- Qui : Maxime Lemoine, qui crée sous le nom « Hé tour, dis-moi », enseignant en sciences de formation et guide nature.
- Sa pratique : il associe bois tourné, métal, résine et insectes ; certaines pièces utilisent la lévitation.
- Où le voir : au Salon Découvertes de la Galerie Liehrmann, boulevard Piercot 4, à Liège, jusqu’au 14 novembre 2026 (du mercredi au samedi, de 13 h à 18 h 30).
- Ensuite : le Salon International des Métiers d’Art à Liévin (France), du 20 au 22 novembre 2026, où il annonce représenter la Province de Liège ; ses œuvres sont aussi exposées en permanence à La Spirale, à Natoye (Hamois).
- Texte et photos : Vincent Salmon, photographe et journaliste à Liège, pour info-lux.com.
🗓️ Mis à jour le

Sous le nom « Hé tour, dis-moi », Maxime Lemoine associe bois, métal, résine et insectes dans des créations qui invitent à ralentir le regard. Présent au Salon Découvertes de la Galerie Liehrmann, à Liège, jusqu’au 14 novembre 2026, enseignant en sciences de formation il poursuit à travers ses œuvres l’envie de faire découvrir la vie qui nous entoure et les relations que nous ne prenons plus le temps d’observer.
Info pratiques
« Hé tour, dis-moi » : https://www.facebook.com/hetourdismoi
Salon Découvertes — Galerie Liehrmann
Jusqu’au 14 novembre 2026.
Boulevard Piercot 4, 4000 Liège.
Horaires habituels : du mercredi au samedi, de 13 h à 18 h 30.
Salon International des Métiers d’Art.
Du 20 au 22 novembre 2026, de 10 h à 19 h.
Arena Stade Couvert, chemin des Manufactures, Liévin, France.
Maxime annonce avoir été sélectionné pour y représenter la Province de Liège aux côtés de trois autres artistes.
Le Centre des Métiers d’Art « La Spirale »
Dans leur exposition permanente.
Chaussée de Namur, 22 – 5360 Natoye (Hamois) – Belgique
Artam concept – Liège
Pour des évènements ponctuels.


Un morceau de bois fissuré, un insecte aux couleurs surprenantes, une forme qui semble flotter : chez Maxime Lemoine, chaque élément participe à une histoire. Celle d’un arbre, d’un être vivant, d’une rencontre entre des matières. Pour la comprendre, il faut s’approcher, changer d’angle et pour en percer les secrets.
J’ai vraiment envie, de lier art, science et culture dans ce que je propose, tenter de faire vivre une expérience de contemplation et si possible nourrir une curiosité constructive au travers de chaque pièce
Cette invitation à regarder traverse son parcours. Avant de prendre forme dans des sculptures, elle s’adressait notamment aux enseignants et aux élèves.


Des sciences à la découverte du vivant
Maxime commence sa carrière professionnelle dans l’aquaponie et l’hydroponie. Il y étudie notamment d’autres insectes et des parasites qui nourrissent sa curiosité pour les interactions entre les êtres vivants.
Il rejoint ensuite une ASBL comme chargé de mission en pédagogie et environnement. Son quotidien se partage entre formations pour enseignants et développement d’outils destinés à faciliter l’école du dehors.
Avec un projet baptisé « la mallette scientifique », il cherche à rendre l’environnement proche des établissements scolaires plus accessible. L’idée associe outils pédagogiques, découverte de la biodiversité et partenariats avec les communes et les acteurs locaux. Des sentiers favorables au vivant doivent pouvoir devenir à la fois des supports d’apprentissage et des chemins permettant aux enfants de rejoindre leur école à pied dans de meilleures conditions.

Il s’agit déjà de faire redécouvrir cette biodiversité ordinaire : celle que l’on croise chaque jour, parfois sans plus la remarquer.
À sa formation d’enseignant en sciences s’ajoutent trois années de formation de guide nature. Mais l’apprentissage se poursuit aussi seul, un livre à la main, au fil des promenades. Les insectes, les arbres et leurs histoires parfois communes deviennent des sujets d’observation dont il ne se lasse pas.
Une boîte à insectes qui change le regard

Au début de ses études supérieures, un travail autour d’une boîte à insectes marque une étape importante. Maxime s’interroge sur le sens de ces collections réalisées pour un examen, puis parfois délaisées. Il choisit de construire son projet avec des insectes trouvés morts.
L’exercice l’amène surtout à affiner son regard. Reconnaître des formes, distinguer des espèces et percevoir leur diversité ouvre progressivement un autre monde.
Les questions se multiplient : pourquoi cet insecte se trouve-t-il ici ? Quel rôle joue-t-il ? Avec quels arbres, quelles plantes ou quels autres organismes interagit-il ? Même le mot « nuisible » devient matière à réflexion, tant il dépend du point de vue adopté.
De ces observations naît une envie de relier les connaissances et de raconter ce qui unit les êtres vivants. Le bois et les insectes, déjà présents dans son quotidien, finissent par se rejoindre dans ses créations.
Il travaille souvent avec les charançons qui portent une histoire singulière dans nos cultures (destruction des stocks de denrées alimentaires, de cultures dans les champs, rôle méconnu de pollinisation, de nombreuses chansons et histoire s’en rapportent)


Un bois qui porte déjà une histoire
Le choix du bois occupe une place importante dans son travail. Une fissure, une branche cassée, une racine entremêlée ou une zone altérée peuvent retenir son attention.

