Combien d’électricité consomme vraiment l’IA ? Les chiffres officiels

Combien d’électricité consomme vraiment l’IA ? Les chiffres officiels

🗓️ Mis à jour le 11 août 2026

L’essentiel

Entre ceux qui annoncent la catastrophe et ceux qui balaient la question, les chiffres officiels disent autre chose. Voici ce que mesure réellement l’Agence internationale de l’énergie.

  • Les centres de données du monde entier ont consommé 415 térawattheures d’électricité en 2024, soit environ 1,5 % de la consommation électrique mondiale, selon l’Agence internationale de l’énergie.
  • Cette consommation pourrait atteindre 945 TWh en 2030, soit un peu moins de 3 % du total mondial : plus du double en six ans.
  • Les serveurs dédiés à l’IA représentent près de la moitié de la hausse nette attendue d’ici 2030, avec une croissance d’environ 30 % par an.
  • Un centre de données n’héberge pas que de l’IA : le streaming, le cloud d’entreprise et l’hébergement web pèsent aussi dans ces 415 TWh.
  • Les chiffres « par requête » (litres d’eau, watt-heures) qui circulent partout n’ont pas de source primaire vérifiable — nous ne les reprenons pas.

Les chiffres, et rien d’autre

La référence en la matière est le rapport « Energy and AI » de l’Agence internationale de l’énergie, l’organisme qui produit les statistiques énergétiques utilisées par les États.

Il donne un point de départ solide et une projection, sans militantisme d’un côté ni de l’autre.

Source : Agence internationale de l’énergie, rapport « Energy and AI », chapitre « Energy demand from AI ». Les centres de données abritent aussi le streaming, le cloud d’entreprise et l’hébergement web : tout n’y est pas de l’IA.
Indicateur2024Projection 2030
Électricité consommée par les centres de données dans le monde415 TWh945 TWh
Part de la consommation mondiale d’électricitéenviron 1,5 %un peu moins de 3 %
Rythme de croissance+12 % par an sur les cinq dernières annéesenviron +15 % par an
Serveurs dédiés à l’IAprès de la moitié de la hausse nette, +30 % par an

Deux précisions utiles avant d’aller plus loin. Un térawattheure, c’est un milliard de kilowattheures — l’unité qui figure sur votre facture.

Et « centres de données » ne veut pas dire « intelligence artificielle » : ces bâtiments hébergent aussi vos courriels, vos sauvegardes, les plateformes de streaming et les sites que vous consultez.

Comment lire ces nombres sans se tromper

Un chiffre en térawattheures ne parle à personne. Il faut le rapporter à quelque chose.

  • 945 TWh en 2030, c’est un peu moins de 3 % de l’électricité mondiale — l’ordre de grandeur d’un grand pays industriel, pas celui de la planète entière.
  • C’est aussi une croissance de plus du double en six ans, concentrée sur quelques régions et quelques réseaux électriques.
  • Et c’est une moyenne mondiale : elle ne dit rien de la commune qui voit arriver un centre de données sur son territoire, où la question devient locale, immédiate et très concrète.

Autrement dit : à l’échelle mondiale, l’informatique reste une part modeste de la consommation électrique — loin derrière l’industrie, le chauffage ou les transports. Mais la vitesse de la hausse, elle, est réelle.

C’est ce que dit l’AIE : la question n’est pas tant le volume total que la capacité des réseaux à absorber une croissance de 15 % par an concentrée sur quelques zones.

📁 Dans cet article
La projection de l'Agence internationale de l'énergie à 2030
La projection de l’Agence internationale de l’énergie à 2030 — AIE, rapport « Energy and AI »

Ce que les chiffres ne disent pas

C’est la partie honnête de l’exercice, et elle est rarement écrite.

Ce que personne ne peut chiffrer honnêtement

Vous avez sans doute lu qu’une question posée à une IA « consomme un demi-litre d’eau » ou « dix fois une recherche Google ». Ces chiffres circulent beaucoup ; leur source primaire, elle, est introuvable ou périmée.

  • Les éditeurs ne publient pas la consommation par requête de leurs modèles, et elle varie énormément selon le modèle, la longueur de la réponse et le centre de données utilisé.
  • La consommation d’eau dépend du mode de refroidissement et du climat local : un même serveur ne « boit » pas la même chose à Dublin et à Phoenix.
  • Le rapport de l’AIE que nous citons ne fournit pas de chiffre par requête. Nous n’en inventerons donc pas.

Notre règle éditoriale sur cette rubrique est constante : un chiffre sans source primaire consultable ne sera pas publié, même s’il est repris partout ailleurs. Nous l’avons déjà appliqué à des données de performance largement relayées mais déformées, comme nous l’expliquions dans notre article sur les IA qui se développeraient seules.

