
JOHN LIST : LE MASSACRE DE TOUTE UNE FAMILLE
Aisance financière, famille, emploi à responsabilités, il incarne un idéal de réussite dans cette période d’après-guerre mais, à ce moment-là, tout le monde ignore quelles horreurs émergent entre les murs du somptueux manoir victorien d’Hillside Avenue.
LE RÊVE AMÉRICAIN
John List est un homme accompli à qui tout réussit. Après avoir travaillé en tant que directeur des services comptables chez Xerox Corporation, il devient, en 1965, le vice-président et contrôleur financier de la First National Bank of New Jersey. Il a épousé Helen List de nombreuses années auparavant. Une union qui donnera naissance à trois enfants : Patricia, John Jr et Frederick. La mère de famille, femme au foyer, s’occupe des enfants avec l’aide de sa belle-mère, Alma.
John List est un fervent luthérien. Il se rend à l’église Redeemer Evangelical chaque semaine et est même professeur d’école du dimanche. Cheveux soigneusement peignés vers l’arrière, veste de costume cintrée, chemise immaculée et cravate parfaitement nouée, l’homme est toujours tiré à quatre épingles. Discret, poli, à la voix douce, il est perçu par le voisinage comme un père dévoué, un mari exemplaire, un comptable prospère et un pratiquant assidu.

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Au cours de l’année 1965, toute la petite famille déménage à Westfield, une banlieue résidentielle très prisée située à moins d’une trentaine de kilomètres de New York. Pour 90 000 dollars, John List acquiert un somptueux manoir victorien sur Hillside Avenue, un quartier aisé où vivent les cadres. La First Federal Savings and Loan Association lui accorde un important prêt hypothécaire. La vaste demeure, appelée Breeze Knoll, est la plus chère de la ville. Bâtie en 1885 par Augustus Wittke, elle s’étend sur trois niveaux et compte dix-neuf pièces dont une bibliothèque, plusieurs salons avec cheminées et une salle de bal surplombée d’une verrière et de vitraux.
John List et sa famille parfaite incarnent en tous points le rêve américain mais ce que tout le monde ignore c’est que le 431 Hillside Avenue va bientôt devenir le théâtre d’un quintuple meurtre sordide.
VEUF ET ORPHELIN, LE PLAN EST LANCÉ
5 novembre 1971. En ce soir pluvieux d’automne, après le diner, le père de famille a une étonnante façon de commencer le week-end : il demande à chacun, de manière énigmatique, quel type de funérailles il souhaiterait. Tout le monde se regarde. La question fait sourire les enfants, ça parait tellement lointain.

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9 novembre 1971 au matin. C’est un jour qui commence comme tous les autres débuts de semaine dans cette banlieue aisée. Les maris embrassent leur femme avant d’aller au travail et les écoliers enfilent leur sac à dos. List, quant à lui, dépose les enfants à l’école aux alentours de 9h00. À son retour, après avoir garé la voiture dans le garage, il récupère ses deux pistolets et les charge avant de pénétrer dans la maison d’un pas décidé. Ses intentions sont claires. Il sait exactement quoi faire. L’homme se dirige vers la cuisine où Helen boit son café, accoudée sur la table. Sans un mot, il lui tire dans la tête. La balle ricoche sur le mur. Du sang jaillit du crâne de la femme de 45 ans inerte, formant une flaque qui, peu à peu, dégouline sur ses pantoufles. Des éclaboussures rouge vif émaillent les portes des placards en bois et le papier peint coloré.
Après avoir abattu froidement son épouse, il se rend dans les appartements de sa mère, au dernier étage. Alma, 85 ans, est encore en robe de chambre. La vieille femme prépare son petit- déjeuner. Ses tartines son déjà dans le grille-pain et sa tasse de thé l’attend sur la gazinière. Debout près du cellier, elle s’adresse à son fils : « Qu’est-ce que c’était que ce bruit ? ». List ne répond pas. Il s’approche pour déposer un dernier baiser sur le visage de sa mère avant de lui mettre une balle dans le crâne.

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TRIPLE INFANTICIDE
Le nouvellement veuf et orphelin tente de descendre le corps mais ce dernier est trop lourd pour lui. Résigné, il l’abandonne sur le sol. De retour au rez-de-chaussée, il attrape la dépouille de sa défunte épouse et la tire jusqu’à la salle de bal. Là, il la place sur un sac de couchage. Il lui reste quelques heures pour tout nettoyer avant le retour des enfants. Il ne faut pas qu’ils voient ça. Il ne faut pas qu’ils se doutent de quelque chose.
Rapidement, le ménage lui ouvre l’appétit. Le respecté père de famille se prépare un sandwich et s’assied pour manger à la table sur laquelle il a abattu sa femme le matin même. Après cet encas, List va récupérer 2000 dollars appartenant à sa mère. Une fois rentré, il s’installe pour lire le journal. Son attention est détournée quand il entend des pas s’approcher de la porte arrière, où se trouve le barbecue. C’est sa fille, Patricia, 16 ans, qui ouvre la double porte en bois. L’adolescente, souffrante, est rentrée plus tôt que prévu. Elle progresse dans la buanderie et avant qu’elle ne puisse réaliser quoi que ce soit, il tire. Elle s’effondre. Quand Frederick, 13 ans, passe le perron, le même sort l’attend. Le cadet est tué sur le coup.

