Carnaval du Soleil 2026 à Houffalize : plus de 30 groupes et des rues noires de monde sous le soleil (photos)

Carnaval du Soleil 2026 à Houffalize : plus de 30 groupes et des rues noires de monde sous le soleil (photos)

🗓️ Mis à jour le 6 août 2026

En bref

  • Quoi ? Le XXIVe Grand Cortège du Carnaval du Soleil, le seul grand carnaval belge organisé en plein été
  • Quand / où ? Le dimanche 2 août 2026 à 15h, dans les rues du centre de Houffalize (province de Luxembourg)
  • Combien ? Plus de 30 groupes, chars et fanfares pendant près de deux heures et demie, devant des rues pleines à craquer
  • L’ambiance : grand soleil, confettis, mousse et musique, un public familial venu de toute la province de Luxembourg, du Grand-Duché et de Flandre
  • Photos : 537 clichés signés Vincent Gallez, à agrandir d’un clic dans les galeries de l’article

Il y a des villes qui savent prendre le calendrier à contre-pied. Pendant que la Wallonie sort ses carnavals dans le froid de février, Houffalize attend le cœur de l’été pour lâcher ses chars, ses fanfares et ses milliers de mètres de tissu coloré. Ce dimanche 2 août 2026, la petite cité de la vallée de l’Ourthe a vécu son grand jour : le XXIVe Grand Cortège du Carnaval du Soleil, sous un ciel d’un bleu presque insolent.

Le nom de la fête n’a jamais aussi bien porté. À 15h, quand le premier groupe s’est ébranlé, le thermomètre flirtait avec les températures d’un vrai dimanche d’août, les terrasses débordaient et les trottoirs étaient déjà pleins sur tout le parcours. Pendant près de deux heures et demie, plus de trente groupes se sont succédé dans les rues du centre : des danseuses en plumes, des bouffons par centaines, des fanfares venues de toute la Wallonie, des chars monumentaux, un taureau géant, un ours polaire, un loup, des poissons multicolores… et, pour fermer la marche, le char du Soleil et son prince.

On annonçait « une trentaine de groupes » : le compte y était, et même au-delà. Surtout, il y avait du monde partout — dans la Grand-Rue, sur les places, jusque dans les moindres ruelles du centre. Une foule familiale, largement venue des quatre coins de la province de Luxembourg, mais aussi du Grand-Duché tout proche et, cette année encore, de Flandre. Récit en images de ce dimanche de plein soleil.

📷 Reportage photo signé Vincent Gallez. Deux boîtiers en bandoulière, notre photographe a remonté et redescendu le parcours du cortège pendant plus de deux heures, du premier char au char du Soleil, pour saisir les costumes, les visages et l’ambiance de cette 24e édition. 537 photos composent ce reportage : cliquez sur n’importe quelle image pour l’agrandir.

Houffalize prise d’assaut dès le début d’après-midi

Bien avant le coup d’envoi, la ville avait déjà changé de visage. Dès le début de l’après-midi, les sociétés carnavalesques se retrouvaient au pied des chars, chapeaux vissés sur la tête et médailles sur la poitrine, pour les embrassades d’usage. Sur le parcours, les familles installaient leurs chaises pliantes le long des façades ; les commerces et les terrasses affichaient complet ; les enfants, sacs plastiques à la main, prenaient position pour la récolte de confettis et de bonbons.

La configuration de Houffalize y est pour beaucoup : encaissée dans la vallée de l’Ourthe, la ville offre un parcours en pente douce, bordé de maisons en pierre du pays, où le cortège se voit de loin. Résultat : une véritable haie humaine sur tout le trajet, deux à trois rangs par endroits, avec les meilleures places prises plus d’une heure à l’avance.

Il faut dire que l’édition 2026 avait de quoi attirer. Le Carnaval du Soleil reste l’un des rares grands carnavals estivaux du pays, organisé par le Comité Carnaval-Animations Houffalize ASBL, avec trois jours de fête : « Blind à Tonton » le vendredi, l’intronisation et l’Harmonie royale du Hérou le samedi, et le Grand Cortège le dimanche. L’entrée du cortège est fixée à 5 €, dont 50 cents reversés à l’association « Poisson Rouge » — une habitude bien ancrée à Houffalize. Le détail se retrouve dans notre programme complet de l’édition 2026 et dans nos infos accès et PMR.

