« CECI N’EST PAS UN CRIME », L’HISTOIRE D’UN SCANDALE
RTL-TVI diffuse actuellement « Ceci n’est pas un crime », une série policière s’inspirant d’une œuvre littéraire qui ne rend pas hommage à l’écrivaine Nadine Monfils. Un vrai scandale pour une série de bas étage. Thibaut Demeyer.
En 2021, l’écrivaine belge Nadine Monfils présente sa nouvelle œuvre littéraire on ne peut plus originale. Dotée d’une imagination débordante, l’écrivaine-réalisatrice a l’idée de faire du peintre René Magritte un enquêteur. Georgette, son épouse, se joint à lui pour faire plus « rigolo » ! Dès lors, les premières aventures du couple commencent. « Les folles enquêtes de René et Georgette Magritte : Nom d’une pipe » est le premier tome d’une série qui en comptera huit et qui remportera un franc succès.
La qualité de la trame, un style d’écriture fluide et efficace, une description précise des lieux où les enquêtes se déroulent, la description du quotidien des personnages (l’auteure ayant bien connu Georgette) et l’humour à toutes les pages sont autant d’atouts que possédaient cette série commençant à Bruxelles pour se terminer à Pataquès en passant par Liège, Leffe, Knokke, Charleroi, Montmartre et Bruges. Une adaptation pour le petit écran était même prévue. Mais voilà, quelques Messieurs mal intentionnés et sans scrupules ont eu la mauvaise idée de créer une série dont le héros est un peintre belge menant des enquêtes policières et répondant au doux nom de René Magritte ! L’univers de Nadine Monfils s’écroule, René et Georgette se retournent dans leur tombe et la notion « idées piquées » n’a pas force de loi. Nadine Monfils n’a aucun recours !
L’HISTOIRE D’UN SCANDALE !
Il est évident que tous les amateurs des folles enquêtes de René et Georgette Magritte allaient se retrouver devant leur poste pour découvrir cette série, espérant retrouver l’univers du peintre mais aussi celui de Nadine Monfils. Mais très vite, ils allaient déchanter face à cette série de bas étage où rien ne peut être sauvé. Le personnage de Magritte, platement interprété par Pierre Gervais, qui en a fait tout un fromage sur sa préparation du rôle, avec son pull bleu ciel et ses cheveux châtain clair nous faisant penser à Tintin mais moins fûté, où les invraisemblances se suivent au même rythme que la niaiserie des dialogues, où la mise en scène est aussi plate qu’une figue écrasée par un pachyderme, où l’humour n’a pas été convié, où l’intrigue dite policière est restée dans le stylo du scénariste. Et comme si cela ne suffisait pas, la musique choisie est plus proche de celle d’une grande surface que d’une série digne de ce nom.
Ah ça, c’est certain, toutes ressemblances avec les œuvres de Nadine Monfils ne seraient que pur hasard, car on sent bien que les auteurs ont tout fait pour éviter le moindre détail qui ferait basculer l’œuvre vers le plagiat. Et comme les livres de Nadine sont tellement bien écrits, tellement précis qu’il est impossible, sans la collaboration de l’écrivaine, d’en tirer quelque chose qui tiendrait la route.
Quel gâchis ! Une collaboration aurait été tellement plus fructifiante, évitant par la même occasion de nous présenter un Magritte du genre couillon et poli alors que le peintre était en réalité un boutentrain, un blagueur et espiègle.
Dès lors, ne perdez pas votre temps à visionner les six fois 52 minutes que compte la série qui n’est en définitive qu’une histoire d’un scandale ! Consacrez plutôt votre temps à lire ou relire « Les folles enquêtes de René et Georgette Magritte » écrites par Nadine Monfils.


















































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