CANNES 2021 :FRANCE, UNE LECON DE JOURNALISME

Juil 17, 2021 | ACTUALITES, Cinema, France | 0 commentaires

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FRANCE, UNE LECON DE JOURNALISME

Par Thibaut Demeyer, depuis la Croisette

Thibaut Demeyer

Double lauréat du Grand Prix du jury à Cannes, le réalisateur Bruno Dumont revient en compétition avec une satire sur le monde du journalisme qu’il a intitulé « France ».

France étant un prénom, celui de Léa Seydoux, journaliste vedette d’une chaîne de télévision baptisée pour l’occasion « I Télé ». Même Emmanuel Macron la connaît, elle peut donc tout se permettre. Journaliste d’une émission hebdomadaire, France n’hésite pas à aller faire des reportages dans les pays en guerre et venir par après présenter son reportage lors de son émission.

La France aime France de Meurs !

« France » est le premier film de cette édition à avoir été hué lors de la projection de presse. La presse aurait-elle été vexée du traitement infligé par ce réalisateur plus doué pour filmer le Nord que Paris ? Ou tout simplement, Bruno Dumont nous a présenté une véritable daube ? Je pencherais plutôt vers la seconde interrogation.

Benjamin Biolay

Si le début du film est hilarant entre la rencontre entre France de Meurs et Emmanuel Macron, le film s’enlise rapidement pour devenir du n’importe quoi. D’abord, le sujet où l’on critique le monde des médias n’est pas nouveau. Ensuite, rapidement on se rend compte que Bruno Dumont n’a aucune connaissance du fonctionnement des salles de rédaction alors il invente, il se veut drôle mais rate son coche. Lors de la conférence de presse, ses propos sont différents de ceux décrits dans son film. Dès lors, on lui laissera le bénéfice du doute en disant qu’il a seulement été maladroit.

Blanche Gardin

« Mon film est un film contre la machine médiatique et non contre les journalistes, ce n’est pas un portrait sombre contre vous » dit-il face à une cinquantaine de journalistes venus du monde entier. Pour lui, le cinéma raconte des histoires de fiction au même titre que la télévision car les journalistes sont des acteurs faisant référence à sa façon d’avoir dirigé ses acteurs « ils avaient tous une oreillette, ce qui me permettait de les diriger pendant l’action. Comme les journalistes lorsqu’ils présentent le JT ou une émission. » Avoue-t-il. Et comme s’il n’avait pas encore assez tapé sur le monde médiatique, il en rajoute une couche « Le monde des médias est un monde aseptisé, hygiénique, ils s’invitent entre eux, les médias ne font pas leur travail ».

Bruno Dumont

Bruno Dumont qui avait séduit le monde du cinéma avec des œuvres fortes sortant des sentiers battus comme « La Vie de Jésus », « L’humanité » ou « Flandre », nous propose un film qui sent le fric à 100 km à la ronde, allant à l’opposé de ses propos et de sa philosophie de vie. Il entre dès lors dans la catégorie de ses messieurs dont la devise est « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Voilà ce qui arrive lorsque l’on s’imagine être sorti de la cuisse de Jupiter. S’il avait continué à tourner son film comme une comédie, une farce, il n’aurait certainement pas essuyé les sifflets de fin de projection. Mais Bruno Dumont aimant se positionner en donneur de leçon, il vient d’essuyer un sacré revers qu’il ne sera pas prêt d’oublier.

Emanuele Arioli

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