🗓️ Mis à jour le 27 juillet 2026
« L’Étoile du Nord » (1982)
Souvenirs de tournage et conversation exclusive avec l’actrice Julie Jézéquel
Certains films sont indissociables d’une époque. Pour moi, comme pour beaucoup de téléspectateurs de ma génération, « L’étoile du Nord » fait partie de ces rendez-vous du dimanche soir qui annonçaient la fin du week-end. Ces soirées comptent parmi mes beaux souvenirs de cinéphile avec « Le cinéma de minuit ».
Adapté d’un roman de Georges Simenon (Le locataire), réalisé par Pierre Granier-Deferre et interprété par Philippe Noiret, Simone Signoret, Julie Jézéquel et Fanny Cottençon, le film raconte l’histoire d’Édouard (Philippe Noiret) qui, de retour d’Égypte, embarque à bord du train « L’Etoile du Nord » en compagnie de Sylvie Baron (Fanny Cottençon). Au cours du voyage, il fait la connaissance d’un homme d’affaires égyptien qu’il assassine pour le voler. Il trouve refuge à Charleroi, dans la pension de famille de Madame Baron (Simone Signoret), la mère de Sylvie, qui est séduite par le charme et les récits d’Édouard, seule Antoinette (Julie Jézéquel), la jeune sœur de Sylvie, se méfie de cet homme mystérieux.

Lorsque j’ai proposé à Julie Jézéquel de répondre à quelques questions, j’imaginais un entretien d’une vingtaine de minutes. Avec beaucoup de gentillesse, elle a accepté, alors même qu’elle se tourne assez peu vers le passé, et vingt minutes sont devenues… une heure et demie. Très vite, il n’a plus été question d’une interview, notre échange s’est transformé en une conversation libre, chaleureuse et sincère, au cours de laquelle Julie Jézéquel a évoqué avec une grande générosité Pierre Granier-Deferre, Philippe Noiret, Simone Signoret et ses souvenirs de tournage. Au départ, je pensais simplement ponctuer mon article de quelques citations, mais je m’en suis révélé … incapable car, après tout, qui mieux qu’elle pour vous donner envie de le voir ? Comme dans chacun de mes articles, je cherche à partager un moment de cinéma, comme si nous étions assis autour d’une table, un bon verre à la main, à parler simplement d’un film que nous aimons.
Installez-vous à notre table, prenez un verre. La conversation peut commencer.
Jean-Marc Weyland : J’ai eu envie de consacrer un article à « L’Étoile du Nord » parce que c’est un film que j’aime beaucoup. J’aime aussi Pierre Granier-Deferre, que certains ont un peu trop vite réduit à un simple bon artisan. Je ne partage pas du tout cet avis.
Julie Jézéquel : Oui, moi aussi et je l’aimais beaucoup.
JMW : Je me suis dit : « Julie Jézéquel, voilà quelqu’un de très intéressant pour ce film », alors merci d’avoir accepté cet entretien, d’autant que vous m’aviez confié ne pas beaucoup vous retourner vers le passé.
JZ : Merci, je suis très flattée. Tout cela fait partie de ma vie mais, quand je dis que je ne parle pas souvent du passé, c’est peut-être aussi par manque de combattants pour en parler avec moi ! (rires) J’étais jeune, il m’arrive de me tromper ou de ne plus très bien me souvenir de certains tournages. Mais « L’Étoile du Nord », je m’en souviens bien.
JMW : J’ai du bol, alors ?
JZ : Oui, oui, vous avez du bol ! (rires)

JMW : Je suis vraiment très heureux de vous parler. Je suis en train de parler à « Madame » Julie Jézéquel, celle qui tient tête à « Monsieur » Jean-Paul Belmondo dans « Flic ou voyou » … rien que ça ! (rires). Quand vous repensez aujourd’hui à « L’Étoile du Nord », quel est le premier souvenir qui vous revient ?
