🗓️ Mis à jour le 4 juillet 2026
‘Once a year go to a place you’ve never been before’ disait le Dalaï Lama 14e du nom. En français : ‘Une fois par an, allez dans un endroit où vous n’êtes jamais allé auparavant.’
Spoiler : on ne va pas parler tourisme aujourd’hui.
Sortir de la routine crée de nouvelles connexions neuronales. Ce faisant, nous musclons notre capacité à trouver des solutions originales et à voir la vie sous un autre angle. En clair, on booste notre créativité, et on offre à notre cerveau une véritable cure de jouvence : c’est tout bon à prendre. Mais ce n’est là qu’un des aspects de notre enrichissement personnel qui se cachent sous ce conseil.
Il existe un autre bénéfice, plus discret, et peut-être plus précieux encore : ‘Pratiquer l’esprit du débutant’, démarche essentielle pour cultiver la fraîcheur d’esprit.
En sortant de notre routine, nous arrêtons de fonctionner en mode automatique. Sortir de nos sentiers rebattus nous force à redevenir un ‘débutant’ : on doit réapprendre à regarder, à écouter, à s’orienter. Rencontrer de nouvelles personnes, visiter d’autres lieux, s’immerger dans une autre culture : quand on baigne dans l’inconnu, tous nos sens sont en éveil, on quitte le mode ‘autoroute’ pour goûter ce qui est là, à l’instant T.
Cela dit, pour la plupart d’entre nous, il n’est pas nécessaire de franchir huit frontières pour y parvenir.
Rompre la platitude

Nous ne connaissons que trop bien la routine qui aplatit nos journées, le mode linéaire et prévisible dans lequel nous nous sommes engagés : la vie avec son absence de relief. Lisse, rassurante parfois, mais souvent cruellement fade.
Et si on passait à la 3D dans notre vie ? Celle qui nous permet de retrouver de l’épaisseur, de la profondeur, de réveiller nos sens, de faire vibrer nos neurones… et notre cœur, par la même occasion.
On peut rompre cette platitude en découvrant une destination inconnue – géographique ou intérieure d’ailleurs. Ou encore… en apprenant cette nouvelle compétence :
Expériencer la vie
Ce néologisme se distingue d’expérimenter, qui parle d’essais (et d’erreurs bien souvent). Vous comprenez pourquoi je préfère le premier.
J’ai encadré une des photos de ma fille que je préfère : on la voit à 5 ans, riant aux éclats dans un champ de fleurs. Chaque fois que mes yeux se posent sur cet instantané, je ressens plein d’émotions : face à cette joie pure d’un enfant qui vit intensément un moment de plaisir, c’est tout mon amour pour elle qui refait un tour de circulation dans mon cœur et mon être tout entier. C’est le bonheur de cet instant partagé. C’est le bonheur d’avoir une enfant qui rayonne de joie de vivre, et plus intimement encore, la gratitude de voir que cet élan de vie l’habite toujours aujourd’hui.

Je me souviens de cet ami, au crépuscule de sa vie, qui me parlait de cette carte postale posée sur sa table de salon : une place ensoleillée d’une petite ville italienne, un banc ombragé, inoccupé. Il avait acheté cette carte en souvenir d’un moment où il s’y était installé avec son épouse, ‘pour regarder la vie’. Cette photo ne me disait rien. Pour lui, elle lui parlait encore, dix ans après le décès de son épouse. Elle contenait les propos échangés, le sentiment de complicité et d’entente mutuelle qui avaient été les leurs. L’amour partagé, simplement assis au détour d’une promenade estivale.
Il m’a appris qu’un quart d’heure sur un banc italien peut contenir une densité humaine extraordinaire, qui persiste dans le souvenir. Ce qu’il m’a surtout appris, c’est à capter la chair de la vie, cette empreinte en nous qui devient ressource.
Cette densité de la vie, on peut apprendre à la saisir. Elle nous enrichit et elle nous nourrit. Elle alimente en nous des canaux d’émotions et de ressentis. Si les instants ne font pas que passer, leur empreinte devient une sorte de ciment discret qui donne davantage de densité, de relief et de solidité à ce que nous sommes. Ils deviennent notre capital intérieur.
Vibrer, se laisser toucher, intégrer

Expériencer la vie, c’est aller à son contact. C’est même la faire entrer en nous. Pas seulement traverser nos journées.
Quand on chausse ses lunettes 3D, on va chercher de l’épaisseur, du relief. On accepte de ressentir, par l’émotion ET par nos sens en éveil. C’est aussi vivre le moment de l’intérieur. Pas juste à la surface. C’est ainsi que l’on laisse les beaux instants de notre vie devenir une matière intérieure solide.
Alors, cet été, faisons de temps en temps un arrêt pour nous laisser toucher par tout ce qui se joue devant nous : des rires, de la lumière, de la convivialité, de la saveur, de la tendresse, de la joie. De la vibration, de l’impalpable, de l’indéfinissable, pourtant bien présents.
Il suffit pour cela d’ouvrir son cœur, de convoquer nos sens, et de se mettre à l’unisson de ce qui se passe. C’est ainsi que s’impriment en nous ces instants. Des empreintes qui nous accompagneront longtemps.
CaroLyne
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