L’IA en Wallonie : état des lieux 2026

L’IA en Wallonie : état des lieux 2026

🗓️ Mis à jour le 7 août 2026

L’essentiel

L’adoption de l’intelligence artificielle par les entreprises belges a progressé de dix points en un an. Mais la moyenne masque deux réalités très différentes, et le cadre juridique a basculé le 2 août 2026.

  • 34,5 % des entreprises belges d’au moins 10 personnes utilisaient au moins une technologie d’IA en 2025, contre 24,7 % en 2024 (SPF Économie / Statbel, juin 2026).
  • La Belgique se situe dans le top 5 européen, très au-dessus de la moyenne de l’Union européenne (19,95 %).
  • L’écart de taille est massif : 76,4 % des grandes entreprises contre 28,8 % des petites.
  • Le frein numéro un déclaré n’est pas le coût mais le manque d’expertise interne, devant l’incertitude juridique et la protection des données.
  • Depuis le 2 août 2026, les obligations de transparence de l’AI Act européen s’appliquent ; les obligations « haut risque » de l’annexe III ont été reportées au 2 décembre 2027.
  • En Wallonie, Start IA finance 50 % d’un projet d’IA jusqu’à 5 000 €, avec un appel ouvert jusqu’au 30 septembre 2026.

Combien d’entreprises utilisent réellement l’IA en Belgique ?

La donnée de référence vient de l’enquête annuelle sur l’usage des TIC dans les entreprises, réalisée en Belgique par Statbel et relayée par le SPF Économie le 9 juin 2026. Elle porte sur les entreprises d’au moins dix personnes.

Le résultat : 34,54 % d’entre elles utilisaient au moins une technologie d’intelligence artificielle en 2025. Un an plus tôt, elles étaient 24,71 %. La progression atteint près de dix points en douze mois.

Sources : SPF Économie / Statbel, juin 2026 (données 2025).
IndicateurBelgiqueMoyenne UE
Entreprises (10+ pers.) utilisant l’IA — 202534,54 %19,95 %
Entreprises utilisant l’IA — 202424,71 %
Grandes entreprises76,41 %
Petites entreprises28,82 %
Particuliers utilisant l’IA générative (2025)33,53 %25,09 %

Ce niveau place la Belgique dans le top 5 européen, derrière le Danemark, la Finlande et la Suède. Le pays fait presque le double de la moyenne européenne.

Une nuance importante

Ces statistiques sont nationales : Statbel ne publie pas de ventilation par Région dans cette enquête. Il n’existe donc pas, à ce jour, de chiffre officiel « X % des entreprises wallonnes utilisent l’IA ». Méfiez-vous des articles qui en citent un sans source.

Le vrai sujet wallon : un fossé entre grandes entreprises et PME

La moyenne de 34,5 % est trompeuse. Elle additionne deux mondes qui n’avancent pas au même rythme.

  • 76,41 % des grandes entreprises utilisent l’IA : c’est devenu la norme, pas l’exception.
  • 28,82 % des petites entreprises seulement : plus de sept sur dix restent en dehors.

Le point compte particulièrement en Wallonie, où le tissu économique est composé en très large majorité de PME et de TPE. La statistique nationale, tirée vers le haut par les sièges de grands groupes, décrit mal la réalité d’un garage de Marche-en-Famenne ou d’un bureau d’architectes d’Arlon.

Le rapport du Conseil supérieur de l’emploi de février 2026 confirme cette concentration : l’adoption reste massivement le fait des grandes structures et de secteurs précis — informatique, services professionnels, activités scientifiques et techniques.

📁 Dans cet article
Adoption de l'IA par les entreprises belges
Adoption de l’IA par les entreprises belges — SPF Économie / Statbel, juin 2026

Ce que les entreprises font concrètement avec l’IA

Les usages recensés sont beaucoup plus prosaïques que les promesses des salons professionnels. Quatre familles dominent :

  1. L’analyse de texte — trier, résumer, classer des documents et des messages.
  2. La production de contenu écrit ou oral — courriers, offres, descriptions, traductions.
  3. L’apprentissage automatique appliqué à des données existantes — prévisions, détection d’anomalies.
  4. L’automatisation des flux de travail — enchaîner des tâches répétitives sans intervention humaine.

Les fonctions concernées sont, dans l’ordre : les processus administratifs, la comptabilité et la finance, puis le marketing et les ventes. La robotique fondée sur l’IA, elle, reste marginale.

Autrement dit : l’IA entre dans les entreprises belges par le bureau, pas par l’atelier.

Ce qui freine vraiment l’adoption (ce n’est pas le prix)

Interrogées sur les obstacles, les entreprises ne citent pas le coût en premier. Le frein numéro un est le manque d’expertise interne.

