Quand le développement personnel questionne l’identité, le mental et l’égo, une exploration intime s’ouvre autour de ce fameux « je » qui pense, juge et agit, souvent sans que l’on en ait pleinement conscience.
Développement personnel > Je pense donc je suis
‘Je’ pense donc je suis… ?
Mais qui est ‘je’ ?
Le mental, l’égo et le critique intérieur : la triade maléfique démasquée. Car c’est trois-là constituent la garde impériale de notre résistance au changement, mais pas pour notre bien. La semaine dernière, je vous invitais à une auto-évaluation de votre taux de satisfaction par rapport à votre vie. (lien vers l’article ?)
Pour certain.es qui auront fait cette introspection, les choses se sont mises en place aisément. Pour d’autres, cela a pu être compliqué.
La raison ? Le trio infernal susnommé s’est tout de suite mis au travail.
Découvrons-les ensemble, car ils peuvent totalement nous dominer, à notre insu, et rarement dans notre intérêt.
C’est un peu comme les moustiques : ces trois infernaux nous pourrissent la vie. On se demande pourquoi ils sont là.

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Le constat : Monsieur Homo Sapiens a évolué vers le fonctionnement cortico-défensivo-émotionnel que nous connaissons aujourd’hui. Comme pour les moustiques, il ne s’agit pas de rêver à la disparition de ce trio, mais d’apprendre à vivre avec, et surtout à se soustraire à leur activité.
Alors, on est GO !
Le Mental
Le Mental, c’est la petite voix dans notre tête, qui, pour certains, ne se tait jamais. Le moulin à paroles. Notre radio intérieure, ce que l’on appelle parfois notre dialogue intérieur.
T. Harv Ekker, mentor réputé, répète à qui veut l’entendre : « Ne croyez pas un seul mot de ce que vous pensez ». Et il a raison.
Les Alcooliques Anonymes ont, eux aussi, une formule très parlante à ce sujet : « Mon cerveau est un quartier malfamé, j’évite d’y aller seul et non armé ». Elle illustre parfaitement les dangers qu’il y a à croire aveuglément ce que nous pensons.
À l’origine, le rôle de notre mental est simple : nous garder en vie, s’assurer que nous restons en sécurité.
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À l’époque où nous risquions de croiser une horde de mammouths, son utilité ne faisait aucun doute. Face à la charge de ces bestiaux, mieux valait effectivement virer à droite le plus rapidement possible. Il appelait alors l’hormone de stress à la rescousse pour que cela aille plus vite.

Mais faute de mammouths ou de disette à l’horizon, notre mental qui s’ennuie passe son temps à inventer des dangers. Il nous fait redouter le pire à chaque notification reçue, nous projette dans des scénarios catastrophe et nous envoie, à longueur de journée, dans des zones de stress parfaitement inutiles.
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Ce qui est important de comprendre, c’est que le mental ne nous montre pas ce qui va arriver, il nous montre ce qu’il veut éviter. Il agit comme un détecteur de danger potentiel, orienté survie, qui active le système d’alerte et provoque une montée de stress.
Pour ma part, je lui ai donné un petit nom : Jeff Cata, expert en sinistres qui ne se produisent jamais.

Je le recadre fermement, parfois rudement, mais aussi avec tendresse et amusement.
Car non, nous ne sommes pas obligés de lui être soumis. Un simple « Allons Jeff Cata, on se calme » dans les trois secondes de la pensée intrusive suffit souvent. D’autres préfèrent une formule plus directe. D’autres encore choisissent l’humour. Différentes formes, même efficacité.
Vous l’aurez compris, l’objectif du mental, c’est la sécurité, votre sécurité. Et pour lui, la sécurité, c’est ce qui est connu.
Ainsi, même si vous avez mis un score de 2 à « Lieu de vie, fréquentations » et que votre néocortex vous a conduit à envisager un déménagement ou la fin d’une relation toxique, votre mental y verra un danger. Non pas parce que c’est mauvais, mais parce que c’est inconnu.
Il tentera alors de vous dissuader en imaginant toutes sortes de scénarios dramatiques : échec, catastrophe, quelque chose de grave qui pourrait vous arriver si vous sortez de cette fameuse zone de confort connue.
Pourquoi Jeff Cata ou Gertrude la drama queen fonctionnent-ils si bien pour désamorcer un mental qui s’emballe ?
Les psychologues parlent de désidentification ou de défusion. Ajouter cette touche d’humour change tout le rapport de force.
L’Ego, le GSP du Clan.
Faisons-lui plaisir, mettons-lui une majuscule.
L’égo, aujourd’hui, c’est l’image que nous avons de nous-même, surtout celle que nous souhaitons projeter aux autres. Sa grande peur est d’être jugé insuffisant, médiocre, ou rejeté.

