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Paul Dewandre > Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus Mise à jour 2.0

Nov 20, 2023 | 2 la x photographie, Cultures, France, Grand-Est, Laura Cavelius, Metz, Théatre, Thémes

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Interview de Paul Dewandre qui nous présente la mise à jour de sa pièce « Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus »

Paul Dewandre, comédien de la pièce à succès « Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus » nous a parlé de son actualité et de son parcours. Il sera de retour à Metz le 30 janvier 2024 à l’Arsenal pour nous présenter une mise à jour 2.0 de son spectacle. Les places de la soirée, produite par Label LN, sont d’ores et déjà en vente

Votre rencontre avec John Gray vous a conduit à créer en 2006 le spectacle « Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus ». Pouvez-vous nous parler de la genèse de ce spectacle ? 

La genèse vient du fait que j’ai assisté à une conférence  de John Gray aux Etats-Unis un peu par hasard. C’était dans un cycle de conférences sur le leadership, donc cela n’avait rien à voir avec les hommes et les femmes. J’étais un peu sceptique quand j’ai vu le thème parce que je pensais que c’était un peu réducteur de mettre les gens dans des cases : les hommes d’un côté et les femmes de l’autre. Je me suis aussi dit que c’était un peu américain, mais je suis quand même allé écouter. Et j’ai adoré cela. J’ai compris plein de choses par rapport à moi et cela m’a beaucoup touché par rapport à mon histoire personnelle.

En effet, mes parents se sont séparés à ma naissance. Jusqu’à l’âge de 13 ans, j’ai cru qu’ils étaient encore ensemble. J’ai donc vécu dans une situation paradoxale mais surtout, mon père n’était pas à la maison. J’ai trois grandes sœurs et j’ai été élevé dans un environnement très féminin. Comprendre ces logiques masculines et féminines a été important pour moi car cela m’a aidé à mettre des mots sur des petits trucs que je ne comprenais pas dans mon enfance. Cela m’a donc profondément touché. Et c’est là que j’ai eu envie de le partager autour de moi. Puis, en en parlant, les gens trouvaient cela marrant. Je me suis donc formé auprès de John Gray. J’ai créé des ateliers de communication, j’ai fait des conférences pendant une dizaine d’années en entreprise aussi sur les questions de parité et d’égalité. Mais c’était toujours avec une envie de partager des informations que j’avais trouvées importantes. Je l’ai fait de manière ludique et  la plus large possible. C’est comme cela qu’est né le one-man-show ! Je me suis dit que cela serait marrant et j’ai trouvé l’idée intéressante. Je me suis lancé même si je n’étais jamais sur une scène et je ne savais pas du tout comment cela fonctionnait. 

C’était en 2006 : j’ai loué un petit café-théâtre, Le café du rire, à Marseille, pour tester cette idée-là. Et cela a bien fonctionné.

Après le succès de « Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus », vous revenez avec une mise à jour 2.0. Quelle évolution avez-vous voulu donner à ce spectacle ?

J’ai vraiment voulu l’axer dans l’idée que je me bats à travers ce spectacle pour l’égalité entre les femmes et les hommes. L’égalité est en train d’avancer, notamment sur la répartition des tâches ménagères, même s’il y a encore des choses à faire. Je me souviens, il y a 25 ans, quand j’allais chercher mes enfants à l’école, j’étais le seul père à aller les récupérer. Maintenant, c’est beaucoup plus répandu, normal et logique. Il y a donc une vraie évolution et j’ai envie de travailler là-dessus, mais aussi sur le respect de nos différences. Pour moi, il est possible d’être égaux et différents. Egal ne veut pas dire semblable. Parfois, j’ai l’impression que l’on a tendance à le confondre. On veut, au nom de l’égalité, dire qu’il n’existe pas de différence. Moi, je suis plutôt pour la vraie égalité : c’est le respect de ce que l’on est chacun. C’est d’ailleurs ce que les minorités recherchent toutes ; c’est d’être reconnues et acceptées dans leurs différences. C’est un combat que je partage totalement aussi dans ce rapport entre les hommes et les femmes. Comme les couples évoluent, les parts féminines et masculines qu’a chacun de nous évoluent. Ce 2.0 est vraiment axé sur cette idée de comprendre deux langages différents. En Belgique, en connaît l’importance d’être bilingue. L’idée ici, c’est de devenir bilingue masculin/féminin. Il faut comprendre ces deux logiques, sachant que les hommes peuvent très bien parler féminin et les femmes peuvent très bien parler masculin.