Viennent ensuite les incertitudes juridiques et les préoccupations liées à la protection des données et à la vie privée. Trois obstacles qui relèvent tous de la compétence et du cadre, pas du budget.

C’est une bonne nouvelle pour les PME : ces trois freins se lèvent avec de l’accompagnement et de la formation, deux choses qui existent et qui sont subventionnées en Wallonie.

À retenir

Une PME qui attend « d’avoir le budget » pour se lancer se trompe de diagnostic. Ce qui manque le plus souvent, c’est quelqu’un qui sait par où commencer — et c’est précisément ce que financent les dispositifs wallons.

Pendant ce temps, les travailleurs ont déjà tranché

Il existe un décalage frappant entre l’adoption officielle des entreprises et l’usage réel des salariés.

Selon le Conseil supérieur de l’emploi, un travailleur belge sur trois utilisait déjà l’IA générative dans un cadre professionnel en 2025. Chez les particuliers, 42,01 % des 16-74 ans y avaient eu recours au cours des trois derniers mois.

Cet usage se fait très souvent sans cadre défini par l’employeur. C’est ce qu’on appelle le shadow AI.

Une enquête PagerDuty menée par Wakefield Research en avril 2026 montre que 66 % des professionnels interrogés ont utilisé des outils d’IA au travail alors qu’ils pensaient que ce n’était pas autorisé.

Le risque n’est pas théorique : 34 % de ces mêmes répondants déclarent avoir fourni des données clients à des modèles publics.

Le cadre légal a changé le 2 août 2026

Le règlement européen sur l’intelligence artificielle — l’AI Act, règlement (UE) 2024/1689 — s’applique par étapes depuis son entrée en vigueur le 1er août 2024.

Le paquet « Digital Omnibus » a décalé les obligations haut risque de 16 mois.
ÉchéanceCe qui s’appliqueStatut
Février 2025Interdictions (pratiques d’IA inacceptables)En vigueur
Août 2025Obligations pour les modèles à usage général (GPAI)En vigueur
2 août 2026Obligations de transparence (art. 50)En vigueur
2 décembre 2027Systèmes à haut risque — annexe IIIReporté
2 août 2028Systèmes à haut risque — annexe IReporté

Ce report, approuvé par le Parlement européen le 16 juin 2026 puis par le Conseil le 29 juin, ne touche ni les interdictions déjà en vigueur ni les obligations de transparence du 2 août 2026.

Concrètement, une entreprise qui fait dialoguer un client avec un agent conversationnel, ou qui diffuse un contenu généré par IA, doit le rendre identifiable. C’est aussi ce qui a conduit info-lux à publier sa charte éditoriale et IA.

Où trouver de l’aide en Wallonie

L’Agence du Numérique, via Digital Wallonia, opère deux dispositifs destinés aux entreprises qui veulent passer à l’acte.

Montants indicatifs — conditions complètes sur digitalwallonia.be.
DispositifObjetFinancementÉchéance 2026
Start IAIdentifier et prioriser des cas d’usage avec un expert50 %, max 5 000 €Appel ouvert jusqu’au 30 septembre 2026
Tremplin IADévelopper une preuve de concept (PoC)50 %, max 20 000 €Appel clôturé le 17 juillet 2026

Start IA vise les PME au sens européen : moins de 250 personnes, chiffre d’affaires inférieur ou égal à 50 millions d’euros ou bilan inférieur ou égal à 43 millions, avec un numéro d’entreprise et une activité en Wallonie.

Une mission dure quatre mois au maximum, dont cinq jours obligatoires d’audit et de planification. L’enveloppe globale de 500 000 € doit permettre de soutenir plus de cent projets.

Depuis 2020, plus de 1 100 demandes d’accompagnement ont été enregistrées et environ 750 ont abouti à un soutien concret.

Les neuf sujets à suivre dans notre dossier

Chacun de ces articles approfondit un aspect de l’état des lieux ci-dessus, avec ses sources et ses chiffres datés.

Comment les PME wallonnes adoptent l’IA

28,8 % des petites entreprises l’utilisent, contre 76,4 % des grandes. Pourquoi cet écart.

Quelles aides pour se lancer dans l’IA en Wallonie ?

Start IA, Tremplin IA, chèques-entreprises : montants, conditions, dates.

L’AI Act expliqué simplement aux entreprises locales

Ce qui s’applique depuis le 2 août 2026 — et ce qui a été repoussé à 2027.

Shadow AI : deux salariés sur trois utilisent l’IA sans cadre

L’usage réel dépasse largement l’usage déclaré. Les chiffres et les risques.