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À l’origine, chez Homo Sapiens, il avait pourtant une fonction saine : connaître sa place – je suis chasseur, je suis cueilleur, je suis protecteur – afin de favoriser la coopération. Des ‘JE suis’ utiles et sains.
Mais dès le moment où l’humain a commencé à accumuler des biens et à créer des hiérarchies complexes (dès le Néolithique, rien de très nouveau), l’égo a dérapé :
on est passés de ‘Je suis utile au groupe’ à ‘Je dois être plus que l’autre’.
L’égo est ainsi devenu l’architecte de notre identité sociale. Il protège notre image, notre statut, notre place dans le monde.
Le problème ?
Sapiens se comparait autrefois à une tribu d’une cinquantaine d’individus, ce qui limitait naturellement les excès.
Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux et la culture de la performance, notre égo se compare – inconsciemment – à 8 milliards d’êtres humains.
Résultat : nous fonctionnons avec un logiciel de survie préhistorique dans un monde saturé de miroirs et d’invitations permanentes à la comparaison.
De quoi transformer le ‘protecteur’ en grenouille voulant se faire plus grosse que le bœuf pour reprendre la Fable de Jean de La Lafontaine.
Et nous, grenouilles-Sapiens que nous sommes, ne cessons d’inventer des stratégies pour combler nos prétendues carences, nos soi-disant lacunes, afin de satisfaire les prétentions de notre égo. Mais à quel prix ?

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Qui est alors ce ‘je-égo’ ?
Celui ou celle que j’aimerais être.
Celui ou celle que je me suis persuadé.e d’être : le fort, le riche (même si je n’ai pas le sou), l’invincible… ou, à l’inverse, la victime, le.la fragile, le.la ‘pauvre’, celui ou celle qui n’a pas de chance, etc.
À défaut de briller façon bling-bling, on peut aussi – sans en avoir conscience – attirer l’attention par le ‘pas bling-bling du tout’. Dans les deux cas, il s’agit de fausses identités. Des pseudo-moi.
Revenons un instant à l’enfant que vous avez été.
Pensait-il devoir être le meilleur, le plus performant, le plus brillant ? Être le plus beau, le plus fort, le plus intelligent, le meilleur aux échecs, le Roi de la pelouse, le Prince du codage, l’Empereur du plâtrage, la Reine du styling ?
Ou se contentait-il d’exister, de vivre au rythme de ses besoins, de ses élans, de ses rêves ? De l’amour pur qu’il portait à ses parents, à son chat, à sa petite sœur, ou à sa voisine de maternelle ? Sans comparaison, sans compétition, pleinement présent à ce qu’il vivait ?

