Clément Pirnay rue Dartois à Liège : trois immeubles, du béton armé et une équerre maçonnique

Clément Pirnay rue Dartois à Liège : trois immeubles, du béton armé et une équerre maçonnique

🗓️ Mis à jour le 8 septembre 2026

L’essentiel — Rue Dartois, trois immeubles voisins de Clément Pirnay, élève de Paul Jaspar, racontent le basculement de l’Art nouveau vers l’Art déco. Sa maison personnelle du n°44 (1911) et la Maison Bacot du n°42 (1920) sont classées ; cette dernière est entièrement en béton armé, une audace qu’il fallut défendre pour obtenir le permis.

Trois numéros de la même rue, douze années d’écart, et l’on voit un architecte quitter l’Art nouveau pour autre chose — sans jamais renoncer au décor.

Au n°44, la maison de l’architecte, et ses symboles

Un logo bleu et blanc signale le classement. Une plaque à son nom, toujours visible sur le soubassement, indique que Pirnay a conçu ce bâtiment pour lui-même, en 1911. Le volume était plus trapu à l’origine : les deux derniers étages ont été ajoutés en 1926, dans le respect de l’organisation initiale.

Le parement de briques et de pierres calcaires reste traditionnel, mais la composition est moderne, avec ses deux grands pilastres encadrant les étages et la forme des baies qui change à chaque niveau. Le décor sculpté récompense l’observation : les arêtes de l’oriel se terminent par des chats prêts à saisir des lézards qui escaladent une végétation stylisée, et les consoles prennent la forme de sphinges — buste de femme, corps de lion, ailes de rapace. Associées au compas et à l’équerre discrètement représentés, elles disent l’appartenance de Pirnay à la franc-maçonnerie.

Au n°42, un permis arraché grâce au béton

En 1920, le propriétaire de la parcelle voisine lui commande le bâtiment de sa société de vins et spiritueux, la Maison Bacot. Pirnay pousse plus loin : toute la structure est en béton armé. La technique est alors si nouvelle qu’il a fallu argumenter pour convaincre les autorités de la solidité du matériau et décrocher le permis.

Les panneaux délimités par les poutres et colonnes ont reçu des sgraffites. Restaurés au début des années 2000, leurs pampres de vigne colorés rappellent la fonction première du bâtiment, et la frise répète six fois le même panier de fruits. Les petits carrés bleus signalent la variante géométrique de l’Art nouveau, celle qui glissera vers l’Art déco après 1918. Au sommet, une sphère métallique restituée dit l’ambition d’un commerce de niveau mondial. Trois ans plus tard, au n°31 (1923, pour l’ingénieur Georges Alexis), on retrouve les pilastres de briques, le béton et la toiture plate : la géométrisation a gagné.

Bon à savoir avant d’y aller

Les trois immeubles se suivent dans la même rue : c’est l’arrêt le plus compact du parcours Art nouveau liégeois, et le plus démonstratif, puisqu’on lit une évolution de style en marchant vingt mètres. Deux sont classés. Ce sont des propriétés privées, sans accès intérieur. Pour les sphinges et le compas du n°44, il faut chercher au niveau de l’oriel et des consoles — ces détails passent totalement inaperçus si on ne les cherche pas.

Infos pratiques

  • 📍 Liège, province de Liège (Belgique)
  • 🛠️ Architecte : Clément Pirnay
  • 👀 Façades visibles depuis la rue — immeubles privés, pas de visite intérieure
  • 📅 Vérifié par info-lux en septembre 2026
  • 🧭 Coordonnées : 50.62744, 5.56607

Cette fiche fait partie de notre série sur l’Art nouveau à Liège et de notre couverture de la Cité ardente. Retrouvez toutes nos adresses, sorties et reportages sur la page Liège.

Questions fréquentes

Quels immeubles de Clément Pirnay sont classés à Liège ?

Sa maison personnelle du n°44 de la rue Dartois, construite en 1911, et la Maison Bacot voisine, au n°42, bâtie en 1920.

Pourquoi la Maison Bacot est-elle remarquable ?

Parce que toute sa structure est en béton armé, une technique si novatrice en 1920 qu'il a fallu convaincre les autorités de la solidité du matériau pour obtenir le permis de bâtir.

Clément Pirnay était-il franc-maçon ?

Les symboles de sa maison personnelle le disent : des sphinges en console et un compas et une équerre discrètement représentés en façade révèlent son appartenance à la franc-maçonnerie.

Comment voit-on le passage de l'Art nouveau à l'Art déco rue Dartois ?

Par la géométrisation croissante des décors : les petits carrés bleus de 1920, puis, au n°31 en 1923, les pilastres de briques, le béton et la toiture plate.

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