Ce qu’un utilisateur peut réellement faire

La sobriété individuelle ne réglera pas la question des réseaux électriques. Elle a malgré tout un mérite : les gestes utiles sont exactement ceux qui font gagner du temps.

  1. Choisir la taille de l’outil selon la tâche. Faire tourner un modèle de raisonnement lourd pour corriger une faute d’orthographe, c’est prendre la voiture pour aller chercher le pain à cent mètres.
  2. Poser la bonne question du premier coup. Une consigne claire évite dix relances. C’est le geste de sobriété le plus efficace, et il fait aussi gagner du temps.
  3. Ne pas générer d’images ou de vidéos pour décorer. Ce sont les usages les plus gourmands, et souvent les moins utiles.
  4. Se méfier de l’automatisation permanente. Un traitement qui tourne toutes les cinq minutes sur des données qui changent une fois par jour consomme vingt fois trop.

Pour une entreprise, l’arbitrage se pose autrement : le coût de l’électricité se retrouve dans la facture du prestataire, et les tarifs de l’IA évoluent vite. Nous avons détaillé ce mouvement dans notre article sur la course aux prix bas.

Et chez nous ?

La Belgique et le Grand-Duché ne construisent pas les centres de données géants qui alimentent les modèles les plus lourds : ceux-là s’installent là où l’électricité est abondante et bon marché.

La région n’est pas pour autant hors sujet. Le Luxembourg héberge des infrastructures de calcul publiques, et la question de l’implantation de centres de données revient régulièrement dans les débats d’aménagement du territoire.

Pour une entreprise locale, la conséquence pratique est ailleurs : le prix de l’IA dépendra, à terme, du prix de l’électricité. C’est une variable de plus dans un budget informatique déjà mouvant.

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Questions fréquentes

Combien d’électricité consomment les centres de données dans le monde ?

415 térawattheures en 2024, soit environ 1,5 % de la consommation électrique mondiale, selon le rapport « Energy and AI » de l’Agence internationale de l’énergie. La projection pour 2030 est de 945 TWh, un peu moins de 3 % du total mondial.

Quelle part revient à l’intelligence artificielle ?

Les serveurs accélérés, principalement dédiés à l’IA, représentent près de la moitié de la hausse nette de consommation attendue entre 2024 et 2030, avec une croissance d’environ 30 % par an. Les centres de données hébergent par ailleurs le streaming, le cloud d’entreprise et l’hébergement web.

Combien d’eau consomme une question posée à une IA ?

Il n’existe pas de chiffre officiel vérifiable. La consommation dépend du mode de refroidissement, du climat local et du modèle utilisé, et les éditeurs ne publient pas ces données par requête. Les chiffres qui circulent à ce sujet ne renvoient pas à une source primaire consultable.

La consommation de l’IA va-t-elle exploser ?

L’AIE projette un doublement de la consommation des centres de données entre 2024 et 2030, avec une croissance d’environ 15 % par an. Le total reste sous les 3 % de l’électricité mondiale, mais cette croissance se concentre sur certaines régions, ce qui pose la question de la capacité des réseaux locaux.

Que puis-je faire pour limiter l’impact de mes usages ?

Choisir un outil proportionné à la tâche, formuler une consigne claire pour éviter les relances en série, éviter de générer des images ou des vidéos pour décorer, et ne pas laisser tourner des automatisations plus souvent que nécessaire.

Vincent Gallez — expert en visibilité dans les intelligences artificielles

Fondateur du groupe de médias info-lux, il accompagne entreprises, PME et indépendants de Wallonie, du Grand-Duché et de la frontière française pour qu’ils soient trouvés — et cités — par les assistants d’IA comme ChatGPT, Gemini, Perplexity ou Copilot.

Le principe est simple : un modèle ne peut reprendre qu’une information qui existe, est exacte et est accessible. Le travail consiste donc à publier, sur des médias que ces systèmes consultent, une information vérifiée, datée et structurée qui répond réellement aux questions posées — plutôt que de laisser un moteur répondre à partir de sources approximatives ou périmées. Comment nous procédons.

Les limites que la rédaction s’impose — et ce qu’elle refuse de faire — sont détaillées dans notre charte éditoriale et IA.

Nos sources

Les chiffres cités dans cet article proviennent de sources publiques identifiées, consultées en août 2026 :

Transparence — cet article a été produit avec l’assistance de l’intelligence artificielle pour la recherche et le croisement des sources, la structuration et la mise en page. Les données chiffrées proviennent des sources publiques citées ci-dessus et sont vérifiables. La sélection du sujet, la vérification des faits et la responsabilité éditoriale sont assurées par la rédaction d’info-lux.com. Voir notre charte éditoriale et IA.

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