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Mai 29, 2025 | ACTUALITES, Bien-être, Thémes | 0 commentaires

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Shiatsu et cicatrices : réintégrer un territoire oublié

Introduction • Relier l’intime et le professionnel

Quand j’avais six ans, je suis tombée en vélo. Je me souviens de la douleur, mais surtout de ma fascination pour cette croûte que je voulais enlever, sans penser mal faire, persuadée que ma peau repousserait. Ma grand-mère qui m’observait m’avait dit : « Ne fait pas ça, après ta peau, elle ne repoussera pas comme avant ». Elle avait à peine 46 ans, l’âge que j’ai aujourd’hui, mais je la trouvais vieille et je ne l’ai pas crue. Elle avait raison. La peau a repoussé, mais elle n’a jamais retrouvé son aspect d’avant : une petite cicatrice blanche est restée, là, sur mon genou.

C’est une trace visible qui me rappelle l’invisible : ma grand-mère est décédée d’un cancer quand j’avais seize ans, et c’est probablement l’une des raisons pour lesquelles je me suis tournée vers le Shiatsu oncologique, qui est aujourd’hui le cœur de ma pratique.

Depuis 10 ans, j’accompagne au quotidien des personnes touchées par le cancer dans mon cabinet et en salle de chimiothérapie. Mon approche est née de ce terrain, mais aussi de recherches croisées avec des kinésithérapeutes, des infirmières, des chirurgiennes. J’ai assisté à plusieurs opérations où l’adage populaire « c’est pas la taille qui compte » a toute sa place : certaines cicatrices, bien que réduites en surface masquent le geste profond du scalpel.

Forte de ses expériences, j’ai ainsi conçu des formations à destination des praticiennes en shiatsu et des professionnel·les du soin.

Autant dire que je travaille avec des corps marqués, presque tous les jours. En travaillant auprès de ces personnes, j’ai compris une chose essentielle : tout le monde n’a pas le même rapport au corps, ni à la douleur. J’ai grandi avec la danse classique, le corps comme outil, comme matière à modeler, à observer, à écouter. Mais j’ai découvert chez mes clientes un tout autre langage corporel. Beaucoup vivent avec certaines zones corporelles comme on vit avec un territoire sinistré. Elles n’osent plus les toucher, ni même les regarder.

C’est là que le Shiatsu prend tout son sens. Il ne s’agit pas seulement de relâcher les tensions, mais d’apprivoiser une zone opérée, d’oser y revenir, de redonner confiance. Il y a d’abord mon toucher de praticienne, qui doit apprivoiser la zone. Mais ce n’est que la première étape. Ce que je cherche à transmettre à travers ma pratique, c’est cela : que les personnes puissent à leur tour se toucher elles-mêmes, qu’elles reprennent la main sur leur propre corps. Que la zone cicatricielle redevienne une zone vivante. Un territoire réintégré.

C’est ce chemin que je souhaite partager dans cet article.

La cicatrice n’est jamais neutre

En apparence, une cicatrice peut sembler anodine. On voit la trace en surface, parfois rouge, gonflée, bleutée dans les semaines qui suivent une opération. Mais ce que l’on voit n’est que la partie émergée. Juste après l’intervention, une stagnation de type Tan — ou glaire — s’installe au niveau des liquides corporels : sang, lymphe, liquides organiques.

Et si cette stagnation s’installe, c’ est d’un point de vue occidentale comme en oriental, un problème fondamental. Le Ki, le Sang et les Liquides organiques doivent impérativement circuler. Or une cicatrice, par essence, interrompt cette circulation. Les problèmes dits de “Gros Bras” suite à un curage ganglionnaire axillaire sont un exemple d’une stagnation d’humidité.

Lorsqu’on travaille une cicatrice récente, on ressent très souvent ce « bloc » énergétique et physique : compact, engourdi, parfois douloureux. Le travail consiste alors à aider à drainer, à mobiliser, à relancer. Avec une cicatrice ancienne, c’est une autre histoire. À l’œil nu, elle peut être presque invisible, fine comme un fil de couture. Et pourtant, sous les doigts, on découvre souvent des adhérences, un manque de souplesse des tissus.

Il n’est pas rare de sentir, à quelques centimètres de la ligne cicatricielle, des nodules ou masses dures. Ce déplacement de la stagnation peut s’expliquer par la présence de points de suture internes, à distance de la cicatrice visible, mais aussi par la rétractation des tissus, formant ce qu’on appelle des brides cutanées.

La plupart du temps, y compris sur des cicatrices anciennes de plus de vingt ans, on observe aussi des écarts nets de sensation entre la peau située au-dessus et celle en dessous de la cicatrice. Comme si le Ki n’arrivait plus à passer d’un côté à l’autre. La médecine chinoise parlera alors de rupture du flux de Ki, du Sang, des liquides. La médecine occidentale, elle, évoquera des vaisseaux sectionnés cicatrisant mal, ou des voies nerveuses interrompues, responsables de pertes de sensibilité.

