UNE REFLEXION SUR L’IMAGINAIRE ET LA REALITE
Film pour cinéphiles par excellence, « Histoires parallèles » du réalisateur iranien Asghar Farhadi fait référence au décalogue numéro 6 de feu le réalisateur polonais Krzysztof Kieslowski. Le résultat passionnant est servi par un casting cinq étoiles. A Cannes, Thibaut Demeyer et Brigitte Lepage.
« Histoires parallèles » c’est l’histoire de Sylvie (Isabelle Huppert) écrivaine à succès qui se retrouve en mal d’idées, l’obligeant alors à espionner ses voisins en guise d’inspiration pour son nouveau roman. Ses voisins, ce sont deux hommes (Vincent Cassel et Pierre Niney) et une femme (Virgine Efira). Ils travaillent ensemble comme ingénieurs du son et bruiteurs. Pour alimenter son nouveau roman, Sylvie leur invente une histoire d’amour. L’un est le cocu, l’autre est l’amant. Mais très rapidement, la réalité va se confondre avec l’imaginaire de Sylvie. En cause, Adam (Adam Bessa) engagé par Sylvie pour l’aider dans son quotidien.
UN CASTING PARTICULIER
Pour son dixième long métrage, le réalisateur iranien Asghar Farhadi a posé sa caméra dans la capitale française et a dirigé un casting francophone. L’originalité du choix des comédiens s’est faite sur base de critères particuliers et non en relation directe avec les personnages comme c’est souvent le cas. C’est ainsi que Virginie Efira a été choisie sur base de sa voix, qui avait frappé le réalisateur iranien, Pierre Niney parce que Asghar l’avait remarqué dans « Le comte de Monte Cristo » présenté à Cannes en 2024 hors compétition, Isabelle Huppert pour l’avoir vue, entre autres, dans « La Pianiste » de Michael Haneke et également présenté à l’époque sur la Croisette en compétition officielle tandis que Vincent Cassel, il a été recruté parce qu’Asghar l’avait remarqué dans « La Haine » de Matthieu Cassovitz (Cannes 1995). C’est donc une manière étonnante de constituer un casting, d’autant plus qu’une grande partie de la réussite d’un film repose sur le choix des acteurs. Aujourd’hui, on doit reconnaître que Asghar Farhadi a eu le nez fin, ce quatuor fonctionnant à merveille.
ENTRE L’IMAGINAIRE ET LE REEL
Mais il n’y a pas que cela qui fonctionne dans cette œuvre. Ce serait alors un peu trop minimaliste. Il y a bien sûr cette histoire gigogne où la tension monte lentement mais sûrement. Alors oui, on pense au maître du suspens Alfred Hitchock et à « Fenêtre sur cour » ou plus récemment à « Le Crime du 3e étage » qui fait lui-même référence au film d’Hitchock. Mais en réalité, il n’y a pas grand-chose en commun, si ce n’est l’observation, avec une longue vue, de Sylvie (Isabelle Huppert) vis-à-vis de ses voisins. Asghar Farhadi préférant nous parler de la solitude, du symptôme de la page blanche obligeant Sylvie à trouver l’inspiration en observant ses voisins, de la frontière entre la réalité et l’imagination, de l’amour bien entendu, de la faiblesse humaine, la jalousie, la trahison, le désir. Ce sont tous ces sujets qui renforcent la valeur de ce long métrage dont l’histoire parallèle peut déstabiliser le spectateur même si, une petite musique bien particulière, nous aide à faire la différence entre la partie imaginaire et la réalité.

ECOUTEZ ISABELLE HUPPERT A PROPOS DE SON PERSONNAGE SYLVIE
Propos recueillis par Brigitte Lepage

ECOUTEZ COMMENT PIERRE NINEY IMAGINAIT SON DOUBLE PERSONNAGE CHRISTOPHE/THEO
Propos recueillis par Brigitte Lepage

ECOUTEZ VINCENT CASSEL CONCERNANT LA VISION DE SON PERSONNAGE PIERRE/NICOLAS ET DU TRAVAIL D’ASGHAR FARHADI
ECOUTEZ VIRGINE EFIRA A PROPOS DE QUELLE TYPOLOGIE APPARTIENT LE FILM ET CE QUI L’A INSPIREE POUR JOUER CE DOUBLE PERSONNAGE

« Histoires Parallèles » est actuellement à l’affiche et en compétition au 79è Festival de Cannes 2026.