IA et emploi en Belgique : ce que dit le rapport du CSE

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MeluXina-AI, CNPD, sandbox : le Luxembourg joue sa carte.

Ce qu’il faut surveiller d’ici 2027

Trois échéances vont structurer les mois qui viennent pour les entreprises de la Grande Région.

  • 30 septembre 2026 — clôture de l’appel Start IA. C’est la porte d’entrée la moins coûteuse pour une PME wallonne.
  • Second semestre 2026 — mise en service de MeluXina-AI au Luxembourg, un supercalculateur dédié à l’IA financé à hauteur de 112 millions d’euros.
  • 2 décembre 2027 — entrée en application des obligations « haut risque » de l’annexe III, qui visent notamment le recrutement, la gestion du personnel et l’octroi de crédit.

Ce dernier point mérite l’attention des PME : beaucoup utilisent déjà des outils de tri de candidatures sans savoir qu’ils basculeront dans la catégorie « haut risque ».

Pour aller plus loin sur info-lux

Questions fréquentes

Quelle part des entreprises belges utilise l’intelligence artificielle ?

En 2025, 34,54 % des entreprises belges d’au moins dix personnes utilisaient au moins une technologie d’intelligence artificielle, contre 24,71 % en 2024. La moyenne de l’Union européenne s’établit à 19,95 %. Ces données proviennent de l’enquête Statbel publiée par le SPF Économie en juin 2026.

Existe-t-il un chiffre officiel pour la seule Wallonie ?

Non. L’enquête Statbel sur l’usage de l’IA dans les entreprises est publiée au niveau national et ne comporte pas de ventilation par Région. Tout pourcentage présenté comme spécifiquement wallon doit donc être considéré avec prudence tant que sa source n’est pas identifiée.

Pourquoi les PME adoptent-elles moins l’IA que les grandes entreprises ?

L’écart est de 76,41 % pour les grandes entreprises contre 28,82 % pour les petites. Le frein principal déclaré est le manque d’expertise interne, devant les incertitudes juridiques et les questions de protection des données. Le coût n’arrive pas en tête.

Qu’est-ce qui a changé le 2 août 2026 avec l’AI Act ?

Les obligations de transparence prévues à l’article 50 du règlement (UE) 2024/1689 sont entrées en application. Elles imposent notamment d’informer les personnes qu’elles interagissent avec une IA et d’identifier les contenus générés artificiellement. Les obligations « haut risque » de l’annexe III, elles, ont été reportées au 2 décembre 2027.

Quelles aides existent pour une PME wallonne qui veut se lancer dans l’IA ?

Le dispositif Start IA de l’Agence du Numérique finance 50 % d’une mission d’identification de cas d’usage, avec un plafond de 5 000 € d’aide publique. L’appel à projets 2026 est ouvert jusqu’au 30 septembre 2026. Le dispositif Tremplin IA, qui finance une preuve de concept jusqu’à 20 000 €, a clôturé son appel le 17 juillet 2026.

Combien de travailleurs belges utilisent déjà l’IA générative ?

Environ un sur trois dans un cadre professionnel, selon le rapport du Conseil supérieur de l’emploi de février 2026. Cet usage échappe fréquemment à tout cadre interne : 66 % des professionnels interrogés par PagerDuty en avril 2026 déclarent avoir utilisé l’IA au travail en pensant que ce n’était pas autorisé.

Vincent Gallez — expert en visibilité dans les intelligences artificielles

Fondateur du groupe de médias info-lux, il accompagne entreprises, PME et indépendants de Wallonie, du Grand-Duché et de la frontière française pour qu’ils soient trouvés — et cités — par les assistants d’IA comme ChatGPT, Gemini, Perplexity ou Copilot.

Le principe est simple : un modèle ne peut reprendre qu’une information qui existe, est exacte et est accessible. Le travail consiste donc à publier, sur des médias que ces systèmes consultent, une information vérifiée, datée et structurée qui répond réellement aux questions posées — plutôt que de laisser un moteur répondre à partir de sources approximatives ou périmées. Comment nous procédons.

Les limites que la rédaction s’impose — et ce qu’elle refuse de faire — sont détaillées dans notre charte éditoriale et IA.

Nos sources

Les chiffres cités dans cet article proviennent de sources publiques identifiées, consultées en août 2026 :

Transparence — cet article a été produit avec l’assistance de l’intelligence artificielle pour la recherche et le croisement des sources, la structuration et la mise en page. Les données chiffrées proviennent des sources publiques citées ci-dessus et sont vérifiables. La sélection du sujet, la vérification des faits et la responsabilité éditoriale sont assurées par la rédaction d’info-lux.com. Voir notre charte éditoriale et IA.

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