C’est un été pour boucler des cycles : fermez les onglets restés ouverts

C’est un été pour boucler des cycles : fermez les onglets restés ouverts

🗓️ Mis à jour le 20 août 2026

Chronique — Développement personnel. Un texte de Caroline Russo, à lire tel quel : le dernier volet de sa série estivale.

C’est un été pour boucler.
Des cycles. Dans la paix.

J’ai un ami qui m’impressionne toujours. Il travaille avec 2 grands écrans, et sur chaque écran, il a facilement 50 onglets ouverts. Je me demande comment il peut se souvenir de quel onglet est ouvert, et où. Apparemment c’est une géolocalisation par centimètre : il sait qu’à 20 cm sur l’écran gauche, il a tel logiciel ouvert.

J’ai beau lui dire que chaque onglet ouvert consomme en permanence des ressources ordi et de l’énergie, il a BESOIN de garder le tout ouvert. On dirait que cela le rassure de savoir qu’il a ‘tout sous la main’.

Dans notre vie, on fait souvent pareil. On garde un tas de ‘dossiers ouverts’, pour le cas où. Ou parce qu’on trouve plus simple de les laisser là. Ou parce que les fermer nous coûterait. Mais est-ce bien vrai ?

Ecran d'ordinateur sature de dizaines d'onglets ouverts
Illustration générée par IA

Tous ces trucs qu’on garde

Comme ces vêtements ou ces objets qui pourraient servir ‘ôkazou’, l’être humain a tendance à garder en tête ou dans un coin de sa mémoire des choses qui ne sont plus d’actualité mais qui restent ‘ouvertes’. Résultat : à l’instar des ordinateurs, notre charge mentale tourne en arrière-plan, pompe l’énergie disponible et ralentit notre temps de réaction pour des choses du présent.

Sans compter que ces trucs qu’on garde ouverts sont souvent des espaces qui emprisonnent un petit peu – ou beaucoup – de nous.

Et puis il y a l’effet Zeigarnik : notre cerveau garderait en mémoire prioritaire toutes les tâches et situations non terminées. Une partie de notre processeur intérieur reste mobilisée par l’onglet ouvert. Résultat : baisse de concentration, mémoire moins compétitive, décrochage de l’instant présent.

Quand on bat le pavé de notre chère Terre depuis quelques décennies, ça en fait un paquet de fuites énergétiques de toutes sortes !

Le coût invisible

Il y a des trucs qu’on trimballe, parfois sans s’en rendre compte.

D’année en année.
De relation en relation.
De projet en projet.
D’habitude en habitude.
Et même de routine en routine.

Qu’ils soient lourds ou légers, cela nous coûte.

On peut se refuser à clore proprement une relation amicale, familiale, amoureuse. Rancoeur, trahison, déception du passé : on n’a pas conscience qu’elles constituent autant de filtres que l’on projette sur nos relations actuelles. On réagit à des fantômes, on a moins d’ouverture et de disponibilité de cœur pour les vraies connexions du moment.

Quand on continue intérieurement à vivre dans un chapitre censé être clos, le corps porte le poids de la tension inévitable qui s’installe en nous.

Et il y a ces pollutions dont on se passerait bien. Chaque décision repoussée, chaque ajournement, chaque cycle laissé en suspens par peur, évitement ou indécision envoie un message à soi-même ‘Je ne suis pas capable de…’. Ou ‘Je subis ma vie’. Ou encore, par exemple : ‘Je n’y arriverai pas, je n’ai jamais réussi à…’.

Vous le savez bien : quand la maison, l’agenda ou l’esprit sont encombrés, rien de neuf ne peut y entrer. Ça manque de place. Or, la créativité, comme le renouveau, ont besoin de place pour émerger.

Femme triant des archives et des cartons conserves depuis des annees
Illustration générée par IA

Quels cycles ?

