
PETER SUTCLIFFE : MARTEAU ET TOURNEVIS, UNE SAUVAGERIE SANS LIMITE (YORKSHIRE RIPPER)
« Mon désir de tuer des prostituées était plus fort que jamais et m’a complètement envahi. J’étais face à un dilemme : je voulais avouer mes actes à quelqu’un, mais je pensais aux conséquences pour ma femme et ma famille » – Sutcliffe, 1981
L’AUBE D’UNE ÈRE DE TERREUR
30 octobre 1975 tard dans la nuit. Une âme traverse Leeds à bord de sa Ford Capri vert citron quand elle aperçoit une femme faire du stop au croisement de Wetherby Road. Son pantalon patte d’eph blanc reluit sous la lumière aseptisée des phares de la voiture qui s’avance jusqu’à son niveau. Le conducteur baisse la vitre. Brun bouclé, le visage habillé d’une barbe soigneusement taillée, le teint cireux, l’homme pose son regard noir sur la belle inconnue avant d’esquisser un sourire chaleureux, laissant apparaître ses dents du bonheur. Il lui demande où elle souhaite se rendre. « Pas loin, merci de vous être arrêté » répond-elle avant d’ouvrir la portière avec élan et de monter sur le siège passager.
Rapidement, l’auto-stoppeuse lui propose d’avoir un rapport sexuel avant de lui dire que ça fera cinq livres. Sutcliffe semble hésitant. Elle sort du véhicule agacée et fulmine. Elle l’ignore mais elle vient de sceller son destin. Lui se sent insulté. La rage lui monte au ventre. Il sort en claquant la portière et se saisit du marteau qu’il garde dans sa boite à outils, posée sur la banquette arrière. Il la suit dans le terrain qui borde la route. L’homme d’un mètre soixante-treize s’avance d’un pas décidé dans son dos, de plus en plus rapidement, alors qu’elle déboutonne et baisse son pantalon. Il tient fermement l’outil dans sa main droite. Dès qu’il est assez près, il lui assène deux coups à l’arrière du crâne. La victime s’effondre en poussant un gémissement rauque de douleur.

PORTRAITS CRIMINELS > SWEN > PETER SUTCLIFFE
Comme frappé par un éclair de lucidité, Peter Sutcliffe apeuré par son propre geste retourne sur ses pas jusqu’à la voiture. Il reste assis un moment, le regard dans le vide quand il aperçoit la jeune femme bouger. Pris de panique et redoutant les conséquences, il se dit que le meilleur moyen de se sortir là est de s’assurer qu’elle ne puisse rien raconter à personne. Il sort un couteau d’une vingtaine de centimètres de sa boite avant de s’approcher à nouveau de la blessée, toujours à terre. C’est à ce moment que l’homme empoigne ses vêtements et la poignarde quatre fois à la poitrine et à la gorge.
Il quitte les lieux en marche arrière afin de rentrer chez lui le plus vite possible. Il se lave les mains au lavabo de la salle de bain en essayant de ne pas réveiller ses beaux-parents avec lesquels il vit et part se coucher auprès de son épouse. Le lendemain, au journal télé, la nouvelle tombe : le corps d’une certaine Wilomena McCann, 28 ans, a été retrouvé à une centaine de mètres de son domicile, avenue Scot Hall, en cette matinée froide et brumeuse. Originaire de Chapeltown et mère de quatre enfants, elle se prostituait occasionnellement. La veille elle rentrait d’une soirée alcoolisée. L’arme utilisée a été tournée dans sa chair et son sac à main a disparu. Pris de nausée, les yeux rivés sur l’écran, il répète en boucle dans sa tête : « Ils vont venir frapper à ma porte ». Mais personne ne toquera. Le monstre qui horrifiera l’Angleterre, qualifié par beaucoup comme l’un des pires tueurs en série du Royaume-Uni, est né.

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« PARFUM BON MARCHÉ »
Leeds. 20 janvier 1976 aux alentours de 21h00. Une femme se tient debout aux abords d’une cabine téléphonique devant le pub Gaiety sur Roundhay Road. Peter Sutcliffe, encore en tenue de travail, s’arrête et demande le prix avant de l’inviter à monter avec lui. « Je me souviens qu’une forte odeur de parfum bon marché et de transpiration m’a envahi, ce qui n’a fait qu’attiser ma haine envers cette femme, même si je ne la connaissais pas […] Je savais dès le départ que je ne voulais pas coucher avec elle. Je voulais juste m’en débarrasser […] Je voulais faire ce que j’avais en tête au plus vite », se souviendra-t-il en 1981.
Après avoir roulé sur quelques centaines de mètres, le duo tourne à gauche et s’enfonce dans une impasse derrière de vieux bâtiments. Le soi-disant client fait mine d’avoir un problème de voiture avant de descendre et de soulever le capot. Dans l’obscurité, la travailleuse du sexe n’a pas vu que l’homme a pris avec lui un marteau à tête plate qu’il avait dissimulé près de son siège. Une fois tous deux face au moteur, Sutcliffe lui dit qu’il ne voit pas bien sans lampe torche. Elle se saisit de son briquet pour l’aider. Celui qui s’improvise mécanicien recule alors de quelques pas et la frappe violemment à la tête à deux reprises avec son outil avant de la saisir par les poignets et de la traîner. Entouré d’ordures, il remonte sa robe et son soutien-gorge avant de la poignarder frénétiquement avec un tournevis cruciforme. Consumé par la haine, il ramasse un morceau de bois d’environ quatre-vingts centimètres et la viole avec. Il regagne son domicile animé par un sentiment de satisfaction et constate qu’il n’a pas de sang sur lui, ce qui lui permet de ne pas jeter les vêtements qu’il porte.

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Elle s’appelait Emily Monica Jackson. Mère de trois enfants, âgée de quarante-deux ans, elle était originaire de Morley. En proie à de graves difficultés financières, elle avait été persuadée par son mari de se prostituer. Sa dépouille, qui se trouvait derrière une boulangerie de la zone industrielle de Manor, sera identifiée grâce à la présence d’une lettre dans son sac. Son corps a été perforé pas moins de cinquante-deux fois au niveau du cou et de l’abdomen. Elle a également reçu des coups de pied.
MISE EN SCÈNE ET ÉVISCÉRATION
5 février 1977. Peter Sutcliffe se rend à Leeds après la fermeture des pubs dans l’optique de trouver une fille avec laquelle finir la soirée quand son regard se pose sur une jeune femme marchant à un carrefour, près d’une boite de nuit. Il s’arrête à son niveau et sans qu’il ait besoin d’ouvrir la bouche, elle monte. Ils roulent jusqu’à être seuls. L’inconnue est descendue et a enlevé ses bottes pour uriner sur le sol, près de la voiture. Sutcliffe sort à son tour, son marteau en main. Il fait claquer la portière et d’un pas décidé progresse vers elle. Alors vulnérable, accroupie en train de faire ses besoins, la malheureuse est frappée à la tête à trois reprises avant de s’écrouler. Il soulève ses vêtements et taillade son bas-ventre et son abdomen à l’aide d’un cutter. Il l’abandonne là, gisant face contre terre, recouverte de son manteau. « À ce moment-là, tuer des prostituées était devenu une obsession et je ne pouvais plus m’arrêter, c’était comme une drogue », a-t-il déclaré quant à cette période.