15h : le Grand Cortège s’élance

À l’heure dite, la tête du cortège s’ébranle. Les premiers pas donnent immédiatement le ton : ici, on ne défile pas au pas cadencé, on danse. Les groupes avancent au rythme des sonos embarquées sur les chars, s’arrêtent devant le public, repartent, reviennent chercher les enfants pour les faire tourner sur eux-mêmes. Le tout dans un nuage permanent de confettis.

Très vite, la mécanique du carnaval estival s’installe : la chaleur, la poussière de confettis, la mousse pulvérisée depuis les chars, les bouteilles d’eau qui passent de main en main entre carnavaliers et spectateurs. À Houffalize, la frontière entre le cortège et le public est volontairement poreuse — et c’est probablement ce qui fait la réputation de la fête.

Bas’Potes fête ses 10 ans, le taureau géant et les premières couleurs

Parmi les premiers grands ensembles, le groupe Bas’Potes a marqué le coup : son char, habillé de violet et de vert pomme, affichait fièrement un « 10 ans » en gros caractères. Derrière, une longue colonne de danseuses et de danseurs en jupes imprimées et brassards fluo occupait toute la largeur de la chaussée, dans un déluge de basses.

Quelques mètres plus loin, l’une des pièces les plus photographiées de l’après-midi : un taureau géant aux cornes gainées de vert fluo et au mufle constellé de perles, monté sur roues et poussé au milieu des danseurs. Un travail d’atelier qui rappelle que, derrière chaque groupe, il y a des mois de bricolage, de couture et de peinture.

Sur les chars, les meneurs haranguent la foule, bras en croix, et arrosent le public de confettis. Le soleil, lui, tape franc : les costumes brillent, les couleurs saturent, et les photos prennent des airs de carnaval brésilien transposé en Ardenne.

Fleurs, lotus et structures gonflables : le cortège change de décor

Le carnaval de Houffalize a ceci de particulier qu’il change complètement d’univers tous les cinq minutes. Après les colonnes fluo, place à un ensemble entièrement fleuri : d’immenses fleurs de lotus en mousse rose, bleue et orange portées comme des coiffes, assorties de tuniques fuchsia et de voiles vert anis. Un tableau très graphique, particulièrement spectaculaire quand le groupe s’étire sur toute la descente.

Vient ensuite un groupe d’un tout autre genre, en tenue kaki, qui promène de longues structures gonflables bleues, vertes et orange au-dessus des têtes. Les enfants, juchés sur les épaules des parents, tendent les mains pour les toucher au passage. C’est l’un des moments où l’on mesure le mieux la densité du public : impossible d’avancer d’un mètre sur les trottoirs.

Bicornes, hauts-de-forme et cuivres : les sociétés et les fanfares

Entre deux groupes de danse, ce sont les sociétés carnavalesques traditionnelles qui reprennent la main. Bicornes à plumes, capes de velours, médailles en pagaille : elles apportent au cortège son épaisseur folklorique. Certaines défilent derrière leur char-bar, d’autres autour d’un décor thématique — comme ce char en forme de devanture de bistrot baptisé « Karine 1re », d’où le groupe saluait le public à bout de bras.

Les fanfares, elles, donnent le tempo. Hauts-de-forme violets et vestes à paillettes pour l’une, uniformes jaunes pour une autre, chemises blanches et pantalons immaculés pour la Royale Harmonie Émulation de Stavelot (fondée en 1874) : les cuivres se relaient tout l’après-midi, et c’est encore eux qui reprendront la main après le cortège, pour le fameux rondo.

La marée rouge, jaune et bleue : le moment le plus spectaculaire du cortège

S’il fallait retenir une séquence, ce serait celle-là. En milieu de cortège, un immense groupe en costume de bouffon rouge, jaune et bleu — bonnet à grelots, collerette et sonnailles — a littéralement rempli la rue sur plus de cent mètres. Devant lui, un dragon de ballons bleus et jaunes, porté à bout de bras par une dizaine de personnes, ondulait au-dessus de la chaussée.

Derrière, une mascotte gonflable géante à l’effigie du bouffon flottait au-dessus des toits, tenue par des cordes, offrant l’une des images les plus reconnaissables de l’édition 2026. Vue depuis le bas de la rue, la scène était impressionnante : une mer de costumes en mouvement, encadrée par deux murs de spectateurs.