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Il n’en reste plus qu’un. List quitte la maison pour assister au match de football américain de John Jr., âgé de 15 ans. De retour à la maison après la rencontre sportive au stade, le jeune garçon dépose son sac et deux de ses livres scolaires sur le comptoir. À peine a-t-il tourné les talons qu’il reçoit une balle, mais contrairement à son frère et à sa sœur, il survit. Au sol, il se débat, il lutte pour sa vie, tente de s’enfuir. Il faudra une dizaine de coups de feu pour l’achever. « Je ne sais pas si c’était seulement parce qu’il se débattait encore, que je voulais m’assurer qu’il ne souffrait pas ou si c’était une sorte de moyen d’évacuer la tension, après avoir accompli ce que je considérais comme ma mission du jour », a déclaré List, se souvenant du moment où il s’est tenu au-dessus du corps agonisant de son fils, encore secoué de spasmes. Le meurtrier s’empresse de disposer les corps les uns à côté des autres. Il s’agenouille et prie pour leurs âmes.
Ce soir-là, en cette fin d’année, la nuit est déjà tombée quand List s’attable pour prendre son dîner. Dans cette grande maison, il est seul pour la première fois. Alors que les cadavres gisent sur le parquet de la pièce voisine, leur visage dissimulé sous un linge, les fantômes de sa famille semblent le regarder manger, en silence. Une fois repu, le criminel fait la vaisselle, la place sur l’égouttoir et part se coucher dans le lit conjugal. Le lendemain, il nourrit les poissons de ses enfants avec du TetraMin avant de redescendre au rez-de-chaussée en direction de la porte d’entrée. Il en passe le pas et se retourne pour fermer la maison à clé. Sans un regard, il s’éloigne, laissant derrière lui un manoir sans vie. Personne ne reverra John List.

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MÉTHODIQUE, IL A TOUT PRÉMÉDITÉ
Le père de famille a calculé son passage à l’acte jusqu’à planifier les moindres détails afin de n’alerter personne. Il a ainsi retiré 2000 dollars appartenant à sa mère, annulé son abonnement chez le livreur de lait et prévenu les services postaux de ne plus distribuer le journal ou le courrier à son domicile. Il a contacté l’école des enfants, des amis, des collègues ainsi que quelques proches pour annoncer que la famille se rend en Caroline du Nord dans le but de s’occuper de la mère d’Helen, gravement malade. Toute la famille doit s’absenter pendant plusieurs semaines, il ne faut donc pas s’inquiéter de leur absence.
Le lendemain des meurtres, List baisse la température de la maison pour retarder la décomposition. Il allume toutes les lumières et met de la musique religieuse. De cette manière, les voisins penseront qu’il y a quelqu’un à l’intérieur. Il évite tout soupçon immédiat et retarde la découverte. Avant de prendre la fuite, l’homme bien sous tous rapports fouille la maison à la recherche de tous les clichés. Il les détruit et arrache ou raye son visage des photos de famille. Les forces de police auront plus de difficulté à l’identifier et ne disposeront pas d’apparence de référence pour commencer les recherches. Le travail des enquêteurs s’annoncera ardu.
Enfin, le protestant prend la direction de l’aéroport international John F. Kennedy de New York où il laisse sa voiture, une Chevrolet Impala bleue, avant de monter à bord d’un bus qui le dépose à la gare. Ensuite, il fuit vers Denver en train. Souhaitant brouiller les pistes, List réussit à disparaître sans laisser de traces, avant même que quiconque ne découvre les atrocités qu’il a commises.

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DES INQUIÉTUDES ÉMERGENT
5 décembre 1971. Surpris de la durée de son absence, le professeur d’art dramatique de Patricia, Monsieur David Illiano, brave le froid et se rend à Breeze Knoll pour prendre des nouvelles de son élève. Une fois sous le porche, droit entre les colonnades, il frotte ses mains comme pour se réchauffer, souffle et appuie sur la sonnette. Rien. Il insiste et toque, plusieurs fois. Toujours rien. L’endroit semble désert. Une assistante sociale envoyée par le lycée s’est déjà présentée au domicile deux semaines plus tôt mais elle a, elle aussi, trouvé porte close. L’établissement reste donc sans nouvelles.
Les voisins commencent, à leur tour, à se poser des questions. Chose étrange et inhabituelle dans ce quartier où tout est toujours bien rangé : les lumières sont allumées nuit et jour jusqu’à commencer à clignoter de façon irrégulière puis à faiblir jusqu’à progressivement s’éteindre après un mois sans qu’aucun mouvement ne soit constaté, ni dans l’allée, ni derrière les vaporeux rideaux du manoir.

