Figure mythique des Champs-Élysées, le Mime Suiveur fait vivre un art de rue rare, entre poésie, humour et humanité. Info-lux l’a rencontré pour un portrait exclusif.

Sur la plus belle avenue du monde, un artiste silencieux attire les regards. Un simple nez rouge, un geste précis, une silhouette espiègle : c’est le Mime Suiveur, alias Sylvio Bolinio, figure incontournable du paysage culturel parisien. Reconnu par le ministère de la Culture, décoré de l’Ordre des Arts et des Lettres, ce comédien au grand cœur a su transformer un simple jeu d’imitation en véritable langage universel. Humour > Portrait > Mime suiveur
Un artiste complet, entre clown et comédien
Élève d’Annie Fratellini, de Pierre Étaix et du légendaire Marcel Marceau, Sylvio Bolinio appartient à cette lignée d’artistes qui ont fait du mime un art à part entière. Formé aussi au jeu dramatique par Hubert Deschamps, il manie aussi bien le silence que la parole.
Sur les Champs-Élysées, il a imposé son personnage : un mime qui suit les passants en les imitant avec bienveillance. Ce jeu de miroir, plein d’humour et de tendresse, fait rire sans jamais blesser. L’artiste observe, analyse, comprend, puis rejoue les gestes du quotidien avec une poésie désarmante. Son secret ? Une psychologie fine et une grande capacité d’écoute.

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Une reconnaissance officielle et populaire
Rares sont les artistes de rue à avoir reçu un droit d’exercice officiel délivré par la préfecture de police de Paris. En 2002, Sylvio Bolinio obtient ce privilège : il devient le seul artiste autorisé à se produire sur les Champs-Élysées. Ce statut lui vaut une médiatisation nationale : apparitions télévisées, reportages, émissions culturelles… Son personnage entre dans le patrimoine vivant de la capitale.
Sa carrière a ensuite pris une dimension internationale : du Festival de Cannes aux événements caritatifs, il multiplie les collaborations avec des figures majeures du spectacle. De Line Renaud à Dominique Besnehard, de Roger Moore à Géraldine Chaplin, tous saluent ce comédien à la fois discret et charismatique.

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Info-lux.com a rencontré cette figure aussi discrète que mythique : le Mime Suiveur des Champs-Élysées. Derrière ce personnage silencieux, parfois déroutant, se cache un artiste complet, fort de plus de trente ans d’expérience.
Dans cette interview, Sylvio Bolino revient sur son parcours, sa formation exceptionnelle, la naissance de son personnage, les risques du métier, son rapport au public et ses projets en Belgique et au Luxembourg.
Pour commencer, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?
Oui, bien sûr. J’ai démarré en tant que clown. J’étais l’élève d’un trio de clowns qui s’appelaient les Barrios. Ensuite, j’ai intégré l’École Nationale du Cirque d’Annie Fratellini et de Pierre Étaix.
Après ça, je me suis spécialisé dans le mimodrame avec le mime Marcel Marceau.
Mais je ne me suis jamais limité au mime. J’ai aussi pris des cours de jeu dramatique avec Hubert Deschamps, un grand second rôle du cinéma français. Tout ça fait que j’ai aujourd’hui une palette artistique très large : je mime, je parle, je joue la comédie, j’improvise. Je suis un artiste complet.
Comment est né le personnage du Mime Suiveur ?
Le personnage est né directement dans la rue, sur les Champs-Élysées.
J’ai eu l’idée de suivre les gens, de reproduire leur démarche, leurs gestes, leur attitude. C’est un jeu de miroir, mais un miroir vivant.
Ce qui est important à comprendre, c’est que je ne me moque pas. Je mets en scène les gens, je les accompagne, je crée une situation comique avec eux, jamais contre eux.