Et ce n’est pas anodin. Une stagnation durable devient un terreau idéal pour d’autres déséquilibres. En MTC, on sait que stagnation + facteur pathogène externe = désordre profond. C’est la porte ouverte à l’apparition de maladies chroniques, parfois graves : cancers, pathologies cardiovasculaires, maladies auto-immunes …

Travailler ces zones en Shiatsu, ce n’est pas seulement « faire circuler » ou mobiliser. C’est aussi redonner une direction, une cohérence au mouvement interne. Réorienter le Qi, détendre les tissus en profondeur, réinscrire la continuité d’un corps interrompu.

Les méridiens concernés : quand les cicatrices croisent les grandes routes énergétiques

Les cicatrices ne sont pas simplement des lignes sur la peau : elles traversent des voies énergétiques majeures. En médecine chinoise, la peau est parcourue par un réseau dense de méridiens principaux, secondaires, tendino-musculaires… Lorsqu’un méridien est coupé, l’information énergétique ne circule plus comme avant. Le corps cherche alors des trajets de compensation, mais cela peut créer des déséquilibres à distance, parfois très loin de la zone opérée. En médecine occidentale on parle de la reconstruction des vaisseaux sanguins, lymphatiques et nerveux.

C’est pourquoi il est toujours intéressant d’observer quels méridiens ont été traversés par la cicatrice, et de les travailler, localement ou à distance. Par exemple :

  • Pour une césarienne : Ren Mai, Chong Mai, Rein, Estomac, Rate.

Travailler ces méridiens « coupés par la cicatrice », c’est donc reconnecter un axe énergétique, pour que le corps retrouve sa cohérence globale.

Se réapproprier la cicatrice : une nécessité thérapeutique

Lorsque je parle d’“apprivoiser” une cicatrice, ce n’est pas seulement en termes émotionnels ou symboliques. C’est avant tout un enjeu médical et fonctionnel. Une zone opérée que l’on redoute, que l’on n’ose pas toucher ni mobiliser, devient rapidement une zone figée, autour de laquelle le corps va se contracter et se protéger. Cette contraction réflexe crée souvent des tensions à distance : douleurs dorsales, enroulement des épaules, gêne respiratoire, troubles posturaux…

Je le constate très souvent, notamment chez les femmes opérées du sein ou après une césarienne. Par peur de “mal faire”, certaines évitent tout mouvement sur la zone concernée. Une cliente m’a récemment dit qu’elle n’osait même plus courir, trois mois après une reconstruction mammaire par prothèse, de peur qu’elle bouge ou s’abîme. Or, c’est exactement l’inverse qu’il faut faire.

Mobiliser la cicatrice rapidement après l’opération par le toucher, par le mouvement, par l’activité physique (Qi Qong, Do In…) est essentiel. Cela permet d’éviter la formation de fibroses profondes, de brides cutanées, et de ce qu’on appelle les “coques” autour des prothèses. Une cicatrice qui ne bouge pas devient rigide. Au contraire, lorsqu’elle est massée, étirée, stimulée, les fibres se reforment plus souplement, et la zone retrouve sa fonction.

En Shiatsu, on utilise des gestes spécifiques pour cela. Mais je donne aussi aux clientes des outils concrets pour qu’elles puissent elles-mêmes masser et bouger cette zone. Le moment où la personne ose poser la main sur sa cicatrice n’est donc pas anodin. C’est le début d’une réparation active. Une manière de dire à cette partie du corps : “tu fais toujours partie de moi.”


A suivre la seconde partie (2/2) de cet article qui abordera les sujets des outils pratiques du Shiatsu et différentes approches pour accompagner une cicatrice ainsi que deux cas cliniques.


Auteure et rédactrice : Fanny Roque, Formatrice et Praticienne Shiatsu spécialisée en Shiatsu cycles menstruels, maternité et cancérologie • Présidente de la FFST  (Fédération Française de Shiatsu Traditionnel). Retrouvez moi sur mon site internet https://www.fannyroque.fr/, sur ma chaine Youtube mes pages Facebook, Instagram et LinkedIn,

Pour me contacter directement par courriel pour une séance ou tout autre demande, voici mes coordonnées : secretariat.shiatsufanny@gmail.com • +33 6 87 90 54 15.


Publication : Éric Klein, Ostéothérapeute et Praticien Shiatsu | Retrouvez moi sur mon site internet http://osteoshiatsu.fr, sur mes pages Facebook, LinkedIn et Instagram,

Vous pouvez réserver une séance à mon cabinet de Boulay-Moselle (à 25 min de Metz) au centre Blossom en suivant ce lien : resalib.fr/p/71736. Pour me contacter directement par courriel pour une séance ou un atelier, voici mes coordonnées : eric.klein@osteoshiatsu.fr ou par téléphone  : +33 (0)6 49 01 51 09.


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Bien-Être cancer

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