  • une conversation qu’on reporte depuis des mois
  • un pardon que l’on refuse ou qu’on attend
  • un projet réputé abandonné mais qu’on caresse encore secrètement
  • une formation qu’on fera un jour, sauf qu’elle n’a plus de sens pour nous
  • des objets qu’on garde sans les aimer
  • une promesse qu’on s’est faite et qu’on ne questionne plus
  • un rêve qui a changé, mais auquel on n’ose pas renoncer
  • une culpabilité qu’on continue d’entretenir
  • les relations évaporées mais qu’on continue à entretenir juste pour soi
  • les espoirs déçus, les attentes refoulées, les ambitions délaissées… qui continuent à vivre en nous
  • les sacrifices qu’on s’est imposés et qu’on continue à vivre mal
  • les regrets jamais vraiment apaisés

Je déteste refermer une porte avant l’heure. Vraiment. Quand j’ai l’impression que tout n’a pas été dit, que tout n’a pas été tenté. Quand j’ai l’illusion qu’il reste encore quelque chose qui peut être sauvé.

Ce faisant, il m’a souvent été difficile de trouver le ‘bon moment’. Pour lâcher prise, entériner, me dire que c’est comme cela et que c’est bien, pour tout le monde. Pourtant c’est essentiel, pour gagner en sérénité, en énergie, en apaisement, en douceur de vivre, tout simplement.

Dimanche, je regardais les arbres autour de moi. Leurs feuilles ne sont pas encore occupées à jaunir ni à tomber. Mais on sent que la transition s’amorce imperceptiblement. Et on sait que la nature prépare un renouveau. Les fleurs qui perdent leurs couleurs reviendront, éclatantes, au printemps ou à l’été prochain. Dans notre vie, c’est pareil.

L’été est en train de nous apprendre quelque chose. Un cycle se termine gentiment.

Grand arbre en fin d'ete dans la lumiere dorée, avant le changement de saison
Photo : Christopher Vega / Unsplash

Clore des cycles avec intention

Comme quand on clique sur ‘Fermer’ pour un onglet. On a décidé qu’il n’était plus utile de le garder ouvert. On libère de la place.

Main fermant sur un smartphone un onglet intitule « Regrets »
Illustration générée par IA

Clore un cycle avec intention, ce n’est pas simplement tourner la page, par lassitude ou dépit. C’est au contraire poser un acte de souveraineté, sans laisser de fils invisibles qui nous gardent dans des situations, des états d’âme qui nous plombent.

On ne clôture pas ‘parce que c’était mauvais’, mais simplement parce que c’est terminé. On choisit sciemment de reconnaître que ce qui devait être vécu, appris, donné ou reçu est accompli.

On peut donc fermer un cycle avec gratitude. Dans la paix. Avec quelques regrets peut-être. Mais sans rester accroché à une saison qui a déjà donné ce qu’elle avait à offrir.

On peut accueillir ce qui a été, sans chercher à réécrire l’histoire. Si on en est capable, on peut remercier pour les enseignements, douloureux parfois, qui s’en sont suivis.

Et, dans ce processus, on peut choisir de s’avancer vers plus de lumière, de beauté, de sérénité. De légèreté.

Femme refermant un coffre marque « cycles completed » au bord d'une piscine
Illustration générée par IA

Il y avait un avant. Il y aura un après

Les rituels de passage existent dans toutes les cultures et dans toutes les traditions. Ils ont leur importance, ils disent ‘Ceci n’est plus. Bonjour la suite’.

Clore un cycle n’est pas effacer ce qui a été. C’est cesser de lui permettre d’écrire la suite de notre histoire.

Dans nos rythmes de vie trépidants, on enchaîne à toute vitesse. Pourtant notre coeur et notre cerveau ont besoin d’actes symboliques pour valider un changement d’étape important.

Je vous invite à matérialiser la fermeture de ces cycles personnels que vous avez peut-être identifiés maintenant. Quelques idées : une lettre écrite puis brûlée, un espace physique libéré, des cartons de reliques donnés ou jetés, un journal de libération que vous commencez, une bougie que vous laissez se consumer : lorsqu’elle s’éteindra, la flamme aura emporté ce dont vous choisissez de vous délester. Selon ce que votre coeur vous dira.

Entre la fin d’un cycle et le début du suivant, il y a parfois un vide, un temps mort, un espace de transition qui peut être inconfortable. Je vous propose de l’apprivoiser, comme un terreau qui prépare ce qui vient.

A l’heure où j’écris ces lignes, août s’avance.
Alors que chacun s’apprête, à sa manière, à entrer dans un nouveau rythme, je vous souhaite d’emporter avec vous un peu plus de légèreté, de clarté et de paix.

C’est cette intention qui m’a portée dans la rédaction de cette série estivale.

Je vous souhaite une magnifique rentrée.

CaroLyne

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