Pour vous, pourquoi est-ce indispensable que les hommes et les femmes se comprennent mieux mutuellement ?

Ce n’est peut-être pas indispensable, mais l’incompréhension engendre beaucoup de frustrations qui peuvent amener à des disputes ou à un mal-être. Comme on travaille, souvent, on ne passe pas trop de temps ensemble. Si le peu de temps que l’on passe ensemble, c’est pour se fritter, s’engueuler et ne pas se comprendre, cela n’a pas vraiment d’intérêt. Pour moi, l’idée d’une bonne compréhension, c’est juste pour avoir plus de plaisir à être ensemble, parce que c’est plus agréable, tout simplement.

Les relations hommes/femmes entre les nouvelles générations ne sont plus les mêmes qu’à l’époque. Comment vous imprégniez-vous de ces évolutions pour adapter votre spectacle ?

Je vois beaucoup de monde dans les séminaires et les formations d’entreprise. Je reste donc en contact avec les gens et je reçois beaucoup de témoignages. Pour moi, il y a une évolution, mais il y a aussi des choses qui ne bougent pas. L’idée de ce 2.0, c’est de faire le tri entre ce qui a pu bouger et ce qui est intemporel et universel. Le fait que les hommes parlent plus féminin qu’avant ne change rien à la grammaire du langage féminin. Ce que j’explique, ce sont les deux corps et ces deux manières de fonctionner, masculine et féminine. Ce n’est pas parce que  le masculin est plutôt séquentiel et le féminin est plutôt multi-tâche que l’homme ne peut pas être multi-tâche. Mais ces deux manières différentes de fonctionner peuvent entraîner un agacement l’un par rapport à l’autre. Par exemple, si on laisse le panier de linge au milieu  de l’escalier pour le monter : le masculin, en voyant cela, va l’enjamber en râlant parce que c’est dans le chemin. Simplement, c’est ce côté séquentiel qui est dominant peut-être chez lui. Il montait peut-être pour aller se coucher, mais pas pour monter le linge. C’est juste un mec, quoi !

Comprendre cela permet d’en rire et permet d’être un peu plus indulgent. Par contre, si on ne le comprend pas, cela risque de nous agacer et va conduire à nous dire que c’est la preuve qu’il s’en fout et qu’il ne nous aime pas. C’est toute cette frustration qui grandit et qui naît qui va créer l’incompréhension et les disputes.

Vous êtes actuellement en tournée dans toute la France. Le spectacle que vous jouez est-il toujours le même ou vous adaptez-vous au public qui se trouve en face de vous ?

Par rapport à cette version 2.0, il est le même mais cela ne veut pas dire que c’est partout la même chose ! Evidemment, cette grille de lecture féminin/masculin est une grille parmi tant d’autres. Là-dessus se calquent les différences d’éducation, de culture, de pays à pays. Ce canevas féminin/masculin est assez universel. Par exemple, j’explique que le masculin n’aime pas parler de ses problèmes alors que le féminin a besoin d’en parler pour avancer dans sa réflexion. Les problèmes traités ne sont pas les mêmes en fonction de la culture et de l’endroit où l’on est ou bien où l’on vit. Mais le fait de parler ou non de ses problèmes reste assez universel.

Quelle est votre meilleure anecdote sur scène ?

A la fin de mon spectacle, je parle des relations sexuelles pendant 10 minutes. J’y explique que beaucoup de femmes ont un orgasme par les caresses du clitoris et non pas par la pénétration. Quand je dis cela, il y a un petit blanc. Et là, dans ce silence, il y a une femme qui crie « Merciiiiii ! ». On a tous éclaté de rire car vraiment, dans ce merci, il y avait une telle frustration de 20 années où le mec n’avait pas compris ou je ne sais pas ce qui était passé. C’est là où c’est très sympa en voyant ces réactions de libération et d’un rire un peu nerveux, surtout si le conjoint est à côté. J’ai toujours beaucoup de plaisir à faire ce spectacle car pour moi, cela a du sens par rapport à mon histoire et car je sais que cela peut aider du monde après. Le spectacle ouvre les conversations et permet d’avoir un autre regard sur son ou sa partenaire.

Si vous deviez donner un conseil pour améliorer la relation entre un homme et une femme, quel serait-il ?

Devenir bilingue !

Journaliste : Laura CAVELIUS

Photographe : 2 la X photographie

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