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Irene Richardson, 28 ans, prostituée et mère de deux enfants, originaire de Chapeltown est retrouvée éventrée par un joggeur dans Roundhay Park. Le corps semble avoir été déplacé à plusieurs reprises et mis en scène. L’auteur a écarté volontairement ses jambes, sans doute pour que l’image soit plus impactante. Les coups ont été assenés avec une telle brutalité qu’un fragment circulaire du crâne de la victime a perforé son cerveau. Richardson avait été vue pour la dernière fois à 23h15, déclarant se rendre au Tiffany’s, un pub-discothèque du centre-ville. Au vu des similitudes dans le mode opératoire, les forces de l’ordre en sont maintenant certaines : elles font face à un tueur en série. Les traces de pneus relevées près de la scène de crime permettent d’établir une longue liste de véhicules suspects potentiels.
« SES CHAUSSURES FAISAIENT UN HORRIBLE BRUIT DE FROTTEMENT SUR LE SOL »
Bradford. 24 avril 1977 au soir. Le prédateur s’engage sur Church Street, connue comme étant le quartier des prostituées. Il repère une femme sur Pauls Road qui semble ivre et tape sur le toit d’une voiture en criant. Il l’accoste. Dans la foulée elle lui propose d’aller à son appartement. Il profite du fait qu’elle sorte en premier pour attraper son marteau à griffes, acheté peu de temps avant à la quincaillerie Clayton. Une fois chez son hôte, il la regarde fermer les épais rideaux et s’asseoir sur le bord du lit en ôtant son pantalon. Là encore, il se jette sur elle pour la frapper quatre fois à l’arrière de la tête. Elle s’effondre sur le sol. Sutcliffe se baisse pour lui asséner d’autres coups alors qu’elle est à ses pieds avant de l’attraper et de la reposer sur le lit. Sa chemise bleue, totalement ensanglantée, lui collant à la peau.

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« C’était la première fois que je remarquais le sang rouge, auparavant il faisait toujours nuit, mais cette fois, à la lumière, j’ai vu beaucoup de sang […] Quand je l’ai frappée pour la première fois, elle émettait un horrible gargouillement, et elle a continué à faire ce bruit même après plusieurs coups. Elle gargouillait encore quand je suis parti, mais je savais qu’elle ne serait pas en état de le dire à qui que ce soit », confie-t-il sur cette horrible nuit. Il la frappe plusieurs fois au niveau du ventre puis la retourne pour viser son dos avec le manche de l’outil avant de la recouvrir du drap. À son retour, Sutcliffe n’entend rien. Sa femme dort. Il enlève son jean et le nettoie à l’eau froide pour en désincruster les taches de sang. Il passe aussi ses Doc Martens marron à l’éponge avant de rejoindre son épouse, enveloppé par le silence de la chambre. Patricia Atkinson dit « Tina » avait 32 ans. La mère de famille était contrainte de se prostituer pour subvenir aux besoins de ses trois enfants. On retrouve une empreinte de botte en caoutchouc Dunlop Warwick sur le drap-housse.

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À peine deux mois plus tard, le 26 juin 1977, il est 2h00 du matin quand Peter Sutcliffe repasse à l’acte. Il aperçoit une jeune fille sur Chapeltown Road qui s’arrête avant de traverser à un passage piéton. Il commence à la suivre à pied sans qu’elle ne s’en rende compte, tenant contre lui un couteau de cuisine avec un manche en ébonite noire. Il la frappe trois fois par derrière, comme à son habitude, et la traîne par les bras face contre terre sur le bitume. « Je me souviens que ses chaussures faisaient un horrible bruit de frottement sur le sol […] J’ai remonté ses vêtements, dévoilant sa poitrine, et je l’ai poignardée à plusieurs reprises dans le thorax, après l’avoir poignardée dans le dos. Je l’ai laissée gisant dans le coin », rapporte-t-il.
La femme de Sutcliffe travaille à la maison de retraite privée Sherrington à Bradford ce soir-là. Jayne MacDonald était vendeuse en supermarché. Elle n’avait que 16 ans. Sortie avec ses amis dans une brasserie, elle était sur le chemin du retour. Son corps est retrouvé le lendemain matin à 9h45 par des enfants. « Quand j’ai vu dans les journaux qu’elle était si jeune… Et non pas une prostituée, je me sentais inhumain. J’ai réalisé que j’étais une bête. Quand le nom de l’Éventreur était évoqué au travail ou dans un pub, j’arrivais à faire abstraction du fait qu’on parlait de moi et à en discuter normalement. J’étais parfois étonné d’y parvenir », confie Sutcliffe en 1981. Le père de l’adolescente est mort de chagrin dans les années qui ont suivi.

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DÉCAPITATION
Samedi 1er octobre 1977 peu après 21h00. Le criminel s’est rendu à Manchester au volant de sa Ford Corsair. Il tombe sur plusieurs filles en train de racoler. L’une d’elles lui propose ses services pour cinq livres. Ils roulent en direction d’un jardin ouvrier et entrent dans une serre située là. Alors que la jeune femme essaie d’escalader une clôture à la demande de son client, il la frappe violemment à la tête. Elle tombe en gémissant bruyamment. Il la frappe, s’acharne, jusqu’à ce qu’elle ne fasse plus un bruit. Les phares d’une voiture ont interrompu les sordides agissements de Sutcliffe qui, après s’être caché, a quitté les lieux le plus vite possible.
Après avoir parcouru la moitié du chemin du retour, le meurtrier se rend compte qu’il vient de donner un billet neuf provenant directement de sa paye. Faire marche arrière lui semble alors trop risqué mais ne voyant son crime nulle part dans les journaux ou à la télévision dans les jours qui ont suivi, Sutcliffe décide de retourner sur la scène de crime mais, une fois sur place, il ne parvient pas à remettre la main sur le liquide.