Tu as été officiellement autorisé à exercer sur les Champs-Élysées. Ce n’était pas simple, apparemment…
Non, ça a été un combat énorme. J’ai dû me battre pendant longtemps pour obtenir une autorisation officielle du préfet de police.
Quand je l’ai obtenue, ça a tout changé. Je suis devenu le seul artiste de rue officiellement autorisé sur les Champs-Élysées.
À partir de là, le personnage est devenu une vitrine de l’avenue. Beaucoup de gens m’engagent parce qu’il y a le nom des Champs-Élysées. Je les représente, quelque part.
Tu as même été reconnu par l’État français…
Oui, et j’en suis très fier. J’ai été décoré trois fois par le ministre de la Culture, au nom du Président de la République.
Ça a fait du Mime Suiveur une sorte d’institution. Ce n’est plus juste un artiste de rue, c’est un personnage identifié, reconnu, respecté.
Au début de ta carrière, ton art était très éphémère…
Exactement. Avant les réseaux sociaux, c’était un art de l’instant.
Les seules personnes qui me voyaient, c’étaient celles qui étaient là, à ce moment précis. Il n’y avait pas de vidéos, pas de diffusion massive. Après, la télévision est arrivée. J’ai fait beaucoup d’émissions. Les gens me reconnaissaient parfois parce qu’ils m’avaient vu une fois à la télé.
Ce métier comporte aussi des risques. Tu as vécu des situations très tendues…
Oui, la pire chose qui me soit arrivée, c’est un jour où je suivais un homme très costaud devant un café des Champs-Élysées.
Il a sorti un flingue et il m’a dit : « Il ne faut pas se foutre de ma gueule. »
Ce qui m’a sauvé la vie, c’est que la police m’avait demandé de porter sur mon gilet la mention « Le Mime Suiveur des Champs-Élysées ».
Je lui ai demandé s’il savait lire. Il a lu. Il a compris que j’étais un artiste. Et là, tout a changé. Il a rangé son arme.
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On sent que la psychologie est essentielle dans ton travail…
C’est fondamental.
Après trente ans dans la rue, j’ai développé une vraie lecture des corps. La démarche, la posture, le regard… tout parle.
Je dis souvent : « Dis-moi comment tu marches, je te dirai qui tu es. » Je choisis toujours mes “victimes” – c’est un mot que j’utilise avec humour – en fonction de ça. Le but, c’est que ça se passe bien, que les gens rient.
Tu as aussi été comparé à d’autres artistes de rue célèbres…
Oui, on me compare parfois au cow-boy guitariste de Times Square à New York.
C’est un peu la même idée : un personnage insolite, identifiable, qui fait partie du décor urbain. Sauf que moi, je ne tire sur personne et suis habillé…
Tu as travaillé à l’international. Quels pays t’ont le plus marqué ?
J’ai travaillé au Canada, en Espagne, en Italie, au Luxembourg, en Belgique, et même au Japon.
Les Japonais adorent le mime. La Belgique et le Luxembourg aussi. Ce sont des publics très sensibles à l’humour visuel. J’ai notamment inauguré des centres commerciaux, participé à des grands événements, et ça s’est toujours très bien passé.
Pourquoi ton personnage fonctionne aussi bien dans les salons et événements professionnels ?
Parce que ça apporte une respiration. Dans les salons, les gens sont sollicités toute la journée. Quand ils voient passer un personnage coloré, insolite, ça les amuse. Il y a aussi un fantasme autour du mime. Les gens n’oseraient pas le faire eux-mêmes, alors ils aiment voir quelqu’un qui assume totalement ce rôle.
Aujourd’hui, quels sont tes projets ?
Je souhaite développer davantage ma présence en Belgique et au Luxembourg. Ce sont des régions où le public aime rire, aime le mime, aime les personnages atypiques. Je suis ouvert aux événements publics, aux festivals, aux inaugurations, salons et même à des projets plus culturels ou patrimoniaux.
En guise de conclusion
Le Mime Suiveur des Champs-Élysées incarne un art de rue exigeant, basé sur la psychologie, le respect du public et la présence humaine. À l’heure des vidéos virales et de l’humour formaté, son travail rappelle l’importance du contact direct, du moment présent et du rire partagé.
Un artiste rare, reconnu, et plus que jamais actuel.