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DESCENTE DANS L’HORREUR
7 décembre 1971. Il est un peu plus de 22h00 quand une voisine décide d’appeler la police de Westfield pour un simple contrôle. Deux agents sont envoyés sur place. Eux non plus n’ont pas de réponse. Ils font le tour de la propriété et ne constatent aucun signe d’effraction. Ils décident de pénétrer dans le manoir par l’une des fenêtres du porche latéral. Il y fait froid, anormalement froid. Mais une chose détourne instantanément leur attention de la température. Résonne dans l’interphone ce qui semble être un chant religieux sur un air d’orgue.
À mesure qu’ils progressent à travers les pièces sur fond de ce qui semble être une marche funèbre, une odeur se fait de plus en plus forte. Les policiers l’identifient immédiatement. Il s’agit de celle de la putréfaction. Les deux hommes avancent lentement jusqu’à se retrouver dans la cuisine du domaine. Tout semble en ordre. Sur le piano de cuisson, une bouilloire attend, comme si le résident allait se servir. Sur le côté, un robot pâtissier est encore branché près du mixeur. Un détail, cependant, retient le regard avisé des agents : une douille. La pièce attenante est une buanderie. Là, au milieu des produits ménagers, près de la machine à laver et des bidons de lessive Dash, quelque chose dépasse de l’évier. En s’approchant, ils constatent qu’il s’agit de serpillières ensanglantées. Des sacs en papier Bigbuy remplis d’essuie-tout jonchent le garde-manger, des filets rougeâtres s’en échappent. Précédés par le faisceau de leurs lampes torches, les agents de police constatent la présence de longues trainées de sang coagulé sur le sol. Des traces cramoisies, recouvrant le bas des encadrements de portes, tranchent avec la crudité de la lumière.

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UNE DÉCOUVERTE MACABRE : RÉUNIS MÊME DANS LA MORT
Ils arrivent dans le salon de l’aile arrière de la bâtisse. Face à eux, deux rideaux tirés cachent le chemin qui mène à la mort. Prudemment, les fonctionnaires décalent le lourd tissu et pénètrent dans la salle de bal. La pièce est spacieuse mais presque vide. Leurs pas résonnent. Seuls un bureau, une guitare posée dessus, deux mappemondes et un chandelier habillent la pièce. Sur le parquet à bâtons rompus ont été disposés quatre corps. Ils gisent allongés sur le dos. Sous les victimes, des sacs de couchage imbibés de sang. Les trois enfants sont côte à côte, près de la cheminée. Ils portent leurs chaussures et leur manteau. John Jr. a encore ses gants en cuir.
Perpendiculaire à eux, près de leur tête, repose le cadavre d’Helen. La femme, vêtue de son peignoir, a les bras ensanglantés, la paume des mains vers le ciel. On soulève les linges qui recouvrent le visage des dépouilles. La mère de famille a la tête légèrement inclinée. L’un de ses yeux, encore ouvert, semble fixer les agents. Ce qui était autre fois une salle de réception est devenue une morgue familiale. Des renforts sont immédiatement demandés.
La sinistre inspection se poursuit au fil des étages et du grincement des marches du grand escalier. Un cinquième et dernier corps est découvert dans l’appartement mansardé. La vieille femme, allongée dans une mare de sang, a la bouche grande ouverte comme poussant un ultime cri silencieux, porteur des stigmates de l’horreur du parricide dont elle a été victime. Le chien de la famille, quant à lui, reste introuvable.