JZ : Je pense d’abord à l’extrême gentillesse et à la tendresse de Pierre Granier-Deferre. Il m’avait choisie et j’aimais beaucoup ce monsieur. Il m’a énormément touchée. Il avait de gros problèmes de santé, je l’ai appris au fur et à mesure du tournage. Je pense aussi à la fin du film, lorsque nous avons tourné quelques jours en Belgique. Mais la majeure partie de mes scènes se déroulait dans le 11ᵉ arrondissement de Paris, dans un studio où avait été reconstituée cette pension de famille. Le studio se trouvait justement dans le quartier où j’habitais. Tous les matins, je passais devant mon lycée Voltaire sans m’y arrêter… et je continuais jusqu’au studio.
JMW : Après « Flic ou voyou », vous êtes donc tout simplement retournée au lycée ?
JZ : Oui. Pour « Flic ou voyou », j’avais quatorze ou quinze ans et mes parents avaient demandé au proviseur l’autorisation de m’absenter un mois pour partir tourner à Nice. Ensuite, je suis retournée en cours et après, j’ai tourné un téléfilm à Lyon, je ne me souviens plus si c’était pendant les vacances… Puis Pierre Granier-Deferre m’a choisie pour « L’Étoile du Nord ». Il a donc fallu redemander l’autorisation au proviseur. Cela commençait à faire beaucoup d’absences… (rires) Mais … il était communiste et il a accepté parce qu’il y avait Simone Signoret dans le film ! (rires)
JMW : (rires) C’est formidable ! Une histoire pareille, ça ne s’invente pas !

JZ : À la fin du tournage, tout le monde parlait de ce qu’il allait faire ensuite et, moi, j’allais simplement retourner au lycée Voltaire… ce n’était pas très drôle. Simone Signoret m’avait fait la morale en me disant : « Il faut que tu passes ton bac, c’est très important. » Elle avait même appelé ma mère après le tournage, qu’elle n’avait pourtant jamais rencontrée, pour lui dire, avec sa voix inimitable : « Je voulais vraiment m’assurer que Julie est bien retournée à l’école. » C’était extraordinaire. Pour moi, c’était quelqu’un d’extraordinaire.
JMW : C’est fou… mais, en même temps, cela ne m’étonne pas du personnage.
JZ : Oui. Et à la fin du tournage, pour mon dernier jour, elle m’a fait appeler dans sa loge. Elle m’a offert une boîte dans laquelle se trouvait un large bracelet en argent. À l’intérieur, elle avait fait graver : « À très bientôt Julie. Simone Signoret. » C’est un cadeau que j’ai toujours gardé. Je ne l’ai jamais porté.
JMW : C’est un trésor que vous avez là. J’aime beaucoup Simone Signoret et, même à cette époque-là, avec les soucis qu’elle avait et que l’on connaît, je la trouve extraordinaire… Même quand elle respire, quand elle est un peu essoufflée, elle est prodigieuse jusque dans ses respirations. Je lui trouve un charisme incroyable.

JZ : Oui, du charisme. Et aussi une forme de dureté… mais une dureté de façade, parce qu’il y avait énormément de gentillesse en elle. Il y avait aussi Fanny Cottençon, qui jouait ma grande sœur ultra-féminine, et moi … avec ma blouse, ma barrette sur ma frange et mes charentaises aux pieds !
JMW : La petite sœur… et la boniche de la maison.
JZ : Oui, la boniche… mais j’ai adoré ce rôle. Je me souviens aussi que nous avions fait une séance photo, place Dauphine, pour la promotion du film. Simone nous mettait toujours en avant. Elle était très généreuse, même pendant la promotion.
JMW : Elle appelait d’ailleurs la promotion « le service après-vente ». Elle avait beaucoup d’esprit. Dans le film, vous êtes la seule à rester lucide face au personnage de Noiret alors que Simone Signoret se laisse séduire et emporter. Pierre Granier-Deferre vous avait-il parlé de ce contraste avec le personnage de Simone Signoret ?