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« N’ayant pas trouvé le billet, j’ai laissé libre cours à ma frustration en ramassant un morceau de verre brisé et en la tailladant
au ventre. Une odeur nauséabonde s’en est dégagée, me faisant reculer et vomir aussitôt. C’était horrible […] J’avais sorti une scie à métaux de ma voiture, bien décidé à lui trancher la tête. J’ai commencé à scier sa gorge. La lame était peut-être émoussée, car je n’arrivais à rien, alors
j’ai abandonné », décrit-il. À son retour, l’Éventreur se lave les mains et essuie ses mocassins marron. Plus tard, il brûlera son pantalon avec des déchets de jardin afin de se débarrasser des preuves.

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Jean Bernadette Jordan, 20 ans, mère de deux enfants, se prostituait parfois. Quand on la découvre, le 10 octobre suivant, elle est défigurée et mutilée. Sa tête est en partie tranchée, noircie et méconnaissable. Son ventre béant et ses viscères visibles. Elle a reçu trente coups de couteau et une dizaine de coups de marteau. Des œufs de mouches retrouvés dans ses plaies démontrent que le corps a été déplacé après plusieurs jours.
« JE ME SUIS EXCUSÉ MAIS ELLE ÉTAIT MORTE »
Bradford. 21 janvier 1978. C’est une nouvelle nuit de chasse pour Peter Sutcliffe. Alors qu’il roule sur Lumb Lane, une jeune femme blonde s’approche et frappe à sa vitre. Elle lui demande s’il veut faire affaire. Une fois qu’ils sont stationnés, la condamnée tente d’ouvrir la portière déjà verrouillée. Son agresseur la frappe. Une fois inconsciente, il la traîne par les pieds sur le dos sur une vingtaine de mètres jusqu’à un vieux canapé renversé sur un
terrain vague. Un autre véhicule s’arrête non loin. Sutcliffe, apeuré, lui pince le nez et lui enfonce du rembourrage dans la gorge pour la faire taire.
Une fois la voiture partie, le tueur lui arrache son jean et lui assène de nombreux coups avant de s’adresser à sa dépouille : « Je lui ai parlé et je me suis excusé, mais elle était morte. J’ai mis le canapé sur elle. J’étais anéanti et en larmes quand je l’ai quittée. C’était la première fois que je m’excusais auprès de quelqu’un que j’avais tué ». Une fois rentré, Sutcliffe reste assis dans sa voiture, essayant de comprendre pourquoi. Yvonne Ann Pearson avait 21 ans. On ne tombe sur son corps que deux mois plus tard.

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Huddersfield. Dix jours plus tard, 31 janvier 1978. Sutcliffe prend une femme à bord de sa voiture avant de se rendre à une scierie. « Nous sommes sortis tous les deux, et elle est allée vers la portière arrière gauche. J’ai pris un marteau sous mon siège et j’ai fait le tour de la voiture. Quand je suis arrivé à sa hauteur, elle avait ouvert la portière arrière et était en train de monter. Je l’ai frappée à la tête avec le marteau alors qu’elle était presque à l’intérieur », rapporte le tueur. Il se rend compte que deux chauffeurs de taxi discutent en face de lui, à une trentaine de mètres. Il traîne la jeune femme à l’abri des regards pour la déshabiller. « Elle n’était pas morte. Je voyais ses yeux bouger. Elle levait la main comme pour se protéger de mes coups. Je lui ai dit de ne plus faire de bruit et qu’elle allait bien. À ce moment-là, j’étais excité, alors j’ai eu un rapport sexuel avec elle. J’ai simplement ouvert ma braguette et écarté ses jambes », ajoute-t-il. Il la poignarde au niveau du cœur et des poumons à de nombreuses reprises avant d’abandonner son corps sous un pont ferroviaire. À son retour, il est satisfait de constater que son jean Levi’s ne présente aucune tâche. Le corps d’Helen Rytka, 18 ans, est retrouvé trois jours plus tard.

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Manchester. 16 mai 1978 au soir. Il accoste une femme dans la rue. Après un court trajet, elle descend pour gagner la banquette arrière. Il attrape le marteau qu’il cache sous son siège. Il la frappe jusqu’à ce qu’elle soit face contre terre avant de lui lacérer le ventre et de quitter la scène de crime en marche arrière. Vera Millward, 40 ans, mère de sept enfants est retrouvée dans l’enceinte de l’hôpital royal par les jardiniers. Elle est éviscérée et son cerveau sort de son crâne. Elle avait quitté son appartement HLM de Hulme aux alentours de 22h00, prétextant aller chercher des cigarettes.
PROSTITUÉES OU NON : ÇA N’A PLUS D’IMPORTANCE
Près d’un an après, le 4 avril 1979, Sutcliffe prend la route d’Halifax au volant de sa Sunbeam Rapier. Son attention se porte sur une jeune femme en jupe qui remonte une rue bordée de maisons mitoyennes. Il se gare et la rattrape après quelques minutes de marche. Une fois à sa hauteur, il engage la conversation. Il apprend qu’elle n’est pas prostituée mais ça lui est égal. Dans sa poche, il tient son marteau et un tournevis cruciforme. Il lui demande de lui donner l’heure que le clocher affiche. C’est à cet instant qu’il lui met les premiers coups. Il la traîne pour être à l’abri des regards, ôte ses vêtements et la poignarde, rongé par une rage aveugle. Il la laisse face contre terre et rentre chez lui, les pieds couverts de boue. Josephine Anne Whitaker, une employée de banque de 19 ans, a reçu au total pas moins de vingt-et-un coups alors qu’elle rentrait de chez sa grand-mère. Sutcliffe l’a également violée avec son tournevis. Son crâne est fendu d’une oreille à l’autre. Son corps se trouve à moins de deux cents mètres de sa maison.