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L’égo – notre ‘personnalité’ – s’est construit progressivement : par identification aux autres, par réaction aux événements, par nos décisions en réponse à nos blessures (‘plus jamais on ne me traitera ainsi’). Et surtout par les attentes de notre entourage imprimées dès notre plus jeune âge.
Autrement dit, notre personnalité est en grande partie le résultat de conditionnements sociaux accumulés au fil du temps.
Bonne nouvelle : sous ces couches successives existe toujours notre être véritable.
L’égo tronqué vit selon des valeurs empruntées – être aimé, performant, parfait – au prix d’efforts constants pour maintenir une image.
Déjouer les pièges de l’égo, c’est retrouver plus de Soi.
Passer d’une vie de réaction à une vie de réponse.
De la tyrannie du qu’en dira-t-on à la joie d’une authenticité assumée.
C’est cesser de (se) mentir, et redevenir vrai.e.
Cela demande du courage, car se choisir implique parfois de décevoir. Mais c’est aussi ce qui permet de retrouver une forme de paix intérieure durable.
Cela demande à aller voir au dedans de nous-mêmes. Pour ce faire, quelques questions à se poser :
Qu’est-ce que j’aime vraiment ?
Qu’est-ce que je fais ou je prétends être, alors que je ne m’apprécie pas dans cette image que je projette ?
Quels sont les mensonges que je me raconte ? Quels sont les mensonges que je raconte aux autres à mon sujet ?
Suis-je OK avec telle réaction que j’ai eue ? Si non, comment j’aimerais avoir réagi ? Pourquoi ai-je réagi ainsi ?
Qu’est-ce que je n’aime vraiment pas en moi ? (accepter d’aller visiter nos parts d’ombre) – c’est OK de trouver des choses qu’on n’aime pas… cela fait partie de qui nous sommes
En bref, passer de l’autre côté du miroir.
Pour se (re)trouver enfin.

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Si je devais choisir les 3 avantages majeurs de revenir à un égo sain (coopératif, non compétitif, auto-acceptant), ce serait :
- La fin du Show (= économie d’énergie)
→ Je récupère de l’énergie autrefois octroyée à soutenir les masques, et je l’ai à ma disposition pour
aimer, créer, agir vraiment. J’oublie la performance (faire pour l’image) pour entrer dans la
puissance (faire par élan naturel). Cela change tout. - La justesse du Radar – je retrouve mon GPS pour faire des choix souverains
→ L’égo nous fait faire des choix conformes à l’image : métiers, partenaires, loisirs → pour paraître
ou combler un vide. Le Moi réel possède une boussole d’une précision chirurgicale : je fais des
choix qui me correspondent vraiment, plus pour calmer Jeff Cata, mais pour nourrir mon essence. - La Connexion authentique = le summum pour moi
L’égo ne peut pas aimer, ou alors sous condition. Il ne peut que posséder ou être admiré. Seul le Soi
peut entrer en résonance avec un autre soi. Moi authentique avec un autre Moi authentique.

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Tout cela apporte la Paix.
Et si l’on s’en réfère à votre Roue de la Vie : c’est savoir que même si un segment est à 2/10, votre valeur intrinsèque, elle, est à 10/10. Toujours.
Vous le voyez, ce ‘JE’ qui pense, ce JE qui dit ‘je suis’… bien souvent n’est pas notre vrai ‘je’, notre vrai ‘moi’. Ce décodage de qui est ‘JE’ ouvre la porte à d’autres façons de vivre une vie qui respecte authentiquement nos vraies aspirations.
Il resterait encore à parler du troisième membre de cette triade intérieure, celui qui murmure, juge, rabaisse, et sabote parfois en silence.
Mais ce Critique intérieur mérite mieux qu’un passage en coup de vent.
Ce sera donc pour une prochaine fois.
En attendant, avez-vous la réponse à la question : ‘Qui est ce « JE » qui pense’ ?
Allez-vous encore lui laisser le champ libre pour avancer dans votre vie ?
CaroLyne
Ces pistes de réflexion n’ont pas vocation à se substituer à un accompagnement thérapeutique, mais à nourrir une meilleure compréhension de nos fonctionnements intérieurs.
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L’info en résumé
- Le développement personnel remet en question l’identité, le mental et l’égo, introduisant une exploration du ‘je’.
- Le mental, l’égo et le critique intérieur forment un trio qui résiste au changement et peut nuire à notre bien-être.
- Il est essentiel de comprendre que le mental ne révèle pas l’avenir, mais plutôt ce qu’il veut éviter.
- Des stratégies comme renommer notre mental ou utiliser l’humour peuvent nous aider à gérer nos pensées intrusives.
- Ces réflexions ne remplacent pas une thérapie, mais encouragent une meilleure compréhension de soi.






















































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