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11 décembre 1971. L’enterrement de la famille List ne réunit pas moins de 350 personnes. John a laissé des instructions précises concernant les funérailles mais aucuns fonds à cet égard. C’est donc l’église de la famille qui finance la concession. Tout naturellement c’est le révérend Eugene Rehwinkel qui officie aux funérailles. Des policiers et agents du FBI en civil patrouillent dans l’espoir d’apercevoir le suspect dans la foule. Les trois enfants sont enterrés avec leur mère au Fairview Cemetery de Westfield. Sur leur sépulture on peut lire « Gloire à Dieu » au-dessus d’une citation du Psaume 23. Alma Marie Barbara Florence List est, quant à elle, inhumée au Saint Lorenz Lutheran Cemetery, dans le Michigan, le lendemain.
PREMIERS ÉLÉMENTS
Le cadavre d’un seul membre de la famille n’a pas été retrouvé. John List, cet homme énigmatique et solitaire, devient donc le principal suspect dans cette affaire. Les inspecteurs passent le domicile au peigne fin. Dans le dernier tiroir du bureau du père de famille, on découvre les armes du crime : deux pistolets, un automatique allemand Steyr 9mm datant de 1918 et un revolver colt de calibre 22.
Une lettre adressée au révérend Rehwinkel est signée de la main du père de famille. Le document manuscrit daté du 9 novembre fait cinq pages. Dans sa missive structurée, List, d’une écriture soignée, en italique, avoue les meurtres. Les forces de l’ordre lancent immédiatement une chasse à l’homme d’envergure nationale. Le FBI rejoint l’enquête. Cent cinquante pièces à conviction sont saisies dans la maison et la voiture du fugitif est retrouvée stationnée à l’aéroport Kennedy le 9 décembre 1971. Le ticket indique que le véhicule se trouve là depuis le 10 novembre dernier. Après vérification, aucun élément ne laisse penser que List a pris un avion. Afin de prêter main-forte aux enquêteurs, Eugene Rehwinkel lance un appel public dans l’espoir que le prétendu meurtrier prenne contact avec lui : « John, en tant que votre pasteur, je suis toujours votre ami qui vous soutiendra, restera à vos côtés et vous aidera. Contactez-moi s’il vous plaît ». Cette tentative reste vaine. Les recherches piétinent.

Source : Murderpedia
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ÉCUEUILS : QUAND TOUT PART EN FUMÉE
Des curieux affluent et tentent de pénétrer dans la maison de l’horreur afin de voir de leurs propres yeux la scène de crime. Les forces de l’ordre doivent protéger la bâtisse, qui est vite mise sous scellés. Un agent fait même de la surveillance sur place. En dépit de la vigilance policière, neuf mois après le drame, le 30 août 1972, le manoir familial est ravagé par un incendie en pleine nuit. Quand les soldats du feu arrivent sur les lieux, la bâtisse est déjà entièrement embrasée. Les flammes sortent des fenêtres comme si la maison était un passage vers l’enfer. On soupçonne un acte criminel. En effet, la résidence aurait été aspergée de kérosène mais l’affaire ne sera jamais résolue et les incendiaires ne seront jamais appréhendés. Une nouvelle maison sera construite sur le site en 1974.
Le sinistre complique fortement l’enquête. Les médias continuent d’évoquer le dossier à chaque anniversaire des meurtres, sans résultat. L’affaire s’enlise et, au fil des années, on parle de « cold case ». List devient le tristement célèbre « croquemitaine de Westfield » pour la presse et les parents des villes voisines face à leurs enfants récalcitrants.

Source : Google Maps
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TOURNANT DANS L’AFFAIRE, LA PISTE SE RÉCHAUFFE
Les autorités ont le sentiment d’avoir fait le tour de tout ce qui est envisageable. Une multitude de pistes ont été étudiées sans que cela ne donne quoi que ce soit. Une seule carte reste à jouer. Une émission qui résonne comme le dernier espoir, America’s Most Wanted. Véritable phénomène du milieu télévisuel américain, elle sera diffusée pendant pas moins de 33 ans et permettra l’arrestation de plusieurs centaines de fugitifs. Le programme est spécialisé dans la résolution d’affaires criminelles en sollicitant l’aide des téléspectateurs. L’animateur phare, John Walsh, est connu pour sa lutte contre la criminalité dans laquelle il s’implique depuis le meurtre tragique de son fils Adam âgé de seulement 6 ans. En 1981, l’enfant a été enlevé dans un magasin d’Hollywood. Les policiers retrouveront sa tête deux semaines plus tard. Courant 2008, le célèbre tueur en série Ottis Toole sera reconnu comme étant l’auteur du meurtre.
La police fait appel au programme sans grande conviction mais qu’a-t-il à perdre ? Un détail, cependant, reste à considérer, l’émission n’a jamais traité un dossier aussi ancien. Le fugitif a forcément évolué physiquement, or il faut une référence à montrer au public. On fait appel à Frank Bender, un artiste de reconstruction médico-légale. L’homme peut reconstituer l’apparence faciale d’un recherché ou d’un défunt à partir d’un squelette ou d’un corps en décomposition. Dans le cas de List, Bender travaille avec un psychologue légal, Richard Walter. Il utilise des photos de ses parents pour repérer les traits héréditaires. Il utilise la technique du vieillissement de portrait pour définir ce à quoi le criminel supposé ressemble, dix-huit ans après le quintuple assassinat. Il lui fait une bouche aux commissures tombantes et un menton relâché. En se fiant à des références de nuances de formes de crâne, aux données de mesures de l’épaisseur des tissus faciaux en fonction de l’ethnie, de l’âge et du genre, Bender réalise un buste en argile représentant List. Le sculpteur prend même en compte l’impact de ses habitudes alimentaires. L’analyse du profil psychologique du meurtrier laisse à penser que l’homme a gardé son style vestimentaire et a, sans doute, opté pour une paire de lunettes évoquant l’autorité, comme une monture sombre et épaisse.