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Bradford. 2 septembre 1979. Emporté par un irrépressible désir de tuer, Sutcliffe se rend dans le quartier de l’université. Il repère une jeune femme qui marche seule et lentement. Il se gare et la suit avant de l’assommer et de la poignarder avec les malheureusement célèbres outils utilisés comme des armes par l’Éventreur du Yorkshire. Il la traine dans un local à poubelles, agissant « comme un automate », dira-t-il. Il lui arrache son chemisier et son soutien-gorge pour exposer sa poitrine, avant de déboutonner son jean et de le baisser partiellement. Barbara Janine Leach, 20 ans, était étudiante en deuxième année de sociologie. Le soir de son meurtre, elle venait de voir ses amis.
L’année suivante, le 20 aout 1980, Sutcliffe s’en prend à une fonctionnaire du ministère de l’éducation et des sciences dans un parc de Farsley. Il l’assomme d’un coup de marteau tout en l’insultant. Dans l’objectif de déplacer le corps de sa victime sur une vingtaine de mètres, il lui attache une corde autour du cou et la serre. Il l’étouffe alors et la déshabille avant de recouvrir son corps de feuilles. Marguerite Walls, 47 ans, avait quitté son bureau entre 21h30 et 22h30, initialement pour rentrer chez elle. La police aura du mal à relier ce crime avec les autres en raison de la variation dans le modus operandi.
Enfin, le lundi 16 novembre 1980 au soir, Sutcliffe prend la route en direction de Leeds. Son regard balaie les trottoirs, le regard illuminé par les feux tricolores des croisements. Il se gare sur un parking derrière le restaurant Kentucky Fried Chicken. Il y récupère une commande qu’il retourne manger dans sa voiture. Il redémarre et aperçoit une jeune femme marchant sur le trottoir en direction d’Alma Road. Il se gare sur le bas-côté en attendant qu’elle le dépasse. Une fois derrière elle, il la frappe comme à son habitude. « À ce moment-là, j’étais de nouveau dans mon monde, déconnecté de la réalité. Je la traînai […] jusqu’à l’entrée du terrain vague », raconte-t-il sur cette nuit d’hiver. Il la poignarde sauvagement avec son tournevis à manche jaune au niveau des poumons. « Ses yeux étaient grands ouverts et elle semblait me regarder d’un air accusateur. Cela m’a perturbé. J’ai enfoncé le tournevis dans son œil, mais ses yeux sont restés ouverts et je me suis senti plus mal que jamais », confie-t-il. Sutcliffe repart, perturbé. À mi-chemin environ, un passant lui fait signe qu’il est manifestement à contresens. Il se débarrasse de ses outils en chemin comme souvent.

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Jacqueline Hill, 20 ans, était étudiante en langues. Son corps est retrouvé à proximité du centre commercial Arndale à Headingley. Ce soir-là, elle rentrait dans sa résidence universitaire après être descendue d’un bus. Elle sera la dernière victime de meurtre connue du tueur. En l’espace de 5 ans, entre 1975 et 1980, l’Éventreur du Yorkshire a fait treize victimes dans le nord de l’Angleterre, laissant vingt-trois enfants sans mère. La fille de McCann, sa première victime, se suicidera à un Noël à la suite d’une dépression, étant persuadée qu’elle ne méritait pas de vivre au-delà de l’âge que sa mère avait quand sa vie lui a été volée.
UNE ENQUÊTE HISTORIQUE, LARGEMENT CRITIQUÉE
La traque de celui que la presse surnomme l’Éventreur du Yorkshire est l’une des plus vastes et des plus coûteuses de l’histoire criminelle britannique. C’est le commissaire George Oldfield, qui a plus de 30 ans de carrière à son actif, qui est désigné pour mener l’enquête. On dresse un profil de l’auteur des meurtres : un homme d’âge moyen (entre 35 et 45 ans), un individu inconnu des services de police, qui peut exercer une activité « normale », donner une bonne image et qui passe beaucoup de temps à conduire. Le travail de profilage géographique permet d’établir que l’auteur réside à Bradford. La ville même de Sutcliffe.

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Les meurtres ont déclenché une opération policière d’envergure. Les civils s’inquiètent, ayant conscience de faire face à l’un des criminels les plus notoires de Grande-Bretagne. Chaque femme est une victime potentielle, s’inquiétant d’être la prochaine proie, chaque homme un suspect envisageable. Les voisins se dévisagent. Une seule question est sur toutes les lèvres : « Est-ce que ça pourrait être lui ? ». La menace est constante. Des dizaines de milliers d’interrogatoires sont menés mais l’enquête est au point mort et les meurtres s’enchaînent. Malgré les moyens colossaux déployés, les 250 000 personnes interrogées et les 20 000 domiciles fouillés, aucune piste ne donne de résultat probant.
Au fil des ans, des inattentions de la part du tueur permettent de récolter quelques éléments. Sur le corps d’Emily Jackson, qu’il a tuée en 1976, il a laissé une empreinte de botte de taille 41. Une autre empreinte a été relevée sur les draps de Patricia « Tina » Atkinson, tuée en 1977. Les enquêteurs en déduisent que le meurtrier est un travailleur manuel. Un billet de 5 £ est retrouvé dans le sac à main de Jean Jordan. Il fait partie d’un lot de 1200 billets ayant pour utilité de payer les salariés de trente-cinq entreprises. L’auteur des crimes est donc un employé d’une de ces enseignes. Une équipe de détectives est chargée d’interroger les 8 000 personnes qui ont été payées avec l’argent provenant de ces liasses. Peter qui est chauffeur poids lourd est entendu mais il avance une fête de famille comme alibi. Sa femme confirme sans se rendre compte des conséquences que cela aura. Les forces de l’ordre passent à côté.

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Un couvre-feu est mis en place pour les femmes. Des féministes s’insurgent et dénoncent la tendance des forces de l’ordre à culpabiliser les victimes, réclamant un couvre-feu plutôt pour les hommes. Onze manifestations ont lieu dans différentes villes du Royaume-Uni dans la nuit du 12 novembre 1977, revendiquant le droit des femmes à circuler librement et à ne pas être tenues responsables des violences masculines. La chasse à l’homme massive et l’enquête policière d’ampleur sont vaines. La police du West Yorkshire perd en crédibilité et est vivement critiquée pour son incapacité à appréhender l’auteur. On va jusqu’à offrir une récompense de 25 000 livres pour toute information menant à l’arrestation du meurtrier. L’étendue de l’affaire rend difficile le croisement des éléments recueillis. Les informations sur les suspects sont consignées sur des fiches manuscrites. L’accumulation de données non traitées empêche de relier des éléments cruciaux.
Les enquêteurs sont également induits en erreur par un canular. En 1979, un individu malveillant les met sur une fausse piste en leur faisant parvenir des lettres ainsi qu’un enregistrement audio dans lequel il prétend être le meurtrier et se moque avec sarcasme de l’échec de l’enquête. Pendant plus d’un an, la police recherche donc, à tort, un homme originaire de la région de Sunderland, dans le nord-est de l’Angleterre en raison de son accent. On dépense un million de livres dans une campagne pour retrouver l’assassin, vainement, la cassette factice ayant été utilisée comme un critère d’élimination plutôt que comme une piste parmi d’autres. Sutcliffe, ne correspondant pas au profil de l’expéditeur de l’enregistrement audio, passe encore une fois en dessous des radars.

