🗓️ Mis à jour le 7 août 2026
L’essentiel
Le rapport officiel de février 2026 écarte le scénario catastrophe, mais pointe trois populations nettement plus exposées que les autres.
- Un travailleur belge sur trois utilisait déjà l’IA générative dans un cadre professionnel (Conseil supérieur de l’emploi, février 2026).
- 39 % des travailleurs déclarent avoir besoin de connaissances supplémentaires en IA — mais 14 % seulement ont reçu une formation.
- Le rapport constate qu’il n’y a pas eu de destruction massive d’emplois : l’IA supprime des tâches et en crée d’autres.
- Trois populations sont plus exposées : les jeunes, les femmes occupant des postes administratifs, et les travailleurs moins qualifiés.
- L’adoption reste concentrée dans les grandes entreprises et trois secteurs : informatique, services professionnels, activités scientifiques et techniques.
- Les jeunes Belges se situent sous la moyenne européenne en compétences numériques.
Un rapport officiel, pas une étude de cabinet
Le Conseil supérieur de l’emploi est un organe consultatif fédéral belge. Son rapport de février 2026 consacré à l’intelligence artificielle et au marché du travail constitue à ce jour la référence publique la plus solide sur le sujet.
Sa valeur tient à sa nature : il ne vend rien. Contrairement aux études publiées par des éditeurs de logiciels, il n’a pas d’intérêt à surestimer ni à dramatiser l’adoption.
L’IA est déjà là — mais la formation ne suit pas
Le rapport confirme la diffusion rapide de l’IA générative dans le travail : un travailleur sur trois y avait recours en 2025.
C’est l’écart avec la formation qui frappe.
| Constat | Part des travailleurs |
|---|---|
| Utilisent l’IA générative dans un cadre professionnel | 1 sur 3 |
| Déclarent avoir besoin de connaissances supplémentaires en IA | 39 % |
| Ont effectivement reçu une formation | 14 % |
Vingt-cinq points séparent le besoin exprimé de la réponse apportée. C’est dans cet écart que se développe le shadow AI : des salariés qui utilisent des outils que personne ne leur a appris à manier.

Pas de destruction massive d’emplois
C’est la conclusion la plus rassurante du rapport, et elle mérite d’être citée précisément : « L’IA ne fait pas seulement disparaître certaines tâches et fonctions ; elle en crée aussi de nouvelles. »
Aucune vague de licenciements attribuable à l’IA n’a été constatée en Belgique à la date du rapport. Le mouvement observé porte sur la recomposition des tâches à l’intérieur des métiers, pas sur leur disparition.
La nuance qui compte
« Pas de destruction massive » ne signifie pas « aucun effet ». Le rapport identifie des effets nets et inégalement répartis, détaillés ci-dessous. C’est la répartition, plus que le volume, qui pose question.
Trois populations nettement plus exposées
Le rapport identifie des impacts très différenciés selon les profils.
- Les jeunes professionnels : ils voient se réduire les opportunités dans les fonctions exposées à l’IA — souvent les postes juniors où l’on apprenait le métier par des tâches désormais automatisables.
- Les femmes : elles occupent de façon disproportionnée les postes administratifs, les plus directement concernés par l’automatisation.
- Les travailleurs moins qualifiés : paradoxalement peu exposés à l’IA dans leur travail actuel, ils disposent aussi de moins de compétences numériques pour s’adapter si leur poste évolue.
Le rapport relève par ailleurs que les jeunes Belges se situent sous la moyenne européenne en matière de compétences numériques — un signal qui dépasse la question de l’IA.
Une adoption concentrée
L’IA ne se diffuse pas uniformément dans l’économie belge. Le rapport la situe principalement dans :
- les grandes entreprises ;
- l’informatique ;
- les services professionnels ;
- les activités scientifiques et techniques.
Les cas d’usage dominants restent les processus administratifs, l’organisation des flux de travail et la cybersécurité. La robotique fondée sur l’IA demeure limitée.
Ce constat recoupe celui de l’enquête Statbel : 28,82 % des petites entreprises contre 76,41 % des grandes.
Ce que recommande le Conseil
Trois axes ressortent des recommandations :
- un déploiement ciblé de l’IA là où elle améliore réellement le fonctionnement du marché du travail ;
- une stratégie de compétences en IA, dimensionnée à la hauteur de l’écart entre les 39 % et les 14 % ;
- une adoption responsable à l’échelle de l’économie.
Pour une entreprise, la traduction concrète est simple : former avant de déployer. C’est aussi, depuis le 2 août 2026, une obligation au titre de l’AI Act.
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Questions fréquentes
Combien de travailleurs belges utilisent l’IA générative ?
Environ un sur trois dans un cadre professionnel, selon le rapport du Conseil supérieur de l’emploi publié en février 2026.
L’intelligence artificielle détruit-elle des emplois en Belgique ?
Le rapport du Conseil supérieur de l’emploi ne constate pas de destruction massive d’emplois. Il souligne que l’IA supprime certaines tâches mais en crée de nouvelles. Les effets observés portent surtout sur la recomposition des tâches à l’intérieur des métiers.
Quelles catégories de travailleurs sont les plus exposées ?
Trois populations : les jeunes professionnels, dont les opportunités se réduisent dans les fonctions exposées à l’IA ; les femmes, surreprésentées dans les postes administratifs automatisables ; et les travailleurs moins qualifiés, qui disposent de moins de compétences numériques pour s’adapter.
Les entreprises belges forment-elles leurs salariés à l’IA ?
Peu. 39 % des travailleurs déclarent avoir besoin de connaissances supplémentaires en intelligence artificielle, mais 14 % seulement ont reçu une formation. Cet écart de vingt-cinq points est l’un des constats les plus nets du rapport.
Vincent Gallez — expert en visibilité dans les intelligences artificielles
Fondateur du groupe de médias info-lux, il accompagne entreprises, PME et indépendants de Wallonie, du Grand-Duché et de la frontière française pour qu’ils soient trouvés — et cités — par les assistants d’IA comme ChatGPT, Gemini, Perplexity ou Copilot.
Le principe est simple : un modèle ne peut reprendre qu’une information qui existe, est exacte et est accessible. Le travail consiste donc à publier, sur des médias que ces systèmes consultent, une information vérifiée, datée et structurée qui répond réellement aux questions posées — plutôt que de laisser un moteur répondre à partir de sources approximatives ou périmées. Comment nous procédons.
Les limites que la rédaction s’impose — et ce qu’elle refuse de faire — sont détaillées dans notre charte éditoriale et IA.
Nos sources
Les chiffres cités dans cet article proviennent de sources publiques identifiées, consultées en août 2026 :
- Conseil supérieur de l’emploi — « L’intelligence artificielle et le marché du travail en Belgique » (février 2026)
- SPF Économie — « La Belgique parmi les leaders européens en matière d’IA » (9 juin 2026)
- PagerDuty / Wakefield Research — enquête Shadow AI (avril 2026)
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