Dans ces moments-là, la moyenne d’âge du cortège chute d’un coup : beaucoup de jeunes, beaucoup de familles entières costumées à l’identique, des parents qui défilent avec leurs enfants dans la même tenue. C’est l’une des forces de Houffalize : le carnaval s’y transmet.

Un bestiaire complet : oiseaux, bisons, poules, renards, loup et ours polaire

Autre marque de fabrique du Carnaval du Soleil : son goût pour les animaux. Cette année encore, le cortège s’est transformé en bestiaire grandeur nature. Les Aliés’Nés de La Roche ont ouvert le bal avec leurs immenses perroquets de papier et de plumes — rose, bleu, vert, orange — portés comme des costumes-sculptures.

Sont venus ensuite les coiffes de plumes turquoise et orange d’un grand groupe en tenue fluo, puis le char des Bisons et son bison monumental, suivi d’un ensemble entièrement vêtu de plumes brunes — une troupe de « poules » emmenée par un tracteur Ford et son poulailler roulant, avec coqs à crête rouge et renards en fourrure orange en embuscade.

Plus loin encore, un loup géant saluait la foule depuis le toit d’un char-cabane habillé de rondins et de lierre, tandis qu’un ours polaire de plusieurs mètres se dressait au milieu d’un groupe tout de rose et de noir vêtu. Autant de constructions qui font la différence entre un cortège de village et un grand cortège régional.

De Bastogne à La Roche, du Grand-Duché à la Flandre

Le Carnaval du Soleil n’est pas qu’une affaire houffaloise. Le cortège 2026 a réuni des sociétés de toute la région et bien au-delà. On y a croisé Les Amluz de Bastogne et leur bannière jaune et noire, les Aliés’Nés de La Roche-en-Ardenne, l’Amicale des Princes Carnaval et ses capes vertes — véhicule immatriculé au Grand-Duché à l’appui — ou encore la Royale Harmonie Émulation de Stavelot, venue de la province de Liège.

Plus inattendu : la présence de groupes flamands, à l’image des Miere van Zwalm (Flandre orientale) et de leurs chapeaux hauts-de-forme géants bleus et jaunes, dossard de participation sur la poitrine. Une preuve, s’il en fallait, que le rendez-vous estival de Houffalize a désormais une notoriété qui dépasse largement les frontières de la province.

Pour retrouver l’ensemble des rendez-vous carnavalesques de la région, notre tous les carnavals de la province de Luxembourg recense les cortèges de Florenville à Martelange, en passant par Habay, Hotton ou Bastogne.

Or, masques et baroque : le clin d’œil au Roi-Soleil

Le carnaval s’appelle « du Soleil » : encore fallait-il l’illustrer. C’est le rôle qu’a tenu un somptueux ensemble en costumes baroques — habits bordeaux brodés d’or, robes bleu nuit, jabots de dentelle, éventails — accompagné d’un char blanc et doré baptisé « Golden », couronné de ballons en forme de couronnes.

Plusieurs de ses membres portaient un masque-soleil doré à rayons, référence directe au symbole de la fête. Sous la lumière de fin d’après-midi, l’effet était saisissant — et le contraste avec les groupes fluo qui précédaient d’autant plus marqué.

Dans le même registre « spectacle », un groupe steampunk en bleu pétrole, hauts-de-forme à engrenages et lunettes à verres ronds, promenait un char-machine bardé de cuivres et de tuyaux, tandis qu’un autre ensemble, entièrement pailleté de rouge et de vert, faisait tourner ses capes au son des percussions.

Poissons multicolores et char du Soleil : le final en photos

La dernière partie du cortège a offert l’un de ses plus beaux tableaux : un très grand groupe en costumes turquoise, casqués de masques de poissons et d’oiseaux multicolores, accompagné d’un poisson géant rose et violet monté sur char. Un festival de couleurs qui a fait lever les téléphones sur tout le parcours.

Puis est arrivé ce que tout le monde attendait : le char du Soleil, immense flamme dorée en découpe, sur lequel se tenait le prince du carnaval, bicorne à plumes rouge et vert, veste de velours et gilet bordeaux. Autour de lui, sa suite en capes sombres et bérets remontait la rue en saluant chaque groupe de spectateurs, avant le retour vers le chapiteau.