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L’ADN prélevé sur les enveloppes a été intégré à la base de données nationale. Cet ADN correspondait à celui de John Samuel Humble, un chômeur alcoolique résidant de longue date dans le quartier de Ford Estate à Sunderland. Son ADN avait été prélevé à la suite d’une infraction pour ivresse sur la voie publique en 2001. Le 20 octobre 2005, Humble a été inculpé de tentative d’entrave à la justice pour l’envoi des lettres et de l’enregistrement frauduleux. Il a été placé en détention provisoire et, le 21 mars 2006, reconnu coupable et condamné à huit ans de prison pour entrave à la justice.
PRIS SUR LE FAIT : LE DOUTE N’EST PLUS POSSIBLE
2 janvier 1981 au soir. Olivia Rivers, jeune travailleuse du sexe de 24 ans, est abordée par un automobiliste. Elle accepte de monter à bord du véhicule. Le duo part s’isoler un peu plus loin quand ils sont interrompus par les lumières qui les aveuglent à travers les vitres. Deux agents de la brigade des mœurs de la police de Sheffield somment le conducteur de sortir de la Rover marron. Robert Ring et Robert John Hyde commencent le contrôle habituel et interrogent les deux protagonistes. Olivia reste silencieuse, mais son client, qui dit s’appeler Peter Williams trouve réponse à tout. Il explique notamment que c’est sa petite amie. Ses déclarations intriguent le policier qui remarque que la plaque d’immatriculation ne tient qu’à l’aide de ruban adhésif et semble avoir été volée. L’homme qui était au volant finit par admettre qu’il l’a remplacée. Une simple infraction qui le perdra. Un détail leur saute aux yeux : il est barbu et ressemble étrangement aux descriptions qu’on fait de celui que toute l’Angleterre recherche. Les policiers embarquent donc le suspect au poste. Là, l’homme avoue qu’il a menti sur son identité et qu’en réalité, il s’appelle John Williams et qu’il vient de Rotherdam.

Peter Sutcliffe au tribunal de première instance de l’île de Wight en 1983 après avoir témoigné contre un codétenu accusé de l’avoir agressé à la prison de Parkhurst
Source : Mike Walker sur Shutterstock
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L’un des agents décide de retourner sur les lieux de l’arrestation pendant la garde à vue. Puis le policier se rappelle que l’homme, qui affirmait avoir une envie pressante, a demandé l’autorisation de se soulager en s’éloignant un peu. Il va donc inspecter les buissons où il se trouvait la veille. Son instinct ne l’a pas trahi. Sans le savoir il vient de prendre une décision qui va bouleverser le cours de l’enquête. Là, il découvre un marteau et un couteau. Plus tard, on découvrira aussi une deuxième arme blanche dissimulée dans le réservoir à chasse d’eau des toilettes du commissariat de Dewsbury. Face à ces éléments, la police obtient un mandat de perquisition pour fouiller son domicile. Le 4 janvier au matin, vers 9h30, les équipes sont à Garden Lane. Les policiers mettent la main sur divers outils dont plusieurs marteaux. Sonia est interrogée.
Aux alentours de 14 h 40 cet après-midi-là, Sutcliffe apprend la découverte du marteau et du couteau qu’il avait soigneusement dissimulés. Piégé, il s’adosse sur sa chaise et avoue être l’Éventreur du Yorkshire. Pendant les vingt-six heures suivantes, Peter Sutcliffe raconte avec calme et indifférence les détails macabres de ses années de meurtres et de mutilations. Après l’enregistrement de la déclaration officielle de Sutcliffe, une allocution publique est organisée. Ce sont quatre-vingts journalistes et leurs caméras qui viennent s’entasser dans la salle de conférence bien trop petite pour accueillir une telle foule mais l’annonce en vaut la peine : on pense enfin avoir arrêté le tueur en série le plus recherché de Grande-Bretagne.

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En 1969, Sutcliffe avait attiré l’attention de la police à deux reprises à la suite d’incidents impliquant des prostituées. Courant septembre de la même année il avait été interpellé pour possession d’un marteau, classé comme arme offensive. Finalement inculpé de « port d’outils en vue d’un vol », on l’avait alors soupçonné d’être un cambrioleur. Au total, Sutcliffe aura été interrogé à neuf reprises par la police dans le cadre de l’enquête sur le « Yorkshire Ripper » sans être arrêté. Son interpellation prendra plus de cinq ans. Au sujet de l’arrestation de Peter Sutcliffe, son père déclarera aux médias : « Je sais que je parle au nom de toute ma famille, en disant que nous ressentons la même chose. C’est une terrible affaire et je suis atterré que mon fils en ait été la cause ». En parallèle, des pétitions en faveur du rétablissement de la peine de mort sont lancées, reflet de la colère de l’opinion publique.
LE MAINTIEN DES APPARENCES EN DÉPIT D’UNE ENFANCE TROUBLÉE
Né à Bingley le 2 juin 1946, Peter William Sutcliffe est l’aîné d’une fratrie de six enfants. Il voit le jour en tant que prématuré et doit passer deux semaines à l’hôpital. Il grandit à Shipley dans une famille ouvrière dysfonctionnelle. Son père, John William Sutcliffe, passe son temps dans les pubs et bat sa femme, Kathleen, à son retour. Il corrige aussi régulièrement ses enfants avec une ceinture. La mère de famille est catholique et son époux est membre de la chorale de l’église anglicane locale. Les enfants du couple sont élevés dans la foi. Le jeune Peter sera d’ailleurs brièvement enfant de chœur.

PORTRAITS CRIMINELS > SWEN > PETER SUTCLIFFE
Peter se renferme petit à petit sur lui-même. À l’école il est décrit comme solitaire et est harcelé par ses camarades. Une fois rentré à la maison le soir, sa mère tente de le soutenir mais son père lui reproche de ne pas être assez viril. À l’âge de 15 ans, l’adolescent arrête l’école. Il enchaîne les petits boulots avant de devenir fossoyeur dès ses 17 ans. À cette époque, il développe une obsession accrue pour le voyeurisme et dédie une partie de son temps libre à espionner les prostituées et leurs clients.
En 1970, le patriarche découvre que sa femme a un amant. Il décide alors de se faire passer pour lui dans le but d’attirer son épouse dans un hôtel de la région et de l’humilier devant leurs enfants pour que ces derniers assistent à la révélation de son infidélité. Le fils aîné tente de gagner en indépendance, c’est pourquoi entre novembre 1971 et avril 1973, Sutcliffe travaille à l’usine sur une chaîne d’emballage. Il quitte ce poste lorsqu’on lui propose de devenir représentant commercial. Ensuite il est engagé pour travailler de nuit à l’usine Britannia d’Anderton International. En février 1975, il est licencié et utilise la moitié de son indemnité de départ de 400 £ pour suivre une formation de conducteur poids lourds. Il trouve une opportunité professionnelle dans le domaine courant octobre 1976.

