Développement personnel > La peur… Même pas peur
La peur ? Même pas peur ! Vraiment ?
Entre conscience et prudence, ce qu’il est temps de réhabiliter
De 4 à 27 : les scientifiques discutent encore du nombre d’émotions de base universelles. J’ai appris qu’il y en a 4, et je trouve qu’elles suffisent grandement à expliquer nos comportements et les sous-modalités de nos psychés. Less is more, n’est-il pas ?
Chez tous les bébés du monde, quelle que soit l’époque, on distingue 4 émotions de base :
- la colère : signale que quelque chose qui nous est cher n’est pas respecté
- la tristesse : signale que quelque chose manque, à l’intérieur de nous
- la peur : signale un danger, réel ou perçu
- la joie : signale un gain ou une connexion profonde avec l’autre ou avec soi-même

Développement personnel > La peur… Même pas peur
De vous à moi, quand on est en colère, on n’a pas vraiment besoin de s’interroger pour savoir ce que l’on ressent. La moutarde qui monte au nez, ça pique ! Le cœur s’accélère, le corps se tend, on passe en mode combat. La colère est là pour nous signaler que quelque chose n’est pas OK. Que ce soit avec nos valeurs… ou notre bout de steak.
La tristesse ou la joie, pas besoin non plus d’avoir un BAC +5 pour les identifier. Au moins dans leurs formes primaires.
Mais la peur ?
Celle qui vise notre survie, on la capte très vite.
Celle qui découle de raisonnements alambiqués aussi, quand on commence à bien se connaître.
Mais toutes les autres ? Celles qui se déguisent, qui se faufilent, qui passent sous le radar, on en parle ?
Décider de ne pas se laisser guider par la peur
J’avais 20 ans. J’avais lu un article psy qui disait en substance : ‘la peur de la MER = la peur de la MÈRE’. J’étais au Club Med, j’ai décidé illico de suivre les cours de voile. Pas question de me laisser dominer par la peur de ma mère.
C’est dire que l’idée même d’être dominée par la peur m’insupportait.

Développement personnel > La peur… Même pas peur
Et puis, deux décennies plus tard, un ami thérapeute m’assène : ‘tu es pilotée par tes peurs’.
Pas ‘bien plus que tu ne le crois’. Non, non, le mode était péremptoire.
Je me suis insurgée, bien sûr. Cela faisait bien 25 ans que j’avais décidé que je ne me laisserais plus guider par la peur…
Finalement, après quelques années de recul, j’ai dû lui donner raison. Le solide travail que j’ai fait sur moi m’a amenée à me regarder autrement.
Car la peur, quand elle agit en sous-marin, ne protège plus.
Elle limite, elle freine, elle rétrécit nos choix.
Chez l’enfant, l’ado… comme chez l’adulte.
La peur viscérale, nous la connaissons, ce n’est pas le but de cet article.
Mais il y a différents domaines où l’on vit la ‘peur qui ne dit pas son nom’.
Un exemple : les relations amoureuses
La peur ne disparaît pas. Elle change de forme selon les contextes.
Dans certaines relations, la peur ne se manifeste pas comme une peur.
Elle devient distance. Ou au contraire, besoin de proximité.
Dans la relation de couple peuvent s’exercer la peur de perdre, la peur de l’abandon, la peur de disparaître dans une relation qui pourrait nous aspirer, la peur de la Mère, etc. À un niveau très profond, ces peurs touchent à quelque chose de vital. Dit comme ça, ça peut sembler exagéré… et pourtant.
Parlons donc du couple amoureux ‘fuyant-évitant / attachement anxieux’.
Dans les deux cas, la personne ressent un intense besoin d’amour, dont, bien souvent, il ou elle a été privé dans son enfance. En même temps, chaque partenaire est piloté par… la peur de l’amour justement.
Pour le type fuyant-évitant, c’est la peur de l’intrusion, ou la peur de perdre son autonomie au sein de la relation amoureuse. Le danger perçu : la suffocation, l’étouffement
Mais il ne dira pas ‘j’ai peur’, il préférera s’étendre sur son besoin d’avoir de l’air, de la distance, de l’autonomie.
Pour le type attachement anxieux, plus enclin à reconnaître ses émotions, c’est la peur de l’abandon, avec ses corollaires : la dépendance affective et le besoin constant de validation.
Deux stratégies opposées très fréquentes… pour répondre à une même racine.
Avis à ceux qui comme moi, n’aiment pas l’idée d’être gouvernés par la peur, et qui découvrent que la peur domine leur relation : il existe des stratégies très simples qui permettent de rester dans la relation, sans pour autant continuer à céder à la peur, ou à en souffrir.
Cela commence par comprendre que la peur n’est pas un ennemi à abattre, mais une partie de soi qui cherche à nous protéger, même maladroitement.
Comme le disait quelqu’un : ‘La peur est la bienvenue dans la voiture pour le voyage, elle peut même s’asseoir à l’arrière, mais elle n’a pas le droit de toucher au GPS ni de choisir la radio.’
On ne cesse pas d’avoir peur, on apprend à ne plus lui laisser le volant.
La peur ne se loge pas uniquement dans nos relations
On croit parfois la retrouver… dans les endroits les plus concrets de notre quotidien.
Ces huit derniers jours ont été pour moi un laboratoire à ciel ouvert, un concentré de développement personnel appliqué, tous azimuts.
Le contexte : on change la cuisine
Ma tâche, parce que j’aime cela : je remets les murs en état, et je repeins le tout, dans la nuance que j’ai choisie
Tout va bien se passer, j’anticipe joyeusement la félicité d’avoir une magnifique cuisine, belle, stylée et avec plein d’espace de rangement.
Ça c’est ‘avant’ : la projection, quand tout va pour le mieux, dans le meilleur des mondes.
En cours de chantier, on a :
Chéri en mode : ‘laisse tomber, ce n’est pas si important’ et ‘le placeur s’en occupera’
Et moi qui semble passer un mode Total Control Freak aux yeux dudit Chéri
Spoiler : l’obsession du contrôle cache le besoin de sécurité qui cache la peur (de tout foirer dans ce cas précis)
Une fois l’ancienne cuisine retirée, le constat : un patchwork de teintes différentes, des zones noircies, des parties laissées brutes lors de la construction, un enduisage sur plaques de gyproc. Pas génial comme base de travail.

