Après avoir exploré le Mental et l’Égo, il est temps d’ouvrir le regard sur cette part discrète de nous-mêmes qui observe sans juger et révèle les mécanismes cachés de notre Critique intérieur.
‘Je’ pense donc je suis… ? Mais qui est ‘Je’ ?
Développement personnel > Je pense donc je suis – suite
Le Mental, l’Égo et le Critique intérieur : la triade maléfique démasquée – la suite
Parlons aussi de l’Observateur.
Ce trio n’est pas ancestral, il est le fruit de notre modernité. Il n’est pas mauvais en soi. Il devient problématique lorsqu’il fonctionne en vase clos, sans espace d’observation. Dans l’article de la semaine dernière, nous avons évoqué quelques aspects du Mental et de l’Égo, dans
leur opposition à nous créer une vie plus en phase avec ce que nous voulons vraiment.
Rappel des grandes lignes :
Le Mental hyperactif (à tendance ‘je sème la panique’) est un outil : il faut juste qu’il redevienne un serviteur et non le maître
L’Égo social hypertrophié est une structure : on ne peut pas vivre sans, mais on peut lui demander de s’asseoir à l’arrière dans le véhicule de notre vie
Il nous reste à démasquer le Critique intérieur, afin de reprendre le pouvoir sur la création de notre vie désirée et désirable, en cessant d’obéir à des gouvernances internes dont l’objectif n’est pas notre bonheur. Mais avant d’aborder le Critique intérieur, il faut que je vous parle de l’Observateur.
Qui est ‘Je’, l’Observateur ?
Cette question, en soi, est erronée. L’Observateur ne parle pas en ‘JE’. En fait, il ne parle pas du tout.
Si vous pratiquez la pleine conscience, vous savez de quoi je parle : l’Observateur est la partie de nous qui
‘voit’ et note sans interférer dans notre vécu.
Il constate que vous avez froid, que vous êtes triste, que vous vous baladez au parc avec vos enfants ou que la batterie est à plat. Il est neutre, factuel, presque clinique, comme une caméra de surveillance qui tourne sans porter de jugement de valeur, et sans influer sur votre état émotionnel.

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S’il s’exprimait, il dirait : ‘ta tarte aux pommes est trop cuite’
Sans ajouter : ‘et c’est lamentable’ (Critique intérieur)
Sans ajouter : ‘tu aurais pu faire mieux’ (l’Égo)
Sans crier : ‘fais gaaaaaffe ! tu vas incendier la maison’ (petit clin d’oeil à Jeff Cata du Mental)
L’Observateur n’est pas une identité, il ne participe pas à l’Égo, il ne juge pas.
Les psy le qualifient de ‘fonction de régulation du Soi’.
Sa fonction la plus précieuse pour moi : il rend visible le trio infernal.
Dans un Soi équilibré, on trouve :
- la capacité d’agir
- la capacité de ressentir
- la capacité de penser
- la capacité d’observer sans se confondre
L’Observateur est cette dernière capacité : la capacité humaine de prendre du recul sur son propre
fonctionnement.
Il ne décide pas à notre place, mais rend possible des choix plus conscients.
C’est depuis cet espace que nous pouvons reprendre le contrôle sur la direction de notre vie, en tenant fermement le gouvernail, même au coeur de nos tempêtes intérieures.
L’Observateur nous permet de tenir tête à notre trio infernal personnel, en démasquant leurs manigances.
Ce qui nous amène à parler du troisième larron de notre triade : le Critique intérieur.
Le Critique intérieur
Notre Accusateur en chef se veut dragon, moi je le vois plutôt comme un gremlins hargneux.
Le Critique naît quand notre Mental de survie rencontre l’Égo : le Mental veut nous protéger, l’Égo tient à ce que nous soyons QUELQU’UN, façon VIP bien sûr.

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Le mélange des deux crée le Critique intérieur : une voix qui nous insulte pour nous forcer à ‘être meilleur’ et donc à survivre socialement.
Le Critique intérieur fonctionne souvent par verdicts définitifs, sentencieux, sans appel.
Des phrases courtes, sèches que l’on ‘se dit’, et qui tombent comme un couperet :
- Tu n’es pas à ta place ici.
- Tu n’es pas à la hauteur.
- Tu exagères tout le temps.
- Tu es trop sensible.
- Tu es un bon à rien.
- Un vrai homme ne ferait pas ça.
- Tu as tout raté.
Une autre de ses spécialités : ramener à notre conscience des situations où nous n’avons pas brillé, hors contexte. On pourrait presque dire ‘pour s’amuser’ tant cela semble gratuit. Et ça fait mal. Enfin par cette voix s’expriment également nos parents, nos figures d’autorité du passé, nos maîtres à penser qui font flèche de tout bois pour continuer à nous slammer.
Ça va de ‘Mais qu’est-ce que je suis conne’ en passant par ‘Tu dois …’ – être patient.e, bon chrétien, aimable, gentil.le, etc à ‘Sylvie, qu’est-ce que t’es bête, qu’est-ce que t’es bête, mais qu’est-ce que t’es bête !’
– ça c’est mon amie d’enfance qui, sans s’en rendre compte, répète à haute voix et mot pour mot l’injure
favorite de son père. Cela vous arrive aussi, à vous ?
Sans le Mental (notre néocortex tout neuf à l’échelle de l’évolution) – et sa fonction mémoire d’éléphant – le Critique intérieur n’existerait pas. Un chat n’a pas de Critique intérieur, son esprit est limité à l’instinct immédiat. Il ne se dit pas ‘je suis un mauvais chat car j’ai raté cette souris’.
Le Critique intérieur est le bras armé de l’Égo : quand l’Égo considère qu’on n’a pas été à la hauteur de ses exigences, il n’aime pas ça du tout. Il active alors le Critique intérieur pour nous punir ou pour nous fouetter pour nous donner l’impulsion de redevenir conforme à l’image qu’il veut donner.