Source : Forensic Files 1996
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Dimanche 21 mai 1989 au soir. Le buste est présenté à tous les États-Unis dans le 66èmeépisode diffusé sur la Fox devant 22 millions de personnes. Les appels affluent, on en dénombre près de 150 en à peine deux heures. L’un d’entre eux retient particulièrement l’attention des enquêteurs, celui de Wanda Flanery. La femme originaire de Midlothian, en Virginie, pense reconnaître son ancien voisin, Robert Clark. L’homme est élégant, travaille comme comptable et lui aussi est luthérien. Deux ans auparavant, la femme avait déjà fait le rapprochement. Amatrice de tabloïds de supermarché, elle avait été troublée par la ressemblance entre le mari de sa bonne amie et le présumé auteur de ce vieux crime. Elle avait alors montré le magazine à Dolores Clark, son épouse, mais cette dernière n’avait pas pris ses doutes au sérieux. Elle l’avait épousé, son mari ne pouvant pas être cet horrible tueur de masse. Elle savait qu’il n’était pas capable de faire une telle chose.
FIN DE CAVALE, ON LE TIENT
26 mai 1989. L’agent spécial du FBI Kevin August est averti du tuyau et part pour Richmond dans les jours qui suivent. C’est là que se trouve ce fameux Clark. Le 1er juin August se gare devant une modeste maison et se présente. C’est Dolores qui lui ouvre. Il lui présente le portrait-robot de List à l’époque. La femme, sous le choc, lui ramène une photo prise à son mariage. La ressemblance est troublante. Elle donne à August l’adresse du cabinet de comptabilité pour lequel son mari travaille. L’homme est propre sur lui, pantalon repassé, ongles parfaitement coupés, une chemise boutonnée jusqu’au col, les yeux cerclés par une épaisse monture. Le suspect correspond en tous points au buste réalisé à l’effigie de List. Robert Clark est arrêté pour être interrogé. Il est escorté, menottes aux poignets. Il nie avec conviction être celui que l’Amérique recherche depuis presque vingt ans mais est trahi par ses empreintes digitales. Celles de la scène de crime et celles présentes sur sa demande de permis de port d’arme datant du mois qui a précédé les meurtres. Clark présente également la même cicatrice que List sous son oreille droite. Confronté à une série de preuves irréfutables, acculé, il finit par avouer le 16 février 1990. Dolores Miller apparait usée, les épaules tombantes, le cou avachi comme cédant sous le poids de la nouvelle.

Source : America’s Most Wanted
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Celui qui a disparu sans laisser de traces ce 10 novembre 1971 a gagné sa vie en tant que cuisinier dans un hôtel avant de reprendre sa profession d’origine, comptable. Il est contrôleur financier chez un fabricant de boîtes en carton près de Denver. L’homme se présente comme Robert Clark, le nom de l’un des anciens camarades de classe de List. Il commence par louer une chambre dans une maison de Richmond et rejoint une église luthérienne. Il organise du covoiturage pour les paroissiens non véhiculés. Il rencontre Dolores Miller en 1977 lors d’une réunion entre croyants et l’épouse en 1985. En février 1988, le couple emménage dans le quartier de Brandermill à Midlothian et mène une existence parfaitement normale. Quand on le questionne quant à son passé, Clark répond que sa première femme est décédée d’un cancer et qu’il n’a jamais eu d’enfant. Dolores ignorera tout de sa véritable identité jusqu’à son arrestation, étant à mille lieues de penser que pendant toutes ces années elle partageait son lit avec l’un des fugitifs les plus recherchés.

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LA RELIGION COMME POINT D’ANCRAGE DÈS L’ENFANCE
Né le 17 septembre 1925 à Bay City dans le Michigan, John Emil List est le fils unique de Germano-Américains, John Frederick List Senior et Alma Maria Barbara List. Le jeune garçon grandit pendant les années difficiles de la Grande Dépression. Il reçoit une éducation stricte, ancrée dans la religion. Ses parents sont tous deux des luthériens pratiquants. Alma est connue pour son instinct protecteur exacerbé. Mère étouffante voire dominante, elle l’empêche de quitter le quartier, ce qui a pour conséquence l’isolement de son fils qui peine à se faire des amis.
John est scolarisé au Bay City Central High School où il obtient son diplôme de fin d’études secondaires. En 1943, à ses 18 ans, il s’engage dans l’armée américaine et sert pendant la Seconde Guerre mondiale, au grade de sous-lieutenant. Son père décède au cours de l’année 1944. Après avoir obtenu son diplôme de l’Université du Michigan à Ann Arbor, John décroche une licence en administration des affaires et une maîtrise en comptabilité.

