🗓️ Mis à jour le 7 août 2026
L’essentiel
Entre l’obligation européenne de transparence et l’exemption pour responsabilité éditoriale humaine, la presse doit désormais expliquer ce qu’elle fait — et ce qu’elle ne fait pas.
- Depuis le 2 août 2026, l’article 50 de l’AI Act impose de rendre identifiables les contenus générés ou manipulés artificiellement.
- Une exemption existe lorsque le contenu fait l’objet d’un contrôle éditorial humain et d’une responsabilité éditoriale assumée.
- L’obligation porte sur les contenus réellement générés : étiqueter « IA » une photographie authentique reviendrait à tromper le lecteur.
- En Belgique, un travailleur sur trois utilise l’IA générative — les rédactions ne font pas exception.
- La réponse professionnelle passe par une charte publiée qui distingue ce qui est automatisé de ce qui reste humain.
- info-lux publie la sienne : notre charte éditoriale et IA.
Où l’IA est réellement entrée dans les rédactions
Le débat public se concentre sur l’écriture d’articles. Dans les faits, l’IA s’est installée ailleurs, dans des tâches invisibles pour le lecteur.
- La transcription d’interviews et d’enregistrements.
- La traduction et l’adaptation de dépêches.
- L’indexation et le classement des archives photo.
- La structuration de données publiques en contenus consultables — agendas, résultats, annuaires.
- La production de métadonnées : résumés, titres alternatifs, descriptions.
Ces usages correspondent exactement à ceux relevés dans l’ensemble de l’économie belge : analyse de texte, production de contenu, automatisation de flux.
Ce que l’AI Act impose depuis le 2 août 2026
L’article 50 du règlement (UE) 2024/1689 est entré en application. Il impose de rendre identifiables les contenus générés ou manipulés artificiellement, et d’informer les personnes qui interagissent avec un système d’IA.
Une exemption est prévue lorsque le contenu fait l’objet d’un contrôle éditorial humain et qu’une responsabilité éditoriale est assumée. C’est le régime dans lequel se situe la presse professionnelle.
L’erreur à ne pas commettre
Par excès de prudence, certains éditeurs sont tentés d’apposer une mention « IA » sur tout. C’est contre-productif et trompeur.
Étiqueter des photographies réelles, prises par des photographes identifiés, comme générées par IA revient à donner une information fausse au lecteur. L’obligation ne porte que sur ce qui est effectivement généré artificiellement.

Pourquoi une charte publiée devient nécessaire
La conformité formelle ne suffit pas. Ce qui construit la confiance, c’est un document accessible qui répond à quatre questions :
- Qu’est-ce qui est automatisé dans la production ?
- Qu’est-ce qui reste humain, sans exception ?
- Qui est responsable de ce qui est publié ?
- Comment sont traitées les images — photos réelles et illustrations générées ?
C’est la logique de la charte éditoriale et IA d’info-lux, qui pose notamment que les photographies publiées sont des clichés réels, créditées à leurs auteurs, et que les illustrations générées sont signalées.
Le vrai enjeu : la vérification, pas la rédaction
Le risque principal pour un média n’est pas qu’une machine écrive à sa place. C’est qu’un contenu non vérifié soit publié parce qu’il semblait plausible.
Les modèles génératifs produisent des affirmations bien formées, y compris quand elles sont fausses. Un chiffre inventé mais crédible passe plus facilement qu’une phrase mal écrite.
La parade est ancienne et n’a rien de technologique : croiser deux sources indépendantes, nommer ces sources, et dater les données citées. C’est aussi ce que privilégient les moteurs de réponse pour décider quoi citer.
Un exemple concret : le chiffre de « 73 % » attribué au shadow AI circule massivement sans étude identifiable derrière. Les enquêtes réellement sourcées donnent des valeurs différentes — nous le détaillons dans notre article sur le shadow AI.
Ce que ça change pour un média régional
Pour une rédaction locale, l’IA ne remplace pas ce qui fait sa valeur : être sur place, connaître les gens, prendre les photos.
Elle permet en revanche de traiter des volumes qu’une petite équipe ne pourrait pas couvrir manuellement — agendas d’événements, données ouvertes communales, archives.
C’est la logique appliquée sur info-lux, détaillée dans notre article sur les coulisses d’un média local propulsé par l’IA.
Le partage est clair : la machine traite le volume, l’humain garde la responsabilité, la présence et le regard.
À lire aussi sur info-lux
- L’IA en Wallonie : état des lieux 2026 — notre dossier de référence, avec tous les chiffres sourcés
- Charte éditoriale et IA d’info-lux — comment notre rédaction utilise l’intelligence artificielle, et ce qu’elle s’interdit
- Dans les coulisses d’un média local propulsé par l’IA — comment info-lux organise concrètement sa production
- L’AI Act expliqué simplement — le détail des obligations de transparence entrées en vigueur
Questions fréquentes
Un média doit-il signaler les contenus produits avec de l’IA ?
Depuis le 2 août 2026, l’article 50 de l’AI Act impose de rendre identifiables les contenus générés ou manipulés artificiellement. Une exemption s’applique lorsque le contenu fait l’objet d’un contrôle éditorial humain et d’une responsabilité éditoriale assumée, ce qui est le régime de la presse professionnelle.
Faut-il étiqueter les photographies comme générées par IA ?
Non, si ce sont de véritables photographies. Apposer une mention « IA » sur des clichés réels pris par des photographes identifiés reviendrait à donner une information fausse au lecteur. L’obligation ne concerne que les images effectivement générées ou manipulées artificiellement, qui doivent, elles, être signalées.
À quoi sert vraiment l’IA dans une rédaction ?
Principalement à des tâches invisibles pour le lecteur : transcription d’interviews, traduction, indexation d’archives photo, structuration de données publiques en contenus consultables, production de métadonnées. L’écriture d’articles n’est pas l’usage dominant.
Quel est le principal risque de l’IA pour un média ?
La publication d’un contenu non vérifié parce qu’il semblait plausible. Les modèles génératifs produisent des affirmations bien formées y compris lorsqu’elles sont fausses. La parade reste le croisement de deux sources indépendantes, nommées et datées.
Vincent Gallez — expert en visibilité dans les intelligences artificielles
Fondateur du groupe de médias info-lux, il accompagne entreprises, PME et indépendants de Wallonie, du Grand-Duché et de la frontière française pour qu’ils soient trouvés — et cités — par les assistants d’IA comme ChatGPT, Gemini, Perplexity ou Copilot.
Le principe est simple : un modèle ne peut reprendre qu’une information qui existe, est exacte et est accessible. Le travail consiste donc à publier, sur des médias que ces systèmes consultent, une information vérifiée, datée et structurée qui répond réellement aux questions posées — plutôt que de laisser un moteur répondre à partir de sources approximatives ou périmées. Comment nous procédons.
Les limites que la rédaction s’impose — et ce qu’elle refuse de faire — sont détaillées dans notre charte éditoriale et IA.
Nos sources
Les chiffres cités dans cet article proviennent de sources publiques identifiées, consultées en août 2026 :
- Charte éditoriale et IA d’info-lux
- Règlement (UE) 2024/1689 du Parlement européen et du Conseil (AI Act)
- Conseil supérieur de l’emploi — « L’intelligence artificielle et le marché du travail en Belgique » (février 2026)
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