Je cherche toujours un bois qui a quelque chose à raconter, qui a une histoire.
La découverte ne se fait pas toujours au premier regard. Un morceau apparemment intact peut révéler, au moment du travail, les traces d’un accident ancien ou d’une transformation intérieure. Maxime cherche alors à comprendre ce qu’il s’est passé.
Ce qui complique le travail devient parfois le point de départ de la pièce.
Il ne décide pas nécessairement tout de suite de la forme à lui donner. Certains bois attendent, le temps qu’une idée se précise. Puis vient le choix d’un insecte, en fonction des couleurs, des formes et de l’histoire qu’il souhaite construire.
Une fois cette intention définie, le travail devient plus dirigé. Il sait ce qu’il cherche à raconter et compose jusqu’à retrouver celle-ci dans la matière.
Bois, métal, résine : donner une place à l’insecte

Le tournage ne constitue qu’une partie de sa pratique, à laquelle s’ajoutent la ferronnerie, l’entomologie et la sculpture de résine, ainsi que dans certaines pièces, l’utilisation de dispositifs électroniques.
Le métal permet de construire des structures solides qui rappelle parfois l’anatomie des insectes et parfois d’autres formes plus abstraites. La résine ouvre des possibilités de transparence, de profondeur et de jeux de lumière. L’ensemble peut évoquer un habitat ou un véhicule imaginaire, comme si l’insecte avait fabriqué son propre moyen de vivre et de se déplacer.
Dans les créations qui lui sont consacrées, l’insecte détermine le sens de la pièce.
Dans les œuvres que je propose, chaque élément contribue à l’ensemble, en interdépendance, en enlever un, c’est la dénuer de sens.
Maxime souhaite également préciser leur provenance. Il affirme travailler avec des insectes issus de filières contrôlées, sans capture dans la nature ni mise à mort pour ses créations.


« Hé tour, dis-moi » : l’étonnement comme point de départ
Lorsqu’il parle de son nom d’artiste, Maxime évoque le caractère « étourdissant » de certaines découvertes. Face à ses œuvres, des visiteurs lui demandent parfois si les insectes sont peints ou s’ils existent réellement.
Cette surprise l’intéresse. Elle révèle la distance qui peut nous séparer d’un être vivant pourtant proche.
Il cite notamment la courtilière, dont l’allure lui rappelle à la fois le grillon et la taupe. Cette découverte l’a profondément marqué : comment des formes aussi singulières peuvent-elles rester si peu connues du grand public ?

Ses créations cherchent à induire cette curiosité. Le spectateur est invité à observer une anatomie, à suivre les veines du bois ou à se demander pourquoi un insecte occupe cet emplacement. Et si Charlie était devenu un insecte dissimulé ?
La lumière participe à cette découverte. Selon le point de vue, la résine peut modifier la perception d’un détail, accentuer une couleur ou donner une impression de mouvement. Contempler l’oeuvre devient une expérience qui évolue avec le déplacement du visiteur.


Quand la lévitation fait partie du récit

Certaines pièces semblent échapper à la pesanteur. Cette dimension trouve ses racines dans une curiosité ancienne pour la physique et l’électronique, entretenue dès l’enfance.
Pour Maxime, la lévitation intervient dès la conception d’une œuvre lorsqu’elle sert son propos.
Je veux construire quelque chose qui possède une vraie logique, qui donne un sens au fait que ça vole.
L’insecte installé dans sa soucoupe volante, le spectateur immobile et c’est l’œuvre elle-même qui change de point de vue. Dans cette vision troublante, l’insecte semble se mouvoir et reprendre vie. Devant cet être dont les formes nous semblent étrangères, qui regarde qui ? Lequel paraît venir d’un autre monde ?
La technique prolonge ici une interrogation sur notre manière de percevoir le vivant.


Une boîte qui garde son secret
Toutes ses créations ne contiennent pas d’insecte. Une boîte inspirée des bivalves, présentée à la Galerie Liehrmann, explore autrement notre rapport à la nature et à ce qu’on a de plus précieux. Mythe et légende ont façonné le regard que nous portons sur ce coquillage et son supposé précieux contenu.
Réalisée dans un bois de thuya ondé aux reflets roses. Une clé permet d’en révéler l’intérieur.