Source : Google Maps
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En novembre 1950, alors âgé de 25 ans, John est rappelé pour servir lors de la Guerre de Corée. Il rencontre Helen Morris Taylor à Fort Eustis lors d’une soirée entre amis au bowling. Belle, élancée, élégante dans sa robe, elle lui plaît immédiatement. Il l’épouse le 1er décembre 1951 à Baltimore. Elle est la veuve d’un officier d’infanterie mort au combat. De cette première union, elle a eu une fille, Brenda. Le couple a trois enfants entre 1955 et 1958. La petite famille déménage à Kalamazoo dans le Michigan avant de s’installer à Rochester dans l’Etat de New York.
LES APPARENCES SONT PARFOIS TROMPEUSES, LE CHEF DE FAMILLE S’ENLISE
L’enfance de List a forgé une personnalité attachée à l’ordre, à la discipline et aux valeurs traditionnelles. Le vétéran est conservateur, rigoureux avec les chiffres, structuré dans sa pensée et croit dur comme fer en la moralité. Dans cette période d’après-guerre, la société américaine met l’accent sur l’idéal de la famille conventionnelle correspondant aux diktats du patriarcat. L’homme de la maison occupe la place centrale au sein de la famille. Il assure la stabilité financière tandis que l’épouse se réserve pour son rôle de mère, privilégiant l’éducation des enfants et le bon fonctionnement du foyer au quotidien. La pensée de List est le reflet de son époque et des rôles assignés aux genres.
Derrière les sourires de façade et les photos de famille soigneusement encadrées, la réalité est bien moins lisse. Le mariage des List n’est pas très heureux. À vrai dire il a été précipité et motivé par la crainte d’une grossesse qui s’est avérée être une fausse alerte. L’état de santé d’Helen se dégrade. Elle sort très peu. Certains voisins déclarent même ne jamais l’avoir vue depuis l’emménagement des List dans le quartier. En réalité, elle est quasiment aveugle de l’œil droit et a des difficultés à marcher. Elle est psychologiquement instable et a un penchant pour la boisson. On lui diagnostique une dépression pour laquelle elle est prise en charge au Columbia Presbyterian Hospital de New York mais un mal plus insidieux encore ronge la mère de famille depuis de nombreuses années : la syphilis. Contractée pendant son précédent mariage, la maladie a été cachée à John jusqu’en 1969. Elle a d’ailleurs insisté pour qu’ils se marient dans le Maryland, état qui n’exige pas de faire un test de dépistage avant. Au fur et à mesure, la maladie de la seule femme que List ait jamais connue intimement progresse, sa santé se détériore. L’IST provoque des sautes d’humeur, de la paranoïa et un bouleversement émotionnel, créant de fréquentes tensions au sein du foyer. Helen ne se rend plus à l’église et est jugée comme une épouse indigne par sa belle-mère.

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Les enfants, eux non plus, ne sont pas si parfaits. Les garçons sont scolarisés au collège Roosevelt. John Jr, le cadet, y rencontre des difficultés scolaires et est victime de harcèlement de la part de ses camarades de classe. Patricia, l’aînée, dévie du cadre strict que tente d’imposer son père. Elle prend des cours de théâtre et rêve de devenir une grande actrice. Des aspirations que John juge immorales. Enfin, il a découvert que son unique fille fume de la marijuana. Un « hobbit » qui lui semble inacceptable.
La situation professionnelle de John List se dégrade quand, courant 1971, il perd son emploi à la banque. Il tente de vendre des assurances pour pallier son licenciement mais cela ne suffit pas. Les finances sont instables, l’avenir devient flou. Les List vivent déjà au-dessus de leurs moyens dans cette immense demeure qu’ils ne peuvent se permettre de meubler totalement, ni de chauffer en hiver. Les dettes s’accumulent entre le manoir, leur train de vie et les frais médicaux de son épouse. Au bord de la faillite, le père de famille ne parvient pas à enrayer sa propre chute. Dans l’espoir de s’en sortir en dissimulant sa chute financière à ses proches, il détourne de l’argent des comptes bancaires de sa mère qui est sous tutelle. Chaque jour, le patriarche enfile un costume et fait mine de se rendre au bureau mais il passe en réalité des heures dans les trains ou à errer dans les gares et dans les halls d’immeubles dans lesquels il patiente en épluchant les journaux à la recherche d’offres d’emploi. Plus la situation empire, plus il s’enfonce dans le mensonge.