JZ : Oui. En fait, c’est le rôle que j’avais dans « Flic ou voyou », où j’interprétais une espèce de peste, qui avait plu à Pierre Granier-Deferre. Il voyait que j’avais du caractère et il me poussait à fusiller Noiret du regard.
JMW : Vous étiez très jeune. Quand on se retrouve face à Simone Signoret et Philippe Noiret, est-ce intimidant ou tout cela se fait-il naturellement ?

JZ : Alors, c’est très bizarre, parce que c’est une question qu’on m’a beaucoup posée par rapport à Jean-Paul Belmondo dans « Flic ou voyou ». Moi, j’ai toujours voulu être comédienne. J’avais tourné dans des films institutionnels que réalisait mon père et, depuis l’âge de quatre ans, je disais que je voulais être comédienne. Donc, quand on m’a prise pour « Flic ou voyou », pour moi, tout cela était normal. J’avais certes la chance d’avoir été choisie, mais c’était le métier que je voulais faire. Et si j’allais devenir comédienne, j’allais forcément jouer avec des comédiens. Très franchement, je manquais certainement de culture cinématographique, je savais que c’étaient des stars, mais ce n’étaient pas celles qui me faisaient vibrer. Avec Simone Signoret, j’ai vraiment aimé la relation que j’ai eue avec elle durant le tournage. Elle a été très généreuse. Mais ces stars ne me faisaient pas peur, en fait.
JMW : Vous trouviez donc tout cela parfaitement normal ?
JZ : Oui. L’important, pour moi, était de jouer un personnage, de comprendre ce que voulait le metteur en scène. Je n’étais pas une groupie. Je voulais simplement être à la hauteur de ce que voulait un metteur en scène quand il m’engageait.
JMW : Merci encore pour votre sincérité. Je vous promets de retranscrire fidèlement vos propos.
JZ : Je ne m’inquiète pas. Mais j’ai appris très jeune, grâce à « L’Étoile du Nord », qu’il fallait se méfier de certains journalistes. Je vous ai raconté le cadeau que m’avait fait Simone Signoret. J’avais aussi beaucoup de discussions avec Philippe Noiret, qui adorait parler des habits et des chaussures. Avec l’un de mes premiers cachets, je m’étais acheté une très jolie paire de chaussures en cuir et je les lui avais montrées sur le tournage, il m’avait fait tout un cours sur la manière d’entretenir des chaussures en cuir, il m’avait même offert une boîte dans laquelle il y avait du cirage et une brosse. Je l’ai raconté à un journaliste pendant la promotion et il a écrit : « Philippe Noiret lui a appris l’art de la brosse à reluire ! » Là, je me suis dit : « Ah oui, d’accord… Il y a des choses qu’il vaut mieux ne pas raconter. »
JMW : Comme disait ma grand-mère : « Il y a des coups de pied au cul qui se perdent ! »
JZ : Et c’est Philippe Noiret qui m’a montré l’article sur le tournage. J’ai compris la leçon.
JMW : Ce que vous me dites sur Pierre Granier-Deferre et Simone Signoret me réchauffe le cœur. Ce sont deux personnes que j’aime beaucoup et que je défends toujours. J’ai du mal à entendre que Granier-Deferre n’aurait pas eu de regard de cinéaste. J’aime profondément ses films et vous me rassurez également sur l’homme qu’il était. Avec l’expérience que vous avez aujourd’hui comme actrice, scénariste et autrice, que diriez-vous à la jeune Julie Jézéquel si vous pouviez la croiser sur le plateau de « L’Étoile du Nord » ?
JZ : Quand tu vas voir ce film, une fois le tournage terminé, à l’âge que tu as, tu vas trouver cela très ennuyeux. Mais quand tu vas grandir, cela va te toucher.