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Vous voyez le truc ? Quand nous pensons ‘JE pense’ ou quand nous croyons ‘JE décide’, qui est ‘JE’ ?
Autrement dit, quand nous croyons penser ou décider librement, nous obéissons souvent à des conditionnements hérités, bien plus qu’à un choix conscient.
Voilà pourquoi T. Harv Ekker nous conseille ‘Ne croyez pas un seul mot de ce que vous pensez’
Conseil d’ami !
L’Observateur à la rescousse
Tant que ces mécanismes restent invisibles, nous croyons décider. Dès qu’ils deviennent observables et observés, nous retrouvons notre liberté.
Pour cela, pas de baguette magique, ni de recette toute faite.
Permettre à notre Observateur de faire son job, voilà la clé.
Pour remettre en perspective et décider en conscience si c’est juste pour nous… ou pas.
Identifier son Critique intérieur peut prendre du temps, surtout quand on débute. Mais c’est simple : il s’agit juste d’aiguiser sa sensibilité.

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Votre motivation ? C’est quelque chose qui va vous aider à être mieux dans votre vie, dans vos relations, et dans la relation que vous entretenez avec vous-même.
Alors, comment faire pour ne plus écouter notre Critique intérieur ?
L’écouter pardi ! C’est la clé ! Mais on n’est pas obligé de le croire.
C’est là que votre Observateur est votre super allié : après une pensée dure, après une auto-attaque, après un moment de honte ou de découragement, on ne reste dans l’énergie qu’ils ont créé.
Mon Critique intérieur est champion pour me rappeler – venant de nulle part ! – un moment dont j’ai honte. Une chose que je regrette profondément, mais que je ne peux pas réparer. La grosse boulette que
j’ai faite au bureau, il y a 15 ans.
Si je n’y prends pas garde, c’est la honte, la culpabilité, le remords qui me submergent ensuite.
C’est là le challenge… si cela s’arrêtait à la pensée… entre vous et moi, on s’en fout.
Mais !
Le problème : ces ‘pensées’ libèrent un tas de sentiments ou d’émotions, qui ne génèrent rien de bon pour nous. Ni dans notre physiologie, ni dans nos ressentis, ni dans nos paroles, dans notre attitude ou dans nos
prises de décisions.
L’écueil : à force de vivre dans certaines tonalités inférieures, nous finissons par y organiser notre vie.
Conscientiser et questionner
Demandons-nous ‘Est-ce vrai ?’ ou ‘Est-ce bon pour moi ?’ quand parviennent à notre esprit :
- les injonctions de notre Égo
- les observations et commentaires désobligeants de notre Critique intérieur
- les mises en garde apocalyptiques de notre Mental
Ce petit mouvement de recul nous permet d’éviter de rentrer dans des spirales de colère, de honte, de culpabilité, de remords, de tristesse, de désarroi, de désespoir. Croyez-moi, ça allège délicieusement le quotidien.

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Et cela contribue à créer – enfin – notre vie consciemment désirable et désirée.
Voilà un apprentissage précieux pour naviguer joyeusement sur le chemin de notre vie.
CaroLyne Russo
Ces pistes de réflexion n’ont pas vocation à se substituer à un accompagnement thérapeutique, mais à nourrir une meilleure
compréhension de nos fonctionnements intérieurs.
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L’info en résumé
- L’Observateur observe sans jugement et révèle les mécanismes cachés de notre critique intérieure.
- Le Critique intérieur naît d’un mélange entre le Mental de survie et l’Égo, et utilise des verdicts sévères pour nous punir.
- S’interroger sur ses pensées critiques permet de prendre du recul et de mieux gérer ses émotions et décisions.
- L’Observateur aide à repérer nos conditionnements et à agir de manière plus consciente dans notre vie.
- Ces réflexions visent à améliorer notre compréhension intérieure sans remplacer un accompagnement thérapeutique.
Table des matières
- Après avoir exploré le Mental et l’Égo, il est temps d’ouvrir le regard sur cette part discrète de nous-mêmes qui observe sans juger et révèle les mécanismes cachés de notre Critique intérieur.
- ‘Je’ pense donc je suis… ? Mais qui est ‘Je’ ?
- Qui est ‘Je’, l’Observateur ?
- Le Critique intérieur
- L’Observateur à la rescousse
- Conscientiser et questionner
- D’autres infos développement personnel




















































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