Développement personnel > La peur… Même pas peur
Dans une pièce devenue un peu vétuste, les irrégularités et autres rebouchages hasardeux laissés par les anciens occupants, ça passait. Avant. Une fois les murs peints, on ne pardonne plus rien dans ce neuf et frais ambiant.
La peinture ? Le vendeur a zappé ma demande de semi-satiné, résultat, j’ai acheté LA teinte que je voulais, mais en satiné. Pour ceux qui savent : tous les défauts sont révélés, et je n’ai plus le temps de re-repeindre.
Selon le vécu des murs, la peinture s’intensifie. On parlait de patchwork, maintenant c’est tranche milanaise en camaïeux : de saumon imperceptible à mandarine affirmée. Zen CaroLyne, respire (sourire).
Livraison des meubles : colonne frigo limite pour la hauteur sous plafond. Monsieur Pythagore et son fameux Théorème sont intraitables sur la question. Géométrie et stress du chantier, le combo parfait.
Et puis il y a eu les joyeusetés électriques. Le placeur sera-t-il coopérant ?
Enfin, le dépassement de soi : quand la carcasse crie au secours – on n’a plus vingt ans – ma motivation, c’est la vision du résultat fini.
Je pourrais continuer.
Pour ma part, il est impératif de savoir que des solutions existent. Et de chercher, fouiller le Net, prête à apprendre à remplacer une prise encastrée sans mettre le feu à la maison.
Ah oui, aussi : dans mon cahier des charges, les éléments qui se font face doivent être alignés au millimètre près. Et tant qu’il est question de mesures : je tiens à mon plan de travail à 94,5 cm de hauteur, je serai présente au placement pour y veiller. La prise de l’ancien frigo posée de travers et légèrement plus basse ? Je crois que je suis la seule à l’avoir remarqué.
Au terme de mon chantier :
Chéri, lui, resté fidèle à l’image de la zénitude incarnée.
Ou de la confiance aveugle, ça dépend de la perspective.
Pendant qu’il laisse faire, moi je tiens le cadre :
- anticipation
- exigence
- besoin que ce soit ‘juste’
- peur de mal faire (je ne suis pas du métier)
- difficulté à lâcher
- refus de la médiocrité
- refus de la facilité de ‘laisser passer’
- … et la fatigue et les courbatures en prime

