Ce jeudi soir, le 7é Art était mis à l’honneur à travers la 51è cérémonie des César présidée par l’actrice Camille Cottin et animée par l’acteur Benjamin Lavernhe. Retour sur une soirée où la loi du box-office n’a pas vraiment fonctionné. Thibaut Demeyer
A quelques jours de la cérémonie, des rumeurs ont couru sur la planète cinéma, laissant sous-entendre que seuls les films qui n’avaient pas vraiment fait recette courant de l’année 2025 étaient ceux qui avaient récolté une pluie de nominations et qui, par conclusion hâtive, allaient obtenir le plus de récompenses, relançant ainsi ces films passés inaperçus par le grand public.
Il est vrai que « Nouvelle vague » et ses 10 nominations, qui était revenu bredouille de Cannes, a dépassé à peine les cent mille entrées en France ; « L’inconnu de la Grande Arche » avec 8 nominations, a attiré un peu plus de deux cent mille spectateurs et « La petite dernière » et ses 7 statuettes promises, a été vu par un peu plus de quatre cent mille spectateurs. Et pourtant, on ne peut pas dire que ces films ont cartonné ce jeudi soir. Certes, « Nouvelle Vague » de Richard Linkater a décroché quatre César dont trois techniques et un seul prestigieux, celui du meilleur réalisateur. On ne peut dès lors pas vraiment parler de triomphe. Idem pour « L’inconnu de la grande arche » qui n’obtient que deux César, mais soit dit en passant, amplement mérités (effets spéciaux et décor). Quant à « La Petite dernière » un seul trophée, celui du meilleur espoir féminin pour Nadia Melliti, déjà couronnée à Cannes pour ce rôle, c’est quand même un peu maigre. Dès lors, on ne peut pas dire que les résultats du box-office ont fait la loi. La répartition des César a été faite presque de manière équitable, parfois amplement méritée, parfois surprenante mais en tout cas, une répartition dans l’ère du temps, en l’occurrence rester politiquement correcte pour ne vexer personne ou presque.
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Les forcément déçus
Dominik Moll a certainement dû être le premier déçu avec « Dossier 137 », passant de 8 nominations à une seule consécration. Alors que le jury cannois avait snobé le film et plus particulièrement Léa Drucker, l’Académie des César a rectifié le tir en lui attribuant, fort logiquement, le César de la meilleure actrice, le second de sa carrière.
Thierry Klifa et « La femme la plus riche du monde » est aussi à ranger dans la case « déçu ». Près d’un million de spectateurs en France et seulement un César contre six espérés. Mais quel César ! Celui du meilleur acteur pour Laurent Lafite qui l’a bien mérité, surpassant sans discussion tous ses concurrents.
Couronné par la prestigieuse Palme d’or, Jafar Panahi pour « Un simple accident » est retourné les mains vides à l’instar de Amélie Bonnin pour « Partir un jour » qui comptait quand même 4 nominations. On peut dire la même chose pour Cédric Klapisch et « La venue de l’avenir » qui rentre également bredouille en dépit de ses trois nominations.
Les forcément heureux
Pas vraiment favori mais en lice tout de même, « Nino » de Pauline Loquès fait la bonne opération, décrochant deux César majeurs sur quatre nominations, en l’occurrence meilleur premier film, ce qui n’est pas rien, et meilleur espoir masculin pour Théodore Pellerin, ce qui n’est pas rien non plus.
Il n’avait qu’une seule nomination et a donc fait un carton plein, c’est Frank Dubosq lauréat, amplement mérité, du César du meilleur scénario original pour « Un Ours dans le jura ».
Le réalisateur Ugo Bienvenu a bien fait de venir à la Cérémonie car son film d’animation « Arco » est retourné avec deux César (meilleure musique et meilleur film d’animation) sur quatre nominations.
Pas très étonnant que le documentaire « Le chant de la forêt », qui cartonne en ce moment en salles, s’est vu attribuer le César du Meilleur documentaire et du Meilleur son. Deux raisons supplémentaires pour aller voir ce superbe documentaire.