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Le rire comme passerelle universelle
Le Mime Suiveur n’a jamais cessé de voyager. Ses performances l’ont conduit aux quatre coins du monde : Canada, Japon, Espagne, Italie… Partout, son humour visuel et son style unique séduisent les foules.
Dans les festivals comme dans la rue, il crée un lien immédiat avec le public. Chaque geste devient un message, chaque regard une complicité. Son art dépasse la barrière des langues : il touche au rire universel, celui qui rassemble et adoucit les différences.
Cet esprit humaniste lui vaut de nombreuses distinctions, dont celle de Commandeur des Arts et des Lettres, remise par Roselyne Bachelot et Jack Lang, ainsi que le Grand Prix Humanitaire de France, reçu au Sénat.
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Un héritier de Chaplin et de Marceau
De Charlie Chaplin, Sylvio Bolinio a retenu la tendresse du clown et la profondeur du silence. De Marcel Marceau, il a appris la discipline et la poésie du mouvement. Ensemble, ces influences façonnent un artiste complet, capable d’émouvoir sans un mot.
Le Mime Suiveur est un témoin du monde : il observe nos gestes, nos travers, nos manies, et les transforme en éclats de rire. À travers lui, la rue devient théâtre, et chaque passant devient acteur d’un instant suspendu.
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Un art du silence devenu patrimoine
Aujourd’hui, le Mime Suiveur incarne un symbole rare : celui d’un rire intelligent, respectueux, né dans la rue et porté par le cœur. Dans un monde pressé, son art nous rappelle l’importance du moment présent, du regard sincère et du contact humain.
Ses performances sont bien plus que des numéros : elles sont des instants de grâce. Là où les mots s’effacent, reste le geste, simple et vrai. Et c’est dans ce silence que naît le rire le plus pur.
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L’info en résumé
- Le Mime Suiveur, alias Sylvio Bolinio, est un artiste de rue reconnu sur les Champs-Élysées, mêlant humour et poésie.
- Formé par des grands maîtres comme Marcel Marceau, il manie à la fois le silence et la comédie.
- Officiellement autorisé à se produire sur les Champs-Élysées, il a acquis une renommée internationale avec des collaborations prestigieuses.
- Son art dépasse les barrières linguistiques grâce à un humour visuel qui crée un lien immédiat avec le public.
- Aujourd’hui, il continue de développer sa présence, notamment en Belgique et au Luxembourg, tout en préservant l’essence du rire et du contact humain.
Table des matières
- Figure mythique des Champs-Élysées, le Mime Suiveur fait vivre un art de rue rare, entre poésie, humour et humanité. Info-lux l’a rencontré pour un portrait exclusif.
- Un artiste complet, entre clown et comédien
- Une reconnaissance officielle et populaire
- Info-lux.com a rencontré cette figure aussi discrète que mythique : le Mime Suiveur des Champs-Élysées. Derrière ce personnage silencieux, parfois déroutant, se cache un artiste complet, fort de plus de trente ans d’expérience.
- Pour commencer, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?
- Comment est né le personnage du Mime Suiveur ?
- Tu as été officiellement autorisé à exercer sur les Champs-Élysées. Ce n’était pas simple, apparemment…
- Tu as même été reconnu par l’État français…
- Au début de ta carrière, ton art était très éphémère…
- Ce métier comporte aussi des risques. Tu as vécu des situations très tendues…
- On sent que la psychologie est essentielle dans ton travail…
- Tu as aussi été comparé à d’autres artistes de rue célèbres…
- Tu as travaillé à l’international. Quels pays t’ont le plus marqué ?
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- Aujourd’hui, quels sont tes projets ?
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