Il était alors près de 17h. En deux heures et demie, le cortège avait tenu toutes ses promesses : plus de trente groupes, une dizaine de chars, des fanfares en pagaille et une ville qui n’a pas désempli.

Dans le public : des familles de toute la province de Luxembourg

Si le cortège fait le spectacle, le public fait l’ambiance. Et de ce point de vue, l’édition 2026 a été particulièrement réussie. Les rues étaient pleines sur l’intégralité du parcours, avec une majorité de familles : poussettes calées contre les façades, enfants maquillés, grands-parents installés sur les chaises pliantes, groupes d’amis en terrasse.

Beaucoup venaient de la province de Luxembourg — Bastogne, La Roche, Vielsalm, Marche-en-Famenne, Saint-Hubert — mais le carnaval attire aussi largement les touristes en vacances dans la vallée de l’Ourthe, très fréquentée en août, ainsi que les visiteurs venus du Grand-Duché de Luxembourg, à moins d’une heure de route. Une aubaine pour les commerces et l’Horeca du centre, qui affichaient complet.

Autre spécificité houffaloise : une bonne partie du public joue le jeu du déguisement. Perruques colorées, chapeaux, lunettes fantaisie, maquillages : la frontière entre spectateurs et carnavaliers s’efface au fil de l’après-midi, surtout entre les groupes, quand les danseurs viennent chercher le public sur les trottoirs.

Après le cortège : rondo des fanfares et bal du Carnaval

La fête ne s’arrête pas au dernier char. À 17h30, comme le veut la tradition, le rondo des fanfares a rassemblé les sociétés musicales sous le chapiteau et sur la place Janvier 45 : tous les cuivres réunis, les carnavaliers mêlés au public, et un final commun qui vaut à lui seul le déplacement.

La soirée s’est prolongée avec le Bal du Carnaval, dernier acte de trois jours de fête entamés le vendredi soir. Pour préparer la prochaine édition, tout est réuni dans notre guide complet du Carnaval du Soleil, mis à jour chaque année.

La galerie complète du Carnaval du Soleil 2026 en photos

Les 537 photos de ce reportage sont réparties dans les galeries ci-dessus, dans l’ordre du cortège : de l’avant-départ au char du Soleil. Cliquez sur n’importe quelle photo pour l’ouvrir en plein écran et faire défiler la galerie. Vous vous reconnaissez, ou vous reconnaissez votre groupe ? N’hésitez pas à partager la page.

Retrouvez également nos reportages des éditions précédentes et tout le programme dans le guide complet du Carnaval du Soleil, ainsi que tous les carnavals de la province de Luxembourg.

Questions fréquentes

Quand a eu lieu le Carnaval du Soleil 2026 de Houffalize ?

La 24e édition du Carnaval du Soleil s’est déroulée du vendredi 31 juillet au dimanche 2 août 2026 à Houffalize. Le XXIVe Grand Cortège, temps fort de la fête, s’est élancé le dimanche 2 août à 15h dans les rues du centre-ville.

Combien de groupes ont défilé au cortège 2026 ?

Plus de trente groupes, chars et fanfares se sont succédé pendant près de deux heures et demie, entre 15h et 17h : groupes de danse, sociétés carnavalesques, harmonies, chars monumentaux et le char du Soleil qui fermait la marche.

Pourquoi le carnaval de Houffalize a-t-il lieu en été ?

C’est sa signature. À rebours des carnavals wallons d’hiver, Houffalize a choisi le plein été pour sortir ses chars, ce qui lui vaut son nom de « Carnaval du Soleil ». Cette date permet des costumes légers, des danses exotiques et une ambiance de fête estivale, unique en Wallonie.

Combien coûtait l’entrée du Grand Cortège ?

L’entrée du cortège du dimanche était fixée à 5 €, dont 50 cents reversés à l’association « Poisson Rouge ». Le carnaval est organisé par le Comité Carnaval-Animations Houffalize ASBL.

Qui a réalisé les photos de ce reportage ?

Les 537 photos de ce reportage sont signées Vincent Gallez pour info-lux.com. Elles sont toutes visibles dans les galeries de l’article et peuvent être agrandies d’un simple clic.

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