Alors que l’on attendait forcément Swann Arlaud pour « L’inconnu de la Grande Arche » ou même Raphaël Personnaz dans « La femme la plus riche du monde », c’est contre toute attente Pierre Lotin pour « L’étranger » de François Ozon qui décroche le César du meilleur second rôle masculin. Cette récompense est, osons le dire, la surprise de la soirée. Comme quoi, les César, c’est un peu comme un match de football, rien n’est gagné d’avance.
C’est un peu la même histoire pour le César du Meilleur film étranger où la concurrence était rude et où des œuvres telles que « Sirat » d’Oliver Laxe, voire « Valeur sentimentale » de Joachim Trier n’auraient pas démérité, mais c’est le long de Paul Thomas Anderson « Une bataille après l’autre » qui entrera dans l’histoire des César.
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And the Winner is…
Même si on a eu l’impression que les César ont été distribués avec un air de « tout le monde a gagné », la réalité est un peu différente car il y a eu un vrai vainqueur ce jeudi soir. Parti avec huit nominations, le film de Catherine Tardieux « L’attachement » donnait l’impression d’être oublié au fur et à mesure que la soirée se déroulait. Cinq César lui sont passés sous le nez, les favoris aux récompenses prestigieuses semblaient être évidents. Puis arrive le César de la Meilleure adaptation qui permet au film de Catherine Tardieux de marquer un point. Vient ensuite celui de la Meilleure actrice dans un second rôle, attribué à Vimala Pons, coiffant au poteau Jeanne Balibar pour « Nino » et Ji-Min Park pour « La petite dernière » et enfin, le Saint Graal, le César du Meilleur film. Cela fait en tout trois César et pas n’importe lesquels !
Le politiquement correct
Comme le veut la tradition, l’Académie des César décerne son César d’honneur. Cette année, elle a choisi l’acteur américano-canadien Jim Carrey qui a plutôt connu ses heures de gloire durant les années 90 et entre 2000 et 2015. S’exprimant dans un français compréhensible, celui qui fut le « Mask » nous a rappelé ses origines françaises par le biais de son arrière-arrière-arrière-grand-père quittant la France pour s’installer au Canada ajoutant « et me voilà de retour en France. La boucle est bouclée ».
Benjamin Laverhne en maître de cérémonie
Voilà un rôle extrêmement compliqué à tenir et il faut bien avouer que Benjamin Lavernhe, chantant, dansant, ne cherchant pas nécessairement à faire rire avec des blagues à deux sous, nous a offert une très belle prestation, rendant cette 51é Cérémonie nettement moins ennuyeuse que les années précédentes. Quelques bonnes trouvailles lors de l’annonce de certains César ont agrémenté cette soirée de moments sympathiques et parfois même franchement marrants. C’est certain, nous retiendrons plus volontiers la prestation exceptionnelle du Maître de Cérémonie que le Palmarès saupoudré pour ne vexer personne.
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Key Takeaways
- La 51è cérémonie des César a souligné que les films moins populaires ont dominé les nominations sans véritable triomphe au box-office.
- Des déceptions notables incluent ‘Dossier 137’ et ‘La femme la plus riche du monde’, qui n’ont récolté qu’un nombre limité de César malgré plusieurs nominations.
- ‘L’attachement’ a finalement gagné le César du Meilleur film, marquant un retournement lors de la cérémonie.
- Le César d’honneur a été décerné à Jim Carrey, qui a partagé ses racines françaises lors de son discours.
- Benjamin Lavernhe a réussi à animer la cérémonie, offrant une prestation divertissante et mémorable.
Table des matières
- Ce jeudi soir, le 7é Art était mis à l’honneur à travers la 51è cérémonie des César présidée par l’actrice Camille Cottin et animée par l’acteur Benjamin Lavernhe. Retour sur une soirée où la loi du box-office n’a pas vraiment fonctionné. Thibaut Demeyer
- Les forcément déçus
- Les forcément heureux
- And the Winner is…
- Le politiquement correct
- Benjamin Laverhne en maître de cérémonie
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