JMW : Je me suis justement demandé si, à votre âge, vous n’aviez pas l’impression de tourner dans un film de « vieux ».
JZ : Oui. C’est plus tard, en revoyant le film, que je l’ai trouvé très beau. Il m’a fallu quelques années de maturité pour comprendre la relation entre Noiret et Signoret.
JMW : Vous avez principalement tourné dans le studio parisien, près du lycée Voltaire. Êtes-vous également allée tourner en extérieur, à Charleroi ?
JZ : Oui, à la fin du film, mais je ne me souviens plus du tout pour quelle scène. C’était en Belgique, mais je ne sais plus si c’était à Charleroi, car j’aurais plutôt dit Namur. Je ne me souviens plus très bien. C’est pour cela que, tout à l’heure, je vous disais que Pierre Granier-Deferre avait des problèmes de santé et que je l’avais appris pendant le tournage, il a été hospitalisé d’urgence quand nous étions en Belgique et il a été remplacé, pour le dernier ou les deux derniers jours de tournage, par Bertrand Tavernier. Mais moi, j’aimais beaucoup Pierre Granier-Deferre. C’était mon metteur en scène, il était très gentil avec moi, et je ne comprenais pas que le film ne s’arrête pas. Il était hospitalisé, je m’inquiétais pour lui et je me fichais complètement de Bertrand Tavernier, je n’étais pas attachée à lui. Moi qui étais très entière à l’époque, je ne voulais pas parler à Bertrand Tavernier. Je n’avais pas accepté de faire un film avec ce monsieur. Je me fichais de ce monsieur.
JMW : Vous avez réagi comme votre personnage dans « Flic ou voyou » ! (rires)
JZ : Voilà ! Je ne comprenais même pas que le film continue. Après, j’ai appris — mais je ne peux pas vous affirmer que c’est vrai — que nous étions tous assurés pour le tournage. Comme Pierre avait de graves problèmes de santé, il devait remplir un formulaire et désigner un autre metteur en scène au cas où il ne pourrait pas terminer le film., Pierre Granier-Deferre avait désigné Bertrand Tavernier. Mais ce « Show must go on » … je ne l’avais pas intégré. Remarquez, il ne restait plus grand-chose à faire : je devais simplement marcher dans la rue. Mais si Bertrand Tavernier m’adressait la parole, je ne lui répondais pas. Je ne voulais pas trahir Pierre Granier-Deferre.

JMW : Je trouve cette réaction très touchante. C’est celle d’une adolescente qui ne voit pas encore toute la dimension d’un tournage et réagit instinctivement par fidélité. J’espère que Bertrand Tavernier ne vous en a pas tenu rigueur.
JZ : Je ne sais même pas s’il a fait attention à cela. Je me rappelle aussi qu’un jour, Pierre Granier-Deferre — était-il fatigué ou de mauvaise humeur, je ne sais pas — m’a mal parlé. Je n’étais pas habituée à cela et il n’y avait aucune raison qu’on me parle mal. Alors, je suis partie le temps qu’il se calme. Le lendemain matin, il m’a accueillie avec une rose. Je n’en demandais pas autant ! Alors, quand on voit ces metteurs en scène qui maltraitent les comédiens et ne s’excusent jamais… C’est vraiment quelqu’un pour qui j’ai énormément de tendresse.
JMW : Je vous l’avoue humblement : je ne pense pas que j’aurais eu votre courage. J’aurais sans doute encaissé sans rien dire. Mais c’est vous qui aviez raison.
JZ : Je ne sais pas… Ce n’était pas réfléchi. Il n’y avait aucune raison qu’on me parle mal.
JMW : Je discute souvent avec le réalisateur Robin Davis (« La Guerre des polices », « J’ai épousé une ombre » et tant d’autres) et nous parlons de cette époque. Comme vous, il a côtoyé tous ces immenses acteurs. Moi, je les ai toujours regardés avec des yeux de cinéphile devant mon poste ou au cinéma. Mais vous, comme Robin, vous étiez là. Vous les avez vus travailler, vous avez partagé des tournages avec eux. Et je dois vous dire que, chaque fois que j’entends ces souvenirs, je suis toujours aussi émerveillé. Je trouve ça extraordinaire.
