LA 79è EDITION DU FESTIVAL DE CANNES A 24 HEURES DU COUP D’ENVOI
Demain s’ouvrira la 79è édition du Festival de Cannes qui partagera ses onze jours entre les hommages, la découverte de nouveaux talents et surtout l’absence des grands studios hollywoodiens. L’édition 2026 est d’ores et déjà annoncée comme une édition « découverte ». A Cannes, Thibaut Demeyer et Brigitte Lepage.
C’est devenu une sorte de tradition d’octroyer à certains talents, lors de la cérémonie d’ouverture, une Palme d’or d’honneur. L’année dernière, c’était Robert De Niro succédant à Meryl Streep (2024) qui elle-même a succédé à Jodie Foster en 2021. Cette année, c’est au tour du réalisateur néo-zélandais Peter Jackson d’être mis à l’honneur. Pour celles et ceux qui ont vécu ces dernières années sur une autre planète que la nôtre, Peter Jackson est le réalisateur incontournable du « Seigneur des anneaux », « Hobbit » et « King Kong » pour ne citer que ces grosses productions. A 64 ans, il semble qu’un tel hommage soit mérité pour ce réalisateur flirtant avec les sommets du box-office, à l’instar des Steven Spielberg, Georges Lucas et James Cameron.
Autre immense talent qui sera mis à l’honneur, en l’occurrence Barbara Streisand qui, à 84 ans, recevra également une Palme d’or d’honneur lors de la cérémonie de clôture de l’édition 2026.
MOMENTS A NE PAS RATER
Entre récompenses et flatteries en tout genre, le Festival de Cannes, c’est aussi une kyrielle de longs métrages à découvrir d’autant plus que cette année, quelques pays font leur entrée au sein de la sélection officielle. Cannes, c’est aussi cela, faire découvrir le cinéma d’un autre monde. C’est ainsi que le Costa Rica, le Yémen et le Kosovo se retrouveront sur la Croisette. Le premier dans la catégorie « Un Certain Regard » et les deux autres à « La Semaine de la critique ».
Toujours soucieux de garder une certaine parité dans la mesure du possible, pour la première fois de son histoire, la compétition officielle accueillera 11 réalisatrices et 11 réalisateurs. Il n’y aura dès lors plus matière à discussion. Autre particularité. Cette année, seuls deux réalisateurs lauréat de la Palme d’or (Cristian Mungiu et Kore-Eda Hirokazu) remettrons leur titre en jeu. Dès lors, 2026 sera peut-être l’année de consécration pour Pedro Almodovar, Asghar Farhardi et pourquoi notre compatriote Lukas Dhont ?
L’édition 2026 se tourne vers la seconde guerre mondiale avec, hors compétition, la première partie du biopic, qui en compte trois, sur le Général De Gaule. Puis le très attendu « Moulin », en compétition, réalisé par Laszlo Nemes avec Gilles Lellouche dans le rôle-titre ; « Notre salut » de notre compatriote Emmanuel Marre, en compétition, racontant le destin d’un homme tentant de se faire une place dans les rouages du régime collaborationniste de Vichy ainsi que « Coward » de Lukas Dhont qui nous renvoie à la Première Guerre Mondiale.
CANNES SANS LES AMERICAINS
Il est évident que les éditions les plus prisées sont celles où les grands studios américains se bousculent sur le tapis rouge, mettant en exergue leurs plus grandes stars. Malheureusement, cette année, les studios hollywoodiens semblent bouder la Croisette. Certes, nous aurons James Gray, Scarlett Johansson, Adam Driver, Ramy Malek mais aussi toute l’équipe du « Fast and Furious » et leur version restaurée, John Travolta avec son premier film en tant que réalisateur, Woody Harrelson, Kirsten Stewart et Cate Blanchett. C’est pas mal, mais quand même un peu maigre pour le Festival le plus prestigieux du monde.
LA BELGIQUE RECONNAISSANTE
Soyons quelque peu chauvins car nous espérons que la 79é édition cannoise nous sera bénéfique autrement que par le couronnement des œuvres des frères Dardenne. Afin de mettre toutes les chances de notre côté, deux longs métrages seront en lice pour la Palme d’or. Si pour Emmanuel Marre et son « Notre Salut » sera une grande première, pour Lukas Dhont, cela ne sera pas le cas. Détenteur de la Caméra d’or en 2018 avec « Girl » et Grand prix en 2022 avec « Close ». On espère le voir cette année sur la plus haute marche du podium avec « Coward » ou l’histoire de Pierre, un jeune soldat qui veut faire ses preuves sur le front pendant la Première Guerre mondiale. Derrière les lignes, il rencontre Francis, chargé de remonter le moral des troupes.
UN JURY D’EXCEPTION ET SON 7e JUREE Dans l’histoire du Festival de Cannes, seulement 6 personnalités belges ont eu l’honneur de faire partie du jury officiel. La première remonte en 1946, c’était le poète-romancier Fernand Rigot. S’en est suivi en 1953 le scénariste Charles Spaak, en 1966 l’écrivain Denis Marion, en 1970 le romancier Félicien Marceau, en 1975 et 1980 le cinéaste André Delvaux, le seul à avoir accompli deux années ce rôle de juré. Puis, il a fallu attendre 2004 pour retrouver un Belge dans le jury et par n’importe qui puisqu’il s’agit de Benoît Poelvoorde. Cette année, Laura Wandel, réalisatrice de « Un monde » et de « L’intérêt d’Adam », sera dès lors la 7e jurée belge à faire partie du jury officiel. Elle sera entourée de noms aussi prestigieux les uns que les autres à commencer par le Président du jury, le réalisateur sud-coréen Park Chan-Wook mais également l’actrice américaine Demi Moore, le scénariste Paul Averty, la réalisatrice chinoise Chloé Zhao, l’acteur ivoirien Isaach de Bankolé, l’acteur suédois Stellan Skarsgard, l’actrice éthiopienne Ruth Negga et le réalisateur chilien Diego Cespedes. On espère dès lors que le Palmarès sera à la hauteur du talent des jurés. Pour cela, il faudra attendre la cérémonie de clôture prévue le 24 mai.
(c) Photo d’accroche : Thibaut Demeyer