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AVEUX : IL TENTE D’EXPLIQUER SON GESTE
List cache la vérité à sa famille et vit dans une angoisse constante. La peur de la ruine et de sa déchéance sociale le ronge. Son attachement aux idéaux de son époque rend la perte de son emploi à 46 ans inacceptable. La famille en apparence parfaite et la maison onéreuse qui symbolisait jadis sa réussite sont devenues un fardeau bien trop lourd pour cet homme à l’ego fragilisé. L’image de réussite qu’il a soigneusement cultivée pendant des années commence à se fissurer. Dans les ruines de sa vie passée, la honte est un ennemi face auquel il n’a aucune chance. Il est prêt à tout pour ne pas y être confronté.
Sous une apparente tranquillité, la pression monte en sourdine. Derrière cette façade calme, un plan des plus sombres se dessine lentement. Bientôt, la seule solution qui s’impose à John List est de se débarrasser de ceux auprès desquels il ne peut pas assumer la vérité. Son monde s’écroule. Attaché à la respectabilité et à la réussite, enlisé dans un besoin de contrôle absolu, List coule. Le principe d’autonomie et l’éthique protestante du travail appris en grandissant dans un foyer religieux strict lui interdisent de montrer le moindre signe de faiblesse ou d’échec. Voyant sa vie s’effondrer, il estime que la mort est un destin préférable à une vie de misère.
Il perçoit ses contemporains comme dangereux et spirituellement perdus. Il craint que ses enfants ne soient un jour entraînés dans cette corruption morale et peu à peu il constate que sa famille se détourne de Dieu. Le suicide est considéré comme un péché alors que si c’est lui qui agit, leurs âmes pourront être sauvées d’un futur qu’il juge pire et rejoindre les cieux. Après rédemption, lui aussi pourra les rejoindre au paradis. « Je pense qu’au paradis, nous n’aurons plus à nous soucier de ces choses terrestres. Ils m’auront soit pardonné, soit ils ne se rendront même pas compte de ce qui s’est passé », a déclaré List à Connie Chung du Downtown Magazine lors d’une interview en prison. « Je suis certain que si nous nous reconnaissons, nous apprécierons notre compagnie respective comme nous le faisions ici-bas, à une époque plus heureuse », a-t-il ajouté.

Source : Google Maps
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EXPERTISE : UN PORTRAIT BIEN PLUS SOMBRE DU PRÉTENDU BIENFAITEUR
Les profileurs sollicités pour analyser List – dont John E. Douglas – ont conclu que l’accusé avait inventé son mobile pour se rassurer et justifier le meurtre de sa famille afin d’apaiser son propre tourment. Les cinq victimes n’avaient aucune chance face à leur bourreau. Le passage à l’acte du père de famille a non seulement été prémédité mais a surtout fait l’objet d’une planification minutieuse et d’une précision glaçante. Rien n’a été laissé au hasard. Après avoir massacré toute sa famille, List ne s’est pas enfui, n’a pas paniqué. Bien au contraire, il a passé des heures à réorganiser soigneusement le manoir, signe de sa froideur et de son esprit calculateur. Une absence d’affects d’ailleurs soulignée par les experts psychiatres mandatés. Le docteur Steven Simring affirme que List ne fait état d’aucune forme de remords sincère. On évoque un diagnostic de trouble de la personnalité obsessionnelle-compulsive.
Le fait d’avoir couvert le visage de ses victimes suggère une tentative de se distancer de ses actes. Même après la mort, il semble refuser d’affronter la réalité qui est la sienne. Son crime, accompagné de chants religieux, représente pour lui une espèce de rite de passage vers le salut, à l’image d’une cérémonie funéraire solennelle. Il confiera d’ailleurs avoir prié pour chacun d’entre eux avant son départ.