JZ : Après, c’est facile de le dire maintenant, mais c’était un peu comme un cadeau empoisonné. C’étaient des gens d’une telle qualité, artistique et humaine, sur des tournages qui étaient de grosses machineries… Alors, après, comme ces gens commencent à disparaître, tout ce qu’on vous propose paraît un peu cheap. Quand vous tournez avec certains réalisateurs, vous vous demandez ce que vous faites là. Je ne veux pas avoir l’air d’une vieille conne quand je dis cela, mais voilà : j’ai eu beaucoup de chance, et pourtant c’était comme un cadeau empoisonné.

Fanny Cottençon et Simone Signoret (c) DR
JMW : Vous avez tourné dans de nombreux films, il n’y a pas eu que « L’Étoile du Nord » et « Flic ou voyou ». Auriez-vous envie de revenir devant une caméra ?
JZ : Non, pas du tout.
JMW : Même pour un film de la qualité de ceux dont nous venons de parler ?
JZ : Je n’y crois pas. Enfin, ce n’est pas que je n’y crois pas : il y a encore aujourd’hui des films que je trouve magnifiques. Mais mon envie de tourner, j’en ai fait le tour. Un jour, je me suis dit : « C’est bon, je n’ai plus envie d’être sur un plateau. » Je reste spectatrice, et l’écriture a pris le pas sur ma passion de jouer.
JMW : Justement, l’écriture a pris le relais. Vous êtes devenue scénariste et autrice, un beau parcours qui ne s’est jamais arrêté. Travaillez-vous actuellement sur un scénario ou sur un nouveau livre ?
JZ : En ce moment, je travaille pour moi ! (rires) J’écris un roman, mais je ne sais pas si je vais arriver jusqu’au bout.
JMW : Et je n’oublie pas que vous avez tourné dans deux films écrits par Michel Audiard : « Flic ou voyou » et « On ne meurt que deux fois » !
JZ : Oui, ça, c’est quelque chose dont je suis très contente. Chaque fois que je regarde le générique d’un vieux film, je me dis : « Tous ceux-là, je les ai connus. » Et oui, j’ai dit du Audiard ! Et j’ai connu ces producteurs de la vieille école qui pouvaient vous taper dans la main. Il y avait quelque chose dans la valeur de la parole. Je ne veux pas en faire un mythe, mais c’est vrai que c’était autre chose. Mais heureusement, il y a encore de très bons films aujourd’hui.
JMW : Il y avait aussi cette richesse des dialogues, notamment chez Audiard. J’ai davantage de mal avec les films où l’on parle exactement comme dans la vie. Pour moi, les mots doivent être beaux : le cinéma, ce n’est pas la vie, c’est mieux que la vie. Je suis là pour rêver mais je suis peut-être simplement devenu un vieux con … mais je le vis bien (rires)
JZ : Bon, alors ça va ! (rires) En tout cas, « L’Étoile du Nord » est un film qui a compté dans ma carrière.
JMW : Merci infiniment pour ce moment si agréable, pour votre sincérité et pour tous ces souvenirs. Je suis vraiment très heureux que vous ayez accepté de répondre à ma sollicitation.
JZ : C’est normal. Lorsqu’on me contacte gentiment, il n’y a pas de raison que je refuse. Et puis, on me parle très souvent de « Flic ou voyou », mais pas souvent de « L’Étoile du Nord ». Alors, j’étais heureuse de parler de ce film.
Comment voir le film :
Le film est disponible aux Editions « Coin de Mire – Cinéma » (DVD ou Blu-Ray) en version restaurée HD par Studio Canal.
Bande annonce :
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