Développement personnel > La peur… Même pas peur
Je ne me plains pas, j’ai adoré ce défi, tout comme j’adore mettre la main à la pâte pour façonner moi-même mon intérieur.
En parlant à un ami, il a joyeusement traduit ‘Normal, c’est ton côté hyper-contrôlant qui s’exprime à fond’. Et pour creuser un peu : ‘Est-ce que le fait de surveiller cet alignement t’apporte de la joie (la satisfaction du travail bien fait), ou simplement du soulagement (‘Ouf, ce n’est pas raté’) ?’.
Euh… disons que ce n’était pas tout-à-fait ça.
Sur le moment, j’aurais pu dire : ‘je suis en train de flipper’.
Et pourtant… en regardant de plus près, ce n’était pas si simple.
En tous cas, tel n’était pas mon ressenti.
Je me suis quand même posé la question :
‘Est-ce que je suis pilotée par la peur, ou simplement en train d’exercer ma vigilance ?’
Ce n’est pas pareil. Après auto-examen, il y avait autre chose à l’oeuvre.
Je n’ai pas voulu lui faire remarquer qu’il donnait dans la confusion (fréquente chez les observateurs extérieurs, et parfois aussi en soi) entre l’anxiété et l’exigence cognitive.
La peur par intolérance de l’incertitude ? Non.
Le mode Peur cherche la sécurité, ma façon de fonctionner cherche l’harmonie et l’efficience ergonomique.
On ne choisit pas de voir l’erreur d’alignement. On décide de la corriger pour ne pas avoir à la subir. La vigilance n’est pas un plaisir de ‘petit chef’, mais une charge mentale réelle.

Voir un alignement raté pendant les 20 prochaines années, ce n’est pas une ‘angoisse’, c’est une aberration logique et esthétique qui clignotera dans mon champ de vision. Me respecter – haute résolution cognitive ou hyper sensibilité sensorielle, peu importe le nom – c’est refuser d’être confrontée à une pollution visuelle permanente. Point.
Pendant que Monsieur voit une cuisine qui s’installe, je vois un système complexe d’alignements et de contraintes techniques. Est-ce de la peur ? Pour l’observateur, oui. Pour moi, c’est une quête de silence visuel.
Il me prend parfois de souhaiter être ‘différente’. Mais cela ne dure qu’une demi-seconde. Et, dans cette demi-seconde où j’aimerais être différente, je mesure le poids de cette clarté.

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La confiance serait-elle donc le lâcher-prise ?
L’antidote à la peur, c’est la confiance.
Mais la confiance n’est pas un lâcher-prise aveugle.
Pour moi, la confiance est une forme de consensus.
Un accord plus ou moins conscient entre nous… et ce qui nous entoure :
- confiance en soi (je sais comment je vais réagir)
- confiance dans les systèmes (quand je monte dans ma voiture, je sais que les freins vont répondre)
- confiance dans les autres (ils vont faire leur part)
- confiance dans le cadre (les règles tiennent)
Il faut énormément de sang-froid pour ‘faire confiance’, quand on y pense.
Parce que là où il n’y a pas de consensus, quelque chose s’invite.
Parfois de la peur.
Parfois autre chose : de la méfiance légitime ou de la vigilance nécessaire
Avec le refus de déléguer et le besoin de vérifier.
Le piège, c’est de confondre le tout.
Alors, peur ou pas peur ?
Tout contrôle n’est pas de la peur, mais tout contrôle n’est pas non plus de la lucidité.
Quand est-ce de la peur ? Quand le contrôle est une béquille pour ne pas s’effondrer.
Quand est-ce de l’exigence ? Quand le contrôle est un outil au service de l’excellence et du confort de vie.
Le monde nous étiquette souvent comme ‘peureux’ ou ‘angoissés’ (comme mon ami thérapeute l’avait fait) parce que nous anticipons. Mais il existe une différence fondamentale entre la peur qui paralyse et la précision qui libère.
Ce qui brouille les pistes, c’est que les deux ont exactement la même apparence extérieure. On voit une personne qui vérifie tout, on interprète ‘elle a peur’. Alors qu’en réalité, l’une évite un monstre imaginaire, tandis que l’autre évite simplement de devoir regarder une prise mal placée pendant trois décennies.
C’est finalement une quête de paix cognitive. La précision, pour s’offrir le luxe de ne plus avoir à y penser une fois que c’est fait. Et cela, c’est royal.
Parfois, ce qu’on appelle ‘peur’ n’est que notre incapacité à comprendre une structure de pensée. Et parfois, ce que nous croyons être de la simple rigueur est effectivement une protection contre le chaos.
Refuser d’être pilotée par la peur… ce n’est pas supprimer le contrôle.
C’est apprendre à voir quand il vient d’un manque de confiance…
et quand il relève d’une vraie vigilance.
CaroLyne
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L’info en résumé
- L’article explore les différentes émotions de base, en mettant l’accent sur la peur et son impact sur le comportement humain.
- Il distingue entre la peur viscérale et la peur qui se cache derrière d’autres émotions ou comportements, comme dans les relations amoureuses.
- La peur peut limiter nos choix et nos actions, mais apprendre à la gérer permet de retrouver la confiance et la sérénité.
- L’importance de la vigilance est soulignée, en différenciant la peur du besoin de contrôle pour éviter l’incertitude.
- Finalement, l’article insiste sur la nécessité de développer la confiance en soi et dans les autres pour contrer la peur, sans pour autant céder à un lâcher-prise aveugle.






































































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