Source : « Collateral Damage » de John List et Austin Goodrich
PORTRAITS CRIMINELS > SWEN > JOHN LIST
CONDAMNATION
John List est rapatrié dans le New Jersey afin d’y être jugé. L’homme est incarcéré à la prison du comté d’Union à Elizabeth. Sa caution est fixée à 5 millions de dollars. Pour l’accusation, la planification du crime et de la cavale du criminel est la preuve que l’homme était parfaitement conscient de ses actes au moment des faits. La défense, elle, plaide non coupable, évoquant l’état mental de l’accusé. Pour elle, les meurtres sont le fruit d’un esprit perturbé plutôt que d’une cruauté préméditée. Son avocat affirme que son client souffre d’un stress post- traumatique dû à son service pendant la Seconde Guerre mondiale et la Guerre de Corée. Des psychiatres témoignent de la pression intense qu’il a subie après avoir perdu son emploi.
Le 12 avril 1990, le juge William L.E. Wertheimer déclare John List coupable après neuf heures de délibération. Il est condamné à cinq peines de prison à perpétuité consécutives. Face au verdict, la salle applaudit. Le croquemitaine passera le reste de ses jours derrière les barreaux. Dans la communauté de Westfield, ce verdict a enfin apporté un sentiment de justice longtemps attendue. En parallèle, Dolores Miller demande le divorce.
DÉTENTION ET FIN DE VIE
List affirme être toujours profondément religieux. Il est incarcéré à la prison d’État du New Jersey située à Trenton. La structure est l’un des plus anciens établissements correctionnels des États-Unis, le seul de l’État à sécurité maximale. Le détenu matricule 226472 conserve la même discrétion que celle qui lui a permis de se fondre dans la masse et d’échapper aux forces de l’ordre pendant près de vingt ans.
Celui qui était autrefois une figure emblématique de la richesse et du succès à Westfield et qui était finalement devenu célèbre pour ses crimes succombe à une pneumonie le 21 mars 2008, à 82 ans, quatre jours après son hospitalisation au centre médical St. Francis de Trenton. Aucun détail précis n’a été rendu public concernant l’inhumation de List. Personne ne serait venu réclamer son corps, les tentatives de contacter son ex-épouse restant infructueuses.

Source : Google Maps (20)
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Ironie du sort, selon certaines sources, Breeze Knoll était estimée aux alentours de 100 000 $, sans même considérer la valeur de la verrière et du vitrail Tiffany de la salle de bal. Une somme qui lui aurait suffi à rembourser ses dettes.
PARALÈLLE CRIMINOLOGIQUE
L’affaire du massacre de la famille List a semble-t-il inspiré plusieurs criminels, sûrement par sa notoriété internationale. Le parcours du père de famille n’est notamment pas sans évoquer deux dossiers français bien connus du grand public dont les similitudes sont troublantes :
Jean-Claude Romand a menti à ses proches pendant pas moins de dix-huit ans en se prétendant médecin et chercheur à l’INSERM puis au sein de l’Organisation Mondiale de la Santé. Alors qu’il dit assister à des congrès internationaux de médecine, notamment sur le continent américain, il passe ses journées entières sur des parkings d’autoroute. Il vit des sommes d’argent qu’il a escroquées au fil des ans à ses proches sous prétexte de placements en Suisse. Il vend également de faux médicaments contre le cancer. Seulement, sa combine de rembourser les uns avec les sommes empruntées aux autres arrive à ses limites. Ses parents nourrissent des doutes à son égard et un ami découvre que son nom ne figure pas sur la liste des fonctionnaires de l’OMS. Ainsi, le 9 janvier 1993, à court de ressources financières et face à la menace des conséquences de la vérité, il tue son épouse ainsi que leurs deux enfants Caroline et Antoine, avant d’aller assassiner ses parents et leur labrador. Romand est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans le 2 juillet 1996. Il est finalement libéré courant 2022.

Source : Google Maps (21)
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Xavier Dupont de Ligonnès est suspecté d’avoir tué sa famille (Agnès son épouse et ses quatre enfants Arthur, Thomas, Anne et Benoît) avant d’enterrer les corps sous la terrasse du jardin de la propriété familiale à Nantes en avril 2011. Le scénario de la tuerie familiale semble avoir été calqué sur le parcours macabre de son homologue américain. Problèmes financiers, mensonges, passage à l’acte méthodique, croyances religieuses, cavale sont autant de points communs entre les deux dossiers. Le père de famille nantais a préparé sa fuite dans l’objectif de gagner du temps. Il a notamment informé les écoles de ses enfants, ainsi que l’employeur de sa femme, qu’ils devaient partir précipitamment en Australie. D’ailleurs, le fugitif français adorait les USA et s’y trouvait dans le cadre d’un road trip quand l’affaire List a connu une explosion médiatique. Le parcours et la personnalité calculatrice des deux hommes sont étrangement similaires. Depuis le quintuple meurtre, le prétendu criminel français est toujours recherché. Des témoignages, émissions et articles de presse continuent de passionner l’Hexagone et de nourrir toutes sortes de spéculations autour de sa cavale.
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Diplômée d’état en psychologie, à la tête de « Portraits Criminels par Swen », journaliste indépendante responsable de couvrir les faits divers du département du Tarn-et-Garonne, du Lot et de l’Aveyron pour Le Petit Journal, responsable communication et rédactrice des avis de recherche pour les cas de disparition recensés par la délégation régionale Grand-Est de l’association Assistance et Recherche de Personnes Disparues, rédactrice pour la rubrique « Réseaux Pédocriminels » de l’association Wanted Pedo, chroniqueuse judiciaire pour W9, vidéaste, auteure et artiste visuelle.
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