle les cœurs bleus depuis la rue. La rue de Sélys et la rue Edouard Wacken sont à dix minutes à pied l’une de l’autre, dans le quartier Bronckart-Botanique, en terrain plat. Prévoir de lever les yeux : l’essentiel du décor est au-dessus du rez-de-chaussée.
Infos pratiques
- 📍 Liège, province de Liège (Belgique)
- 🛠️ Architecte : Victor Rogister
- 👀 Façades visibles depuis la rue — immeubles privés, pas de visite intérieure
- 📅 Vérifié par info-lux en septembre 2026
- 🧭 Coordonnées : 50.63027, 5.56440
Cette fiche fait partie de notre série sur l’Art nouveau à Liège et de notre couverture de la Cité ardente. Retrouvez toutes nos adresses, sorties et reportages sur la page Liège.
Questions fréquentes
Comment reconnaître une maison de Victor Rogister à Liège ?
Aux petits cœurs bleus insérés dans les vitraux, qui constituent une forme de signature de l'architecte. Ses façades les plus abouties multiplient aussi les symboles, souvent maçonniques.
Où se trouve la maison Piot à Liège ?
Rue de Sélys 17, dans le quartier Bronckart-Botanique. Construite en 1904 pour le directeur d'usine Henri Piot, elle est aujourd'hui classée.
Victor Rogister était-il l'élève de quelqu'un ?
Oui, de Paul Jaspar, autre grand nom de l'Art nouveau liégeois. Comme Clément Pirnay, il fait partie des architectes formés dans son sillage.
Peut-on visiter les maisons de Rogister ?
Non, ce sont des habitations privées. Elles se découvrent depuis la rue, ce qui suffit : tout le programme décoratif est en façade.
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Provenance des données : Informations touristiques officielles de la Wallonie, transmises par Tourisme Wallonie et les Maisons du tourisme, partenaires de données d’info-lux. Texte rédigé par info-lux le 05/09/2026, mis à jour le 09/09/2026. Nos sources de données et partenaires.
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