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Dans la sphère privée, Peter rencontre celle qui deviendra sa femme le jour de la saint-Valentin, le 14 février 1967. Sonia Szurma est la fille de réfugiés ukrainiens et polonais originaires de Tchécoslovaquie. La rencontre a lieu au pub Royal Standard sur Manningham Lane. Il a alors une vingtaine d’années, elle en a seize. Le couple se marie le 10 août 1974. Pour l’occasion, Peter arbore un costume noir évasé dont le col est habillé d’un large nœud papillon. Sur sa veste, une fleur blanche en guise de boutonnière finit l’ensemble. Sonia, dont la chevelure est recouverte d’un voile vaporeux porte une robe sophistiquée et tient contre elle un imposant bouquet de roses rouges. La jeune femme trinque gaiement à cette union sans se douter de ce qui l’attend. À partir de 1974, Sonia fait plusieurs fausses couches et le couple apprend qu’elle ne pourra pas avoir d’enfants. Courant 1977, elle trouve un poste d’enseignante et le couple s’installe dans leur maison au 6 Garden Lane à Bradford fin septembre. Ils y vivent toujours au moment de l’arrestation de Sutcliffe.
CELLES QUI ONT SURVÉCU
Ses agressions à l’égard des femmes ont commencé en 1969, six ans avant que Wilma McCann ne devienne sa première victime de meurtre en 1975. Parmi les victimes de Sutcliffe, on estime entre sept et une dizaine de femmes encore en vie. Le règne de terreur de Sutcliffe commence à Bradford lorsqu’il frappe une travailleuse du sexe à la tête avec une pierre dissimulée dans une chaussette. Il recherchait apparemment une femme qui l’avait escroqué lors d’une précédente visite. Elle survit mais ne porte jamais plainte.
Il faut attendre six ans avant qu’il ne récidive, agressant Anna Rogulskyj, 36 ans, le 5 juillet 1975. Elle s’était disputée avec son petit ami, Jeff Hughes, qu’elle comptait épouser prochainement. Encore en colère, elle l’avait quitté pour aller boire un verre avec des amis. Alors qu’elle rentrait chez elle à pied à travers Keighley, Sutcliffe la frappe à coups de marteau et lui lacère le ventre. Elle est sauvée par un voisin et doit subir douze heures d’intervention chirurgicale pour survivre à ses blessures. Elle confie plus tard qu’à la suite de cette tentative de meurtre elle a gardé une peur profonde de sortir, se sentant constamment dévisagée et montrée du doigt, et que sa rencontre avec Sutcliffe a fait de sa vie un véritable enfer, au point qu’elle a à de multiples reprises remis sa volonté de vivre en question.

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Le 15 août 1975, le prédateur s’en prend à Olive Smelt, 46 ans, femme au foyer et mère de deux enfants, à Halifax. Elle est agressée alors qu’elle rentre chez elle. Il engage brièvement la conversation avec sa victime en parlant météo avant de lui asséner de violents coups de marteau à la tête, par derrière. Il déchire ensuite ses vêtements et lui taillade le bas du dos avec un couteau. Une fois de plus, Sutcliffe est interrompu et laisse sa victime grièvement blessée, mais vivante. Comme Rogulskyj, Smelt souffre par la suite d’un grave traumatisme psychologique, de dépression sévère et de pertes de mémoire. La victime sera en proie à des envies suicidaires durant des mois après cet évènement. Elle déclarera plus tard que son agresseur avait un accent du Yorkshire mais cette information a été ignorée.
Le 9 mai 1976, Marcella Claxton, 20 ans, est agressée à Leeds. Elle rentre d’un anniversaire quand est accostée par un homme qui souhaite la raccompagner. Elle est frappée à la tête avec un marteau mais réussit à prendre la fuite et à appeler les secours d’une cabine téléphonique. Elle s’en sort avec cinquante-quatre points de suture et perd l’enfant qu’elle portait. Elle était à la moitié de sa grossesse. Elle présentera des pertes de mémoire ainsi que des épisodes dépressifs chroniques.

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Le 10 juillet 1977, Maureen Long sort de boite de nuit quand le tueur en série lui propose de la raccompagner jusqu’à son domicile. Alors qu’elle s’accroupit pour uriner, elle reçoit un coup à la tête et est poignardée à cinq reprises. On la retrouve en hypothermie. La femme de 42 ans survivra après avoir été dans le coma pendant neuf semaines bien qu’ayant été laissée pour morte sur un terrain vague. « Elle portait une robe longue et une sorte de veste […] Elle
m’a demandé si elle me plaisait et je lui avais dit que oui, juste pour lui faire plaisir […] Le lendemain ou le surlendemain, j’ai appris aux infos ou lu dans le journal que la femme était toujours en vie. J’ai eu un choc terrible et j’ai cru que c’était la fin. Je pensais qu’elle pourrait m’identifier. Je crois que c’est à ce moment-là que j’ai jeté le marteau par-dessus le mur de Sharps. Quelques jours plus tard, j’ai lu que Long souffrait de pertes de mémoire, ce qui m’a rassuré quant à la possibilité d’être arrêté », racontera Sutcliffe.
Leeds. 14 décembre 1977. Marilyn Moore, travailleuse du sexe de 25 ans croise la route d’un client pas comme les autres alors qu’elle quitte le domicile d’une amie. Sutcliffe fait semblant de dire au revoir à sa petite amie. « Dès qu’elle est apparue, j’ai crié « À plus tard ! » et « Prends soin de toi ! » en faisant un signe de la main vers les maisons à ma gauche. Je voulais la rassurer », reconnaîtra-t-il. « Âgé d’une trentaine d’années, de corpulence trapue, mesurant environ 1,68 m, il avait les cheveux bruns et ondulés et une barbe. Il portait une chemise jaune, un anorak bleu marine et noir à fermeture éclair et un jean bleu », décrira-t-elle en parlant de l’inconnu. Il lui demande si elle est « en affaires » et lui dit s’appeler Dave. L’Éventreur perd l’équilibre, glissant sur la boue alors qu’il la frappe avec son marteau et un chien interrompt le sordide ouvrage. La victime est repérée par des passants qui préviennent les secours. Elle passera deux semaines à l’hôpital et ses blessures au niveau du crâne nécessiteront cinquante-six points de suture. Elle arrivera à reconstituer un portrait-robot du meurtrier présumé et on relèvera des traces de pneus sur les lieux correspondant à celles d’une agression antérieure : « J’ai appuyé sur l’accélérateur, mais les roues arrière ont patiné ».