Maxime joue avec l’attente, la curiosité et les histoires que nous projetons sur les êtres vivants. La pièce attire aussi l’attention sur la richesse d’un bois que l’on associe souvent aux haies, sans imaginer ce qu’il peut révéler une fois travaillé.
La découverte se situe autant dans la matière que dans le geste d’ouverture.


De l’atelier aux rencontres en galerie
Une exposition à la Design Station, avec la Province de Liège, lui permet d’élargir ses contacts. D’autres étapes suivent, notamment au Val Saint-Lambert, puis avec Bernadette Triki et Artam Concept pour l’exposition « En piste » au prestigieux musée de la Boverie. Il rencontre ensuite Dany Liehrmann, qui l’accueille au Salon Découvertes.
Cette première exposition dans une galerie indépendante lui ouvre un environnement nouveau. Il découvre d’autres regards, échange avec des artistes et profite de ces échanges enrichissants avec le public, les autres artistes et la galeriste Danny Lierhmann.
Le projet d’une œuvre de plus de deux mètres

Parmi les créations qu’il rêve de réaliser, un morceau de bois tient une place particulière. Une couronne de moto s’est retrouvée prise dans la croissance de l’arbre, laissant dans la matière la trace d’un déchet humain.
Maxime voudrait en faire une pièce d’environ 2,20 mètres de haut. Il imagine y raconter plusieurs formes de vie, depuis les racines jusqu’aux parties supérieures, et montrer les interactions entre le bois, les insectes, l’eau et cet objet abandonné.
Le projet lui permettrait de développer une histoire plus ample, avec davantage d’éléments réunis dans une seule œuvre, c’est aussi l’occasion de proposer une collaboration à un autre artiste, Loic Demoulin, qui réalise ici des éléments en cuivre. Maxime recherche des lieux intéressés par l’accueil de telles créations.
Faire découvrir le patrimoine vivant autrement
Ses envies de collaboration concernent aussi le monde scientifique, les musées, les aquariums les parcs naturels et universités. Il souhaite pouvoir partir des particularités d’un lieu pour concevoir une œuvre qui en révèle le patrimoine.
Un arbre, un insecte ou une relation écologique pourraient devenir le point de départ d’une création destinée à éveiller la curiosité du public ou de sensibiliser aux arts et aux domaines scientifiques.
Cette démarche rejoint ses premières activités pédagogiques. Les supports ont changé, mais le désir de transmission demeure.
À travers le bois, les insectes et les histoires qu’il assemble, son invitation reste la même : prendre le temps de regarder ce qui vit autour de nous.
Vincent Salmon | Reportage InfoLux

📷✍️ Texte et photos : Vincent Salmon
Photographe et journaliste installé à Liège, Vincent Salmon signe le texte et les 24 photos de ce portrait de Maxime Lemoine, réalisées le 28 octobre 2026. Il avait déjà photographié ses œuvres au Salon Découvertes de la Galerie Liehrmann.
Questions fréquentes
Qui est Maxime Lemoine ?
Un artiste qui crée sous le nom « Hé tour, dis-moi ». Il associe bois, métal, résine et insectes. Enseignant en sciences de formation, il a aussi suivi trois années de formation de guide nature.
Où voir les œuvres de Maxime Lemoine ?
Au Salon Découvertes de la Galerie Liehrmann, boulevard Piercot 4, 4000 Liège, jusqu’au 14 novembre 2026, du mercredi au samedi, de 13 h à 18 h 30. Ses œuvres figurent aussi dans l’exposition permanente du Centre des Métiers d’Art « La Spirale », chaussée de Namur 22, à Natoye (Hamois), et chez Artam concept, à Liège, pour des événements ponctuels.
Que veut dire « Hé tour, dis-moi » ?
En parlant de son nom d’artiste, Maxime Lemoine évoque le caractère « étourdissant » de certaines découvertes.
Quelles techniques utilise-t-il ?
Le tournage sur bois, la ferronnerie, l’entomologie et la sculpture de résine, ainsi que, dans certaines pièces, des dispositifs électroniques qui font léviter l’œuvre.
D’où viennent les insectes de ses créations ?
Maxime Lemoine affirme travailler avec des insectes issus de filières contrôlées, sans capture dans la nature ni mise à mort pour ses créations.
Où exposera-t-il en novembre 2026 ?
Au Salon International des Métiers d’Art, du 20 au 22 novembre 2026, de 10 h à 19 h, à l’Arena Stade Couvert de Liévin, en France. Il annonce y avoir été sélectionné pour représenter la Province de Liège avec trois autres artistes.
Qui a réalisé ce portrait ?
Le texte et les photos sont signés Vincent Salmon, photographe et journaliste à Liège, pour info-lux.com.
Maxime Lemoine et ses œuvres en photos
Les 23 photos de Vincent Salmon : Maxime Lemoine au tour à bois et ses créations. Cliquez sur une photo pour l’agrandir, puis faites défiler avec les flèches.























📷 Maxime Lemoine, « Hé tour, dis-moi » — Photos : Vincent Salmon pour info-lux.com.
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