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24 septembre 1980, Upadhya Bandara, docteure de profession, rentre chez elle dans le quartier de Headingley, à Leeds. Sur le chemin, la femme de 34 ans remarque un homme qui l’observe de l’intérieur du restaurant Kentucky Fried Chiken. Après avoir tourné dans la ruelle faiblement éclairée de Chapel Lane, elle est projetée au sol et reçoit deux coups à la tête avant de perdre connaissance. Sutcliffe passe alors une corde autour de son cou afin de la traîner sur le sol. Le bruit de ses chaussures raclant les pavés fut suffisamment fort pour qu’une voisine, dont la fenêtre de chambre donnait sur la rue, appelle la police. Sutcliffe prendra la fuite en entendant des pas s’approcher. Bandara survivra et sera capable de décrire son agresseur.
25 octobre 1980. Maureen Lea, dite « Mo » est une étudiante en arts de 20 ans. Elle suit son cursus à l’université de Leeds. Elle est attaquée après une soirée au pub entre amis alors qu’elle rejoint l’arrêt de bus. Elle s’en sort avec de nombreuses contusions, une perforation à l’arrière du crâne, des fractures au niveau de la tête, des pommettes et de la mâchoire.
Enfin, le 5 novembre 1980, Sutcliffe s’en prend à une adolescente. Theresa Sykes est âgée d’à peine 16 ans quand elle est agressée à Huddersfield alors qu’elle rentre chez elle. Elle a crié si fort que son copain a entendu et a fait fuir l’auteur des faits. Cette tentative de meurtre n’a d’abord pas été reliée à l’affaire mais les aveux du tueur ont permis aux autorités de faire le lien. La victime fournira une description détaillée mais Sutcliffe échappera à la police pendant des années, réussissant maintes fois à passer entre les mailles du filet.

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BOUCHER BRUTAL OU PROPHÈTE CHARGÉ D’UNE MISSION ?
L’Éventreur soutiendra entendre la voix de Dieu qui lui donnait l’injonction de débarrasser le monde des prostituées. Une parole divine soi-disant sortie d’une sépulture polonaise, celle de Bronisław Zapolski, alors qu’il travaillait dans un cimetière. Cette version, qui lui est favorable, il l’a avancée près de deux mois après son arrestation. Par ce prisme, Sutcliffe soutient être passé à l’acte parce qu’il était incapable de contrôler son comportement, en raison de la maladie. Un diagnostic de schizophrénie paranoïde est évoqué. Certains experts estimeront d’ailleurs que c’est lorsqu’il a découvert avec horreur que sa mère entretenait une liaison extra-conjugale qu’il est tombé dans un état psychotique.
Le profil du mis en cause est étudié par pas moins de trois psychiatres. La thèse selon laquelle Sutcliffe a agi afin de satisfaire un besoin sexuel et ressentir une forme de jouissance est privilégiée. De plus, la nuit de son arrestation il portait un pull retourné au niveau des cuisses de sorte à faire une espèce de jambière qui laissait ses parties génitales découvertes. Le criminologue David Holmes décrit l’accusé comme un « tueur en série extrêmement insensible et sadique sur le plan sexuel ».
À la suite de son arrestation, il témoigne pendant dix-sept heures, une croix chrétienne autour du cou. Sutcliffe reconnaît tous les meurtres dont on l’accuse. Pour se justifier, il n’évoque aucun devoir divin mais il explique qu’une prostituée l’a escroqué de 10 livres en 1969. « Offensé et humilié », il s’est mis à nourrir « une haine pour les filles de son espèce ». Son modus operandi est clair : porter des coups à la tête de ses victimes avec un marteau avant de mutiler leur corps, notamment à l’aide de tournevis ou de couteaux. Bob Bridgestock, un ancien policier ayant travaillé sur l’affaire, a déclaré que Sutcliffe « n’était pas un tueur très intelligent » mais qu’il « était juste monstrueusement brutal ». Le porte-parole du premier ministre Boris Johnson affirme que « Peter Sutcliffe était un individu dépravé et malfaisant, dont les crimes ont causé des souffrances inimaginables ». Ses meurtres ont été décrits par Megan Winterburn, ancienne sergente de la police du West Yorkshire comme « d’une cruauté inouïe ». Elle ajoute : « Sans entrer dans les détails, j’espère simplement que les familles n’ont jamais vu ce qu’il a fait à ces pauvres femmes, mais il y a visiblement pris plaisir ». « J’étais complètement submergé par cette pulsion meurtrière, et je ne pouvais plus la contrôler […] Je réalisai alors que j’avais envie de tuer n’importe quelle femme et je me disais que cela finirait par me faire prendre, mais je crois qu’inconsciemment, c’était ce que je désirais », avoue Sutcliffe à la police du West Yorkshire en 1981.
Comme bon nombre de meurtriers sériels, l’Éventreur ne fait pas exception à la règle. Il est relativement solitaire et craintif mais malgré son humour que beaucoup qualifient de particulier, Sutcliffe semble avoir, pour la plupart des gens, une apparente normalité. Son épouse n’a jamais soupçonné son mari d’être l’auteur de tous ces crimes odieux. Elle ira même jusqu’à dire aux policiers que son mari était incapable de faire du mal à qui que ce soit. Les membres du voisinage, en état de choc et désarçonnés après son arrestation, témoignent : « J’ai encore du mal à y croire […] c’était une couple normal ».

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UNE CONDAMNATION ACCLAMÉE
Peter Sutcliffe a d’abord avoué les faits à la police mais décide ensuite de contester les accusations devant la justice en 1981. Le procès de l’Old Bailey dure quatorze jours. L’accusé plaide l’irresponsabilité tandis que l’un des experts psychiatres appelé à témoigner soutient la nécessité d’une « détention à vie ».
Le 5 mai il ne faut que sept heures aux jurés pour rendre leur verdict : coupable de treize meurtres et de sept tentatives de meurtre. L’homme est condamné à vingt peines de prison à perpétuité, le tout assorti de 30 ans de sûreté. Il est désormais reconnu comme un assassin dangereux et non pas comme un malade mental. La foule, qui a fait la queue en vain depuis la veille pour pénétrer dans la salle exiguë de la cour criminelle du tribunal londonien, applaudit à l’annonce de la décision.
TENTATIVES DE MEURTRE EN DÉTENTION
Après son procès, Peter Sutcliffe passe quelques jours à la prison de Wormwood Scrubs avant d’être envoyé à la Prison de Parkhurst le 2 juin suivant. Sonia lui rend visite mais peu à peu la révélation de l’ampleur de ses crimes et de ses mensonges mène à une rupture de lien. Elle finira par demander le divorce en 1994. Elle souhaitera d’ailleurs toujours se tenir à l’écart de l’intérêt médiatique suscité par l’affaire. Le 10 janvier 1983, Sutcliffe est violemment agressé par son codétenu, un certain James Costello, criminel multirécidiviste de 35 ans, plusieurs fois condamné pour violence. Costello suit sa cible dans un renfoncement de l’aile F2 avant de lui enfoncer à deux reprises un pot à café cassé dans le côté gauche de son crâne. Grièvement blessé, Sutcliffe a survécu mais a gardé plusieurs cicatrices au visage, au niveau de son cuir chevelu et jusqu’à son cou. Ses plaies nécessiteront plus d’une trentaine de points de suture.

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Courant 1984, l’Éventreur du Yorkshire est transféré à l’hôpital Broadmoor, un établissement psychiatrique de haute sécurité. Douze ans plus tard, le 23 février 1996, Sutcliffe est agressé dans sa chambre par Paul Wilson, un voleur récidiviste. L’homme lui demande une cassette avant de tenter de l’étrangler avec le câble d’un casque audio. L’année suivante, le 10 mars 1997, le détenu Ian Kay se jette sur le meurtrier dans l’objectif de lui crever les yeux avec un stylo. Sutcliffe s’en sortira en ayant totalement perdu la vue de l’œil gauche, le droit ayant, quant à lui, été également gravement endommagé. Dix ans plus tard, le 22 décembre 2007, Sutcliffe est victime d’une quatrième agression. Son codétenu Patrick Sureda se jette sur lui avec un couteau, criant qu’il va lui crever l’œil restant. Le borgne réussit de justesse à éviter la lame qui ne lui fait qu’une entaille à la joue.
En 2004, le père de Sutcliffe, John, décède et est incinéré. Mi-janvier 2005, le condamné obtient une permission de sortie temporaire et est autorisé à se rendre à Grange-over-Sands, où les cendres ont été dispersées, accompagné de quatre membres du personnel hospitalier. Malgré les 25 années écoulées depuis les tristement célèbres meurtres, la visite de Sutcliffe fait la une de tous les tabloïds anglais. Ce n’est plus le même homme. Cheveux blancs et embonpoint. Il porte sur lui le temps passé derrière les barreaux. Celui dont tout le Royaume-Uni connait le nom a voulu changer d’identité. Il se fait maintenant appeler Peter Coonan, en référence au nom de jeune fille de sa mère.
Le 9 mars 2011, la Cour d’appel rejette la demande d’autorisation de pourvoi devant la Cour Suprême et de fortes suspicions selon lesquelles Sutcliffe aurait fait beaucoup plus de victimes persistent. Pourtant, celui que la justice a reconnu comme étant un prédateur reçoit, chaque semaine, plusieurs dizaines de lettres écrites de la main de femmes désireuses d’idylles. Jugé stable et mentalement apte à retourner en prison courant août 2016, le meurtrier est transféré dans le mois à la Prison de Frankland.

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ÉPILOGUE
L’homme de 74 ans déclare se sentir mal et très étourdi à la fin du mois d’octobre 2020. Cela fait un moment qu’il souffre de diabète, d’une maladie rénale chronique doublée d’une pathologie cardiaque. Face à son état de santé préoccupant, il est transféré à l’hôpital universitaire de North Durham. Le malade souffre de diarrhées continues, de vomissements et exprime de fortes douleurs thoraciques. Selon le corps médical, le patient ne peut plus sortir de son lit à partir du 6 novembre et tousse sans arrêt. Son état s’aggrave de jour en jour. Bientôt il présente des difficultés respiratoires croissantes dues à une insuffisance pulmonaire et recevoir des doses d’oxygène supplémentaires devient nécessaire. Il est testé à deux reprises pour le Covid-19. Les résultats sont positifs. Il aurait contracté la maladie à l’hôpital. Sutcliffe refuse tout traitement contre le coronavirus.
Le 13 novembre vers 1h45 du matin, après près de quatre décennies de détention, le tueur en série britannique s’éteint de causes naturelles. Aucun visiteur n’est à son chevet en raison des règles sanitaires imposées par la pandémie. Son décès fera tout de même l’objet d’une enquête du coroner. Avec sa mort vient une forme d’apaisement pour certaines des familles de victimes tandis que pour d’autres cette annonce ne fait que raviver de bien trop douloureux souvenirs. Certaines femmes, plus de quarante ans plus tard, luttent pour se reconstruire en faisant le deuil de celles qu’elles étaient. Marcella Claxton, l’une des survivantes, a par exemple déclaré à Sky News : « Je dois vivre avec mes blessures, 54 points de suture […] et j’ai perdu un bébé, j’étais enceinte de quatre mois. J’ai encore des maux de tête, des vertiges et des pertes de connaissance ». Les obsèques de l’Éventreur du Yorkshire se sont déroulées dans l’intimité. Il a été incinéré et le lieu de dispersion de ses cendres n’a pas été rendu public.
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Diplômée d’état en psychologie, à la tête de « Portraits Criminels par Swen », journaliste indépendante responsable de couvrir les faits divers du département du Tarn-et-Garonne, du Lot et de l’Aveyron pour Le Petit Journal, responsable communication et rédactrice des avis de recherche pour les cas de disparition recensés par la délégation régionale Grand-Est de l’association Assistance et Recherche de Personnes Disparues, rédactrice pour la rubrique « Réseaux Pédocriminels » de l’association Wanted Pedo, chroniqueuse judiciaire pour W9, vidéaste, auteure et artiste visuelle.
























































Excellent travail, Très détaillé, complet et agréable à lire (si on fait fit de l’horreur de cette histoire) .
Merci de nous proposer des articles d’aussi bonne qualité.
Ian
Je te remercie sincèrement pour ton gentil retour ! Tes mots me vont droit au cœur.